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Le Blogue:

Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

http://ericlamiot.site.voila.fr/

 

 

Pour mes photos et chroniques de voyage:

http://elamiotphoto.over-blog.com

 

Pour mes dessins:

http://elamiotdessins.over-blog.com

Concours

Entrevues

Vendredi 20 mai 2011 5 20 /05 /Mai /2011 19:42

Jérome d’Aviau a été en résidence d’auteur à Québec récemment. Nous avons profité de son séjour pour lui poser quelques questions sur sa résidence, ainsi que sur son travail. C’est le long d’un trajet entre Québec et Montréal qu’il a bien voulu nous accorder un moment pour répondre à nos questions

 

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Tu es en résidence d’auteur à Québec, mais ce n’est pas ton premier séjour. Peux-tu nous raconter l’histoire en arrière?

La résidence d'échange entre Bordeaux et Québec existe depuis maintenant 5 ans, et j'ai postulé 2 fois sans succès avant d'être l'élu ! Je suis donc venu l'année dernière par mes propres moyens, parce que j'avais vraiment envie de venir, et puis ça faisait longtemps que je n'avait pas fait un long voyage loin de chez moi seul.

Pascal Girard que j'avais eu le plaisir de recevoir à bordeaux pendant un mois dans mon atelier m'a reçu pendant 2 semaines, que j'ai mises à profit pour rencontrer des dizaines d'artistes locaux qui m'ont donné très envie de revenir.

 

Quels ont été tes projets pendant cette résidence?

J'aurais dû au départ travailler sur un scénario de Tébo pour un nouveau projet de polar adulte. Il se trouve qu'il a été pris plus longtemps que prévu sur ses propres prod. de dessin animé, et on a du repousser le début du projet en juillet. Ça tombait finalement pas si mal, j'ai donc pu écrire et dessiner la fin du prochain album des aventures de Ange le terrible, et trouver de quoi en faire un tome 5, et même un nouveau projet secret avec une amie dessinatrice, pour qui je ferais le scénariste !

 

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Tu as eu l’occasion de rencontrer des auteurs du Québec et de participer au festival de la BD francophone de Québec. Qu’est-ce que tu tire de ces rencontres?

Un nouveau gang de copains ! et quelques belles soirées. Que demander de plus ?

 

Est-ce qu’on peut un jour penser à une collaboration entre toi et des auteurs du Québec?

C'est pas impossible, mais rien n'est fait, donc je n'en dit pas plus. Mais ça me ferait extrêmement plaisir.

 

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Maintenant, tu dois mieux connaitre la BD du Québec, Qu’en penses-tu?

Je reste un lecteur assidu de toute la production issue de la vague autobiographique nord américaine, Québec inclus. J'ai de plus en plus envie d'arrêter les "gros" éditeurs français pour me lancer dans l'autoproduction ici ! Allez, dès que je suis assez riche, je le fais.

 

Non seulement tu publie sous ton nom (Inès, Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret), mais tu te caches aussi sous plusieurs pseudonymes (Poipoi pour Ange le terrible, Poipoipanda pour un one shot appelé « Le grand saut », et selon le site Bédéthèque, Jeroda pour une incursion dans le fantastique avec « Soulhunters »). Est-ce une volonté de séparer des aspects différents de ton travail?

C'est surtout pour rigoler, en fait. Il n'y a aucune volonté de différencier différents aspects, un message caché ou une signification cosmique, j'aime faire des farces. Et les quelques fois où j'ai reçu deux mails distincts sous mes deux noms pour m'inviter au même festival, j'ai bien ri. Mais ceci dit, ce que tu appelles mon "vrai nom" n'est pas exactement mon vrai nom non plus...

 

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Quand on regarde ce que tu fais, les styles graphiques sont très différents d’un travail à l’autre. Comment choisis tu le style graphique pour chacun de tes ouvrages?

Il y a plusieurs critères. Le ton de l'histoire, que je ne veux en aucun cas trahir, la narration, que je veux la plus naturelle possible, et puis aussi l'outil avec lequel j'ai envie de travailler au moment où je commence. Mais je n'ai pas de recette, c'est au feeling.

 

Pour Inès, tu t’es plongé dans un univers dur et froid (la violence conjugale). Est-ce que ça a été difficile à réaliser?

Oui, beaucoup plus que ce que je pensais au départ. J'ai dû m'arrêter plusieurs mois à la moitié des pages, parce que je sentais que ça devenait de plus en plus dur. Et quand je n'ai plus pu repousser, j'ai abattu la deuxième moitié en 3 semaines, en travaillant 6-8h par jour (mon rythme moyen est de 3h), avec beaucoup de musique très forte au casque. Une fois le livre terminé, je n'ai rien pu dessiner pendant trois mois, et j'ai mis un an à retrouver le plaisir de dessiner. Je ne ferais pas d'autre bouquin comme celui-ci avant longtemps, je crois.

 

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Le trop grand vide d’Alphonse Tabouret est un ouvrage difficilement classable, entre la fable pour enfant, le conte philosophique… Comment est-ce que toi, tu le perçois?

Un livre avec des images, une belle histoire… Je suis pas fort en étiquettes, voire même ça ne me parle pas ! Je suis même content de ne pas être facilement classable, je crois que les œuvres qui me tiennent le plus à cœur, que ce soit de la musique, des films ou des livres sont généralement des inclassables.

 

J’ai l’impression qu’Ange le terrible est comme le coté sombre d’Alphonse Tabouret (ou l’inverse, Alphonse Tabouret serait le coté « naïf » d’Ange). Qu’est-ce que tu en penses?

Pour moi ce sont deux manières différentes d'aborder les mêmes sujets. Dans Ange, tout ce qui sous tend mes histoires sont les rapports humains, comment on les vit, on les perçoit, les préjugés… Mais comme c'est sous un vernis d'aventures rigolotes, ça parait moins. Mais c'est la base de tous mes projets.

Alphonse de son côté est certes un personnage naïf, mais l'histoire ne l'est en rien, et c'est ça qui fait tout l'intérêt du livre à mon avis.

 

Quelque soit l’ouvrage que l’on regarde, l’utilisation de la balance du noir et blanc semble être la caractéristique commune dans tes travaux. Est-ce important pour toi d’utiliser cette balance pour souligner les cotés légers ou dramatiques des histoires?

Je suis surtout pas mal daltonien, et je compense mon déficit de couleur par une sensibilité particulière aux contrastes et lumières. Je me sers donc de ce que je connais, tout simplement !

Je ne sais pas si ça a joué, mais j'ai toujours préféré les dessins en noir et blanc, et les récits en couleurs me semblent toujours moins vraisemblables que ceux en noir et blanc.

 

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Pour terminer, Peux-tu nous parler un peu de ce qui s’en vient pour Jérome d’ Aviau et ses incarnations dans les prochains mois?

Le tome 4 de Ange sort début juin, j'espère finir le tome 5 avant l'été, avancer ce projet en tant que scénariste, profiter de l'été pour travailler sur un nouveau projet avec Sibylline, attaquer ce polar avec Tébo à la rentrée, et puis, et puis…

Et puis faire le maximum de concerts avec mes 2 groupes, composer en solo, faire des vidéos, me lancer sérieusement dans l'animation, et puis, et puis…

Et puis voyager encore et rencontrer des tas de gens encore.

 

Merci beaucoup pour le temps que tu nous accordes.

Merci de l'intérêt que tu portes à mon travail !

 

 

Pour en savoir plus:

http://jeromedaviau.com/WordPress/

http://www.myspace.com/poipoipanda

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Lundi 4 avril 2011 1 04 /04 /Avr /2011 17:01

 

Aprés plusieurs années comme éditeur, Jimmy Beaulieu nous reviens comme auteurs avec deux sorties consécutives, Comédie sentimentale pornographique et A la faveur de la nuit. Petite entrevue pour nous parler de ces deux albums.

 

Après plusieurs années dans l’édition, tu reviens en tant qu’auteur. Est-ce un soulagement pour toi ?

Oui, bien sûr. Je ne pense pas avoir été le meilleur éditeur. J'étais trop sensible pour ce sport ultraviolent. J'ai publié une collection dont je suis fier, solide, cohérente, bourrée de bons livres, mais je ne m'intéressais rien d'autre qu'à faire exister les meilleurs livres possibles. J'aurais eu besoin d'être jumelé avec quelqu'un d'aussi fou que moi, à qui je pouvais passer la puck pour faire rayonner les ouvrages une fois imprimés. Une chose est sûre, je suis plus remplaçable comme éditeur que comme auteur. Il y a une excellente relève en ce moment de ce côté (Pow Pow, La mauvaise tête…).

 

Dans « A la faveur de la nuit » tu décris très bien la genèse du livre, pourrais-tu faire la même chose pour « Comédie sentimentale pornographique » ?

Je l'ai fait avec David Turgeon dans L'œil amoureux. Mais à l'inverse d'À la faveur de la nuit, qui selon moi bénéficiait de cette intrusion dans les coulisses, j'ai préféré que ce dévoilement soit externe, à diffusion restreinte et temporaire.

 

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Tes livres ressemblent à un ensemble de courtes histoires reliées pour former un tout (on penserait à des nouvelles agencées pour former un roman). Te sens tu plus à l’aise avec ce format plutôt qu’une grosse histoire linéaire ?

Oui. Je ne sais pas si ça va toujours être le cas, mais j'aime travailler en pensant en termes de scènes semi-autonomes à tricoter plus tard (méthode de musicien). Comme ça, je travaille toujours dans l'enthousiasme de l'inspiration, et je trouve plus responsable de faire payer les lecteurs pour des pages inspirées, incarnées, que j'avais vraiment envie de faire au moment où je les ai faites. Travailler sur des pages que j'ai écrites plusieurs mois auparavant, ça m'ennuierait beaucoup, or je n'ai pas un dessin qui peut fonctionner si je m'emmerde en le faisant. Le résultat serait sec, rêche, très très mauvais. Je reconnais que ce côté patchwork peut déranger certains lecteurs, mais je préfère sacrifier ces quelques psychorigides et faire des livres plus réussis à mes yeux.

Ça m'évite aussi d'avoir des scénarii trop prévisibles. Enfin, j'espère. J'avance avec curiosité dans le processus.

 

En terme graphique, on retrouve plusieurs méthodes différentes de coloration (crayons, aquarelle, polychromie, bichromie). Dans certain cas, ça semble suivre une logique narrative, pas dans d’autres. D’où vient cette façon de procéder ?

Je fais les scènes telles que je les imagine, avec la technique qui convient le mieux à l'atmosphère que je veux susciter. Par exemple pour les scènes légères, plus bondissantes, j'utilise le rotring avec aquarelle. Pour les scènes plus oniriques ou contemplatives, j'utilise les crayons de couleurs, pour les scènes de conversations intimes dans la chambre à coucher, j'utilise un plomb bien gras et crotté avec de légers jus d'aquarelle. Il y a donc un système, mais il est plus musical que cartésien.

Ah, et les bichros bleues, c'est des flashbacks.

 

 

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Tu explore beaucoup les relations humaines et sentimentales dans tes livres, d’où te vient cet intérêt et penses-tu pouvoir un jour en faire le tour ?

 Je ne crois pas qu'on puisse vraiment en faire le tour. Pourquoi faudrait-il que je passe à autre chose ?  En dix ans de livres, j'ai l'impression d'avoir à peine entamé le sujet, au contraire.
J'ai été chanceux, jusqu'ici, je n'ai connu que des malheurs modestes. Je ne me suis jamais fat violer, je n'ai jamais vu mes enfants se faire trancher en deux devant moi, je n'ai pas connu la guerre, la grande maladie, etc. Je ne me sens donc pas autorisé à aborder ce registre d'émotions. Par contre, j'ai eu des échecs amoureux et professionnels, j'ai perdu des êtres chers, je suis passé à travers de lourdes périodes de remises en question. Il est donc possible que j'aborde ces sujets sans trop parler à travers mon chapeau. 
 

Est-ce que l’histoire d’un hôtel perdu sur la côte nord est basée sur un fait réel ?

Non. C'est juste métaphorique. Ça représente la collection que j'ai dirigée pendant neuf ans. Un beau lieu construit là où il n'y a pas grand monde pour s'y intéresser. Un rêve de fou. Et aussi un refuge.

 

Tes histoires se passent beaucoup plus la nuit que le jour, la nuit est-elle plus inspirante pour toi ?

Je suis plutôt noctambule, en effet. Le monde diurne criard m'irrite. La nuit, je me sens libre et apaisé. C'est le monde du rêve, de la poésie, des idées, de l'amour, de la folie, de la fascination, bref de toutes ces choses qui sonnent tata mais qui sont belles.

 

« Comédie sentimentale pornographique » est publiée dans la collection Shampooing chez Delcourt, qu’est-ce que ça fait comme effet de se retrouver au côté de Trondheim, Tarrin, Boulet et autres ?

Pascal Girard, aussi, et bientôt Iris et Zviane. Je suis en excellente compagnie. Je trouve que ce livre est à sa place dans une collection où le lecteur peut s'attendre à être formellement déstabilisé mais bien accueilli quand même. Je n'aurais pas voulu que ça se retrouve, par exemple, dans Erotix à cause des 10 pages de cul sur 288.

 

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Tu fais beaucoup référence à la musique, tant dans les albums que dans cette entrevue. Comment vois tu les liens entre musique et BD?

 

 J'ai appris à raconter en faisant de la musique. Je collige des atmosphères, je joue avec les rythmes, les tensions, les bifurcations incongrues, les leitmotivs. Le tout en évitant de trop en dire, de dévoiler les mystères, d'être trop explicite dans l'étalage des émotions, comme on évite les mélodies trop évidentes, trop vulgaires.

 

Idéalement, mes livres récents seraient lus comme des rêveries musicales. Les chapitres sont des mouvements, ou des faces de vinyles, les séquences des chansons. D'ailleurs, je rêve d'une adaptation de Comédie sentimentale pornographique en musique instrumentale (genre : piano et contrebasse).

 

Peux-tu nous parler un peu de tes projets ?

J'essaie de commencer une collaboration avec Pascal Girard sur notre résidence de 2008 à St-Malo,  mais c'est difficile de me lancer après le marathon de fou de l'année dernière. Quand je suis sur une bonne lancée créative, je deviens quelqu'un d'assez odieux pour mon entourage. Pour leur épargner ce supplice, je cherche des raisons de ne pas m'y mettre, par exemple : répondre à des entrevues.

 

 Merci beaucoup d'avoir épargné ce supplice à tes proches en participant à cette entrevue.

Pour suivre le travail de Jimmy beaulieu: http://jimmybeaulieu.com/

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 20:44

Sorties depuis peu, le tome 2 de Aspic et le tome 3 de Yuna sont respectivement signés au dessin et au scénario par Jacques Lamontagne. Il a gentiment accepté de se prêter au jeu de l’entrevue avant de partir en voyage pour une tournée en France.

 

Yuna, dont le troisième et dernier tome vient de sortir et que vous scénarisez, est une collaboration internationale avec un dessinateur de Shanghai. Qu’est-ce que vous tirez de cette expérience ?

Ce fut une très belle expérience car elle m'a permis d'occuper pour une première fois le siège du scénariste. J'avais déjà écrit des histoires courtes, mais cette fois-ci, Yuna me permettait de me lancer dans un récit long s'étalant sur trois albums. De plus, le scénario était mis en images par un dessinateur autre que moi. Alors que j'avais toujours été habitué de réaliser moi-même le dessin, je pouvais maintenant me laisser surprendre par la vision d'un autre artiste. De travailler avec le talentueux Ma Yi a été très enrichissant d’un point de vue personnel. Cela m'a permis de connaître un peu mieux la culture chinoise.

 

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Le tome deux d’Aspic, dont vous êtes dessinateur, vient aussi de sortir. C’était un diptyque au départ, est-ce que ça va être plus ?

Pour l'instant, je dois me concentrer sur le tome 6 de la série Les Druides. Ce ne sera que dans quelques mois que Thierry et moi prendrons la décision si nous poursuivons les aventures de Flora et Hugo au delà de ce premier diptyque. Ce n'est pas l'envie qui manque, nous avons déjà tout plein d'idées pour de futures enquêtes. Mais nous devrons nous avant tout prendre connaissance de l'accueil que les lecteurs auront réservé à cette première enquête.

 

Si j’en juge par ce que Vous et Thierry Gloris livrez sur vos pages Facebook, vous avez bien du plaisir à travailler ensemble, comment se passe cette collaboration, est-ce que vous vous renvoyez la balle ?

En fait, je n'interviens que très peu dans le scénario, me contentant de faire part à Thierry de mes envies de dessiner tel ou tel décor. Visuellement, je suggère pas mal de choses, ou m'amuse à insérer des clins d'œil vers des œuvres qui m'ont marqué. Je n'aime pas mettre mon nez dans le processus d'écriture d'un scénariste, préférant respecter sa vision du récit. Ce qui ne m'empêche pas de signaler parfois des trucs qui me semblent incohérents, ou encore, suggérer de légers changements à une scène si je sens que la modification l'amènerait encore plus loin.

 

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Vous êtes en train de dessiner le dernier tome de Druides. Est-ce un soulagement d’en voir la fin ?

Comme on a l'habitude de dire "toute bonne chose a une fin"! Je pense qu'avec ce tome 6, les lecteurs auront eu un récit suffisamment dense et complet. Si nous étions allés au delà de 6 albums afin de boucler le cycle, j'aurais eu l'impression d'une histoire à rallonge. Il est certain que je ne me lancerai plus dans une histoire aussi longue. Je préfère des séries qui connaissent leur dénouement au bout de 2 ou 3 albums.

Vaut mieux faire 2 ou 3 cycles de 3 albums chacun que de réaliser une histoire qui s'étale sur 5 albums ou plus. Ça demande beaucoup de souffle et de concentration.

 

En termes dessin, Aspic est très différent des Druides. Est-ce difficile de passer d’un style à un autre ?

Après m'être concentré sur Aspic durant plusieurs mois, le retour sur les Druides ne s'est pas fait aussi facilement que je l'aurais souhaité. Graphiquement, c'est différent, mais ce n'est pas là où réside la difficulté. La difficulté vient de la façon de découper les pages sur chacun des deux projets. Pour Aspic, on est beaucoup plus sur du franco belge classique, presque du gaufrier. Tandis qu'avec les Druides, on éclate les pages, on est sur du cinéma à grand déploiement. Jean-Luc Istin a une vison très précise de ses BD à laquelle on ne peut pas, ou peu, déroger.

 

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Pouvez-vous déjà faire un bilan de ce que cette série vous aura amené ?

Les Druides m'aura permis de vraiment prendre le statut d'auteur BD. Au Québec, le pari d'en devenir un tient presque de l'impossible si on désire vivre de cet art. De plus, cette série a connu un joli succès avec des ventes ma foi fort respectables. Il est rare aujourd'hui qu'un auteur parvienne dès sa première série à des performances aussi intéressantes. C'est pourquoi je serai toujours reconnaissant envers Jean-Luc Istin d'avoir été le premier à m'ouvrir les portes de la BD européenne. Jean-Luc à monté de toute pièce la collection Celtic, et le succès de la série les Druides est en grand partie redevable aux efforts de ce dernier à construire cette collection.

 

Vous scénarisez également un projet avec Raphael Kan-J. Pouvez-vous nous parler à la fois du projet et de cette collaboration ?

Le projet a débuté il y a tout près de 2 ans. Jean-Luc Istin m'a proposé de travaillé avec Kan-J dont j'avais déjà vu le travail sur internet. Raphaël et moi nous sommes finalement rencontrés au FBDFQ (Festival de la Bande Dessinée Francophone de Québec, cette année du 13 au 17 avril, www.fbdfq.com) et avons discuté plus en détails de cette série en construction qui à l'époque se nommait Djenko ( Haven est le titre définitif ). L'important pour moi était de bien saisir les attentes de Kan-J sur cette nouvelle série et de lui monter une histoire faite sur mesure pour lui. J'ai bien regardé son travail réalisé sur sa première série Blackwood. À partir de cette étude, j'ai tenté de bâtir un univers qui mettrait en avant les grandes qualités de "designer" de Kan-J et de son plaisir a dessiner des créatures sombres et inquiétantes. L'histoire est toutefois accompagnée de cette pointe d'humour dont je ne puis me départir. Pour les gens intéressés, vous pouvez en découvrir plus sur l'histoire en visitant mon blog.

http://lamontagne.over-blog.net/article-avant-c-etait-djenko-maintenant-c-est-haven-66783318.html

 

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Un projet dont vous parlez moins est celui de Van-Helsing, dont vous êtes aussi scénariste. Pouvez-vous nous dire d’où vient ce projet et comment se passe cette collaboration ?

Toujours initié par Jean-Luc, cette série à venir est réalisée en collaboration avec Sinisa Radovic, un dessinateur Serbe. Ce projet s'inscrira dans la collection 1800 et portera le titre: Van Helsing contre Jack l'Éventreur. Il s'agit d'une fiction mettant en scène un Van Helsing épuisé, que l'on retrouve 2 ans plus tard, après les évènements de Transylvanie et qui est maintenant installé à Londres. Il sera amené à prêter main forte à son ami Frederick Abberline, inspecteur à la division H, qui mène enquête sur une série de crimes sordides perpétrés dans l'East End londonien.

 

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Vous travaillez comme scénariste pour différents dessinateurs. Devez-vous adapter votremanière de faire pour chacun ?

Certains dessinateurs demandent un peu plus de direction artistique, plus de précisions sur nos attentes, d'autres travaillent très bien seuls et ont la faculté de saisir immédiatement la pensée du scénariste. Il faut simplement s'adapter à chacun d'eux.

 

Yuna, Van-Helsing, Druides, Haven, Aspic, comment arrivez vous à gérer tout ça en même temps ?

Je dois avouer qu'avec la conclusion de la série Yuna, j'ai poussé un grand "OUF!". La charge de travail est tout de même imposante car il ne faut pas oublier que le boulot du scénariste ne réside pas uniquement à écrire les scénarios, il y a ensuite tout un travail d'échange avec le dessinateur afin, parfois, de réajuster le tir. Tous ces projets demandent du temps, et malheureusement, les semaines extensibles n'existent pas. Je dois donc déborder sur les week ends et les soirs afin de récupérer ce temps précieux. Mais comme je le disais, avec Yuna terminé, cela me permets de souffler un peu plus.

 

Pour le moment, vous êtes soit scénariste, soit dessinateur. Pouvez-vous comparer un peu ces deux aspects de votre travail d’auteur ?

L'un et l'autre procurent une satisfaction différente mais tout aussi agréable. L'état d'esprit lorsque j'aborde une planche au dessin n'est pas le même que lorsque je dois me mettre à l'écriture. Je dirais que les deux se rejoignent au moment où je réalise le crayonné des storyboards. Ça exige une grande concentration, concentration que je retrouve quand je passe en mode écriture. Le silence complet doit régner dans mon atelier.

 

N’êtes- vous pas tenté de faire votre propre série à la fois comme dessinateur et scénariste ?

J'ai 2 ou 3 projets qui me trottent dans la tête. J'y arriverai un jour. :)

 

 

 

Vous partez pour une tournée en France bientôt. Pouves-vous nous parler un peu de ce circuit et des rencontres qui sont prévues ?

Je me rends d'abord à Paris afin de participer au vernissage de l'exposition Aspic à la Gallery Paris, le 26 mars prochain. Ensuite, ce sera une tournée en France qui s'étalera sur 10 jours. Je visiterai, en compagnie de Thierry Gloris, les villes de Paris, Caen, Nice, Villefranche sur Saône et Bordeaux. Le plus simple est de visiter mon blog afin de connaître en détail les dates et heures de ces séances de dédicace.

 

http://lamontagne.over-blog.net/article-tournee-aspic-en-france-68674679.html

 

Merci beaucoup pour le temps que vous nous avez accordé, et bon voyage.

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 06:20

 

 

 

Le troisième concours de la bande dessinée est lancé. Après Zviane et Jessica Samson-Tschimbalanga, qui va être le prochain Lauréat? Je me suis intéressé au promoteur de ce concours, la librairie Monet, et c’est Éric Bouchard, Responsable du secteur bandes dessinées de la Librairie Monet et Responsable éditorial du Concours québécois de bande dessinée qui a gentiment répondu à mes questions.

 

 

Pourriez-vous nous présenter la Librairie Monet?


La Librairie Monet est d'abord une vaste librairie générale, mais elle possède aussi deux spécialités, la littérature jeunesse et la bande dessinée, lesquelles sont les plus importantes dans leurs secteurs respectifs au Québec. C'est une librairie indépendante (donc pas la succursale d'une chaîne), dont la renommée se fonde sur l'expertise de ses libraires de métier, leur service personnalisé et leur travail de conseil sur l'ensemble des fonds d'éditeurs (par opposition à la vente de piles de meilleurs vendeurs). Elle est située dans le quartier Cartierville, au Nord de Montréal, mais le bouche-à-oreille fait que de plus en plus de gens se déplacent enfin hors du strict centre-ville pour venir profiter de la richesse de son inventaire et de la passion de ses libraires.


 

 D’où est venue l’idée du Concours québécois de bande dessinée?


Nous participions à la première édition du défunt festival bdmontréal à l'été 2005, en tant que libraires pour les fonds des diffuseurs Sogides, Dimedia, Fides et Bayard, ainsi que pour l'éditeur Marchand de feuilles, et nous tenions à nous démarquer en initiant des activités à l'intérieur de la programmation. Nous y avons organisé une Impro BD & jazz avec VoRo, Caroline Mérola et Dominique Desbiens ; une édition spéciale du Comix Jam de Montréal (avec Kurt Beaulieu, Stéphane Dumais, Sirkowski, Bruno Laporte, Zviane, Raymond Parent, Richard Suicide, Éric Thériault, Jane Tremblay et plusieurs autres) – laquelle a donné lieu à l'édition d'un fanzine (toujours disponible !) ; et surtout manifesté notre volonté de nous impliquer dans la promotion de la relève de la bande dessinée québécoise en lançant la première édition du Concours québécois de bande dessinée.


 

Comment se passent les sélections puis la décision?


Chaque nouvelle édition du Concours se lance dorénavant au Salon du Livre de Montréal (mi-novembre), simultanément à la sortie officielle du livre du lauréat de l'édition précédente. Les candidats du Concours ont jusqu'à la fin janvier pour nous faire parvenir leur synopsis ainsi que 10% des planches de leur récit. Nous recevons en moyenne une vingtaine de dossiers par année et nous élisons trois finalistes. Les critères de sélection du comité éditorial sont évidemment la qualité, l'originalité, la personnalité et la maturité de chaque projet, la contrainte étant de proposer un récit complet en français ayant le Québec pour cadre... Mais finalement l'imagination est la seule limite, le récit pouvant être historique, de science-fiction, intimiste, etc. Les trois finalistes ont par la suite jusqu'à la fin juin pour remettre leurs projets complétés, en tenant compte des annotations données par le comité éditorial. Le finaliste est élu début juillet, puis s'enclenche le processus de fabrication du livre.



Vous en êtes à la troisième édtion du Concours, quelles sont les réactions?


Tout d'abord, le nombre de projets reçus augmente à chaque année. Des participants des années précédentes peaufinent leurs styles et proposent de nouveaux projets. La qualité des dossiers et de leur présentation s'améliore également. Je crois que c'est un signe le Concours acquiert de plus en plus d'importance symbolique aux yeux de la relève, et que le bien-fondé de notre rôle s'affirme durablement. Comme nous commentons tous les projets reçus, si des auteurs en herbe s'améliorent et proposent de nouveaux projets, c'est un signe que nous contribuons aussi, à petite échelle bien sûr, à un certain «avancement» de ces auteurs.
Nous sommes très heureux du formidable accueil public et critique qu'à reçu la première lauréate du Concours, Zviane (Sylvie-Anne Ménard) pour Le point B, avec notamment de longs articles élogieux dans Le Devoir et La scène musicale. Il faut dire que son blog très achalandé (
www.zviane.com/prout) est un vecteur de diffusion privilégié pour le travail de cette auteure. Avec son deuxième album paru l'année dernière, La plus jolie fin du monde, on peut dire que la carrière de l'énergique Zviane est définitivement sur les rails.
Nous avons été légèrement déçus, bien que peu étonnés que Mémoires de métys de Jessica Samson-Tshimbalanga, la lauréate de la deuxième édition, n'ait pas suscité autant de réactions dans la presse, sans doute pour une question de public-cible. En effet, les œuvres locales destinées aux jeunes trouvent peut-être moins d'écho dans une presse s'adressant aux adultes, quoique la donne puisse changer avec l'impact des Nombrils, de Delaf et Dubuc. Quoi qu'il en soit, nous sommes convaincus que Mémoires d'un métys est un album tout aussi pertinent que Le Point B dans le paysage de la BDQ : il est l'un des premiers albums professionnels publiés au Québec s'adressant aux adolescents (le nouveau public-vedette de l'édition), proposant un dessin et une narration manga de qualité, et mêlant efficacement action et romance dans un Québec historique ; en somme, une des rares BD de genre dans un monde local de BD d'auteur! Jessica Samson-Tshimbalanga est assurément une des futures valeurs sûres de la bande dessinée de genre au Québec.

Nous avons décidé de donner plus de visibilité aux trois finalistes du Concours cette année en présentant leurs projets sur le nouveau blogue de l'Espace BD de la Librairie Monet : http://lesitebd.canalblog.com/ (voir catégorie 3e concours québécois de bande dessinée). Jusqu'à présent, on peut voir en parcourant les commentaires des lecteurs du blogue que ceux-ci sont charmés par la qualité des projets proposés, et que cette troisième édition est déjà emballante !
Finalement, une raison de plus de constater que notre idée de concours était pertinente est que Glénat Québec vient d'en lancer un à notre suite ! C'est donc dire que les gros sous sont eux aussi intéressés par les talents de la relève québécoise...


 

Pourquoi un tel engagement pour la relève en BD?


Premièrement cette action s'effectue dans le même esprit que le lancement de notre spécialité BD en 1998 : nous croyions et croyons toujours que la bande dessinée est un médium extraordinaire qui n'est pas reconnu à sa juste valeur au Québec, et que nous désirons absolument promouvoir.
Deuxièmement, dans notre réflexion sur le rôle social et culturel qu'a à jouer une librairie dans sa communauté, un concours de bandes dessinées donnant l'opportunité à de jeunes talents d'éclore vient concrétiser cette philosophie d'implication que nous nous sommes donnée, et qui est aussi un clin d'œil à celle de la librairie-éditrice au 18e siècle, où le libraire vendait les livres qu'il éditait, dans un domaine où il se spécialisait. Il y a pour nous un côté emblématique au fait que ce soit une librairie, plutôt qu'un organisme culturel par exemple, qui soit à l'origine de ce type d'initiative. Nous tenons également à préciser qu'il ne s'agit pas que d'un investissement pour la relève au sens figuré, car nous ne recevons aucune subvention pour réaliser ce travail éditorial.
Troisièmement, il s'agit d'une action concrète dans notre engagement à promouvoir la multiplicité des voix éditoriales dans un univers de concentration éditoriale, cette fameuse «bibliodiversité» qui nous est chère, et qui est le château-fort des librairies indépendantes.
Et ne négligeons pas de mentionner qu'il y a malheureusement encore trop peu de titres de BD québécoise paraissant annuellement face à l'effarante production européenne francophone, soit environ 1% de la production totale (une quarantaine de titres sur quelques 4000 nouveautés annuelles). Il y a hors de tout doute une attitude protectionniste à adopter face à la création d'ici.

 



Pourquoi vous êtes-vous attelés à éditer les albums lauréats plutôt que de vous associer avec un éditeur?


En fait, notre intention initiale était justement de nous associer à l'expertise d'un éditeur en réalisant les livres des lauréats en co-édition ; nous ne croyions pas pouvoir devenir éditeurs du jour au lendemain (et par ailleurs, spécifions que notre vocation n'est pas de devenir éditeurs, nous sommes fiers d'être libraires !)
Mais la plupart des éditeurs contactés furent réticents à cette idée, arguant principalement le fait qu'elle pourrait signifier pour eux un favoritisme jouant précisément en leur défaveur : en effet, les grosses chaînes régissant l'univers de la vente de livres au Québec allaient-ils acheter des livres produits par des éditeurs «acoquinés» à une librairie «concurrente»? Nous n'avons donc pas eu le choix de mener le projet éditorial à terme par nous-mêmes, et avons heureusement pu bénéficier de tuyaux et conseils avisés de gens d'expérience du milieu qui croyaient en notre projet. Maintenant, je crois que les faits démontrent qu'avec le relais public et médiatique qu'a eu par exemple Le point B, l'éventualité de ne pas tenir les livres de Monet éditeur ne tenait plus... Et en définitive, nous sommes emballés par ces expériences ponctuelles d'édition !


 

Il y a trois sélectionnés et un gagnant, que deviennent les perdants?


Nous avons décidé d'élire trois finalistes pour nous assurer que les auteurs maintiennent leur désir de remporter le Concours jusqu'à la toute fin de leur travail, et qu'ainsi ils maintiennent également la qualité de ce dernier. Nous parons aussi de cette manière à l'éventualité où un finaliste se désiste en cours de route, comme cela s'est produit l'année dernière ; même si les créateurs savent dans quelle aventure ils s'embarquent, il s'agit tout de même d'un travail soutenu que de réaliser un album complet en quelques mois...
Alors quelle est la compensation d'avoir réalisé un album complet qui ne sera pas élu gagnant? Évidemment c'est une déception pour les finalistes, mais après il est plus facile pour eux d'aller démarcher des éditeurs avec un projet complété en main. Nous avons nous-même référé des finalistes ou des participants chez des éditeurs dont la personnalité éditoriale collaient à leur style. Et finalement, bien que cela ne soit pas mentionné dans le règlement, il ne serait pas impossible qu'advenant le cas où nous nous retrouvions avec deux projets de qualité exceptionnelle, devant lesquels il nous semble impossible de départager un gagnant, que nous décidions d'en élire deux.

 



Plus généralement, pourquoi les médias sont si peu intéressés à la BD, et particulièrement à la BD québécoise?


D'une part, parce qu'on accorde très peu de prestige culturel à la bande dessinée au Québec, où l'image, l'illustration, est systématiquement interprétée comme étant inférieure au texte, ou exclusivement destinée à l'usage des enfants, alors que bien sûr il n'en est rien : c'est un préjugé absolu et tenace. D'autre part, le tout est dû à un phénomène de cercle vicieux qui fait que depuis les superstars franco-belges des années 60 (les inévitables Schtroumpfs, Astérix, Tintin et Lucky Luke), et leur déclinaisons en films d'animations, les médias ne se sont pratiquement plus intéressés à la production, et ont donc failli à leur rôle d'éducation du grand public. Celui-ci, confiné dans son ignorance, ne peut nullement s'indigner que les médias ne s'y intéressent guère davantage aujourd'hui, ne sachant même pas lui-même ce qu'est la bande dessinée, à moins de fréquenter les librairies spécialisées. Pourriez-vous vous imaginer que les médias aient cessé par exemple de parler du cinéma depuis 40 ans? C'est pourtant ce qui s'est produit avec la bande dessinée. En conséquence, très peu de gens connaissent les mutations éditoriales que le médium a connu depuis cette époque : avènement de la BD adulte dans les années 70-80, avènement de l'édition indépendante, du roman graphique, des femmes dans la BD, de la bande dessinée japonaise et du renouvellement profond des thèmes et des styles que le tout a entraîné dans les années 90-2000, explosion de la production qui sévit depuis quelques années, etc. Il y a donc un problème très profond d'éducation du grand public et des journalistes. Alors essayez de vous imaginer la représentation médiatique de la BD québécoise, ce fameux 1% de la production de la BD francophone!
On pourrait signaler une troisième grande raison, c'est-à-dire l'immuable principe (appelons-le le principe Céline Dion) régissant les goûts de la masse québécoise, principe édictant qu'on ne chérit un artiste local que s'il a été reconnu en France ou aux États-Unis. Étant donné la petite taille du marché local et les moyens des éditeurs québécois, assurer une diffusion conséquente en Europe par exemple relève du tour de force. Reste donc pour les auteurs locaux à être édités à l'étranger (ou bientôt à être édités chez un éditeur étranger venu établir pignon sur rue au Québec). Comme je l'ai signalé plus haut, les médias locaux se sont intéressés par exemple aux Nombrils : édités – donc reconnus – en Europe (le troisième tome tire de manière faramineuse à 100 000 exemplaires, si mes souvenirs sont bons), ils se conforment au principe de reconnaissance québécoise. Mais ces mêmes médias se seraient-ils intéressés aux Nombrils du temps où ils étaient publiés dans Safarir? Au grand jamais! Il s'agissait pourtant du même objet...
Et pourtant, pour peu qu'on présente une bande dessinée contemporaine de qualité à un adulte néophyte le moindrement curieux, homme ou femme, dans 95% des cas il ou elle s'exclamera « Hein!!! C'est de la bande dessinée, ça?!? », abasourdi devant l'impact de la narration en images ou celui de la nature inattendue (pour lui ou elle) du propos : documentaire, reportage, biographie, etc. On se rend donc facilement compte que le médium est injustement et surtout injustifiablement boudé par les médias, d'autant plus lorsqu'on constate tout l'espace que ceux-ci accordent aux moindres navets du cinéma américain, et de manière plus générale à la musique, au théâtre, à la danse, ou aux expositions.
Je crois qu'un des principaux espoirs à poindre actuellement est la nouvelle génération des jeunes enseignants du primaire, secondaire et cégep, plus ouverts, moins bardés de préjugés, qui découvrent la bande dessinée contemporaine et ont envie de s'en servir comme support pédagogique (parce qu'il y a TELLEMENT de contenu dans une bande dessinée !), initiant ainsi les jeunes d'aujourd'hui au médium, et formant (car il faut éduquer cet œil), on le souhaite, les lecteurs de demain.


Merci Beaucoup pour cette entrevue. Rappelons que
Eric Bouchard est
Responsable du secteur bandes dessinées de la Librairie Monet et Responsable éditorial du Concours québécois de bande dessinée. Les résultats du troisième concours québécois de bande dessinée seront annoncés en juillet.


www.librairiemonet.com / www.lesitebd.com / www.librairiemonet.com/monet-editeur
Blogue : http://lesitebd.canalblog.com



 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 06:55

 

 

 

Si vous aviez à vous présenter et présenter votre travail à quelqu’un qui ne vous connait pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?

 

Quand je dessine, il me manque les mots et quand j’écris, il me manque les images.

 

 

 

Pouvez-vous nous parler de l’actualité de Philippe Girard et de PhlppGrrd?

 

Mis à part les différentes nominations pour Danger Public (dont je suis très fier), Phlppgrrd est tranquille ces jours-ci. Par contre, Philippe Girard travaille fort. En plus de l’histoire que j’ai écrite pour Emmanuel Moynot dans le livre ‘Québec, un détroit dans le fleuve’, j’ai aussi scénarisé un album sur la vie de Champlain pour le dessinateur Guy Michel (qui sortira ce printemps) et j’ai mis en images un récit dont je suis très fier sur le voyage que j’ai effectué en Russie avec Jimmy Beaulieu à l’automne dernier. Ce livre s’intitule ‘Les Ravins’ et il devrait être prêt à temps pour le festival de la BD de Québec.

 

 

 

Cette année, il y a beaucoup de choses qui vous concernent, y en a-t-il une dont vous êtes particulièrement fier?

 

Je suis fier de tous les projets mentionnés précédemment, mais j’avoue avoir un petit faible pour les Ravins.

 

 

 

Quelle a été la source d’inspiration pour l’histoire proposée dans le collectif « Québec, un détroit dans le fleuve »?

 

J’ai d’abord essayé de me plonger dans l’univers d’Emmanuel Moynot en lisant ses livres. Par la suite, nous avons discuté un peu au téléphone et j’ai découvert qu’il aimait la musique. C’est à partir de cet élément (la musique) que j’ai élaboré le récit. J’avais également compris qu’il aimait bien les décors sinistres, les ambiances humides et je me suis dit que la ville de Québec des années 50, avec son côté Pays de l’Est, lui plairait.

 

 

 

Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre travail?

 

Un jour que je dédicaçais au Festival de la BD de Québec, un homme est venu me voir avec un exemplaire de Béatrice. Pendant que je lui faisais un petit dessin, il m’a dit qu’il avait baptisé sa fille Béatrice en l’honneur de mon livre.

 

http://philippegirard.blogspot.com/

 

http://www.fbdfq.com/?rub=8&id_artiste=55

 

 

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 06:43

 

 

Si vous aviez à vous présenter et présenter votre travail à quelqu’un qui ne vous connait pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?

Je dirais que je suis toujours en train de chercher à me renouveller. Que j'aime d'abord et avant tout créer des images, inventer des univers, que j'ai la prétention de vouloir faire des belles choses. Je n'aime pas suivre les règles, je veux faire les choses à ma façon.

 

 



Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant Catherine Lepage?


Je suis nouvellement installée à Montréal. Je travaille à la pige en graphisme et en illustration. Je commence à travailler sur un nouveau projet de livre, je viens d'ailleurs de déposer une demande de bourse au conseil des arts du Québec. Mon temps de production va dépendre de l'obtention ou non de la bourse. Si c'est possible, j'aimerais prendre quelques mois pour travailler uniquement sur ce projet, à temps plein, plutôt que d'y travailler à temps perdu comme j'ai fait pour 12 mois sans intérêt. On  verra bien....

 

 

 

 Quelle a été la réception de « 12 mois sans intérêts »?

Très bonne. Ce livre semble toucher beaucoup de gens, probablement à cause du sujet, la dépression, très répandue aujourd'hui. D'ailleurs, le livre a reçu de très bonnes critiques, et ce, tant dans la presse spécialisée que dans les médias de masse : à Radio-Canada (Christiane Charette), bazzo.TV, dans le journal de Montréal, le Libération, Elle Québec..... C'est un grand soulagementi, ce livre  n'était pas facile à mettre au monde pour moi. On n'aime jamais trop dire qu'on a fait une dépression, et en sortant ce livre j'avais l'impression de m'exposer et de me rendre encore plus vulnérable!

 

 

 

Il y a un débat sur la place qu’occupe votre livre (entre autres) dans la bande dessinée. Faites vous de la bande dessinée?

Mon point de vue n'est pas encore clair à ce sujet. Pour moi, la définition de la bande dessinée est plus classique, avec des cases et des bulles. Par contre, j'ai eu des discussions avec des gens qui voudraient voir s'élargir cette définition, pour aller chercher un autre public, pour faire évoluer la bande dessinée et la perception qu'en ont les gens. Pourquoi pas? Moi, tout ce que je veux, c'est raconter des histoires en images, à ma façon. Si ça choque les puristes qu'on appelle ça de la B.D., je ne me battrai pas pour le titre. Peu m'importe comment on appelle ça !

 

 

 

Vous illustrez aussi des livres pour enfants. Est-ce que ce public est plus facile que le public adulte?

Les livres pour enfants se vendent bien, et il faut dire qu'en littérature jeunesse, je n'écris pas les textes, alors c'est peut-être plus facile. Mais je ne m'étais jamais posé cette question avant... D'ailleurs je ne veux pas me la poser, car quand je choisis de faire un livre, je ne prends pas la décision en fonction de l'éventuelle réception du public, mais plutôt en fonction du plaisir que j'aurai à y travailler, que ce soit pour les enfants ou les adultes!



 

Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre travail?

Il paraît que je dessine bien.... Ça fait toujours plaisir. Marie-France Bazzo a même dit que j'étais une illustratrice extraordinaire. Ça fait vraiment bizarre à entendre!

 

 

 

http://www.catherinelepage.com/

 

 

http://www.fbdfq.com/?rub=8&id_artiste=108

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 06:18

 

 

 

Si vous aviez à vous présenter et présenter votre travail à quelqu’un qui ne vous connait pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?

 

Je crois que je commencerais par présenter mon cheminement (le baccalauréat à l'UQO en bd, le concours de la Librairie Monet, etc.) et, bien sûr, un exemple de mon travail. Ensuite, je l'expliquerais un peu. Je suis tout à fait consciente de faire de la bande dessinée d'influence manga, mais je considère ma façon de raconter comme entre la bande dessinée européenne et japonaise. Aussi, j'expliquerais quelle technique j'utilise, soit l'encre de chine avec des lavis, et aussi pourquoi je fais de la bande dessinée. J'aime beaucoup raconter des histoires où les personnages ne sont pas parfaitement blancs ou parfaitement noirs. Surtout, peu importe ce qu'ils sont, j'essaie de leur donner une forme d'humanité au travers de leurs qualités et de leurs défauts.

 

 

 

Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant Jessica Samson-Tshimbalanga?

 

 Je termine mon baccalauréat cette semaine, la semaine du 14 avril! Il y a l'exposition des finissants le mercredi 16 avril à partir de 17h et tous les projets synthèse des étudiants autant en bd, en arts visuels qu'en design graphique y seront! Le mien aussi bien sûr! Ça a été beaucoup de travail et j'espère que l'exposition se passera bien!

 

 

 

Quelle a été votre réaction en apprenant que vous aviez été sélectionnée puis retenue pour le concours de BD?

 

 J'ai littéralement sauté de joie. Ma colocataire d'alors en est témoin d'ailleurs. J'étais vraiment très contente d'apprendre que j'avais été sélectionnée comme finaliste. Quand j'ai appris que j'avais gagné le concours, j'étais vraiment heureuse. J'avais beaucoup travaillé et il m'en restait encore un peu à faire, mais c'était génial. Je dirais que c'était un rêve qui se réalisait plus tôt que ce que je n'aurais jamais pensé.

 

 

 

Quelle sont vos projets pour la suite?

 

 J'aimerais continuer à publier. Avec la fin de bac, je n'ai pas eu le temps de me consacrer à autre chose que mon projet synthèse. Si possible, j'aimerais reprendre les personnages de Mémoires de métys pour raconter une autre histoire. Je ne sais pas si ce sera possible, mais je vais travailler là-dessus dès ma sortie de l'université. Sinon, j'ai une autre histoire que j'aimerais raconter, mais je veux m'aguerrir graphiquement avant de m'y mettre, car elle est un défi énorme. Je ne veux définitivement pas arrêter de faire de la bande dessinée, même si je ne m'attends pas à ce que ce soit facile, au contraire.

 

 

 

Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre travail?

 

Je dois dire que je suis toujours un peu surprise quand les gens ignorent que je travaille à la main pour dessiner. Lors de périodes de dédicaces, ils me regardaient dessiner avec la plume et l'encre diluée et ils étaient surpris quand je disais que toute la bd avait été faite de cette manière. Je trouvais ça un peu comique, mais j'aime bien expliquer comment on fait une bd, alors c'est intéressant de pouvoir en parler. Sinon, on m'a quelques fois dit d'arrêter de dessiner avec une inspiration manga. Ça plaît à certains et ça ne plaît pas à d'autres. J'ai décidé de continuer de le faire, mais de toujours essayer de m'approprier le style et non pas seulement de l'imiter.  Je ne peux pas tenir compte des goûts de tout le monde, alors je fais de mon mieux à la manière qui me satisfait.

 

 

http://www.fbdfq.com/?rub=8&id_artiste=113

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 06:13

 

 

 

Si vous aviez à vous présenter et présenter votre travail à quelqu’un qui ne vous connait pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?

 

Copinet Copinot est né le jour où Thomas Bayens (fameux écuyer d’une dynastie éternelle), en nettoyant le blason familial à l’aide d’un coton-tige, aperçut une inscription mystérieuse gravée dans le dos de l’enseigne royale. Cette inscription attira son attention, et il ne pu s’empêcher de la crier à voix haute : « COPINET COPINOT ! ». Il demanda aussitôt à son domestique de rassembler la chambre des Lords. Quand ce fut fait, ils se mirent d’accord pour découvrir le secret de l’inscription. Le baron allait partir à l’aventure comme ses ancêtres des temps chevaleresques.

Au même moment, Brulot était occupé à tenter de maîtriser son Chi avec l’aide d’un maître Tibétain, grand spécialiste de la méditation tantrique. Celui-ci approchait de près le paroxysme de sa quête transcendantale lorsqu’un bruit sourd et long raisonna à l’intérieur de son cortex.  Brulot sentit alors une force venue de loin l’envahir, ce bruit perçant glissa tout le long de ses neurones pour aller finir dans sa bouche, « Copinet Copinot » en résultat. Le maître Tibétain comprit alors toute l’envergure de cet événement, son élève avait su trouver son Chi et était maintenant prêt à affronter la vie avec l’aide de gens qui avaient, eux aussi, atteint leurs sommets spirituels, mais chacun à sa façon.

Julien DC travaillait sur un puits de pétrole au beau milieu de l’Arkansas dans le cadre d’une mission humanitaire. Tout se passait bien, il faisait chaud et la bière était tiède. Mais quelque chose vint perturber cette douce béatitude, le pétrole extrait du puit avait subitement changé de couleur, l’or noir prit des teintes de cyan et de magenta, ce qui provoque un choc à Julien car de douloureux souvenirs jaillirent du passé. En effet, son grand-père lui avait dit, il y a de cela très longtemps, que « el jour oussé que l’noir va dev’nir avec des couleurs de fifs, bah tu va d’voir arprendre l’aventure des Cow Pinets Cow Pinots ». Le missionnaire n’eut d’autre choix que de faire ses bagages et partir vers le Grand Nord, suivant les traces des légendaires cowboys dont son grand-père lui avait tant parlé.

Quelques années plus tard, le Baron Baeyens, Brulot le transcendantal et Jul l’habitant se rencontrèrent au beau milieu d’une vallée hivernale et décidèrent de créer un recueil de bandes dessinées qui allait partager leurs idéologies avec le grand public.

 

 

 

Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant ce que vous allez nous présenter au Festival?

 

Nous voulons faire découvrir aux gens notre petit fanzine bien sympathique et rempli de dévouement. En effet nous nous sommes « auto-produits » et nous avons confectionné les recueils entièrement, de la conception à l’imprimé et l’assemblage. C’est du « fait maison » bien pur et 100% biologique. C’est aussi le tout premier Copinet Copinot, et nous souhaitons bien en produire d’autres par la suite.

 

 

 

Qu’attendez-vous de votre présence dans l’espace Fanzine du FBDFQ?

 

De s’éclater en masse, rencontrer les autres bédéistes, créer des liens dans la communauté et se faire connaître un peu si possible.

 

 

 

Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre travail?

 

-          « Hein fucké! »

-          « Wow c’est différent… »

-          « Ça me rappelle la première fois que mon père à fait du vélo. »

-          « J’ai jamais vu quelque chose d’aussi bien foutu après la face à Thomas. »

-          « J’suis fier de toi mamie. »

-          « Les chiens en raffoleront »

Mais nous en attendons bien d’autres au festival, car c’est le lancement officiel de Copinet Copinot!

 

 

http://jul-zombie.deviantart.com/journal/17554784/

 

  

Note : l’ensemble de notre fanzine est un gros concept, nous avons donc suivit cette optique pour l’entrevue, alors ne vous sentez pas offusqué si les réponses semblent plus ou moins farfelues ou sérieuses. Nous sommes trois étudiants en graphisme et nous faisons cela pour le plaisir!

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 17 avril 2008 4 17 /04 /Avr /2008 06:02

 

 

Si vous aviez à vous présenter et présenter ce que vous faites à quelqu’un qui ne vous connait pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?

 

Ce que je réponds habituellement, c’est que je suis un touche-à-tout qui, aussi pradoxal que cela puisse paraître, se spécialise en bande dessinée depuis les dernière années. Ma culture personnelle, mes lectures de jeunesse,  mes expéricences sur le marché du travail on fait en sorte que j’ai développé différents moyens d’exercer mon art : j’ai travaillé pour l’industrie textile en dessinant des modèles d’imprimés pour les vêtements, j’ai baigné dans l’industrie du cinéma d’animation, j’ai fait de la caricature apprêtée à toutes les sauces, j’ai créé de la bande dessinée qui était publiée dans des fanzines et dans des magazines, j’ai aussi touché une fois à l’industrie du comic book américain, j’ai fait des peintures murales pour payer mes études collégiales. Bref, quand j’ai décidé de me lancer en affaires en tant qu’illustrateur-pigiste et que je me cherchais un nom de compagnie pour m’enregistrer, j’ai trouvé que l’illustrotteur avait une résonnance avec le mot globe-trotter. De plus, sachant qu’un globe-trotteur fait le tour du monde en visitant chaque continent, je trouvais qu’il y avait un parrallèle intéressant à faire avec ma propre expérience artistique qui donnait, comme je l’expliquais précédemment, dans plusieurs domaines différents mais quand même tous reliés d’une façon ou d’une autre par le dessin. C’est sous ce nom que j’ai illustré de nombreuses campagnes publicitaires promotionnelles.

 

 

 

Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant Simon Dupuis?

 

Actuellement, je vis une sorte de décallage : Mon premier album vient tout juste de sortir mais ça fait quand même quatre ans qu’il a été initié et deux ans qu’il est terminé! Pour différentes raisons, l’éditeur a plusieurs fois remis la date de sortie. Quand on regarde à la dernière page, on voit que la signature date de 2006. Bref, au moment où j’écris ces lignes, la coloration du deuxième tome vient d’être complétée. Bref, ce que je montre actuellement est déjà loin derrière…et cela donne un sentiment étrange…cela me fait penser aux réalisateurs qui nous parlent de la sortie d’un film quand ils sont déjà occupés à tourner quelquechose de tout à fait différent.

 

 

 

Pouvez-vous nous présenter « la poste d’Ishtar »?

 

La Porte d’Ishtar c’est une série qui s’inscrit dans le genre polar-historique. Un crime est commis. À partir de cet événement, on y découvrira le personnage principal de Taliya, une jeune scribe agée d’une vingtaine d’années, qui sera engagée par la reine Sémiramis

pour mener l’enquête. La Mésopotamie devient donc le décor de cette mise en scène où défileront une brochette de personnages très contrastés.

 

 

 

 

 

 

Comment s’est passée la collaboration avec Alain Paris, le scénariste?

 

Il faut dire que toute notre collaboration tient à une connexion intern car nous ne nous sommes jamais rencontrés physiquement! Tout d’abord c’est lui qui m’a contacté par courriel. Il avait déjà  proposé son scénario à  François Miville-Deschênes, mais celui-ci était déjà occupé à temps plein sur sa série Millénaire. Étant donné que François est un camarade de longue date et qu’il connaissait mon travail, il savais également que je tentais de faire mon entrée dans la BD alors il m’a tout simplement référé à Alain Paris.

Une fois le scénario validé par les Humanos, c’est là que j’ai dû à mon tour commencer le boulot de proposer des esquisses et des planches exemples au scénariste et au directeur de collection. Donc, une fois que j’avais en main un dossier très étoffé (plusieurs mois après nos premiers échanges de courriels), c’est à partir de ce moment que j’ai proposé ma candidature de façon officielle aux Humanos. Après quelques ajustements faits par rapport à mon dossier, je reçu un contrat écrit par la poste…et le scénario en document Word. Par la suite, je soumettais toujours le découpage technique de mes planches au scénariste et au directeur de collection. Ces étapes permettaient de détecter tout de suite ce qui aurait pu être problématique au niveau de la narration ou au niveau d’un possible anachronisme. Ces étapes embryonnaires se sont très bien déroulées grâce à l’envoi de courriels sur une base régulière et presque quotidienne.

 

 

 

Vous travaillez dans l’illustration, le dessin animé et la bande dessinée. Comment approchez vous chacun de ces média?

 

Pour moi, chaque projet sur lequel je suis invité à collaborer devient un nouveau défi à relever…que ce projet soit une commande d’illustration, une peinture, un storyboard ou une commande de BD, je vais me fixer un but à atteindre et je vais tenter d’y parvenir du mieux que je peux. Dans le cas d’Ishtar, j’avais des défis de taille à relever : Premièrement, il me fallait revenir à un dessin plus réaliste car cela faisait au moins deux ou trois ans qu’on me commandait des illustrations exploitant un style très caricatural. Pour ce premier album, on voulait que je redevienne plus «classique» en visant un dessin réaliste.Deuxième défi, je devais travailler uniquement la ligne encrée car on désirait une coloration numérique pour donner un look plus moderne à l’ensemble. Finalement, j’avais à recréer la ville de Babylone, ce qui n’est pas une mince affaire quand on réalise notre premier album chez les pros!

 

 

 

Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre travail?

 

Tiens, dernièrement, le commentaire le plus rigolo vient de Philippe Grenier qui tient un site sur lequel il critique des albums bd. En parlant du dessin de la Porte d’Ishtar, il disait ceci : «Côté dessin, on remarque certaines similarités avec le style de Réal Godbout, l'auteur de la série Red Ketchup.»  Sur le coup je ne m’expliquais pas cette allusion, ensuite, j’ai compris que le «critique» était allé fouiller sur internet. Il avait déterré une vielle biographie où il était dit que j’avais été influencé par Godbout et son Red Ketchup…cependant, je parlais de son approche scénaristique…pas du dessin! Hé hé.

Dans un autre ordre d’idées, je me souviens d’avoir reçu un courriel provenant d’un étudiant américain qui avait vu mon image de Pop eyed! (une version personnelle de Popeye…voir sur www.illustrotteur.com) et qui disait être motivé à continuer ses études dans son collège d’art pour être un jour capable de pondre des images de ce calibre…là j’étais touché droit au plexus!

 

 

http://www.illustrotteur.com/

 

http://www.fbdfq.com/?rub=8&id_artiste=102

 

http://www.humano.com/accueil/index.php

 

 

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /Avr /2008 16:19

 

 

 

Si vous aviez à vous présenter et présenter votre travail à quelqu’un qui ne vous connaît pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?

 

Marie-Justine Roy

 

Je dirais d’abord que mon travail de dessin et la publication de la BD les Globe-Trotters est la réalisation d’un rêve : celui de  voir mes dessins prendre leur envol, sur un support accessible à tous.  Déjà en 2006 avec la publication d’un « strip » dans la revue Equi-libre ce fût une étape.  Mais là, en album couleurs, c’est encore plus excitant.

Ensuite, je conseillerais à ceux qui veulent me connaître de voir mon site Internet, le www.mjroy-artiste.com. Mon site est un porte folio électronique. Il permet de voir l’éventail de mes créations artistiques.

Finalement, je suis l’artiste de l’équipe qui a mis au monde la bd les Folles aventures des Globe-Trotters.  Je ne suis pas spécialiste de la BD, je fais toutes sortes de projets avec le dessin traditionnel ou à l’ordinateur, et aussi des retouches de photos.

 

Ludovic Przadka

 

Je m’appelle Ludovic Przadka. Je suis Français de naissance et Québécois d’adoption depuis plus de 10 ans. J’ai étudié en santé animale et en agronomie.

Depuis que je suis petit, j’ai l’imagination fertile et ma famille m’a toujours encouragé à mettre mes histoires par écrit. Entre 1999 et 2005 j’ai écrit des pensées poétiques et en 2008 un premier livre est sorti sous le titre « Pensée, des pensées sans compter ». Ces 21 pensées sont un accès, une ouverture sur mon imaginaire.

Ensuite j’ai écrit les histoires de la bande dessinée « Les folles aventures des Globe-Trotters ». Une BD jeunesse drôle avec des jeux, des coloriages et un volet éducatif.

Pour avoir une idée exacte du travail produit, le mieux est de lire les livres. Pour des infos complémentaires, il y a mon site sur Internet :

http://pages.videotron.com/ludoaute/

 

 

 

 

Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant ce que vous allez nous présenter au Festival?

 

MJR

 

Nous allons lancer officiellement notre bande dessinée à l’espace Fanzine au festival de la BD francophone du Québec, au Salon international du livre de Québec le 16 avril 2008.  Le moment est idéal. C’est notre baptême à nous aussi, notre première expérience dans le domaine de la publication d’une bande dessinée. Et sûrement pas la dernière ! J’ai du plaisir à travailler avec Ludovic, on rit beaucoup et on se complète bien.

 

LP

 

Nous allons présenter au festival une bande dessinée en couleurs jeunesse qui s’intitule « Les folles aventures des Globe-trotters ». Cette BD résulte de l’association entre une artiste de talent (Marie-Justine Roy et un scénariste (moi-même)). Le lecteur y trouvera 14 aventures drôles, des jeux, des coloriages, un volet éducatif-apprentissage.

Nous y avons consacré beaucoup de temps afin d’avoir un produit qui nous ressemble, nous tenions à ce que la BD soit conçue et imprimée au Québec

 

 

 

Qu’attendez-vous de votre présence dans l’espace Fanzine du FBDFQ?

 

MJR

 

J’espère trouver le contact avec les jeunes lecteurs, donner une belle visibilité à l’album et aussi la possibilité d’échanger avec des gens qui œuvrent dans le domaine du dessin. Je m’attends à une belle expérience.

 

LP

 

N’ayant pas la popularité qui ouvre les portes des médias, l’espace fanzine va me permettre de présenter notre travail, faire découvrir notre style en prenant de l’expérience du contact avec le public. Je vais pouvoir échanger et apprendre avec des personnes plus expérimentées en BD. Finalement vivre de beaux moments avec des gens, de tout âge, qui vont me donner hâte de revenir l’année prochaine.

 

 

 

Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre travail?

 

MJR

 

Tous les commentaires positifs venant de parents qui témoignent la réaction de leurs enfants à la vue de mes dessins me surprennent. Dans le sens que ce sont toujours des réactions originales, venant du cœur, authentiques donc très flatteuses.

La dernière anecdote ne vient d’une amie qui a donné le poster de mon dessin de la  jungle à son fils Victor. Elle m’a raconté qu’il l’a pris dans ses mains et a dit « Woooow ! ». Ça peut paraître anodin mais elle a ajouté : « je ne l’avais jamais entendu dire ce mot là » ce qui m’a fait très plaisir.

 

 LP

 

En général, le premier commentaire est « je ne savais pas que tu écrivais ». Après avoir découvert mon travail, les commentaires sont positifs. Les lecteurs sont souvent étonnés « je ne pensais pas que vous pouviez faire un travail aussi professionnel alors que vous êtes amateur ».

Mais ça finit toujours sur une note positive « il est pour quand le prochain livre ».

 

 

http://pages.videotron.com/ludoaute/

 

 

 

http://www.mjroy-artiste.com/

 

 

 

 

 
Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

Dans les liens ci-contres, le "+" représente une entrevue réalisée avec l'auteur. Pour les lire, allez voir dans la section "entrevues" des catégories.

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