Si vous aviez à vous présenter et présenter votre travail à quelqu’un qui ne
vous connait pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?
Je fais de la bande dessinée underground parce que les gens trouvent que j’ai des drôles d’idées. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est
ce que je récolte le plus souvent comme commentaire face à ma production.
La bande dessinée rejoint me deux plus grande passion : dessiner et inventer des histoires. J’ai donc approché le médium de la
bande dessinée dans la volonté de développer un nouveau moyen d’expression, et non dans le but unique de « faire de la bd ».
Voilà pourquoi mon travail offre une grande diversité de lecture, parce que je procède par exploration.
Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant ce que vous allez nous
présenter au Festival?
Chimeris –Sirus- est un récit de science-fiction.
Cette histoire se construit comme Mandragora et Evagruss en ce sens qu’elle s’apparente
un peu à de la tragédie grecque. Le personnage principal tient mordicus à une idée : son identité, alors qu’autour de lui un monde incompréhensible se charge de détruire tout l’édifice de
ses conceptions. Le personnage doit donc se reconstruire en modifiant l’espace de ses perceptions : par le sens visuel en majeur partie.
C’est une bd que je viens tout juste de terminer, juste à temps pour le festival de bande dessinée. Je vais aussi avoir l’occasion
d’aller la présenter en France à l’automne prochain, au festival Quai des bulles car j’ai gagné un concours de l’OFQJ.
Qu’attendez-vous de votre présence dans l’espace Fanzine du
FBDFQ?
Beaucoup de plaisir et bien des rencontres.
J’aime beaucoup voir où les autres sont rendus, regarder ce qu’ils ont produit cette année, partager et échanger.
C’est un moment unique car nous nous voyons assez peu souvent. J’ai hâte de récolter les critiques et les commentaires. Même s’ils
sont rarement positifs, c’est extrêmement formateur, c’est ainsi que j’apprends le mieux.
Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre
travail?
Cela me surprend qu’on me compare souvent à Lovecraft ou même un jour au « Vagabond des limbes ». J’ai trouvé cela
extrêmement flatteur.
Les gens voient souvent des traces de mes inspirations dans mon travail : Druillet et Andreas.
Mais … Crumb? Oui, cela m’étonne beaucoup mais on y a déjà discerné son influence. Et c’est un peu vrai.
Mon travail serait torturé et troublant. Peut-être, mais ce n’est pas toujours ce que j’en perçois et ce que je désire y
exprimer.
Et, pour finir, étant donne que la plupart des gens trouvent que ce que je fais est définitivement trop bizarre, les commentaires
positifs ne sont pas légion. Ils me surprennent toujours et sont pour moi la plus grande récompense de mon travail acharné.
http://www.vaar.ca/