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Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

http://ericlamiot.site.voila.fr/

 

 

Pour mes photos et chroniques de voyage:

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Pour mes dessins:

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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 17:24

 

Première liste d'activités pour cet automne à Québec

 

Ce soir, dédicace de Djief à l'Imaginaire, place Laurier, de 18h00 à 21h00,

 

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 Toujours  coté dédicaces, Philippe Girard sera à la libririe Phylactère, rue St-Joseph, le 29 septembre en formule 5 à 7, pour y dédicacer Rewind, son nouvel album, à sortir trés bientôt.

 

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 Les rendez-vous de la BD animér par Michel Giguère sont de retour cet automne à la bibliothèque Gabrielle Roy (Salle Gérard Martin, deuxième étage, 19h):

 

 

Mercredi 21 septembre 2011

 


Un air de manga avec Michel Falardeau
 

Après la trilogie de Mertownville, Michel Falardeau a été recruté par le géant Dargaud pour offrir au lectorat franco-européen et québécois l'album Luck, résolument actuel, urbain et à l'influence nippone assumée. Projection de planches à l'appui, survolons son parcours et commentons un éventail de BD occidentales qui ont, elles aussi, « un air de manga ».

 

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Mercredi 19 octobre 2011

 


Hervé Bourhis à l’occasion du festival Québec en toutes lettres
 

Créateur fécond et pluriel, Hervé Bourhis raconte, tantôt aux enfants, tantôt aux adultes, des histoires aux thèmes très variés et aux multiples styles graphiques... mais toujours avec un sens aiguisé de l'observation de ses contemporains. Faites plus ample connaissance avec l'œuvre et l'homme à travers des échanges et une projection de planches triées sur le volet.

 

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Mercredi 9 novembre 2011

 


Des cris dans la brume : Londres au XIXe siècle
 

Thème un peu mince, penseront certains... Pourtant, d'innombrables « conteurs » se sont inspirés de Londres, dont plusieurs bédéistes, de Loisel à Allan Moore. En ce mois des morts, pénétrez dans le Londres de Victoria, celui de Charles Dickens, d'Oscar Wilde, de Sherlock Holmes, de Peter Pan, de Jack l'Éventreur, de Dracula!

 

 

Mercredi 7 décembre 2011

 
Goscinny, maître du second degré 2e partie

Une précédente rencontre a permis de retracer la vie et la carrière romanesque de ce monument de la BD franco-belge. Voyons maintenant sa production (Astérix, Lucky Luke, le petit Nicolas, Iznogoud...), ses thèmes de prédilection, les procédés comiques qu'il a portés à un haut degré d'efficacité et l'articulation de différents niveaux de lecture – principe qui a permis à René Goscinny de développer le lectorat adulte tout en captivant les enfants. Tout cela au cours d'une soirée que nous souhaitons dans le ton bon enfant qui était le sien.

 

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Le passage d'Hervé Bourhis sera certainement souligné par plusieurs activités, que je vous confirmerais plus tard, mais mettez déjà dans votre agenda la date du 21 octobre pour un concert BD avec Philippe Girard.  

 

 

 

 

 

 

Pour terminer, quelques sorties de cet été:

 

 

 

G8, de Mario Malouin, Chez Glénat Québec

 

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Haven, De Jacques Lamontagne et Raphael Kan-J, Chez Soleil

 

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White Crows, de Djief, Chez Soleil

 

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Qui est Anna Mendieta, de Christine Redfern et Caro Caron, aux éditions du Remue-ménage

 

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Simon Nian, tome 3, l'Exposition Maudite, de Corteggiani et Rodier, Chez Glénat 

 

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L'académie des chasseurs de primes, tome 2.5, En vacances, De Michel Lacombe, Benoit Godbout et Yanik Champoux, aux Éditions 400 coups

 

 

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Par Eric Lamiot - Publié dans : Nouvelles de la BD au Québec
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 22:21

Jérome Bigras est de retour. Personne n’osait espérer revoir cet anti-héros banlieusard revenir manipuler les standards de la bande dessinée classique. Et pourtant, c’est un trou heureusement non comblé qui nous vaut ce plaisir. Entrevue avec son créateur, Jean-Paul Eid, pour nous expliquer les tenants et aboutissants de ce projet.

 

 

Après le recueil des aventures de Jérome Bigras “Des tondeuses et des hommes”, tu nous reviens avec un nouvel album “le fond du trou”, et des nouvelles aventures pour ce personnage. Pourquoi avoir repris ce héros ?

Pourquoi pas?  J'ai créé Bigras à l'âge de 20 ans et il a évolué en même temps que moi durant les 10 années de collaboration à la Revue Croc.  C'est devenu un ami intime à travers lequel j'aime poursuivre mes petites expériences de scénaristique.

 

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Jérome Bigras était publié dans « crocs » initialement, peux-tu nous dire comment ce héros est venu au monde ?

Croc avait mis sur pied une autre revue du nom de Titanic, un projet ambitieux de magazine uniquement dédié à la BD, alors que Croc contenait 70% de texte et 30% de dessin. J'y ai publié mes premières planches. Hélas, ça a été le dernier numéro et la revue a fermé ses portes le mois suivant. Mais, cette collaboration m'a permis de mettre un pied dans la place, de traverser le corridor et de frapper à la porte de la revue- mère avec quelques planches dont 3 épisodes de Bigras. Ça a plu et, à mon grand étonnement, on m'a ouvert les pages du magazine en publiant les aventures de Jérôme de façon irrégulière, au début, puis mensuellement jusqu'à la fermeture de la revue en 1995.

 

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Avec Jérome Bigras, tu jouais déjà avec les standards de la bande dessinée (cases à l’envers, personnages qui jouent avec les bandes, adresses directes au lecteur), d’où viennent ces idées ?

Je me pose souvent la question suivante: À quoi le lecteur s'attend-t-il le moins à cet endroit précis du récit? J'essaye par la suite de justifier le tout et c'est là que réside la plus grande partie du travail. Ce n'est pas de trouver les idées le plus difficiles, mais plutôt le travail pour les intégrer dans le récit.

 

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Avec au fond du trou, tu vas encore plus loin. Cette fois, il y a un trou qui traverse l’album et qui sert de fil conducteur à l’histoire. N’as-tu pas peur d’aller trop loin ?

J'ai fait mes classes dans un magazine humoristique et j'y ai appris à m'adresser à un lecteur qui n'est pas nécessairement un fin connaisseur de BD mais plutôt un lecteur occasionnel. Et je me suis donner le mandat de lui faire découvrir les possibilités du médium. Évidemment, ça demande un minimum d'effort de sa part, mais, en contre partie, il aura droit à un petit tour de manège qui le sortira du confort de sa lecture traditionnelle.

 

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Garder un trou tout au long des pages d’un album tout en gardant du sens dans l’histoire, à quel point est-ce difficile ?

Honnêtement? Hyper-complexe! Premièrement parce que le trou ne change jamais de place sur la page. Le découpage doit donc se fondre dans cette grille trouée. De plus, comme il y a des trous sur toutes les pages, le scénario doit tenir compte du fait que les trous de gauche mènent aux pages précédentes et ceux de droite aux pages à venir. Dans de telles circonstances, impossible d'intercaler une page, puisque toutes les pages paires deviendraient impaires et inversement.

 

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De plus, l’histoire n’est pas linéaire, puisque des références croisées à d’autres pages sont faites tout au long de l’album. Comment organises-tu ton scénario pour que tout se tienne à la fin ?

Au départ, je savais comment commençait et finissait l'histoire. Après, ça a été des heures de brainstorming à trouver des gags visuels jouant sur la forme du trou ou sur sa signification. Dans un deuxième temps, ça a été d'intégrer ces idées dans le fil de l'histoire et de lancer des perches d'une page à l'autre sans que les lecteurs ne se perdent dans un labyrinthe.

 

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Peux-tu nous parler des difficultés techniques liées à la réalisation de cet album ?

Je me suis lancé dans le vide en prenant pour acquis que la perforation de l'album était un procédé faisable et relativement réaliste. La Pastèque était l'éditeur tout désigné pour ce genre publication hors norme. Grâce à l'imprimeur Gauvin, qui a abordé cet album comme un défi, on a réussi à développer une machine qui permet de perforer l'album et poussant les retailles hors du trou et ce, sans effilocher le papier.  Plusieurs heures de recherche et développement du côté de Gauvin qui ont donné un résultat très satisfaisant.

 

Penses-tu être allé au plus loin de ce que tu pouvais avec ce concept ?

Il n'y a pas de limites sinon que le nombre de pages que l'on compte faire. Il ne faut pas non plus que l'histoire s'épuise et que les pages ne deviennent qu'une simple succession de pirouettes narratives. Je travaille fort pour que toutes ces astuces soient intégrées et justifiées dans le scénario.

 

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Tu es un des rares auteurs au monde à jouer avec les cases des histoires (Fred en est un autre). Est-ce important pour toi de sortir des sentiers battus ?

Il y a plus d'auteurs qu'on pense qui travaillent en ce sens. Ici comme ailleurs, de Leif Tand à Marc-Antoine Mathieu, et tous de façon bien personnelle.

Sortir des sentiers battus? Je ne sais pas. J'aime profiter de ce que m'offre ce médium et que les autres médiums ne peuvent m'offrir. Capitaliser sur les particularités de la BD. Par exemple, contrairement au cinéma, je peux modifier le format de mes cases, le lecteur peux facilement relire une page précédente si je le lui suggère, je peux profiter du support tridimensionnel de la page (la feuille de papier), etc.

 

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Peux-tu nous parler de tes projets ?

C'est un peu prématuré pour le moment!  Mais très bientôt, j'espère!

 

Merci beaucoup d’avoir pris du temps pour répondre à nos questions.

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                               

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 1 septembre 2011 4 01 /09 /Sep /2011 21:22

Vous êtes aux prises avec le système de santé? Alors histoire de vous aider à relativiser, voila Stat qui vous offre un regard humoristique et légèrement décalé sur ce service à la population. Créé par deux professionnels du domaine, Yves Lessard (scénario et dessin) et François Paquet (scénario et design), Nous avons souhaité un savoir plus sur ce nouveau service essentiel médicalement profitable, l’humour de Stat. Entrevue à deux voix avec les créateurs.

 

Vous êtes nouveaux dans la BD au Québec, pouvez-vous nous parler de vous ?

FP: Je suis médecin spécialiste en médecine d'urgence et pratique dans ce domaine à l'urgence de l'Hotel-Dieu de Lévis depuis près de 20 ans. Mon intérêt pour la BD date d'aussi longtemps que je me rappelle. J'ai une bonne collection de BD et sans sujet particulier. Je peux passer du classique à la science fiction et en fait, tout ouvrage de qualité m'intéresse.

YL: Je suis de mon côté infirmier depuis 20 ans et dessine depuis toujours!! Comme nous travaillons tous les deux dans le domaine de la santé, cela fait du sens de développer cette idée de BD et voilà pourquoi j'ai embarqué avec passion dans ce projet.

 

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D’où vient l’idée de cette BD ?

YL: Lors d'une soirée de travail, François me voit dessiner sur un coin de bureau à la fin d'une journée de travail. Il me fait part d'une idée qui lui trotte dans la tête depuis des années. De fil en aiguille je fais quelques esquisses et voilà qu'on se rejoint en quelques minutes sur les grandes lignes du projet. Des centaines d'heures de travail, du café à profusion et nous voilà!

FP: En effet, nous vivons des situations souvent cocasses et j'ai tellement souvent entendu des amis collègues me répéter qu'on devrait écrire un livre avec toutes ces idées! Et bien de mon côté j’imaginais plutôt la création d’une BD… Depuis une dizaine d'années je mijotais ce projet, et ce sans avoir trouvé un dessinateur pouvant reproduire ce que j'avais en tête. Quelques dessins de Yves et voilà que les personnages prennent vie. Le processus de création passe par une idée, on se dit quelques mots, on développe un milieu de vie pour les personnages et voilà l'idée générale pour les planches est créée!

 

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Comment arrivez-vous à éviter les blagues « internes » à votre milieu de travail ?

FP : Le processus de création passe presque toujours à partir d’une idée vécue ayant comme thème un objet, une situation, un personnage etc. La situation est souvent en effet plus drôle pour les professionnels du milieu, et cela explique entre autres pourquoi ces situations n'ont jamais été publiées! Les évènements ayant trop une connotation « interne » au milieu. Pour palier à ce problème il faut donc travailler l’idée de base. Nous discutons donc cette idée (brainstorming) et la rendons plus compréhensible aux personnes moins familières avec le milieu de la santé.

YL: Lorsqu’à partir d’une situation comique l'idée est bien établie et que les personnages choisis le sont le sont aussi, nous devons nous mettre à la place du lecteur afin de rendre le tout "simple". Mon « leitmotiv » est, tant qu’à moi "The Less is the Best". C’est donc tout un défi de réussir à rendre le tout dans un format de planche de trois-quatre cases. Le punch doit être bien dosé et bien placé. Nous avons choisi ce format de « strips » en ayant en tête et comme but la publication dans des revues nord-américaine en français et en anglais. Ce format est plus connu de ce côté de l’Atlantique et convient bien au type de situations comiques que nous voulons créer.

 

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Étant donné la crise que traverse le milieu hospitalier du Québec en ce moment, comment arrivez-vous à trouver le temps de faire de la BD ?

FP: Nous travaillons tout les deux à temps plein et donc pas mal d’heures dans la semaine…. Cela sans compter que nous avons les deux une famille. Pour le moment nous travaillons le tout comme un passe-temps et doit donc être en équilibre. Ceci dit ce passe-temps est aussi un travail, à nous de conserver le plaisir de réaliser le tout. Je garde toujours une petite pensée pour STAT à mon travail et les idées viennent alors. C’est donc toujours agréable de discuter avec nos collègues qui nous racontent leurs propres situations. Résumons donc pour moi, STAT est un exutoire pour les journées à l'urgence!

YL: Je travaille principalement de nuit et cela n’est donc pas évident de trouver le temps. De plus, comme dessinateur, je ne peux pas me dire que je m’assois et que "l'inspiration arrive". Il faut que je trouve des moments où je peux me retrouver dans un bon état d'esprit pour la création, mais j'y arrive. Tant que le plaisir existe dans ce métier, je m'y tiens. Nos discussions et « brainstorming » avec François sont aussi de bons moments de rigolade et de détente !

 

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Comment avez--vous défini les caractères de vos personnages (tant au niveau scénario que graphique)

FP: D'après la vie de tous les jours. Bien que certains personnages aient été inspirés avec nos traits de personnalité en partie, les autres personnages sont plutôt un amalgame de plusieurs caractéristiques de personnes réelles. C’est personnes nous ont souvent marqué au long de notre carrière respective et ce autant dans leur façon d'être que dans leur réaction face aux situations parfois bizarres. Les personnalités teintent donc les personnages entrainant des réactions différentes devant une situation inattendue et voilà des mines d'idées pour le futur.

YL: Pour le moment nous nous en tenons à quelques personnages principaux avec des métiers bien connus du public (médecin, infirmier, préposé aux bénéficiaires). Une bonne BD tient à la force de ses principaux personnages et à la qualité des textes. Même si le tout semble facile pour un format 3-4 cases, plus c’est simple et plus cela nécessite du travail ! Pour bien s’assurer que nos histoires soient réalistes quand même, nous avons déjà en banque des personnages qui accompagneront nos héros dans toutes sortes de situations. Nous conservons le chainon important que tout se passe dans un hôpital et principalement à l'urgence.

 

Est-ce que votre inspiration vous vient essentiellement de cas vécus ?

FP: Absolument. La plupart du temps nous prenons une idée avec comme thème une situation réelle qui est survenue. Évidement cette situation peut-être chargée d'émotions et c’est à nous de la modeler afin de la rendre "comique".

YL: Après 20 ans de travail nous avons vu tellement de choses que les idées sont là pour des années de planches. Tous les jours de nouvelles situations surviennent !

 

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Les gestionnaires, dans votre ouvrage, sont représentés comme des personnages « incompétents ». Ne pensez-vous pas que ça fait un peu « archétype » ?

FP: En fait c'est parfois loin de la réalité lol! Ce n'est pas toujours de la faute des gestionnaires, le cadre actuel administratif est ce qu'il est au Québec, loin d’être parfait ! Par contre une bonne dose de dérision, et également même autocritique, n'est pas une mauvaise chose. On doit apprendre à rire de soi aussi!

YL: Comme infirmier il est souvent difficile de comprendre les tenants et aboutissements des volontés d'un hôpital. On tourne à gauche et à droite pour des choix sans but bien précis. À date, même les gestionnaires que nous côtoyons trouvent la BD intéressante et amusante, et ce à tous les niveaux de gestion.

 

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Avec Stat, essayez-vous aussi de passer un message sur le système hospitalier ?

FP: Rappelons-nous que la population totale du Québec n'égale même pas celle du New Work Métropolitain et ce avec une structure encore plus difficile à gérer. Nos disparités régionales créent aussi des difficultés que nous contribuons tous à rendre complexe! On tente si souvent de recréer la roue pour être unique. Je suis moi-même parfois dans une position de gestion et ce n'est vraiment pas facile de négocier avec les structures existantes. La réalité est que le cadre rigide actuel des nos organisations empêche ou rend même parfois impossible les modifications qui paraissent parfois pourtant si évidentes. Patience et rigueur sont alors nécessaires. Rien n'empêche que sur « le terrain » les situations vécues sont donc au final incompréhensibles pour le commun des mortels. Par exemple il y a deux semaines j’arrive au travail à l’urgence et surprise il n'y avait plus aucune chaise pour s'asseoir afin d’écrire le dossier après avoir vu un patient!!!

YL: Au Québec comme dans bien des endroits, on passe de développement à restrictions, de compressions à dépenses inexpliquées et ce sans plan de match clair. Tout le monde peut comprendre les difficultés du réseau ou les raisons qui nécessitent de se « serrer la ceinture » ou « manger son pain noir » mais il faut voir le bout du tunnel de temps en temps.

 

Tourner le milieu des urgences de façon humoristique, n’est--ce pas un risque en termes de perception de la part de vos lecteurs ?

FP: Je ne crois pas. Nous ne sommes pas dans un crédo qui est si difficile que cela. Pensons au sujet de BD comme la religion, l’immigration où d'autres sujets plus "chaud" émotivement… Nous utilisons des situations que tous peuvent à la limite vivre.

YL: À travers le monde entier les urgences et les hôpitaux existent, il s'agit donc d'un environnement facilement compréhensible pour toute personne et c’est donc un sujet exportable partout. Après pas mal de recherches nous notons que peu de gens ont osé créer une BD sur le thème des hôpitaux et des urgences, voilà donc un défi des plus stimulants!

 

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Finalement, le milieu des urgences est-il si mal en point ?

FP: Disons que nous pouvons facilement faire mieux. Cela exige non pas des actions bien complexes mais plutôt une volonté de fer du réseau associée à une participation exemplaire des professionnels. On voit quand même des améliorations au fil des années. Le côté technologique est en continuelle évolution et il faut également suivre les dernières améliorations retrouvées ailleurs dans le monde et nous réussissons. De plus, les personnes qui consultent sont parfois très exigentes, souvent avec raison, et cela demeure un défi quotidien.

YL: Les dernières années ont été très difficiles pour la profession infirmière, mais je demeure très optimiste pour le futur. La profession d’infirmière et toutes les professions dans le domaine de la santé sont très stimulantes et avec une perspective d’emploi sans problème…

 

Et ou voyez-vous Stat dans le futur ?

FP: Mon rêve ultime est de voir STAT en format animation. Ce serait extraordinaire de voir nos personnages vivent sur un écran ! Faut rêver dans la vie !

YL: Nous visons à produite un tome 2 qui devrait arriver avant les Fêtes de 2011. Cet album devrait être disponible dans toutes les bonnes librairies du Québec! On verra ensuite pour le volet anglais et de même que pour l'Europe. Tout est possible, nous sommes persévérants.

 

Merci encore pour cette entrevue, et à bientôt.

 

Pour plus d’information, retrouvez Stat sur

www.statcomics.com

Vous pouvez acheter l’album auprès des éditions moèlle graphique

http://moellegraphique.com/

Ou à la librairie Phylactère, au 685 rue St-Joseph Est, à Québec

https://www.facebook.com/anmarie.francis

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 28 juillet 2011 4 28 /07 /Juil /2011 20:35

Sortie au printemps 2011, Une année en quarantaine est une bande dessinée surprenante et attachante qui suit l’entrée dans la quarantaine de l’alter-ego de son auteur, Claude Auchu. Nouvel acteur de la bande dessinée au Québec, nous l’avons approché pour répondre à quelques questions.

 

Vous êtes nouveau sur la scène de la BD au Québec, pouvez nous nous faire part de votre parcours?

Je suis natif de Shawinigan. Asthmatique de naissance, l’hiver je jouais peu dehors mais je dessinais beaucoup à la maison. C’est comme ça que mon amour pour la BD à débuté.

Beaucoup plus tard, j’ai obtenu mon diplôme à l’UQAM en design graphique. Après 20 ans de métier fou, ma passion pour la BD fut plus que d’en lire, mais d’en réaliser une. Voilà donc «Une année en quarantaine».

 

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Est-ce une BD autobiographique ?

Oui. 90% de ce qui se retrouve dans ce livre est autobiographique. Le 10% qui reste est le quotidien réinventé. Je ne crois pas que mes prochains projets seront autobiographiques car je souhaite probablement prendre plus de liberté sur l’histoire à choisir et aussi être porté d’un thème à l’autre, d’une époque à l’autre s’il le faut.

 

Pourquoi aborder le thème du passage de la quarantaine ?

C’est ce que je semblais le mieux connaître au moment où j’ai voulu me lancer dans cette aventure. La notion du temps m’intéresse et dans cette BD qui relate une tranche de vie d’une année, je pouvais la mettre en place.

Aussi, pour une première incursion dans le monde de la BD, je trouvais que de raconter une histoire via des sketches prenant de 1 à 8 pages était moins décourageant.

 

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Pourquoi avoir choisi de le raconter en BD ?

Au-delà de la BD, j’aime le livre. J’aime l’objet. Choisir la BD comme véhicule semblait ce qui était le plus naturel pour moi. Je suis designer graphique, je connais les techniques d’impression, je dessine. Et je pouvais utiliser ce médium à ma façon, le mouler selon ma vision graphique et raconter une histoire en tant qu’auteur.

 

Votre éditeur n’est pas encore reconnu comme un éditeur de bandes dessinées. Comment s’est passée la relation avec eux pour sortir cet album ?

Très bien. Ils ont cru au projet dès le départ et j’ai eu un coup de foudre pour l’équipe. Je serai toujours reconnaissant aux Intouchables et en particulier à Marie-Ève Jeannotte, l’éditrice. Ils m’ont donné ma première chance.

Aussi, j’avais grandement confiance à leur équipe de relation de presses, Géraldine Zaccardelli et Dominique Spénard. Je jugeais qu’un première BD d’un auteur inconnu aurait besoin d’une bonne couverture médiatique et ils ont fait un boulot remarquable.

 

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Pourquoi avoir choisi la bichromie ?

Cette décision arriva sur le tard, mais je suis très heureux d’avoir fait ce choix. Du début jusqu’à la toute fin, la BD était destiné à être en deux couleurs mais en noir et gris. Pratiquement un noir et blanc, mais plus riche visuellement.

Et lorsque vint le moment de faire la page couverture, qui devait être en couleurs, j’ai demandé à la designer Anne-Marie Clermont de me donner un coup de main. Et notre travail et ses recommandations m’ont amené à refaire complètement le travail des pages intérieures et apporter une touche de couleur vibrante.

Techniquement, cela nous a donné du fil à retordre à Marie Leviel, la graphiste des Intouchables et moi. Mais le jeu en valait la chandelle.

 

Pouvez-vous nous parler un peu de votre façon de travailler, depuis l’idée jusque la planche finale ?

Que ce soit avec l’histoire, les plans, le dessin… je reviens toujours sur mon travail en cours. Je poli de fois en fois ce que je fais jusqu’à satisfaction. Le travail s’effectue donc par couche. Évidemment avec une certaine structure. Idée, esquisses, recherche d’ambiance, collecte d’images références, découpage, dessins et couleurs.

Les dessins finaux sont réalisés à l’ordinateur. C’est ce que j’ai trouvé de plus naturel pour moi. Bien que j’ai essayé et que j’aurai préféré travailler de façon traditionnelle avec encre, papier et pinceaux, je n’en suis pas capable. Je travaille comme graphiste depuis 20 ans sur un Mac, cet outil est plus performant pour moi.

 

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Quelles sont vos références en termes de BD ?

Je lis beaucoup de BD. Principalement Européennes et Québécoises. Mais un peu de tout. Je suis un fan de la première heure de Hergé, probablement ma plus grande influence. Silence de Comès et Louis Riel de Chester Brown sont de grands classiques dans ma bibliothèque. Et comment ne pas parler de Chris Ware et la qualité extraordinaire de ses livres!

 

Pouvez-vous nous parler de vos prochains projets ?

Je suis très heureux d’avoir remporté la 2e place au concours de bande-dessinée organisé par Hachette Canada. C’est ma première expérience dans ce concours, je suis vraiment content de faire partie des 6 gagnants. Le lancement de cet album collectif se fera au Salon du livre de Montréal à l’automne prochain.

 

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Si vous deviez vous définir par trois créations artistiques (tous domaines confondus), quelles seraient elles et pourquoi ?

Une seule : Dryden de Serge Lemoyne. Une acrylique sur toile, peinte en 1975. Elle est bleu, blanc, rouge. J’adore son impact graphique et son plan serré. L’artiste s’était donné le défi de peindre tricolore pendant 10 ans et les oeuvres qui en ont résulté sont magnifiques et très créatives.

 

 

Merci pour vos réponses et votre patience.

 

Pour en savoir plus :

http://claudeauchu.com/

http://claudeauchu.com/blog/

 

Et sur Serge Lemoyne :

http://www.mbam.qc.ca/fr/oeuvres/oeuvre_40.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Lemoyne

http://www.galeriesimonblais.com/fr/artiste/sergelemoyne/

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 19:35

Auteur d’origine française maintenant installé à Québec, Mikaël nous reviens cette année avec une nouvelle série dont le premier album, Félice et le flamboyant bleu, est sorti ce printemps. Pour en savoir plus sur cet auteur, nous l’avons intercepté avant ses vacances pour une petite entrevue.

 

 

Qui est Mikaël?

Je suis né en France il y a une trentaine d'année, autodidacte, j'ai appris le métier d'auteur de BD tout seul, en observant comment faisaient les autres, et en lisant beaucoup de livres sur le scénario, la couleur, la perspectives, la narration, etc.

Ma première BD est sortie en 2001. À date, j'ai plus d'une dizaine de BD à mon actifs où je signe à la fois le scénario, le dessin et la couleur. Mais ce qui ne m'empêche pas non plus de travailler avec des dessinateurs ou des scénaristes.

J'ai habité quelques temps aux Antilles françaises avant de poser mes valises à Québec, ma ville d'adoption où je compte bien rester !!

 

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D’où vient l’idée de la série Félice?

C'est un éditeur de Guadeloupe, PLB éditions, qui m'a approché car il souhaitait faire une BD avec un fort caractère local pour la jeunesse. Et comme je suis toujours en train d'écrire des histoires, j'avais justement sous le coude un conte antillais que j'avais écrit en m'inspirant des contes locaux et de  mon vécu aux Antilles. Je lui ai fait lire le synopsis, il a aimé, et mon dessin tout en rondeur et en couleur lui convenait aussi, donc ça s'est signé très vite ! Mais au départ ce n'est pas une série, juste un "one shot", mais devant l'engouement de l'éditeur, j'ai accepté de signer pour un second tome qui sortira pour Noël 2012. Je vais le commencer à la rentrée de septembre.

 

Couv_felice.jpg

 

Le premier de la série est basé, si je ne me trompe pas, sur une légende existante. D’où est tiré ce patrimoine ?

Non, ce n'est pas une légende existante, c'est moi qui me suit inspiré du folklore des contes traditionnels antillais notamment de la Guadeloupe et de la Martinique pour écrire un conte totalement original. C'est une histoire qui reprend effectivement tout le bestiaire des contes antillais et tous les thèmes de ce genre comme l'obsession du ventre vide, la fourberie, la violence et l'appât de la richesse.

 

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Pourquoi en avoir fait une version en créole ?

C'est l'éditeur qui en a eu l'idée, pour renforcer le côté régional, et pour que les habitants puissent s'investir et s'identifier encore plus suite à la parution d'une BD purement antillaise qui était une première !

 

Couperet-P01APLA.jpg

 

Si je ne me trompe pas, le créole est plutôt une langue orale qu’écrite, est-ce que c’est difficile à adapter à l’écrit ?

Autrefois oui, mais depuis plusieurs années, afin de légitimer cette langue régionale, les intellectuels antillais en ont établis les bases grammaticales, ce qui fait que maintenant c'est même une langue enseignée à l'université au même titre que le breton, le basque ou l'alsacien !

 

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Tes albums précédents, Nuages et Neige, ressemblent à des contes pour enfants, d’où viennent les idées que tu utilises pour ces albums ?

J'aime le genre du conte, car il permet de faire passer beaucoup d'idée, qui pourront ou pas être perçut par le lecteur en fonction de son âge, de son passé, etc. Ce n'est pas un genre moralisateur comme dans les fables, mais c'est un genre qui souligne simplement certains faits de la vie, et qui peuvent aider le lecteur à avancer dans son propre cheminement de vie, de grandir, tout simplement.

Quant à mes idées elles viennent d'un peu tout... par exemple, l'idée de la neige, c'est quand j’habitais en Guadeloupe, je me disais, quelle serait la réaction des gens si un matin en se réveillant tout était blanc ?

  

Nuages_page.jpg

 

Dans ces deux albums, tu as inclus des images cachées, est-ce pour prolonger le plaisir de tes lecteurs ?

Oui, c'est quelque chose que j'aimais retrouver dans certains livres quand j'étais jeune !

 

 

Dans ton travail, l’encrage est toujours léger (Félice) ou inexistant (Nuages, Neige). Peux-tu nous dire ce qui a justifié ce choix et nous parler par la même occasion de la façon dont tu travailles ?

J'ai éliminé mon encrage pour 2 raisons, d'une part parce qu'il était très mauvais, donc autant faire une qualité ses défauts ! Et d'autres part, quand je mettais mes albums en couleur (avant, quand j'avais encore un trait noir très présent) et que j'enlevais le calque des noirs, je trouvais l'image beaucoup plus douce sans trait, ce qui convenait parfaitement à ce que je voulais faire !

Et pour ce qui est de la technique, et bien je travaille entièrement en numérique, je dessine en utilisant une tablette graphique Cintiq de Wacom, qui me permet de dessiner à même l'écran, comme sur du papier ! Quant au logiciel, c'est tout simplement photoshop.

 

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Les albums sont d’une qualité éditoriale sortant de l’ordinaire, qu’est-ce qui a poussé à ce choix ?

Encore une fois, c'est une décision éditoriale, mais qui me satisfait pleinement !! En effet, la couverture mousse et le rendu mat colle parfaitement aux thèmes des histoires !

 

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Quels sont les prochains projets de Mikael ?

J'achève dans les prochains jours Circus, ma troisième BD chez Clair de Lune, dans l'esprit de La Neige et des Nuages, puis j'enchaîne sur le tome 2 de Félice, ce sera Félice et la Kaz hurlante ! Il y a aussi Rapa Nui, une BD d'anticipation où je signe le scénario sur un dessin de Fabrizio Russo. Un autre de mes projets vient de se concrétiser : travailler en atelier d'auteurs avec 2 autres collègues, Djief et Richard Vallérand. C'est très stimulant cette façon de travailler, ça change d'être tout seul chez soi ! Et aussi plein d'autres projets dont je ne peux pas encore trop parler ! Sinon, pour en savoir plus, rendez-vous sur le www.mikaelbd.com !

 

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Merci de nous accorder cette entrevue.

Bienvenue, ça m'a fait plaisir !!

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Samedi 9 juillet 2011 6 09 /07 /Juil /2011 19:31

Bonjour

 

En marge de ce blogue, j'écris des articles sur les liens entre la bière et la santé pour le trés bon site internet Bières et plaisirs. Le premier est ici:

 

http://www.bieresetplaisirs.com/nouvelle.php?ID=831

 

Les auivants sortiront au rythme d'environ un par mois.

 

Bonne lecture, et n'abusez pas de bonnes choses.

 

Éric

 

Conseil du jour: Consommation de Bières en deux mots: Modérée et régulière!!!

Par Eric Lamiot - Publié dans : ericlamiot
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Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 20:37

Bonjour

 

Ça y est, Les entrevues Bedeka ont maintenant nichées ici, coicées quelque part en janvier-février 2011. Il est possible que certaines se soient perdues lors de transferts de fichiers d'un ordinateur à un autre, depuis 2006/2007, j'ai pas mal bougé. En tous cas, voila celles que j'ai retrouvées, 32 entrevues réalisées et publiées pendant cette période.

 

En voila la liste et les liens:

 

Benoir Chaput, L'Oie de Cravan, Éditeur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-benoit-chaput-l-oie-de-cravan-editeur-75628258.html

 

Vincent Rioux (Voro), Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-vincent-rioux-voro-auteur-75628380.html

 

Martin Brault, La Pastèque, Éditeur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-martin-brault-la-pasteque-editeur-75628710.html

 

Jean-François Bergeron (Djief), Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-jean-fran-ois-bergeron-djief-auteur-75628846.html

 

Joelle Comtois, Coloriste

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-joelle-comtois-coloriste-75629060.html

 

Hervé Garcia, Arion, Éditeur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-herve-garcia-arion-editeur-76021706.html

 

Pascal Girard, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-pascal-girard-auteur-76021985.html

 

Thomas-Louis Coté, FBDFQ 2006

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevue-bedeka-thomas-louis-cote-fbfdq-2006-76022484.html

 

Yume Dream, Collectif Manga

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-yume-dream-collectif-manga-76022716.html

 

Jacques Lamontagne, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevue-bedeka-jacques-lamontagne-auteur-76022988.html

 

Paul Toutant - Mario Landry, Auteurs

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-paul-toutant-mario-landry-auteurs-76127099.html

 

Jimmy Beaulieu, Éditeur et Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-jimmy-beaulieu-editeur-et-auteur-76127359.html

 

Yves Millet, Libraire

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-yves-millet-libraire-76127649.html

 

David Turgeon, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-david-turgeon-auteur-76127890.html

 

Sylvain Lemay, Université du Québec en Outaouais

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-sylvain-lemay-universite-du-quebec-en-outaouais-76128079.html

 

Leif Tande, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-leif-tande-auteur-76128353.html

 

Maryse Dubuc - Marc Delafontaine, Auteurs

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-maryse-dubuc-marc-delafontaine-auteurs-76128782.html

 

Maryse Dubuc pour le Spirou spécial Québec

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-maryse-dubuc-pour-le-spirou-special-quebec-76129788.html

 

Table Ronde Fanzines

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-table-ronde-fanzines-76129990.html

 

Michel Rabagliati, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-michel-rabagliati-auteur-76130277.html

 

Philippe Doyon (Boussourir), Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-philippe-doyon-boussourir-auteur-76221856.html

 

Iris, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-iris-76222125.html

 

Edmond Baudoin, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-edmond-baudoin-auteur-76222316.html

 

Éric Thériault, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-eric-theriault-auteur-76222769.html

 

Philippe Girard, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-philippe-girard-auteur-76222990.html

 

Yves Rodier, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-yves-rodier-auteur-76223697.html

 

Johanne Matte, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-johanne-matte-auteur-76223910.html

 

Michel Gagné, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-michel-gagne-auteur-76224118.html

 

Catherine Genest, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-catherine-genest-auteur-76224441.html

 

Collection Québec

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-collection-quebec-76224581.html

 

Jacques Lamontagne, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-jacques-lamontagne-auteur-76225233.html

 

Zviane, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-zviane-auteur-76225547.html

 

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Jeudi 9 juin 2011 4 09 /06 /Juin /2011 19:48

Après plusieurs années consacrées à la série « Millénaire », François Miville-Deschênes nous reviens aujourd’hui avec « Reconquête », une collaboration avec Sylvain Runberg sortie récemment chez Lombard. Bien qu’en plein dans la réalisation du tome 2, François Miville-Deschênes a bien voulu poser le crayon pour répondre à nos questions.

 

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La saga Millénaire est maintenant finie. Qu’est-ce que tu as éprouvé quand tu as enfin vu le dernier tome dans le commerce ?

- Hum… honnêtement, je ne regarde pas beaucoup mes albums lorsqu’ils paraissent. D’abord parce que me sautent aux yeux les défauts, erreurs et autres détails déplaisants, puis aussi parce qu’il y a souvent un côté technique de l’objet lui-même qui est moins réussi ou ne me donne pas entière satisfaction (couleurs trop sombres, défauts d’impression ou autres calamités du genre). De plus, lorsque sort un tome, je suis déjà plongé dans le suivant, alors c’est en quelque sorte de l’histoire ancienne.

 

Qu’est-ce que tu as tiré de cette expérience en général ?

- La satisfaction de perfectionner ma technique de narration visuelle, de même que mon dessin (en l’adaptant progressivement davantage à la BD et en l’éloignant de l’illustration). J’en ai tiré aussi un apprentissage précieux sur les rouages obscurs de ce monde pas toujours merveilleux de la bande dessinée; toutes choses utiles pour mener ma barque sur cette mer houleuse, aujourd’hui et dans le futur.

 

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Tu reviens avec une nouvelle série dans un univers totalement différent. Comment t’es-tu approprié ce nouvel univers ?

- Assez aisément : tous les ingrédients étaient présents pour me faciliter la tâche. On y trouve de grands espaces sauvages, des chevaux et beaucoup d’animaux variés, de l’anatomie en veux-tu en voilà, sans compter les personnages féminins que j’ai toujours du plaisir à dessiner… Du côté documentaire, ma bibliothèque était déjà bien garnie, mais je l’ai enrichie depuis; internet a pu m’aider, mais dans une moindre mesure.

 

 

C’est aussi un autre scénariste et un nouvel éditeur. D’où vient cette collaboration ?

- Lorsque mon précédent éditeur a, du jour au lendemain, cessé de payer ses auteurs, j’ai écrit rapidement à sylvain Runberg, qui m’avait déjà contacté dans le passé pour me proposer de collaborer, sans que cela ait été possible. Je lui ai annoncé que le moment était venu et que s’il avait une petite idée de scénario en tête, j’étais tout disposé à plonger. Un court paragraphe résumant le projet fut envoyé à Dupuis et au Lombard. Ce fut ce dernier qui fut le plus rapide et nous eûmes un tapis rouge déroulé le lundi matin alors que la proposition avait été envoyée le vendredi. Nous avons alors entamé un frénétique et fécond ping-pong épistolaire, jusqu’à élaborer les grandes lignes de notre histoire. C’est ainsi que nous fonctionnons depuis et cela me satisfait pleinement, car je m’immisce ainsi dans le scénario sans pour autant devoir y consacrer toute mon attention, ceci pour en venir un jour à réaliser tout le travail moi-même de A à Z (quand ma progéniture qui aura grandi un peu me le permettra).

 

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Au niveau technique, tu es passé à la « couleur directe ». Est-ce un défi de plus dans la réalisation ?

- Pas réellement un défi, je parlerais plutôt d’une grande satisfaction. J’obtiens bien davantage ce que je souhaite et ce qui est offert aux yeux des lecteurs est infiniment plus personnel qu’une mise en couleur informatique faite par un coloriste à distance.

Bien sûr, l’imprimerie ne peut restituer la palette originale avec une fidélité absolue, mais le résultat n’est tout de même pas si éloigné ; je peux me dire très satisfait de ce que Le Lombard à fait : mises côte à côte, les planches originales et les pages de l’album ne sont pas si différentes.

 

 

Ce changement me semble accompagné d’un encrage plus léger que celui utilisé pour Millénaire. Est-ce lié à la technique ou au style désiré pour l’album ?

- La « légèreté » de l’encrage provient sans doute du fait que c’est la couleur qui transmet certaines informations visuelles (ombres, zones lumineuses), alors que précédemment elles étaient traduites en hachures d’importance variable. J’ai tout de même délibérément conservé un encrage présent, car j’aurais craint de faire de l’illustration case après case si la couleur avait pris plus d’importance. Je conserve donc un encrage bien perceptible, que je souhaite souple et dynamique, qui me lie encore aux bandes dessinées de mon enfance dont j’ai tant appris.

 

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La série semble être prévue en 4 tomes si j’ai bien compris, peux tu nous parler un peu de ce qui s’en vient ?

- Ah, je ne peux pas dévoiler grand chose. Si ce n’est que notre but avoué, à Sylvain et moi, est que les personnages évoluent et surtout, qu’ils ne soient ni trop noirs ni trop blanc. Comme dans la vie réelle, les circonstances et les événements influenceront leurs actes et leurs décisions. Et évidemment, il y aura du bruit et de la fureur !…

 

On connaît l’évolution des technologies depuis quelques années, notamment dans le domaine des technologies logicielles et des outils de communication, comment cette évolution affecte ton travail ?

- Elle ne l’affecte que très peu : je travaille à l’ancienne, sur du papier avec de vrais médiums. Mes planches étant plutôt grandes, elles sont expédiées par la poste lorsque j’en ai quelques unes d’accumulées. Les techniques de communications modernes sont surtout pratiques lorsqu’il s’agit d’échanger avec mon acolyte (par courriel), autrement elles m’influencent peu, à ma table à dessin, au fond de mon atelier.

 

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Sur ton blogue, tu as dévoilé quelques mots de ce qui pourrait être ton projet « post-reconquête ». Peux-tu nous en parler un peu, d’autant que tu en serais aussi scénariste ?

- Tout ce que je peux en dire, c’est que l’histoire se déroulerait dans un Québec post-cataclysmique. On y suivrait des enfants évoluant dans un monde où la planète serait aux mains d’extra-terrestres. C’est un peu court, j’en conviens, mais tout est en gestation et rien n’a encore pris de forme définitive. J’ai encore le temps d’y réfléchir…

 

 

Merci de nous accorder un peu de ton temps.

- Au plaisir ; revenez quand vous voudrez !

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 21:07

Bonjour

 

Une fois n'est pas coutume, je vais chroniquer une BD. C'est une BD venant d'Australie.

 

Pour la petite histoire, j'avais, lors de mon voyage en Australie, ramené quelques BDs locales, dont j'avais parlé dans un article sur ce blogue, maintenant placé là:

http://elamiotphoto.over-blog.com/article-chroniques-australiennes-27-aout-j21-brodbeach-special-bd-australienne-73781819.html

 

Parmi ces ouvrages figuraient les deux premiers tomes de The List. En zappant sur internet (peut-on y zapper?), le scénariste de la série est tombé sur cette chronique et m'a prévenu de la parution du troisième et dernier tome de la série. J'ai donc acheté ce volume et j'ai relu la série au complet.

 

C'est un superbe travail, tant au scénario, complexe et non linéaire, qu'au dessin. C'est une histoire noire d'un gars hanté par une liste de commandements obsessionnelle, soit disant apportée par un ange. Sa liste de commandements est plutot noire et violente. Le graphisme en noir et blanc donne un style "écorché" aux personnages qui fonctionne trés bien. La bichromie utilisée parfois pour les réminiscences du passé fonctionne aussi trés bien, le graphisme étant alors plus doux. L'absence de lignes de mouvement fait de chaque case une image figée et c'est dans le découpage que le mouvement d'ensemble prends son sens. C'est dans l'ensemble une histoire qui se dévore jusqu'au bout et saura dérouter le lecteur et l'amener hors des sentiers battus. Avec des références gothiques et une atmosphère résolument urbaine et étouffante, cette série saura plaire à tous les amateurs de films noirs, et sera une découverte intéressante pour les autres. Attention, ceux qui ne supportent pas les images parfois morbides pourront s'abstenir.  La qualité d'impression est aussi irréprochable (couverture souple, format comics américain).

 

Ah, oui, denier détail, mais vous l'aurez deviné, c'est en anglais.

 

Bref, une belle découverte, et si ça vous tente, c'est en vente là:

http://www.thelistgraphicnovel.bigcartel.com/

 

Et maintenant quelques images:

 

 

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Par Eric Lamiot - Publié dans : ericlamiot
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Jeudi 26 mai 2011 4 26 /05 /Mai /2011 20:56

Louis Remillard, l’un des pionniers de la BD au Québec, nous reviens cette année avec un album intitulé Down to the Petawawa. Publié chez Premières Lignes, cet album est un « River movie » poétique qui nous emmène au fil de l’eau dans les paysages grandioses de la nature canadienne. Louis Remillard s’est prêté au jeux de l’entrevue pour nous en dire un peu plus sur son travail.

 

LR DOTP couv

 

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de cet l’album « Down on the Petawawa »?

J’ai l’habitude de trimbaler mon carnet à dessin presque partout où je vais, surtout en voyage.  Je n’ai pas changé ma façon d’agir lorsque j’ai effectué cette expédition de canot-camping.  Lors du parcours, à force de dessiner des scènes du voyage, j’ai décidé d’en faire un « road story ».  La majorité du travail s’est fait après l’expédition qui n’a duré qu’une semaine, tandis que la réalisation de l’album s’est échelonnée sur 2 ans.

 

LR01petawawa

 

C’est un deuxième album de « promenade », est-ce un sujet qui vous inspire, ou le moyen de raconter quelque chose?

Les deux.  J’ai toujours aimé voyager et c’est peut-être une conséquence de tous les voyages que j’ai dans le corps que petit à petit cette thématique s’est installée dans le processus de ma création.  C’est une approche que je trouve intéressante pour exprimer la découverte inhérente au voyage tout en y plaçant des messages bien sentis.

 

LR10roulotte

 

Cet album est plus un « accord avec la nature » que Voyage en zone d’exploitation, est-ce pour faire contrepoint avec le ton plus « sombre » de l’album précédent ?

Les deux albums sont des «one shot» et n’ont pas étés conçu en relation l’un avec l’autre.  Néanmoins, ils ont des rapports entres eux : récit de voyage, omniprésences de la nature, références à l’histoire de l’art.  Sous cet aspect, il y a une continuité avec une approche différente.  Peut-être que le contrepoint s’est fait de manière inconsciente mais la motivation du départ était de faire un carnet de voyage sur cette expédition.

 

LR02canots

 

Voyage en zone d’exploitation présentait l’exploitation industrielle du territoire. Est-ce que c’est un constat d’échec et peut on envisager l’exploitation des ressources naturelles différemment?

Voyage en zone d’exploitation est un témoignage des tours et retours que j’ai effectué en forêt boréale depuis de nombreuses années et un constat de la réalité telle qu’elle se présente.  À chacun de voir si c’est un échec ou non.  L’accueil qu’a eu l’album donne une réponse sans équivoque à cette question.  L’état de l’environnement est actuellement très préoccupant et la conscience collective qui prend forme lentement est qu’il faut exploiter les ressources naturelles de façon plus responsable.  Malheureusement, des années de saccage pour obtenir un profit immédiat est une mentalité qui ne se change pas du jour au lendemain et la réparation de l’environnement non plus.

 

LR ZONE couv

 

Peut-on penser que Voyage en zone d’exploitation est une bande dessinée « engagée »?

Engagée est un bien grand mot, je le qualifierai plutôt de conscientisé

 

Le graphisme de Voyage en Zone d’Exploitation était extrêmement diversifié, comment avez-vous fait ce choix, et comment sélectionnez-vous le graphisme de chaque case?

Ce choix reposait sur les caractéristiques inhérentes à création de l’ouvrage qui imposait certaines contraintes, tout en mettant de l’avant la recherche et la création.  Pour ce faire, j’ai dû privilégier la variété tant au niveau de la composition que du traitement graphique de chaque case pour éviter la monotonie de représenter une voiture circulant dans le bois successivement à travers 480 vignettes d’affilés.  La sélection du graphisme de chaque case a été fait selon l’inspiration du moment

 

LR07nuages

 

Vous vous êtes imposés beaucoup de contraintes pour Voyage en zone d’exploitation, comment avez-vous décidé de cette approche et quelles ont été les difficultés à la gérer?

Plusieurs objectifs ont orientés la réalisation de cet album; d’une part faire un portrait de l’utilisation de notre territoire collectif, et d’autre part la création d’une BD expérimentale.  Dans cet ordre d’idée, J’ai utilisé une méthode de travail particulière : comme c’était une histoire sans histoire, je dessinais les vignettes au gré de l’inspiration et je les assemblais dans la page selon les compositions, plans, textures, masses de blanc et noir ainsi que leur contenu narratif.  Je faisais le montage de la page dans son ensemble, un peu comme une peinture.  Cet exercice a été parfois difficile.

 

LR05labyrinthe

 

Le graphisme de Down on the Petawawa est plus unis que celui de Voyage en zone d’exploitation, Est-ce une volonté de rendre cet album plus fluide que le précédent?

En explorant plusieurs variétés d’esthétique dans Voyage en zone d’exploitation, j’ai touché à toutes sortes de façon de dessiner.  Pour faire Down on the Petawawa, J’ai privilégié celle qui me satisfait le plus tant au niveau de l’exécution que du rendu final.

 

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Vous avez incorporé des clins d’œil à des artistes peintres dans ces deux albums. Pourquoi ce choix et quelle inspiration tirez vous des autres arts pour développer votre activité?

La BD est une part importante dans ma démarche artistique, mais j’ai œuvré pendant plusieurs années en estampe et en peinture.  De plus, je travaille régulièrement aux montages des expositions dans un musée, ce qui me donne une certaine familiarité avec l’art.  J’ai amorcé l’intégration des références à l’histoire de l’art dans Voyage en zone d’exploitation afin d’y ajouter un élément pour éviter la monotonie dû aux contraintes auto-imposées.  J’ai trouvé le jeu intéressant au point de récidiver pour Down on the Petawawa.

 

LR06nénuphars

 

Vous semblez aimer dessiner la nature, mais vous dessinez aussi la ville si j’en juge par vos derniers dessins publiés sur votre blogue « estampes et peintures » (http://lremillard.blogspot.com/ ). Peut-on s’attendre un jour à une histoire de voyage urbain?

Tous les sujets sont bons à dessiner et c’est dans ce qui m’entoure que je puise mon inspiration.  Étant un urbain qui aime être dans le bois, je dessine les deux facettes de cette réalité.  Les paysages urbains m’inspirent depuis longtemps mais je n’ai pas de projets narratifs sur ce sujet dans mes cartons pour le moment.

 

LR09pylones

 

Ça fait maintenant 40 ans que vous faites de la bande dessinée au Québec. Comment percevez-vous l’évolution de la bande dessinée en général et de celle au Québec en particulier?

La BD est en constante évolution, tant au niveau pictural que narratif.  À mon humble avis, c’est l’art le plus dynamique actuellement.  Étant un vétéran presque à l’état de fossile de la BD Québécoise, j’ai pu être témoin de l’évolution fulgurante de ce médium au Québec.  Il faut dire qu’on est parti de loin; lorsque j’ai débuté, il n’existait pratiquement rien, tant au niveau de la création que de l’édition.  Tout était à faire et les gens de ma génération se sont mis à la tâche et je crois que cela a porté fruit, car aujourd’hui la BD Québécoise est en pleine expansion.

 

LR04frontales

 

Pouvez-vous nous parler un peu de vos projets ?

Je cogite et travaille depuis un certain temps à un projet de fiction historique intitulé le retour de l’Iroquois.  Ce récit sera un roman graphique basé sur des faits historiques qui se sont déroulés au Québec et dans l’état de New York à l’époque de la Nouvelle France.  Approche nouvelle dans ma démarche artistique mais en continuité avec mes deux précédents ouvrages, car il relate le voyage d’un Iroquois prisonnier des Français et libéré par ceux-ci afin de proposer une paix avec son peuple.  Donc, un autre « road story » dans lequel le voyage compte plus que la destination et fera vivre au lecteur le quotidien du personnage, mais aussi ses pensées et souvenirs qu’il ne manquera pas d’avoir tout au long de son périple solitaire au sein de l’Amérique du nord du XVIIe siècle.

Par ailleurs, suite à mes expériences muséales, j’ai réalisé quelques planches sur le sujet et à temps perdus et j’en produits de nouvelles à l’occasion.  Un jour, peut-être, j’en ferai une compilation qui aboutira à un album intitulé Annales Muséales.  Ce projet est délicat et n’est pas prioritaire en ce moment préférant porter mon attention sur l’Iroquois.

Des extraits de ces deux projets peuvent être consultés sur mon blog : http://louisremillard.blogspot.com/

 

Merci beaucoup pour cette entrevue.

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

Dans les liens ci-contres, le "+" représente une entrevue réalisée avec l'auteur. Pour les lire, allez voir dans la section "entrevues" des catégories.

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