Si vous aviez à vous présenter et présenter ce que vous faites à quelqu’un qui ne vous connait pas, que feriez-vous et que lui
diriez-vous?
Je dirais "bonjour" et ferais la bise si c'est une dame ! Je lui demanderais s'il a du temps, car, le résumé de la route de quelqu'un qui adore
avoir une activité nouvelle toutes les heures et toucher à... tout ce qui remue, peut prendre du temps. Pour faire court, je dirais bien : "Touche à tout, bon à rien !" ou vice-versa dans
certains cas ! Pour imiter (encore !) Léo Ferré, je pencherai pour : Artiste... de variété !
Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant Roger
Brunel?
On va
donc retrouver un peu du tout dont j'aurais dû parler au-dessus. Une réédition de mes dessins sur "l'éducation nationale" ("Attention, école !", ..."classe !", ..."prof !" et ..."études !" sous
une forme nouvelle avec de nombreux ajouts écrits... Sortie fin août 2008 pour... la Rentrée. Toujours, la direction de la collection "Romans de toujours" (Éditions ADONIS, distrib. Glénat). 50
titres à paraître, la mise en BD des grands romans du patrimoine mondial avec une sortie importante pour le Québec en septembre :
"AGAGUK" de Yves Thériault, adapté par Djian et dessiné par le québécois Yvon Roy... Un superbe ouvrage à la hauteur de l'œuvre
originale !
Bien sûr, plusieurs travaux de communication par la BD pour des entreprises ou institutions. En chantier, ma participation à un grand
projet, dessins animés et éditorial, un scénario pour mon ami Michel Rodrigue, une pièce de théâtre si je trouve le temps,...
Vous êtes très éclectique au niveau graphique, pouvez vous nous présenter
votre parcours?
L'éclectisme est, je crois, une preuve d'intelligence chez les très jeunes enfants... J'essaye de ne pas grandir, donc de ne pas me spécialiser...
C'est sans doute de là que vient ce besoin d'essayer autre chose dès qu'il me semble que je "maîtrise" la première, pour ne pas tomber dans la routine... J'ai toujours aimé l'imitation, (même
vocale, j'ai commencé par là à 10 ans !). De plus, je n'ai jamais réussi à me prendre au sérieux (ce qui m'a fait abandonner, par honnêteté intellectuelle, des débuts plus que prometteurs dans la
Peinture à la sortie des Beaux-arts). Je crois que j'ai trouvé le moyen de me ravir (peut-être de m'en autoconditionner !) de tout, de chaque apprentissage pour ne jamais m'apercevoir que je
travaille (même 12h/jour, 7jours/7 et 365 jours par an) au point d'en oublier la signification et le besoin du mot "vacances". Pour moi, c'est un tout permanent sans coupure... Dans la joie !...
et Youpiiiie !!!
Sur votre site, vous présentez divers concepts. La BD comme outil de
communication, est-ce viable auprès du public?
Par
goût, pas par nécessité, j'ai toujours eu plusieurs métiers (ou activité) de front... Lycéen et caricaturiste de presse, étudiant aux beaux-arts et maquettiste de stand, maquettiste et
photograveur en imprimerie et auteur de dessins d'humour et BD, créatif en publicité, puis auteur de BD en parallèle, j'ai réuni mes 2 passions, la BD et la communication dans la direction de
l'agence "Glénat concept", département des Éditions Glénat depuis 1984 pour réaliser tous types d'interventions de la BD dans ce domaine vaste est propice. J'ai pu amener ainsi une foule de
scénaristes et dessinateurs à aborder ce secteur sans peur, et même avec plaisir et liberté.
La communication me passionne, pas en spécialiste, mais en "Candide" perpétuel, le meilleur poste
d'observation et d'analyse intuitive. J'adore trouver la solution de dialogue aux problèmes les plus théoriques ou les plus difficiles (en com' interne, notamment).
La BD n'est pas seulement efficace là où on la voit
le plus utilisée en pub', avec des campagnes "grand public" autour des grands héros ou signatures. Elle l'est plus encore en interne ou sur des segments de cible précis, pour des messages réputés
intraduisibles. La BD, c'est de l'audiovisuel en 2 dimensions, les bulles sont le son, l'espace entre les cases sont le mouvement... mais, gros avantage sur le vidéo, grâce à la création d'un
univers et d'un ton spécifique au message et à l'entreprise, l'identification du lecteur est très large et la mémorisation augmentée par la lecture !
D’où est venue l’idée des « Pastiches » et quelle a été la réaction des auteurs?
Pour
rire, prolongement de mon perpétuel et atavique manque de sérieux... la suite de mes imitations de chanteur et comiques autour des tables de mon enfance, le besoin pour le maquettiste de "Circus"
(Glénat) que j'étais de mettre des pages d'humour, entre toutes les BD réalistes qui remplissaient la revue en 1978... Et, c'est parti, juste pour ça pour faire marrer les copains (dont moi !)...
et, bonne conjonction entre tous ces ingrédients, la soupe a été bonne et les gens en ont redemandé... mais, c'est juste parce qu'elle a été chaude à temps ! Ce qui m'a conduit, pas obligé à
aller à plus d'un album pour friser l'Anthologie ! L'époque était bonne aussi, les auteurs célèbres, eux-mêmes rêvaient de sortir du carcan où ils étaient enfermés dans leurs journaux pour
enfants. Et, nous, on était libres dans tous les sens du terme ! Ma chance, est, grâce à ma gentillesse naturelle, de n'être pas allé trop loin, restant dans une saine gauloiserie rabelaisienne,
lisible par tous (sauf ceux qui ne comprenne pas !)
Comment se passent les collaborations pour les projets sur les
« manuels »?
Sur
un thème que je connais, je délire pour trouver des gags proches de la réalité, sur les applications les plus connues du grand public. En général, je dessine mes scénarios en crayonnés rapides,
ce qui fait que j'ai tout de suite, un premier lecteur en la personne du dessinateur qui peut alors, améliorer le découpage ou les cadrages en fonction de sa lecture du gag.
Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de
votre travail?
Je
crois que pour les "Pastiches", à part le fait que les seuls commentaires négatifs de dessinateurs viennent de confrères que je n'ai pas (encore) pastiché !!!
Le grand souvenir vient d'une grand-mère qui m'avait fait dédicacer un Pastiches lors d'une de mes premières sorties en librairie à
Grenoble. Ayant peur qu'elle ne prenne l'album pour ses petits-enfants, je l'avais averti du caractère paillard des textes et situations... et je la vois revenir, l'album sous les bras, uns
demi-heure après ! Je me prépare à me faire insulter, ainsi que le vendeur... et, surprise, elle prend un 2ème album et me le tend en disant :
"Faites moi un dessin très salé !... C'est pour une copine !"
Comme quoi, pas facile de connaître sa cible a priori !
http://roger.brunel-bd.monsite.wanadoo.fr/index.jhtml
http://www.fbdfq.com/?rub=8&id_artiste=84