Front Froid lance son premier collectif, et ça va se passer Jeudi 17 avril, à 20h à La Ninkasi, au 811 rue St Jean. Certains des auteurs du collectif seront dans les entrevues du FBDFQ
prochainement, mais en attendant, j’ai demandé au Front Froid de nous expliquer ses objectifs.
Si vous aviez à vous présenter et présenter Front Froid à quelqu'un qui ne vous connaît pas, que feriez-vous et que lui
diriez-vous?
Je m’appelle Gautier Langevin (oui, Gautier c’est mon prénom). En compagnie d’Olivier Carpentier, j’ai fondé Front Froid, un organisme
à but non lucratif qui fait la promotion de la bande dessinée québécoise et de sa relève. Nous n’avons toutefois pas la prétention de vouloir représenter l’entièreté du milieu de la BD au Québec.
Notre organisme, même s’il fait la promotion de la BD en général par l’intermédiaire de ses ateliers de formation, a toutefois une ligne éditoriale bien particulière au sein de ses activités
d’édition. Nous publions essentiellement de la BD communément appelée « de genre », sans pour autant faire du « prémâché ».
Pourquoi le nom « Front Froid »?
Parce que nous sommes une coalition qui vient du nord, qui veut brasser les choses, créer de l’action en mêlant les courants.
Pouvez-vous nous parler de l'actualité concernant Front
Froid?
Notre organisme est officiellement reconnu par le registraire des entreprises du Québec depuis un an, mais nous sommes actifs depuis
trois ans. Nous organisons depuis 2005 des ateliers de sensibilisation à la bande dessinée dans les écoles secondaires de Montréal, mais cette année, nous nous lançons dans le secteur de
l’édition, en publiant notre premier recueil de bandes dessinées, intitulé « Le Front », qui regroupera le travail d’Olivier Carpentier, Jeik Dion, Michel Falardeau, Fred Jourdain,
Félix Laflamme et Martin Roy.
Comment vous est venue l'idée de cette association?
L’élément déclencheur est assez banal. Olivier et moi avions envie de publier une bande dessinée. Nous n’avions aucune expérience dans
le domaine. Nous avons donc entrepris de nous renseigner sur le milieu. Au fil des discussions avec des collègues libraires, des amis et des acteurs du milieu, nous avons constaté que le milieu
était encore assez précaire, en lente progression, mais affaiblie par une histoire ponctuée de faillites qui n’avait rien pour redonner confiance aux grands éditeurs québécois. Sans compter que La pastèque et Les 400 coups (Mécanique Générale), malgré la grande qualité de leur production, ne s’inscrivaient pas dans notre
créneau.
Nous étions donc animés par une « ambition paradoxale » : Nous voulions faire de la bande dessinée de genre, tout en
étant bien conscients que l’entreprise ne pouvait pas être rentable au sein du marché existant au Québec. Peut-être à cause de notre implication au sein du mouvement étudiant, nous avons
considéré ce paradoxe comme une raison de plus de faire quelque chose. Front Froid est né. Bien honnêtement, au début, ce n’était qu’un site Internet destiné à faire la promotion de notre vision
des choses et de quelques petites BD qu’Olivier et moi avions produites. La branche des ateliers de formation s’est imposée d’elle-même, au fur et à
mesure que les professeurs du service aux collectivités de la librairie où je travaille, manifestaient leur intérêt pour la BD, voyant qu’elle pouvait constituer un outil très puissant de
sensibilisation à la lecture.
C’est aussi au
fil de rencontres, cette fois-ci avec des artistes, que nous avons décidé de nous lancer dans l’édition. Nous avons rencontré un bon nombre d’illustrateurs qui nous disaient tous la même
chose : « J’adore la BD, j’aimerais en faire, mais je ne peux pas parce que je dois payer le loyer ». Je ne vous apprends rien en vous disant que faire de la BD, c’est très long,
et que préparer un projet solide prend un temps considérable, non rémunéré.
Le premier album collectif s'en vient, quel a été le processus pour y arriver, et qu'allez-vous organiser autour de cet
album?
Nous avons lancé un appel de projet en septembre 2007, qui permettait à n’importe qui
de soumettre sa candidature pour « Le Front #1 ». Nous demandions un synopsis ainsi qu’un extrait visuel du projet, qui devait comporter maximum 12 pages. Nous avons reçu une dizaine de
soumissions. L’appel terminé, les membres de Front Froid ont voté pour les cinq meilleurs projets. Ce n’est pas un jury qui a choisi les gagnants,
mais bien l’ensemble des membres de l’organisme, qui est constitué d’artistes, d’administrateurs, mais aussi de lecteurs. Pour nous, c’est très important d’inclure les artistes et les lecteurs
dans le processus de sélection. Toutefois, pour être membre, il faut payer sa cotisation annuelle de 30$ à Front Froid. Certains ont critiqué ce genre de pratique, mais il faut comprendre que
pour nous, c’est une source de financement et que pour le membre, c’est une preuve d’engagement et de sérieux dans sa démarche.
À partir du moment où les « gagnants » ont été choisis, nous avons commencé
à leur verser un cachet, qui s’élève à 100$ par page. Ce montant a été versé en trois versements égaux, tout au long du processus de création.
Le lancement du collectif aura lieu dans le cadre du 21e Festival de BD francophone
de Québec, le 17 avril à la galerie Ninkasi. Nous tiendrons aussi un kiosque au centre des congrès, et nous nous entretiendrons avec Julie Delporte, vendredi le 18, sur la scène du Festival. Nous
organiserons aussi, pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer à Québec, un 5 à 7 à la galerie Attakus, le 13 mai prochain.
Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de votre travail?
Plusieurs commentaires tournant autour du fait que le projet était très risqué ont
été formulés, mais ce n’est pas très surprenant, car c’est vrai. Le projet est risqué, mais c’est en risquant qu’on accomplît de belles choses. Le commentaire le plus surprenant que nous avons
reçu est sûrement la comparaison qui a été faite entre nous et Star Académie… J’espère juste qu’on aura autant de succès!
Rappel : Lancement du Front #1 le Jeudi 17 avril, à 20h à La Ninkasi, au 811 rue St Jean
http://www.frontfroid.com/