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Le Blogue:

Qui suis-je? voilà quelques pistes pour répondre à cette intéressante question.

Ça fait 11 ans que je suis arrivé au québec, importé de France. Je travaille en gestion de la recherche, à l'université Laval de Québec.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu, je fais aussi des scénarios de BD, mais je ne suis pas assez avancé à mon goût pour m'étendre sur le sujet (si vous voulez en savoir plus, contactez moi:  eric.lamiot@lycos.com).

J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Bref, c'est à travers ces pages que vous finirez par me découvrir, si ça vous tente!!

A bientôt.

Éric

http://ericlamiot.site.voila.fr/

Si l'environnement, l'écologie appliquée, et un projet de développement économique socialement conscient vous intéressent, venez participer ici:

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Jeudi 5 juillet 2007
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Avant la sortie du tome 5 de Moréa, j’ai contacté son dessinateur, Thierry Labrosse, afin qu’il nous en parle. Je partage avec vous aujourd’hui le temps qu’il a gentiment accepté de m’accorder.
 
EL : Est-ce que tu pourrais nous parler du prochain Moréa?
Thierry Labrosse : Je suis en train de terminer le tome 5, celui-ci se passe en Afrique. Pour ceux qui sont familier à la série, c’est toute l’équipe de la DWC qui se retrouve au Zimbabwe pour vivre un nouveau volet d’aventures. Aussi, en ce qui me concerne, c’est mon dernier bouquin concernant cette série. Après 6 ou 7 ans de participation à ce projet, je sens le besoin de faire autre chose.
 
EL : C’est la fin d’un cycle, est-ce que ça veut dire qu’il y en aura un autre ?
Thierry Labrosse : Ce tome 5 clos un premier cycle d'histoire, Arleston et Latil comptent poursuivre pour le cycle suivant avec un nouveau dessinateur. Je crois même qu’ils ont déjà trouvé quelqu’un qui semble très prometteur, tout est en place pour poursuivre la série.
 
EL : Est-ce que tu pourrais nous dire comment s’est enclenchée la collaboration avec Christophe Arleston, et comment ça se passe en pratique ?
Thierry Labrosse : Tout a commencé il y a un bon moment déjà. A l’époque je travaillais en publicité et je montais en parallèle ici à Montréal un projet bd, avec le scénariste Toufik Ehm. Nous avons monté ensemble un projet de série tournant autour d’un aviateur-aventurier au début du siècle dernier. Je crois que le projet fût montré à différents éditeurs par un ami de Toufik. De mon côté, j’ai envoyé un dossier du projet à Soleil. À l’époque, ce petit éditeur en devenir, n’était pas intéressé au dit projet, mais aimait beaucoup mon dessin. Il aurait donc donné mon dossier à Christophe Arleston, qui en 1992 commençait un peu à se faire connaître avec la série Lanfeust de Troy. Après un premier contact par téléphone, Christophe et moi nous nous sommes mis d’accord sur un projet de science fiction à saveur Blade runner. Quatre ans plus tard (fabriqué à temps perdu entre des contrats publicitaires), Bug hunters, voit le jour. Cette bd comme celles qui suivront se fera par fax et téléphone. Aujourd’hui, depuis l’internet, on scan puis on e-mail...
Dès sa sortie, ce bouquin, ne s’est pas très bien vendu, principalement à cause des couleurs, trop saturés pour la sensibilité européenne. Après un bilan de moins de 2000 copies vendu on a fait table rase et on a ajusté le tir. Toujours avec Arleston, on démarre une deuxième série s-f, avec encore comme personnage central, une héroïne. Et voilà comment Moréa a vu le jour. Notre façon de travailler n’a pas beaucoup changée depuis. Notre collaboration malgré la distance c’est toujours très bien passé, Christophe fait un bon boulot de découpage et de mise en scène sous forme de textes, après, comme un réalisateur je fais vivre la scène en images, j’ajuste s’il le faut ici et là, et je m’arrange pour que tout saute dans la gueule du lecteur, visuellement.
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EL : As tu le droit d’intervenir un peu sur le scénario ?
Thierry Labrosse : En fait, pas vraiment. Je ne touche pas au scénario. J’ai déjà essayé dans le passé et ce pour des scènes que je trouvais moins intéressantes, qui selon moi apportaient peu à l’histoire, mais de son côté, Arleston tenait beaucoup à les garder. Donc, le scénario est entièrement fait à sa manière. De mon côté, quand je dessine une planche, je l’envoie encrée, là, c’est moi qui décide.
 
EL : Quand vous avez démarré la série, comment vous pensiez que ça allait être perçu ?
Thierry Labrosse : L’idée, c’étais de faire une série qui avant tout, nous permettrait d’en vivre, déjà ça, c’est bien. Comme la plupart des auteurs, on espère que le public va aimer, si la série se vend bien, tant mieux. Derrière toute démarche d’édition, on espère un certain succès car nous vivons essentiellement des ventes. Si par hasard on vendait des tonnes de bouquins, et bien tant mieux, bien que ce ne soit pas le but à proprement parler, mais si jamais ça arrivait et bien on assumera. En gros, on espère toujours que la série va séduire le public, ça c’est clair.
 
EL : Dans ta bande dessinée, j’ai remarqué quelques clins d’œil, entre autres, une bouteille de Scotch qui s’appelle « Arleston ». Est-ce que tu as l’habitude d’en placer comme ça, de temps en temps ?
Thierry Labrosse : Pas vraiment, j’avais mis ça à l’époque dans le premier tome de la série, sans trop y songer en me demandant si les gens allaient s’en rendre compte. Aussi dans le tome 3, il y a un personnage que j’ai fait ressembler à Dominique Latil, le deuxième scénariste de la série. Ceux qui le connaissent l’ont peut-être remarqué. Avoir su (comme je prends souvent connaissance de l’histoire à coup de 4 pages), je ne suis pas sûr que j’aurais mis la tête de Dominique à un personnage au sort si tragique. Je ne pensais pas que la ressemblance était si grande, mais je me suis fait dire : « ah ouais ! c’est Dominique ». (rires)
 
EL : Ça prouve que le dessin est bon
Thierry Labrosse : Merci.
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EL : En terme de dessins qu’elles sont tes références ?
Thierry Labrosse : Depuis que je suis gamin, j’ai toujours aimé la bande dessinée, surtout celle qui est très bien dessinées, avec une préférence pour les dessinateurs qui dessinent de jolies filles. J'ai plusieurs auteurs qui m’ont marqué, influencé. Grosso modo, je mettrais Hergé pour mon enfance, Hermann à mon adolescence, Manara et Serpieri quand j'étais jeune adulte. Aujourd’hui, j’aime plein d’auteurs avec toujours une préférence pour ceux qui dessinent de jolies filles...
 
EL : En parlant de jolies filles, Sur ton site, il y a pas mal plus de filles que de gars qui sont dessinés. C’est un goût personnel pour le dessin de femme, ou c’est parce que la bande dessinée est plutôt un monde de gars ?
Thierry Labrosse : Non non, c’est vraiment personnel. La plupart des dessins qui se retrouvent sur mon site, je les ai fais par plaisir. Il y a très peu de commandes sur l’ensemble du site. Je ne cacherais pas que j’aime dessiner les filles, j’ai toujours aimé ça et je ne crois pas être très original, c’est le plus beau sujet qui soit donné à l’artiste de faire.
Quand j’ai commencé ma collaboration avec Arleston, dés le départ je lui ai fais savoir que je voulais faire une série avec une héroïne. Je me souviens qu’il m’avait demandé à l’époque, « qu’est-ce que tu as envie de faire ? » (C’est souvent ce qu’Arleston fait, il écrit en fonction des goûts de ses dessinateurs). Alors moi j’ai dit : « Ce que je veux, c’est un univers de science fiction, une héroïne comme personnage principal et beaucoup d’action, il faut que ça bouge, j’adore l’action, et surtout, ça prends des filles à chaque page. Démerdes-toi. » (rires). Donc on pourrait dire que pour garder mon intérêt, il faut de jolies filles, et de plus je ne vois pas comment je pourrais faire de la bande dessinée sans cet élément crucial. C’est ce genre de bande dessinée que je voulais faire quand je serais grand… EH ben voilà, je suis grand.
 
EL : Qu’est ce qui t’a amené à la bande dessinée ?
Thierry Labrosse : Déjà gamin, j’adorais le dessin, comme tous les enfants. À l’âge de 4 ans on m’a offert une collection de Tintin, je pense que je les ai littéralement dévorés. La bd m’as toujours fasciné, c’est une espèce de monde qui n’existe pas réellement mais dans lequel on peut entrer et très jeune, ça m’a marqué. Même que gamin à l’âge de 4 ans, je savais que c’était ça que je voulais faire dans la vie, j'ai eu cette chance de le savoir très tôt. Plus tard, j’ai découpé des strips dans les journaux, ados dans les années 70, mon père m’avait abonné à Pif gadget et au journal Tintin. Je dévorais chaque numéro, ensuite, j’imitais les dessinateurs que j’admirais, j’adorais ça et je collectionnais tout ce que je trouvais beau.
 
EL : Et pourquoi la science fiction ?
Thierry Labrosse : La science fiction, je me suis souvent posé la question. Ce n’est pas clair, mais je suis né dans les années 60, et c’était à l’époque ou on envoyait des hommes sur la lune, c’était le début de la conquête spatiale. Gamin, comme tous les jeunes garçons et filles de cette période là, on rêvait de devenir astronaute. J’ai aussi beaucoup été bombardé par la télévision. J’adorais les séries comme Batman, Ultraman, Des agents très spéciaux, Le capitaine Scarlet, des série qui avaient au cœur un thème de science fiction. Tout ceci a bercé mon imaginaire d'enfant. Aussi, j’ai toujours adoré les vieux films s-f-série-B des années 50 et 60. Je pense aussi à des films culte comme La planète des singes, c’est des choses qui marquent un gamin. Je crois que mon goût pour la science fiction vient de cette enfance.
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EL : Pour changer un peu de sujet, qu’est-ce que tu penses de la bande dessinée québécoise ?
Thierry Labrosse : Je trouve qu’en ce moment, il se passe plein de trucs intéressant en bande dessinée ici au Québec, ça bouge, c'est vivant et c’est en pleine effervescence. De plus, en ce moment, je crois que plein de jeunes auteurs québécois seraient sous contrats avec des maisons européennes. Je me demande s’ils ne sont pas actuellement une trentaine ou une quarantaine, sur des projets qui verront le jour dans les mois et les années à venir. En ce moment les jeunes qui arrivent sur le marché ont du métier et veulent faire de la bd, tous espère en vivre. Côté éditeurs québécois, bien que ça bouge là aussi, il va falloir qu'ils puissent offrir un jour à leurs auteurs une distribution réelle pour permettre à ceux-ci d'en vivre. Malheureusement, dans la plupart des cas les éditeurs québécois se contentent d'empocher des subventions sans se soucier de vente ou de distribution. Dans un contexte pareil, les éditeurs ne sont là que pour leurs propres besoins et les auteurs sont laissés pour compte. C'est pour ça que je recommande à tout jeune auteur de montrer en premier leurs projets aux éditeurs européens, pour l'instant seuls eux, peuvent offrir une distribution sérieuse permettant de pouvoir vivre de sont métier. Je ne suis pas tendre, mais j'estime que personne n'a de temps à perdre. Quand je pense qu'une personne qui s'investi dans un projet de création pendant des années soit servi de la sorte, ça me laisse perplexe.
Je sais que mon parcours à ceci de bien auprès des jeunes, c'est qu'il démontre qu'on peut en vivre, « si lui y arrive, pourquoi pas moi, pourquoi j’y arriverais pas ? ». Effectivement, en ce moment, on est plusieurs à gagner notre vie en bd, je ne sais pas exactement combien nous sommes, 5 ou 6 peut-être, mais on peut dire que ça bouge comme jamais en bande dessinée au Québec.
 
EL : Il y a beaucoup plus de dessinateur que de scénaristes signés en Europe. Penses tu qu’un jour, il y aura plus de scénaristes du Québec signés par des éditeurs européens ?
Thierry Labrosse : Se placer comme scénariste en bande dessinée, c'est pas évident. Avec un dessinateur, on le voit tout de suite, ça se tranche assez rapidement. Mais pour un scénariste, faut déjà qu’il se trouve un dessinateur, ou s'il est chanceux qu'un éditeur lui en propose un. C’est pas évident. D’un autre coté, je trouve que la bande dessinée en général, comme pour la télé et même le cinéma, il y'a un grand besoin de bon scénaristes. On se lassera jamais assez de bonnes histoires, il y aura toujours de la place pour un bon scénariste qui prends le temps d’écrire de bons scénarios. Quand je lis une bd, ou quand j’écoute un film, si l’histoire n’est pas bonne, je l’oublie. Et je suis tellement heureux quand une histoire viens me toucher, me surprendre, ou me séduire, je trouve ça tellement extraordinaire. Selon moi, l’humanité à besoin de bonnes histoires.
 
EL : En parlant de « on a toujours besoin », en ce moment, il y a énormément de sorties en bande dessinées. N’as tu pas peur que ça étouffe le marché ?
Thierry Labrosse : Tout à fait. C’est n'est pas la première fois que ça arrive, c’est déjà arrivé dans les années 80, sauf que maintenant les proportions sont plus grandes. Y’a eu je pense l’an dernier, 3000 titres parus, ça veut dire 10 bouquins par jours qui entre chez les libraires. Comment voulez-vous que le public ou que les libraires suivent, c'est trop. Il n'est pas rare qu'un libraire retourne un carton sans même l'avoir ouvert car, il n'as pas la place physique nécessaire pour présenter la nouveauté. Il va donc se rabattre sur des valeurs sûres dont il sait qu'il vendra. En ce moment les éditeurs abusent, pas tous, mais la situation n’est guère rassurante. Il y'a un mot en anglais pour ça : dumping, ils font du dumping. Cette pratique, n'est pas bonne pour le public et n'est pas bon pour les auteurs, forcément, il va y avoir une épuration naturelle. C’est des stratégies payantes sur le court terme seulement, pas sur le long, forcément il va y avoir des perdants. Mais bon, je ne suis pas un spécialiste de la finance, ni un devin.
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EL : Les inconvénients, c’est plus pour les auteurs, Si la série ne décolle pas tout de suite, elle s’arrête aussi.
Thierry Labrosse : Je pense que pour l'auteur, comme pour le public, c’est pas payant. Le public n'est pas con aussi, comme certains éditeurs plutôt que de laisser une chance à une série décide de l'interrompre pour pas perdre de l'argent, le public lui, préfère maintenant attendre qu'une série soit rendu à 3 voir 4 tomes avant d'investir dans celle-ci. Trop se sont fait avoir, ils sont plus prudent dans leur choix. Je trouve ça dommage pour les jeunes qui arrivent à se placer avec une série, puis, parce qu’elle n’a pas le succès escompté, se fasse balayer. Ça va peut-être prendre du temps avant qu’ils aient une seconde chance pour se faire éditer. Je trouve ça dommage, c’est pas très sain pour l'ensemble de l'industrie.
 
EL : Pour revenir à Moréa, quand on voit comment sont décrit les États-Unis dans la série, et ce qui se passe actuellement, avec les contrôles aux frontières, le mur qu’ils veulent construire à la frontière mexicaine, est-ce que tu penses que vous n’auriez pas un don de voyance ?
Thierry Labrosse : Je pense que oui, Arleston est quelqu’un de très informé, qui s’intéresse beaucoup à toutes sortes de choses, et effectivement, il a misé juste en jouant là-dessus dans son histoire. C'est clair qu'il aime ça, et clairement, plus ça va, plus c’est à propos. Dans son style d’écriture, il aime faire des gags, et puis là, je trouve qu’en se moquant de l’extrême-droite américaine, il ne pouvait pas se tromper. Mais il pourrait mieux vous répondre que moi à ce sujet-là.
 
EL : Est-ce que tu aurais éventuellement des conseils à donner à quelqu’un qui voudrait faire carrière dans la bande dessinée ?
Thierry Labrosse : Oui, certainement. J’encourage toujours ceux qui ont le courage et le culot d’entreprendre cette démarche. C’est comme n’importe quoi, se placer dans un métier, ça prends du temps. Et je dirais qu’en bande dessinée, c’est peut-être encore plus dur qu’ailleurs. Pour arriver à gagner sa vie en écrivant ou en dessinant, c’est pas évidant. Il faut vraiment y croire et faire ce qu’il faut, c’est-à-dire, apprendre à maîtriser l’art de son dessin ou l’art de son écriture ou les deux, un travail qui implique souvent des années de détermination et de pratique. Pour faire ce genre de sacrifice là, il faut aimer ce que l'on fait, il faut en manger, sinon, les journées seront longues. “Si t’aime pas dessiner, si t’aime pas écrire, c’est pas un métier pour toi !”. Il faut y croire et puis il faut travailler fort.
Avant d'avoir pu faire de la bande dessinée à temps plein, j’ai gagné ma vie comme illustrateur, j’ai appris à être un bon travailleur autonome et à répondre aux besoins de mes clients. C'est comme ça que je suis arrivé à payer mon loyer pendant des années. Donc, je pense que c’est vraiment le voyage d’une vie et on sait pas vraiment ou ça peux nous amener. Et si on compare, je ne crois pas que ça soit plus facile de devenir comédien, réalisateur, ou musicien, c’est des niches qui se méritent par le travail, la persévérance, le talent et la chance. 
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EL : C’est quoi une journée type de Thierry Labrosse ?
Thierry Labrosse : Oh la la, je ne suis pas un exemple (rires). Première chose, me lever et donner à manger aux chats. Ensuite, prendre le temps de me réveiller, deux bonnes heures sont souvent nécessaire. Ensuite, embrasser ma blonde, puis c'est le départ vers l'atelier. Présentement je partage un atelier avec mes camarades Régis Loisel, qui habite ici à Montréal, Jean-Louis Tripp et Yvon Roy, illustrateur qui fait le bond vers la bande dessinée. Donc, arrivée au bureau vers onze heure et là je commence à bosser pour ensuite terminer vers les 6 ou 7 heures du soir. Ça ressemble à ça, une journée type.
 
EL : Est-ce que tu pourrais nous parler de tes derniers coups de cœur, au niveau culturel, s’il y a quelque chose qui t’a vraiment marqué ces dernier temps ?
Thierry Labrosse : Dernièrement, Régis m’a prêté des séries télé en DVD, et j’ai découvert l'étonnante Six feet under et Deadwood, que j’ai dévoré et adoré. Quand je parlais tout à l’heure des trucs bien écrits, peu importe, que ce soit en dessin, en série télé, ou en roman, une bonne histoire bien racontée, c’est toujours extraordinaire. Donc, je pourrais dire que mes coups de cœurs, ces temps-ci, c’est des séries télé sous forme de DVD, bien faites, bien foutues, bien écrites. J’écoute ça avec ma blonde et on adore ça. Sinon, en bande dessinées, je dirais que je découvre Nicolas de Crecy que je trouve remarquable comme créateur. C’est vraiment intéressant les univers dans lesquels il nous emmène. Je regarde aussi ce que font les japonais, ils y'a plein de japonais que je trouve intéressants. Je pense à Terada, et Tanaka comme illustrateurs et des séries comme 20th century boys.
 
EL : Et pour terminer, y a t’il un point que tu aimerais ajouter et que je n’ai pas abordé ?
 
Merci beaucoup pour cette entrevue.

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Les illustrations de cette entrevues sont © Thierry Labrosse et Éditions Soleil pour certaines.
 
par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Mercredi 27 juin 2007


Néciphore, Théophile, Dagobert, Philémond. Autant de Héros d'ici qui vous emmènent à la découverte du Québec et de ses régions. J'ai demandé a Jean-François Gaudet et Hugues Poirier, les auteurs et éditeurs de cette série, de nous parler d'eux, de leur cheminement, et bien sur, de leur Québec.
 
EL: D’où vous est venu l’idée de cette série?
JFG : Des vapeurs d’alcool! Plus concrètement, lors d’une soirée de retrouvailles ou Hugues revenait de deux ans en Asie, nous sirotions une ou quelques bières… en nous disant que les chinois avaient envahit un peu trop à notre goût, le marché du souvenir aux Iles-de-la-Madeleine. Un non-sens pour nous. Puis quelqu’un, quelque part, à lancé: «Heille! Es-tu game qu’on fasse une BD sur les Iles?». De fil en aiguille, nous avons produit Néciphore. Avec le succès immédiat qui dépassait nos attentes les plus folles, quelqu’un, quelque part, à renchéri « Heille, à moins qu’on fasse toutes les régions du Québec?»
 
EL: Dans cette série, vous faites appel à l’histoire, à la géographie, au tourisme… À qui sont destinées ces bandes dessinées ?
JFG : Nous avons toujours eu de la difficulté à catégoriser nos livres. Évidemment, nous essayons de rejoindre un vaste public-cible. Tintin ou Astérix pénètrent l’imaginaire des petits et des grands et nous tentons de réussir cet exploit avec nos personnages. Notre approche a un volet touristique important, mais le réel qu’on intègre dans nos histoires suscite la curiosité des résidents des régions que l’on visite. Brièvement, je dirais que nos livres s’adressent à des personnes de tous les âges qui désirent en apprendre un peu sur les particularités des régions du Québec avec comme leitmotiv, l’humour des deux auteurs.
 
EL: Vos héros semblent avoir un certain air de famille, pourquoi ce choix ?
JFG : Nous voulions que notre collection puisse bénéficier d’un fil conducteur mais il était pour nous hors de question d’utiliser un pêcheur des Iles pour parler du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La logique nous dictait de changer de personnage, mais nous aimions vraiment les airs de Néciphore (premier personnage). Graphiquement, Hugues a eu la brillante idée de changer la couleur de la barbe pour chacun des personnages alors que l’habillement est en lien direct avec les métiers traditionnels qu’ils pratiquent. Pour le reste, disons que cet air de famille font d’eux des cousins.
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EL: Comment réalisez vous la recherche avant de réaliser les albums ?
JFG : Au départ, nous nous basons sur des livres historiques, un peu de recherche web et les guides touristiques. Ensuite, nous allons sur le terrain pour monter une banque de photos qui serviront d’inspiration pour les dessins. Lors de ces visites, nous en profitons pour accumuler de l’information directement sur le terrain. Anecdotes, menteries, légendes, faits marquants et autres palabres sont au menu… lire ici que nous fréquentons les tavernes de chacune des régions. Finalement, nous synthétisons le fruit de nos recherches en ajoutant une dose d’humour.
 
EL: Jusqu'à quel point collez vous aux réalités de la région sur laquelle vous écrivez?
JFG : Nous sommes toujours dans la poursuite de cet objectif. Le plus beau compliment que l’on puisse nous dire est: « Hein, vous ne venez pas de la région? » À chaque fois que quelqu’un trouve qu’on a bien caricaturé son environnement, qu’on a atteint un niveau de réalité, qu’on a mis le doigt sur un « inside », comme si ça venait de l’intérieur, nous nous disons « mission accomplie ». Faut pas oublier que la collection Le tour du Québec en BD, c’est l’interprétation de deux gars des Îles, c’est notre réalité à nous. Mais en même temps, nous sommes fascinés par leur réalité à eux, la réalité des régions.
 
EL: Quelle est votre méthode de travail en tant que scénariste et dessinateur ?
JFG : Nous travaillons beaucoup en collaboration ce qui veut dire que Hugues participe à la recherche des sujets et à l’élaboration des textes alors que moi je participe aux dessins en lui disant: «Heille tu dessines vraiment bien Hugues!» La production de nos BD est un travail de collaboration, nous vivons à 5 minutes à pied l’un de l’autre, mais parfois nous sommes deux mois sans nous voir. Vive le web!
EL: Pourriez vous nous parler de vos parcours respectifs ?
JFG : J’ai eu la chance de grandir aux Iles-de-la-Madeleine, un endroit unique et magnifique que je vous encourage à visiter ou revisiter. J’ai fait mon Cégep, sans math, à Saint-Augustin en banlieue de Québec. En 1993, avant l’Université, je me suis payé un voyage en Europe pour voir un peu de pays. Retour à Québec, à l’Université Laval, pour un faire un cumul en communication et administration. Ma passion pour la publicité m’a poussé jusqu’à Montréal où, à l’Université du même nom, j’y ai fait un certificat en pub. Ensuite, j’ai suivi un AEC en graphisme. En 2002, j’ai pris une brosse avec Hugues et nous voilà 4 ans plus tard avec 4 livres de fait dont un, sur la ville de Québec, qui fut traduit en anglais.
HP : J'ai aussi grandi aux Iles, fais mon Cégep en sciences à St-Augustin puis obtenu un Bacc en architecture à l'Université Laval. Cette dernière discipline m'a emmené dans plusieurs pays que ce soit pour des stages ou pour le travail. J'ai vécu en Europe, en Turquie puis en Asie du Sud-Est. J'ai participé notamment à un projet de coopération internationale en architecture, au Vietnam. Après une année de travail à Singapour, je suis rentré à Montréal ou j'ai aussi travaillé pendant un an comme assistant architecte. Un jour de fête, mon parcours prend une toute autre direction puisque 4 ans plus tard, je me retrouve à travailler sur une 6ième bande-dessinée à succès. L'architecture fait cependant toujours partie de ma vie car je réalise à chaque année quelques contrats personnels. Je suis également illustrateur/graphiste à la pige.
 
EL: Vous avez décidé de devenir Éditeurs pour cette série, pourquoi ?
JFG : Par obligation. Lors de mes recherches initiales, personne ne voulait nous publier. Nous avons donc du payer nous-même pour nos livres. Aujourd’hui, 25 000 livres de vendus plus tard, nous sommes reconnaissant envers tous ceux qui nous ont fermé la porte au départ car nous publier nous-même est la meilleure chose qui pouvait nous arriver.
EL: Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontré pour monter ce projet ?
JFG : À toutes les fois que nous avons été confronté à une difficulté majeure, la situation s’est transformée en levier important pour notre entreprise. À titre d’exemple, au départ, puisque nous ne voulions pas couper dans la qualité (couverture rigide, 40 pages, couleur, etc.) les coûts d’impression représentaient un frein majeur au projet. Pour se sortir de ce problème financier, nous avons eu l’ idée d’inclure des publicités de certaines entreprises en bas de pages. Ces entreprises, soigneusement sélectionnées, ont été des points de vente indispensables qui nous ont permis d’avancer vers d’autres régions. Ainsi, grâce à des partenariats avec des entreprises établies, telles que CAA Voyage, Casino de Charlevoix ou des PME telles que la chocolaterie de l’Île d’Orléans ou la boutique de cerf-volant Au Gré du Vent, l’aventure du Tour du Québec en BD continue toujours sont chemin.
 
EL : Comment sélectionnez vous ces entreprises, et ont-elles un droit de regard sur le contenu?
JFG : À chaque album, nous nous faisons un devoir de s’autoproclame une carte blanche au niveau éditorial. Nous choisissons des entreprises que l’on trouve emballantes et typiques du milieu. Puis derrière ces entreprises il y a avant tout des gens. Depuis le début, nous avons rencontré des personnes extraordinaires, ouvertes, amusantes, dynamiques, créatives. La sélection se fait aussi en fonction de l’apport supplémentaire d’informations. Par exemple, si nous faisons une petite histoire sur le Festival de St-Tite, c’est un honneur pour nous de leur permettre d’afficher leur site web et leurs coordonnées dans nos pages.
En fait toute la population à un droit de regard sur le contenu. Les entreprises, les parents et amis, les acheteurs, même nos détracteurs. Cela veut pas dire qu’on prend tout ce qui passe non plus. Tout le monde peut apporter des idées et nous en tenons compte, surtout et seulement, si elles sont meilleures que les nôtres. L’inspiration pour nos livres, on la prend à différents endroits, nous sommes un peu comme des voleurs. En même temps, nous nous faisons un devoir de bien servir les entreprises qui embarquent dans l’aventure. D’ailleurs, j’encourage personnellement les lecteurs à les fréquenter.
 
EL: Le milieu de la Bande dessinée est souvent conservateur vis-à-vis de ses relations avec la publicité, cela ne vous inquiète pas?
JFG : Au début, j’ai eu la chienne. Je viens du milieu de la pub, un milieu très paradoxal. Pour moi, la publicité c’est un mélange de « tout » et de « rien ». Ce ne fut pas tellement une question de choix, de toute façon. Pour ce qui est de s’inquiéter des perceptions du milieu par contre, là, jamais. Nous nous sommes foutu de ce que pensaient les autres. Nous avons été hors normes depuis le début. Lors du premier album, quand j’ai vu les pages montées, personnellement, les publicités ne m’ont pas agacé. Ce qui m’a frappé et qui me frappe encore c’est la réaction des gens. Une grande majorité de personnes m’ont dit « Quelle bonne idée d’insérer les publicités des commerces! », comme si c’était un plus à l’album. Je me balance de l’opinion du milieu et des puristes, moi je veux faire des albums et je veux que les gens les achètent et les aiment.
 
EL: Pourriez vous nous parler de vos projets ?
HP : Nous avons l'intention de terminer Le Tour du Québec en BD. Puisque maintenant la demande est de plus en plus forte de la part des autres régions, nous songeons à accélérer notre production, en engageant des collaborateurs au niveau graphique. Notre concept a fait ses preuves et est apprécié d'un vaste public. Ceci nous permet de croire, suite à une restructuration adéquate, à une expansion probable de notre entreprise au-delà de ses frontières actuelles. Nos produits peuvent tout aussi bien changer d'échelle comme par exemple, traiter d'un sujet plus pointu tel une ville ou un organisme, ou de façon plus large d'une province ou de pays…Nous espérons aussi, un jour prochain, voir chaque région du Québec adaptée pour la télé sous forme de dessins animés.
 
EL: Envisageriez vous de proposer a certaines entreprises de réaliser des Bandes dessinées publicitaires, comme cela se fait parfois en Europe, entre autres avec des compagnies pharmaceutiques?
JFG : Notre objectif premier est de terminer la collection. Par contre, nous ne voyons pas d’inconvénient à bifurquer à gauche et à droite d’ici là. Dans notre cas, nous avons le luxe d’avoir de beaux problèmes et des idées plein la tête. Pour le reste, dans notre cas, l’avenir demeure toujours synonyme d’inconnu. Il y a un proverbe ou une maxime qui dit quelque chose comme : « l’Homme fait des plans et Dieu en rit » mais moi, en tout cas, il ne doit pas me trouver ben ben drôle.
 
EL: Quels sont vos coups de cœurs, tous domaines confondus ?
JFG : Dans le domaine du rire Les Simpsons, la chanson Van Morrison, la peinture Claude Le Sauteur, le livre Frédéric Beigbeder, le cinéma Le Parrain, la bouffe Le Bouilli à la Viande Salée de maman, et mon gros coup coeur voyage c’est : tous les voyages, de Saint-Félicien à Dublin, de la Malbaie au Caraïbes en passant par la Baie James.
En fait, mon but c’est de découvrir et faire découvrir la planète. Un voyage de quatre heures ou de 4 mois, pas d’importance, y’a toujours quelque chose d’enrichissant à l’expédition. Mes coups de cœur en fait, je les retrouve toujours au bout d’une route.
HP : Ma job! Elle me permet de découvrir les beautés insoupçonnées du Québec; elle me permet de mettre des sourires sur les visages de tellement de gens, petits et grands, de découvrir leur gentillesse et partager leur fierté; elle me mène sur d’innombrables rencontres qui me font réaliser combien on est un peuple grand et beau; elle me permet de réaliser que voyager chez-nous est tout aussi enrichissant que de parcourir le monde.
 
EL : Merci à tous les deux pour cette entrevue, et nous souhaitons que le Vent qui vente garde longtemps le vent dans les voiles.
JFG-HP : Merci à vous, Qui sème le vent, récolte.
 
 
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par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Mercredi 20 juin 2007
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Paul Bordeleau est illustrateur et bedeiste. Il nous à présenté la série BD « les Troglodytes » en prépublication sur Bedeka.org. Nous l’avons donc approché pour en savoir un peu plus sur cet univers foisonnant et intriguant.
 
E.L. : Pourrais tu nous parler de ton parcours, et de ce qui t’a amené à la bande dessinée ?
Paul Bordeleau : Ça fait narcissique de parler de soi, mais bon go, c’est pour la bonne cause ! Comme bien des dessineux(se) , tout petit je dessinais des Astérix, des schtroumpfs etc…. Mais creusons un peu…. 1974 : Un jour, mon copain me montre une BD réalisée par son grand frère… Une BD maison racontant les aventures d’un Renard dans son vaisseau de l’espace ( L’ancêtre de Sarfox !). Ce fut une révélation ! On pouvait nous même créer nos propres BD….
Après ce jour, je réalisais donc des BD pour mes amis et avais ma propre maison d’édition à 7-8 ans…. Mon lectorat ne contenait que mes amis Thomas et Denis ! Complètement fou d’y repenser…Je me souviens qu’au tout début mes BD étaient très "Homme de six millions contre Jaws… Paulorack contre la pieuvre géante". Je leur montrais la seule copie disponible et après lecture on jouait à ce que ma BD racontait !
J’avais plusieurs séries en même temps et dessinais le tout sur de petites fiches lignées puis brochées.
Mon trip a continué très longtemps comme ça jusqu'au secondaire (ou je rencontre Djief et Leif R Tande) avec le magazines Ti-Polo. Je vendais aussi un autre mag dans une autre école avec l’aide de mon copain qui lui était rendu mon scénariste attitré ! Puis plus tard , en écoutant une émission de Bernard Pivot, je découvre Moebius ! Révélation d'ado... Moebius avec qui j'aurais un petit entretien privée bien plus tard ( me faisant passer pour un journaliste du Voir au Festival de la Bd à Québec, héhé j'ai pu lui parler seul à seul et découvrir que même lui en arrachait avec ses projets qui avortaient de temps à autre !). En gros la BD influença mes travaux de cégep et d'université ( litho, peinture, sculpture) de retour de MTL j'ai découvert la SCABD ou je me suis fais de nouveaux copains tel que Benoit Joly, Denis Goulet, Hélène Brosseau, Christian Daigle, Rose Beef, auto-publié un album (Rituel-1988) que j’aimerais bien ré-éditer un jour, fait quelques fanzines (Pizzaman, Stie !) et autres collaborations pour des collectifs ( ARG !, D.J.A.B.E., Les vidangeurs d’images, Bambou, Zeppelin, Rêves, Mac tin tac, Eau moirée) avec quelque fois des scénarios de Marie, ma conjointe, participé au Symposium de BD de Québec et une ou deux expos à des salons BD- Montréal. Puis quand ma carrière en illustration pris tout mon temps, la BD se résuma plus tard à des commandes pour Safarir et quelques Ministères... (j’oubliais : un projet nommé La Forêt sur ma table à dessin depuis 2001 que je vais reprendre avant mes 80 ans ! ! !) Enfin, Pishier et son fanzine Bidon ainsi que les productions de chez Mécanique ( participation à Plan Cartésien)et ma petite participation au collectif Québecois dans le Spirou m'ont redonné le goût de raconter mes propres histoires. J'y retourne donc tout doucement et surtout pour me faire plaisir, que ça ! Je ne prends surtout pas au sérieux. Et comble du hasard, mon fils Raphaël (9ans) vient de débuter (sans le dire à papa) une BD qu’il veut vendre en face de la maison pour ses copains et voisins !
Je me suis livré un peu trop là, platte non ? Tu couperas au montage !
(nb : commentaire de l’interviewer : c’est bien trop sympathique pour couper !!!)
 
E.L. : Le digne fils de son papa ? Est-ce que tu lui a fait découvrir la BD ?
Paul Bordeleau :Évidemment, il pige dans ma collection et ne se fait pas prier ! En ce moment, on relie les premiers Astérix et ce en prenant les voix de chaque personnage…Il aime bien ce que fait Blain et il voulait même le rencontrer à tout prix quand il a fait un saut à Québec…
 
E.L. : Les troglodytes, prépubliés sur Bedeka.org, c’est quoi, comment sont ils nés, et ou vont ils ?
Paul Bordeleau : Troglodyte arrive sur ma table à dessin après quelques projets du côté de Safarir avec des séries tel que Docteur Smog ( scénario et idée André-Philippe Côté), Tv-Diner (scénar+dessin), Spoutnik (scénar+dessin) et Les Zanimals (scénar+dessin). Je me cherchais une histoire qui me ressemblait et que je pourrais produire en chapitres ( 22 pages) à travers mes contrats d'illustration. Pour ce qui est de où tout ça s’en va, et bien j'aimerais publier le tout en français format 154 pages et aussi en anglais format comic book. J'admire beaucoup des types comme Dave Sim (Cerebus) et Jeff Smith ( Bone) qui se publient eux-mêmes.. Le truc que je faisais étant enfant quoi ! On n'y échappe pas ! Je prévois plusieurs chapitres (7 chapitres minimum) à ce petit personnage des profondeurs et (sans jeu de mot!) le récit gagnera en profondeur plus Troglo découvrira sa vrai nature. Raconter des histoires, qu’est-ce qu'il y a des plus génial, à part la famille et les vers de terre bien sur ?
Mon plan futur pour les troglos serait aussi de faire plusieurs sous-histoires de 22 planches dessinées par d'autres...Une petite saga sous-marine... Et il y a les toutous, figurines, tasses, cravates et chemises de nuit évidemment en production made in china !
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E.L. :
Si je comprends bien, les troglodytes, c’est un univers en formation ?
Paul Bordeleau : Un petit Nunivers oui ! Jusqu’ou ça ira, je ne sais, mais pour l’instant je m ‘amuse ferme !
 
E.L. : Quand tu dis dessinés par d’autres, est-ce que ça veux dire que tu garde la scénarisation, ou es tu prêt aussi à lâcher ta série dans la nature ?
Paul Bordeleau : Non, je garderais les rênes de la scénarisation pour rester dans le ton et
aussi, j’ai une petite idée ou je veux l’amener.. Mais là, on n’est qu’au tout début, on s’en reparlera dans 2-3 ans !
 
E.L. : A quand une série sur les vers de terre ?
Paul Bordeleau :Hééhéhé…Je préfère le fond de mon lac ! Les vers de terre je les garde pour la pêche et pour aérer mon potager !
 
E.L. : Tu as choisi des phylactères sur fond noir, pourquoi ?
Paul Bordeleau : Au départ il y avait plus que les phylactères, je voulais aussi inventer un langage propre aux Troglos...Pour le noir et bien certain accrochent là-dessus mais je veux le garder, je trouve que ça sied bien à la série....J’aime bien expérimenter.
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E.L. : D’où te viennent tes idées ?
Paul Bordeleau : Un peu de partout, mes lectures,mes excursions à la pêche et en forêt, des films de Miyazaki (entre-autres) et surtout de mes cahiers de croquis et aussi de mon fils et ma fille !
 
E.L. : Tes enfants sont ils tes premiers lecteurs, ou tes premiers critiques ?
Paul Bordeleau : Ils ne sont pas très critiques, ma conjointe, elle, est ma première lectrice !
 
E.L. : Pourrais tu nous parler un peu de ta méthode de travail ?
Paul Bordeleau : Dans le lit: les découpages et dialogues dans mon cahier.
Sur la table à dessin: Les esquisses et les encrages
sur l'ordi : tout le reste !
 
E.L. : Qu’est-ce qui te donne le plus de plaisir, écrire l’histoire, ou la dessiner, et pourquoi ?
Paul Bordeleau : Les deux…mais en ce moment j’aime bien bosser sur mes scénarios et découpage.
 
E.L. : Tu es illustrateur et tu fais de la BD, qu’es tu d’abord, un illustrateur, ou un bédéiste ?
Paul Bordeleau : Les deux ! On peut jouer du drum et de la guitare à la fois ! L'illustration est une passion née de la BD et inversement....
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E.L. : Il y a pas mal d’illustrateurs qui font de la BD, comment les clients prennent ils ça quand ils s’en aperçoivent ?
Paul Bordeleau : Ils nous jettent des objets contondants, nous griffent nos autos et racontent à tous ceux qui veulent l’entendre que nous ne sommes que des ados attardés ! Pour vrai je crois que la BD n’est plus vue comme un art mineur par les D.A.(directeur artistique) depuis longtemps, mais on peut se faire étiqueter facilement malheureusement, et le téléphone ne sonne plus si il pense que l’on en vit…J’ai eu cette expérience avec la caricature-éditorial
du temps où j’étais au Voir-Qc, les clients pensaient que j’en vivais, mais ce n’était qu’un contrat comme un autre, fais de chez moi, qui payais à peine mon hypothèque ! À chaque fois je devais leur dire que j’étais aussi illustrateur, pas seulement caricaturiste pour le Voir !
 
E.L. : Qu’est-ce que tu as trouvé de plus difficile en faisant ta BD ?
Paul Bordeleau : Rien! J’adore tous les aspects de la création !
 
E.L. : Qui sont tes références en BD ?
Paul Bordeleau : Il y en a tant: Chaland, Brown, Mckeever, Sfar, Sim, Jeff Smith , McCay, Mckeever, Trondheim, Herriman, Moebius, Larcenet, Balin, Mattotti entre-autres !
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E.L. : Pourquoi ceux là ?
Paul Bordeleau : Pour leur univers propre peut-être et leur sens du rythme ! la BD est aussi comme la musique il y faut du beat…
 
E.L. : As tu d’autres projets dont tu pourrais nous parler ?
Paul Bordeleau : Je travaille surtout sur Troglodytes, je m'amuse trop, Il y a le projet Gaspésie qui sera un road-BD fantastico-perso pour Mécanique générale et aussi, Casterman m'a approché pour adapter en BD un roman jeunesse américain, mais tant qu'il n'y a rien de signé, il n’y a rien ! Un projet nommé La Forêt qui dort sur ma table à dessin depuis 2001 que je vais reprendre avant mes 80 ans !   J'ai du pain sur la planche, car être Bédéiste, ce que je ne suis pas encore selon moi, est un vrai métier pas un passe-temps…et je ne crois pas en devenir un vrai de vrai tout de suite…je suis en période de rodage….Je veux garder ma vision de la BD comme quand j’étais petit : ludique, pas trop de barème lourd…
(Commentaire de l’interviewer : Cette entrevue datant de l’époque de la prépublication de « Troglodytes », je me suis permis de contacter Paul Bordeleau pour avoir des nouvelles récentes. Paul est actuellement à l’ouvrage sur un projet dont le premier tome est à paraître en 2008 chez Mécanique Générale, dont vous trouverez quelques échantillons comme illustrations. Ce projet vous racontera les aventure d’un petit faune, en 75 pages. La seconde partie des aventures de Troglo devrait nous être livrée vers l’automne 2007. Également en chantier, un album avec Pascal Girard au scénario (Scoop, quelques images ici aussi) dont le titre provisoire est « Simon ». L’interaction entre Pascal Girard et Paul Bordeleau semble être très appréciée par Paul, si j’en crois les commentaires. Enfin, un petit projet de 8 courtes histoires, « un peu étranges » ayant un lien entre elles ou avec un cellulaire. Pour en savoir plus, il nous faudra patienter. Bref, bien des choses qui vont nous arriver prochainement.)
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E.L. : Peu d’auteurs arrivent à vivre de la BD au Québec, comment faire pour que ça change ?
Paul Bordeleau : Voler quelques banques et faire un «pot» de tout ça qu’on redonnerait à ceux-celles qui font toujours de la BD bénévolement? Mais regarde les romanciers, je serais curieux de connaître ceux qui en vivent réellement au Québec sans faire de petits boulots ou qui sont profs, serveurs pour boucler leur fin de mois. Pour les bédéiste, grâce au monde du jeux, du graphisme etc… ils peuvent au moins dessiner toute le journée et le soir faire leur projet perso. Mais le vent change ( grâce au web en autre) en ce moment au Québec, une petite ré-évolution se sent dans le domaine et si qualité il y a, il y aura toujours des gens pour la remarquer ! J'te dis, si j’avais l’argent, je partirais une revue de qualité qui paierait ses auteurs décemment ! Il faudrait que les maisons d'édition s’arrangent comme en Europe pour payer leurs auteurs avec des avances sur recette. Ça deviendrait donc un métier comme un autre et on passerait enfin à un autre niveau, les auteurs prendraient des vacances comme tout le monde et auraient plus de 5 albums à 30 ans !
 
 E.L. : Quels sont tes derniers " coups de cœur " ?
Paul Bordeleau : En BD :Les productions made in Québec telles que le Tokyo Ghost de Djief, Les Druides de Lamontagne, Les nombrils, ce que font Pastèque, Les Tande, Beaulieu, PhlppGrrd, Pascal, Joly entre-autres de Mécanique Générale. Ce que post Dub sur le forum. J’aime bien Zed de Michel gagné aussi !
Mais je me gave surout de bouquins comme en ce moment: LE PÈRE DE NOS PÈRES de Bernard Werber, un roman sur les origines de l'humanité, j'aime beaucoup des auteurs comme Tonino, Benacquista, Beigbeder qui ont le dialogue bien tranchant...
 
E.L. : Voudrais tu ajouter quelque chose ?
Paul Bordeleau : Oui, il manque de fille en BD ! Trop encore un trip de gars mais ça s’en vient…grâce au manga entre autres et à certain programmes collégial et universitaire. Aussi un merci spécial à Bédéka et Pierre-André pour son soutien .
 
Merci beaucoup Paul pour cette entrevue. Nous souhaitons un bon accroissement de ton univers sous marin, et la concrétisation de tes projets.
 
Le Blog de Paul Bordeleau : http://bloglodyte.bedeka.org/
Et son site internet : http://www.bordeleau.qc.ca/
 
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par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Mercredi 13 juin 2007
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L’Imaginaire, à Québec (place Laurier, troisième étage), est un magasin comportant un section librairie spécialisée dans la bande dessinée. Les personnes qui y travaillent font un remarquable travail de suivi des collections pour être toujours en phase avec ce qui sort. Afin d’avoir le point de vue de l’autre coté de la BD, celui du vendeur, j’ai demandé à Patrick, qui y travaille, de nous parler du marché de la BD, et de la place de la BD québécoise sur ce marché.
 
E.L. : Vous vous occupez de la section BD de la boutique l’Imaginaire à Québec. Pourriez vous nous dire en quoi consiste votre travail ?
Patrick : Je suis responsable des achats, des nouveautés BD et des produits dérivés. Je gère l’inventaire en magasin : Q’est-ce qu’on rentre, qu’est-ce qu’on garde et qu’est-ce qu’on ne tient plus.
 
E.L. : Quels sont les différences entre les marchés français et québécois de la bande dessinée ?
Patrick : La première différence se situe en terme de chiffres de vente. La France ayant une plus grosse population, les ventes sont beaucoup plus impressionnantes là-bas.
La deuxième différence se situe au niveau culturel. La BD fait plus partie des mœurs en France qu’ici. Donc, les titres moins jeunesse i.e. Largo Winch, XIII, Thorgal et compagnie, vont vendront plus et seront plus connus là-bas qu’auprès des gens d’ici. Le marché Québécois se limite pas mal aux BD jeunesse, mis à part quelques exceptions comme Bilal ou Loisel qui peuvent rejoindre un plus grand public qui lit plus ou moins de la BD. 
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E.L. : Pensez vous qu’il y aurait un moyen d’attirer le grand public vers la bande dessinée ?
Patrick : Il suffit de la promouvoir efficacement. Aussi, si un auteur québécois pouvait créer un titre ayant un impact majeur ici comme à l’étranger, ça aiderait grandement la cause de la bd. C’est ce qu’il manque ici : Un Spider-Man ou un Astérix !
 
E.L. : Comment faites vous les choix des bandes dessinées que vous mettez en évidence ?
Patrick : Évidemment, on mise sur les grandes séries et les auteurs plus connus.
 
E.L. : Comment arrivez vous à gérer vos commandes ?
Patrick : Étant dans une boutique plus spécialisée, la philosophie est de faire rentrer au moins un exemplaire de chaque nouveauté. Évidemment, l’inventaire de fond va s’en tenir à ce qui se vend le plus, avec au travers des incontournables qui vendent peut-être moins mais que toute librairie BD doit avoir. Présentement, on assiste quand même à un marché qui commence à être saturé par l’offre. Il y a trop de parutions et ça décourage pas mal les fans de bd qui n’arrivent plus à suivre. Paradoxalement, ceci contribue aussi à la découverte de petits trésors qui n’auraient peut-être pas vus le jour si le marché n’était pas en pleine expansion.
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Voro en dédicace à l'imaginaire, en haut, accompagné de Patrick, mon interlocuteur pour cette entrevue.
E.L. : Est-ce difficile de prendre des risques pour un libraire, par exemple en voulant mettre en valeur un « coup de cœur » ?
Patrick : Au contraire, les clients l’apprécient et il faut pousser ce que l’on aime et qui nous passionne. C’est la seule façon pour bien des titres de se démarquer.
 
E.L. : Quel est le marché pour la Bande dessinée québécoise ?
Patrick : Quasi inexistant. Peu de Québécois connaissent leurs auteurs et séries. La perception change tranquillement, mais les médias doivent faire un meilleur travail d’éducation. Ils doivent en parler plus.
 
E.L. : Ne pensez vous pas que vous pourriez avoir un rôle à jouer en mettant les auteurs ou les éditeurs Québécois en évidence ?
Patrick : Ça fonctionne plus ou moins. Si on parle strictement sur le rapport coût/esthétique, l’industrie québécoise ne peut rivaliser avec ces monstres européens. La bd coûte excessivement chère à produire ici et le potentiel de vente à l’étranger est très minime. Pour la bd jeunesse, si un parent a le choix entre un Kid Paddle et une bd jeunesse québécoise, c’est certain qu’il va y aller pour le Kid Paddle. Au prix que les bd coûtent, les gens prennent rarement des chances. Donc, on achète ce qu’on connaît. Je pense que la mise en valeur de la bd passe en premier lieu par l’école (montrer qu’il se fait de la bonne bd ici et pas juste des séries jeunesses aussi!). Ça serait fantastique que les Cégépiens étudient la série de « Paul » dans un cours de français ! Ensuite, les médias ! Au risque de me répéter, les médias ont tellement un grand impact. Il suffit de regarder Tout le monde en parle : dès qu’un auteur de livre passe à l’émission, son bouquin se retrouve dans le top ten de Renaud-Bray la semaine suivante !
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Thierry Labrosse en dédicace à L'Imaginaire
 
E.L. : Qu’est ce que vous pensez vous même de ce qui paraît au Québec actuellement ?
Patrick : On se dirige tranquillement vers un âge d ‘or de la bd au Québec. En ce qui à trait à la bd d’auteur, il se fait peu à peu des livres intéressants et qui rivalisent avec les européens, comme dans les cas de Jimmy Beaulieu, Leif Tande ou Michel Rabagliati. Pour la bd commerciale, c’est un autre problème. Tant que les coûts de production seront trop élevés, on ne pourra pas rivaliser avec les maisons d’éditions Européennes. On ne pourra pas occuper ce créneau. Par contre, l’ouverture qu’eux montrent envers les auteurs d’ici, est très encourageante pour ceux qui souhaitent faire ce genre de bd. Maintenant, il existe des avenues pour ces auteurs qu’il n’y avait pas auparavant.
 
E.L. : Le développement de la BD au Québec semble s’accélérer, avec le travail des éditeurs comme « La Pastèque », « Mécanique Générale », et maintenant « Fichtre » qui se lance dans l’édition. Comment vous percevez ça du coté vente ?
Patrick : C’est comme une roue qui tourne, plus il y a de la bd québécoise, plus tu la fait voir et par conséquent, intéresse les gens à en acheter. Je crois que la bd d’auteur québécoise est entre bonnes mains. C’est éditeurs font des livres fantastiques avec le peu de moyen qu’ils ont. Ce n’est que positif !
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E.L. : De plus en plus d’auteurs Québécois sont publiés et reconnus en Europe, François Miville-Deschesnes, Marc Delafontaine et Maryse Dubuc, Jacques Lamontagne, Guy Delisle, Voro, pensez vous que ça va finir amener le public Québécois vers les auteurs Québécois ?
Patrick : Oui. Pour ce type de bd. Est-ce que ces personnes vont s’intéresser à la bd de Mécanique Générale, j’en doute fortement ! Quand on dit aux gens que, Les nombrils, Millénaire ou Les druides sont dessinés par des Québécois, ils sont très surpris et je dirais que c’est même un incitatif de vente ! Mais, ça se limite à la bd commerciale. Accrocher les gens aux ouvrages de Jimmy Beaulieu ou de Leif Tande, n’est pas une tâche facile. Et ça, c’est le même phénomène du côté des auteurs européens. Je vends beaucoup plus les albums de Trondheim ou de Sfar chez Delcourt et Dargaud que leurs bd chez L’Association. Pourtant, c’est les mêmes auteurs ! Les gens se méfient de ces livres bizarres : souple, petit format, noir et blanc !
 
E.L. : Comment gérez vous la prolifération actuelle de titres ?
Patrick : Difficilement. Les commandes deviennent plus grosses, et la visibilité des titres diminue. On doit faire une rotation beaucoup plus vite. Une BD va rester dans nos rayons nouveautés 4 à 6 semaines max. Ce n’est pas longtemps.
 
E.L. : Y a t’il des éditeurs dont vous n’arrivez pas à avoir les ouvrages ?
Patrick : Les plus petits et indépendants. Tout est question d’argent pour les distributeurs.
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Djief en dédicace à L'Imaginaire
 
E.L. : Vous avez une section de vente par correspondance sur votre site internet. Est-ce que vos clients utilisent beaucoup ce moyen ?
Patrick : Pour la bd, le site internet sert plus à titre informatif. Les clients vont voir les nouveaux arrivages, ce que l’on tient en main, les sorties à venir, les activités… Par contre, on vend des tirages de têtes ou des éditions plus spéciales qu’on ne retrouve pas nécessairement partout. De plus, l’internet permet de rejoindre une clientèle étrangère : que ce soient des Québécois qui demeurent ailleurs et qui commande leur bd ici ou des Européens qui recherchent des produits qu’ils ne retrouvent plus chez eux, internet favorise tout ça !
 
E.L. : Vous faites de temps en temps des séances de dédicaces, est-ce que c’est difficile à organiser, et est-ce que ça vous amène des clients supplémentaires ?
Patrick : Au contraire, c’est très agréable à organiser. C’est une belle vitrine pour la boutique. On aimerait bien pouvoir faire venir plus d’auteurs européens, mais il faudrait l’apport des Éditeurs et des distributeurs et que Montréal et Québec travaillent ensemble au lieu de tirer chacun de leur bord. Tout le monde serait gagnant !
 
E.L. : Mixer des séances de dédicaces d’auteurs Européens et Québécois, comme avec Christophe Blain, à la galerie Rouje, puisse permettre par ricochet de faire connaître les auteurs Québécois ?
Patrick : Tout à fait. De plus, c’est tripant pour eux de dire qu’ils ont dédicacés aux côtés d’auteurs que souvent ils apprécient.
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Jacques Lamontagne en dédicace à L'Imaginaire
 
E.L. : Quels sont les conseils ou les questions que vos clients vous posent le plus souvent ?
Patrick : Souvent les nouvelles sorties de leurs BD préférées. Je crois que la plupart des gens qui entrent dans la boutique pour la première fois sont plus étonnés par la quantité de BD qui existent et qu’il y a autre chose que Tintin et Astérix !
 
E.L. : Quels sont vos « coups de cœurs » ?
Patrick : Mes séries coups de cœurs sont :
De Cape et de Crocs
Donjon
Blacksad
Lincoln
Le scorpion
Peter Pan
Isaac le pirate
Le chant des stryges
Lanfeust de Troy
Lapinot
Professeur Bell
L’enfant de l’orage
Saga-Nah
 
E.L. : Y-a t’il une question que je n’ai pas abordé et dont vous aimeriez parler ?
Patrick : Non, ça va. Merci beaucoup !
 
Patrick, merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous éclairer sur le marché de la bande dessinée au Québec. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de la boutique l’Imaginaire : http://www.imaginaire.com/indexv2.jsp

Les images de cette entrevue sont propriété exclusive de L'Imaginaire. 

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par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Mercredi 6 juin 2007

Mertownville tome 3 est maintenant sur les tablettes. Avant sa sortie, j’ai osé interrompre son auteur, Michel Falardeau, pour lui demander de nous en parler, et aborder avec lui ses goûts, sa méthode de travail, et bien sur ses projets. C’est avec beaucoup d’humour qu’il a gentiment accepté de se prêter à cette entrevue. Comme cette entrevue date de l’automne dernier, certaines informations ne sont peut être plus à jour.

  

 

E.L. : Tu as reçu un prix à Amiens, en France. Pourrais tu nous donner quelques détails a la fois sur le prix et aussi sur ce que tu en retiens?

M.F. : Le festival de BD d'Amiens fait chaque année un sélection de se qu'ils considèrent être les meilleurs premiers Albums.

Cette année, il y en avait 14 dont mon premier album "Lydia". 

Les juges sont 350 lycéens de 17-18 ans, d'une quinzaine d'école de Haute-Picardie. 

C'est en fait une activité qui se déroule sur quelques mois avec les étudiants; un mois avant le festival ils choisissent leur meilleur album et l'auteur gagnant se voit invité au festival ! 

Ce que j'en retire ? Ben, un prix qui vient du public, c'est toujours un beau prix ! ;-) Et c'est motivant de voir que ma bd, même si elle ne rentre pas dans les grandes coutumes franco-belge, est quand même appréciée là-bas !

 E.L. : Quelle est la réception de Mertownville en Europe? 

 

M.F. : C'est semblable à ici; les critiques sont très bonnes, mais je crois que les gens sont plus surpris en Europe. 

On me parle beaucoup du visuel qui est, selon le lecteur: étrange, manga, "comic book"... enfin plein de qualificatifs qui se contredisent entre eux ! ;) 

Ils ont de la difficulté à cerner mon style... A vrai dire, je me suis jamais dit que je faisait selon une école de dessin particulière... Peut-être parce que je ne suis pas capable (?)... :)

 

 

 

 

 

 

E.L. : A propos de ton style, comment est-ce que Toi, tu le qualifie?

M.F. : Aucune idée... Je ne crois pas que mon dessin ressemble à un style en particulier, comme beaucoup de dessinateurs québécois. 

 

Vu qu'il n'y a pas une grande tradition de bédéistes ici, j'ai l'impression que les influences viennent d'un peu partout; le franco-belge, le manga et le comic-book.

Si je dois le décrire, je dirais : Un dessin spontané où l'emphase est mis sur l'acting, les expression du visage... le design de perso et les vêtements... :) 

 

 

E.L. : Comment s'est passé la genèse de Mertownville?

M.F. : Je viens du domaine du dessin animé traditionnel. Je commençais à avoir une écoeurite de travailler avec de grosses équipe, n'ayant pas un réel contrôle du projet... 

 

La compagnie, après quelques années a eu des difficultés financières et a du fermer son département d'animation. J'ai sauté sur l'occasion pour me lancer, en toute confiance, comme un idiot dans la BD... Ah si je pouvais retourner en arrière... ;-) J'ai fait quelques essaies (2-3), pour finalement pondre Mertownville.

 

 

 

 

 

 

 

E.L. :