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Le Blogue:

Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

http://ericlamiot.site.voila.fr/

 

 

Pour mes photos et chroniques de voyage:

http://elamiotphoto.over-blog.com

 

Pour mes dessins:

http://elamiotdessins.over-blog.com

Concours

Entrevues

Jeudi 15 novembre 2007 4 15 /11 /Nov /2007 17:26
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BD Québec fête ses 10 ans sur la toile. 10 ans pour promouvoir la BD du Québec, 10 ans pour valoriser, faire connaître, intéresser le public. Derrière BD Québec, il y a un passionné et une équipe, et j’ai voulu en savoir plus, et vous le faire partager. Entrevue avec Michel Pleau, passionné de BD et webmestre de BD Québec.
 
10 ans de BD Québec, quel bilan peut on tirer de ces 10 dernières années en BD?
Michel Pleau : Que du bon! L’arrivée d’Internet et son étendue a été une superbe cause pour la bd québécoise. Les outils de communication avec les auteurs, les éditeurs, les libraires… n’ont fait qu’aider à l’expansion d’auteurs édités par des maisons européennes.   Je crois qu’Internet a aidé grandement à la reconnaissance des talents d’Ici. On pourrait dire qu’avant ces 10 dernières années, on connaissait tous à peu près les mêmes auteurs et que ça stagnait. Et puis : BOUM! L’explosion s’est faite avec tous ces talents qui se sont fait connaître plus facilement. Alors, ce n’est que du bon pour moi… amateur de BD.
 
Comment  et pourquoi est né BD Québec?
Michel Pleau : À partir d’une page personnelle où j’avais le droit à 500k d’espace disque! Je parlais de mes passions en quelques mots (J’aime la bd, j’aime les films d’horreurs, etc.). Et je plaçais des hyperliens vers d’autres pages existantes… donc, rien de bien intéressant et c’était une page bien insignifiante parmi tant d’autres.   J’étais abonné au magazine Croc et j’étais un fan de Red Ketchup. Je me suis mis à écrire un court texte sur le personnage et en y mettant une image de Red que j’ai fait moi-même avec le logiciel « Paint » que tout le monde possède en autant qu’on possède un PC.    Après quelques semaines, un professeur m’a écrit pour obtenir plus d’informations sur Red et j’ai donc continué à mettre plus d’informations sur la page, en y ajoutant Michel Risque et les biographies de Pierre Fournier et Réal Godbout que j’ai reproduites à partir des albums que Croc avaient publiés.
Dès lors, j’ai changé mon site en le nommant BD Québec. C’est de là que tout est parti. J’ai réussi à obtenir un espace disque de 2Meg. Wow! Là, j’étais sur un nuage… hahahahaha! J’ai continué en me faisant des contacts avec des auteurs dont Mario Malouin, André Gagnon, Leou et d’autres que j’ai rencontré lors de festival entre autres. J’ai fini par obtenir le contrat de m’occuper du site officiel du festival de BD de Québec car mon site était plus populaire que le leur. J’ai donc eu mon propre nom de domaine à partir de ce moment. www.bdquebec.qc.ca était né pour de bon.    
 
Pouvez-vous nous présenter l’équipe derrière BD Québec?
Michel Pleau : Présentement, le site est mise à jour régulièrement grâce à l’énorme énergie de Michel Viau. Michel est une référence mondiale pour la bd québécoise. Il connaît la bd québécoise sur le bout de ses doigts. On a longtemps mentionné que la première bande dessinée francophone était européenne, mais Michel a prouvé que c’était plutôt un québécois (Albéric Bourgeois) qui utilisa pour la première fois le phylactère dans une BD.  D’ailleurs, c’est pour cela qu’il est celui qui rédige l’historique de la bd québécoise sur le site. C’est lui qui s’occupe de toutes les actualités sur le site. Vous pouvez être sûr qu’à chaque jour ou presque, il y aura une nouvelle de plus sur BD Québec grâce au travail de Michel.   De plus, Michel écrit en très grande partie les pages des biographies d’auteurs du site.
 
Francis Hervieux travaille sur le terrain. Il se présente régulièrement aux expositions, lancements, festivals qui se déroulent un peu partout au Québec et nous fait des comptes rendus de ces événements.  Il est notre représentant/journaliste.
 
Depuis quelques temps, Sayman Phanekham m’aide au montage de nouvelle page sur le site. Il a un super talent et j’espère qu’il sera avec nous encore longtemps.
 
Il y a eu d’autres intervenants qui ont participés à la fonte du site. Entre autres, André Gagnon (créateur du logo), Bernard Dubois et de nombreux autres. Marc Pageau fut pendant longtemps un grand collaborateur que j’ai toujours apprécié, mais il a quitté depuis peu. Il faut comprendre aussi que BD Québec est réalisé par des gens de bonne volonté, sans rémunération, c’est du temps libre et des passionnés qu’il nous faut.
 
Bien sûr, il y a moi! Je m’occupe essentiellement de l’administration du site et je suis le webmestre en chef!
 
Quelles ont été les étapes clefs du développement de BD Québec?
Michel Pleau : La volonté de faire découvrir la bd au Québec a été la première étape. À l’époque, il n’y avait rien et quand je dis rien, c’était le cas. Aucune information sur la bande dessinée du Québec. Donc, quand je parlais de mon projet aux auteurs, ils n’avaient aucune raison de ne pas être intéressés par le site. Trouver des gens pour m’aider dans cette tâche fait partie de la volonté de faire découvrir et faire connaître la bande dessinée d’ici!
 
Deuxième étape : le nom de domaine et le serveur. Comme je disais dans une autre question, le site était sur une page personnelle au début. Je ne pouvais me payer un hébergeur (trop cher à l’époque). Avec mon contrat pour le festival de Québec, c’est là que tout a commencé avec une très bonne base pour continuer sans contrainte d’argent et d’espace. 
 
Troisième étape : Le détachement. Donc, la séparation avec l’organisation du Festival. Après quelques années de collaboration, je suis libre mais je dois assumer les frais de l’hébergement, qui sont beaucoup moins cher qu’à l’époque… Vive la technologie!
 
Quelles sont les caractéristiques de la BD québécoise?
Michel Pleau : Il n’y a pas de caractéristiques à la bd québécoise. C’est de la bande dessinée comme tant d’autres, mais qui vient du Québec. C’est ça la BD québécoise.   J’aime la bande dessinée tout simplement.   Je souhaite que la BD québécoise soit aussi reconnue que les BD provenant d’ailleurs dans le monde. 
 
S’il y a des prévisions à faire pour les 10 prochaines années en BD québécoise, quelles seraient-elles?
Michel Pleau : Encore plus d’auteurs québécois sur le marché mondial.   Avec Internet maintenant, c’est tellement simple de communiquer. Le marché est ouvert à tous. Il ne suffit que de trouver la bonne idée et de la développer. 
Malheureusement, je crois que Safarir va cesser de paraître.   Vivement un magazine qui s’adresse à tous. Glénat pourrait pousser avec leur nouveau bureau à Montréal.
 
Quels seraient vos souhait pour la BD québécoise et BD Québec pour les prochains 10 ans?
Michel Pleau : Pour la BD québécoise : Voir une plus grande promotion de la bande dessinée d’ici par les médias. Arrêter de penser que la BD s’arrête à Tintin et Garfield. Nos auteurs commencent à percer de plus en plus et je souhaite que le tout continu.   Une adaptation filmographique des Red Ketchup serait géniale! Ou encore, les aventures de Paul, personnage culte des bandes dessinées de Michel Rabagliati!
 
Pour ce qui est de BD Québec, je crois que le site a eu des répercussions incroyables pour nos auteurs. Le site est devenu une telle référence que les éditeurs, les libraires, les écoles, etc. nous écrivent régulièrement pour obtenir le service des auteurs qui ont leurs descriptions sur le site. 10 ans de construction qui ne sont pas finis car plusieurs auteurs n’ont pas leur page sur le site. Nous avons des demandes de ces derniers et nous n’avons pas toujours le temps pour le faire et ils se doivent de patienter. Maintenant, on doit mieux utiliser le web. C’est fini le html… il faut passer à autres choses car le web a une efficacité incroyable que nous n’utilisons pas encore présentement chez BD Québec.
 
Quels sont vos coups de cœurs en BD québécoise?
Michel Pleau : Bien sûr, je ne peux passer à côté de la série des Red Ketchup et des aventures de Michel Risque.   Gaboury et Jean-Paul Eid m’ont fait trippé à mon adolescence. Parmi les autres, j’adore Rabagliati, Chester Brown, Julie Doucet, Leif Tande, Jimmy Beaulieu et Daniel Shelton avec la série Ben. Je m’ennuie beaucoup des histoires qui sortent de l’imaginaire à Caroline Mérola.   Le plus récent qui m’a fait tomber de ma chaise est Jacques Lamontagne… Talent incroyable!
 
Et si vous n’avez pas encore cliqué : http://www.bdquebec.qc,ca
 
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Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 8 novembre 2007 4 08 /11 /Nov /2007 16:38
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On entend souvent dire que les jeunes sont désabusés, ignorants, intéressés à rien. Pour casser ces idées reçues, je me suis permis de contacter Nicolas Plamondon, un jeune passionné de bandes dessinées, et qui a décidé que la BD, c’est possible. Entrevue avec un talent très prometteur de la relève, qu’il vous faut découvrir absolument, car parions que nous entendrons parler de lui encore longtemps.
 
Avant de parler de ta passion pour la BD, pourrais-tu nous dire quelques mots sur toi même ?
Nicolas : Je suis une créature humanoïde ayant vécu dix sept ans sur cette planète et ayant été baptisé sous le nom de Nicolas Plamondon au sein d’une religion corrompu. J’ai plusieurs passe-temps tel que respirer et cligner des yeux.
 
Pourrais-tu nous parler un peu de “Scratch”, de ce que ça va être, et de ce que tu aimerais que ça devienne ?
Nicolas : Skratch avec un « K ». En fait, c’est le projet de Duy. Il voulait faire un collectif BD québécois trash. J’aime bien le concept et ça me fait plaisir d’y participer. Ça me fait penser à tous les fanzines réunissant Éric Braün, Simon bossé, Julie Doucet, Henriette Valium, Rupert Bottenberg et compagnie dans les années 90. Pour le moment, ça commence avec 2 jeunes : Duy ainsi que moi-même. Après, on aimerait sélectionner nos auteurs québécois underground préférés et leur demander si ils veulent participer.
 
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Qu’est-ce que tu aimes dans la BD ?
Nicolas : Je crois que c’est une forme d’art qui est égale au cinéma (Histoire + Image), mais qui offre beaucoup plus de possibilités graphiques. C’est la communion entre la littérature et la peinture. Mais le principal avantage à mes yeux, c’est que contrairement au cinéma, la BD ne nécessite pas de budgets grandioses ou d’équipe de tournage avec plein de gens. C’est une histoire entre toi, ton crayon et ta feuille.
 
Penses-tu y faire une carrière à moyen ou long terme ?
Nicolas : À long terme ! En fait, je veux être artiste toute ma vie. Il se peut que j’explore autre chose que la BD, mais je crois ça et l’illustration resteront le centre. Je ne compte pas nécessairement en vivre. Je me contenterais d’en survivre.
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Quels sont les auteurs qui t’inspirent, et pourquoi ?
Nicolas : Raùl pour sa capacité à tout essayer avec succès. Mignola et Charles Burns pour leur style infaillible et leur maîtrise totale du noir et blanc. Craoman et Camille Rose Garcia pour leur style original. Blutch, De Crécy, Larcenet, Daniel Clowes et Loisel pour leurs scénarios brillant. Quino et Crumb pour leur humour grinçant. Je reprends mon souffle et j’en nomme 100 autres.
 
Quand tu présente ton travail à d’autres auteurs qui t’en font une critique, comment prends-tu ce qu’ils disent ?
Nicolas : J’aime ça, ça me permet de m’améliorer. J’adore recevoir des commentaires, qu’il soit positif, négatif ou constructif.
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La BD québécoise est actuellement très prolifique, qu’est-ce que tu penses de ce mouvement ?
Nicolas : Ma réponse ne peut qu’être positive ! Je crois qu’on doit cela à plusieurs passionnés qui font tout pour faire plus de promotion pour la BDQ comme Jimmy Beaulieu, Francis Hervieux, Michel Viau et bien d’autres. Bien sûr, il y a aussi plein d’auteurs talentueux.
 
Tu sembles aimer l’humour noir et un peu absurde, qu’est-ce que tu aimes la dedans ?
Nicolas : Le monde est noir et absurde ! Pour ce qui est de l’humour noir, ma devise est « vaut mieux en rire qu’en pleurer », ce qui me pousse à me poser des questions comme « qu’y a-t-il de drôle dans une pendaison ? » La réponse est dans mes BD !
 
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Combien de temps par jour dessines-tu, et comment organise tu ton travail (fais tu un scénario, un crayonné, utilises tu des logiciels tels que Photoshop…) ?
Nicolas : Si je ne suis pas dans un gros élan créatif inarrêtable, je prends environ 2 à 4h dans ma soirée pour crayonner, encrer au pointe fine noire ou au pinceau. Je n’utilise pas Photoshop, c’est de la trop haute technologie pour mon ordinosaure. Par contre, quand j’ai besoin de petits trucs à corriger, j’envoi ça à Duy qui m’arrange ça aussitôt ! Par contre, quand je lui demande de faire les couleurs sur Photoshop, c’est plutôt lent, mais bon.
 
Si tu avais un rêve en BD, quel serait-il ?
Nicolas : Répondre à une entrevue sur Bedeka... Non, je n’ai pas envie de répondre ça, tu peux garder ton argent. Mon rêve serait de produire environ un album par année, de qualité, chez un éditeur respectable et surtout, un album avec une histoire et un style différent à chaque album ! Je n’ai vraiment pas envie de m’embarquer dans une série ! Je veux que chaque album soit une œuvre indépendante. J’aimerais faire de la peinture, sculpture, illustration, performances, animation, etc. et ne pas me limiter à la B.D.
 
Pourrais-tu nous dire ce qui t’a marqué ces dernier temps (à tous les niveaux, ciné, BD, culture, politique…) ?
Nicolas : Oui, je pourrais.
 
Cette entrevue a été réalisée l’an passé. Changerais-tu tes réponses aujourd’hui ?
Nicolas :  Premièrement, Skratch n’a existé qu’en prototype et n’a jamais vu le jour officiellement. Deuxièmement, j’ai un peu délaissé l’humour noir pour expérimenter plusieurs autres sortes de styles et de narrations, depuis.
 
Peux tu nous parler de ce qui s’en vient pour vous en BD pour la saison 2007-2008 ?
Nicolas :  Ben, je serai à l’expozine (www.expozine.ca) avec ma dernière BD : « La Mort, cette retardataire ». BD à saveur autobiographique et au dessin plutôt réaliste. Je vendrai aussi d’autres « Pelures de Bananes » (Ma BD faite l’année passée) et si Duy y met du sien, j’aurai peut-être le premier Skratch  J’ai aussi un projet de BD de Science-Fiction se déroulant à St-Raymond qui devrait traîné longtemps avant que je m’y mette sérieusement… Dernièrement, j’ai exposé à L’usine 106-U (Gallerie d’Art Underground) et je compte renouveler l’expérience en novembre. Et finalement, vous pourrez continuer de voir mon évolution dans MensuHell, LE fanzine de BD québécoise. Disponible à chaque mois chez Fichtre, Débédé et Millenium.
 
Pour en savoir plus :
 
 
Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 22:22
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En Ontario, la version anglaise de Ruego est parue, ce qui lui fait un huitième album de BD. Comme la PLume japonaise, il s'agit d'un tirage limité et numéroté de 1 à 100. Son dernier roman, La quête de Chaaas, sera lancé cet automne. Son dernier album BD en français, "Séances de signatures", raconte avec beaucoup d'humour quelques rencontres d'une auteure de BD avec ses "fans" lors de dédicaces. Michèle Laframboise, écrivain et bédéiste a bien voulu se prêter au jeu de l'entrevue.
EL : Votre dernière BD “Séances de signatures” vient de sortir chez Fichtre (collection Tchiize). Est-ce que ça se passe toujours aussi mal lors des dédicaces ?
ML : Oui… Mais c’est tellement drôle ! La plupart des gags sont vraiment arrivés, ou très proches. Le système d’alarme déréglé du salon de l’Outaouais, plusieurs s’en souviennent encore ! On pensait que c’était un attentat…
Depuis que j’écris aussi des romans, mon public s’accroît. Les gags couvraient au début seulement mes séances comme auteure de BD, avec les tables rectangulaire (remarque pour les amateurs) , puis très vite, les salons du livre (avec les petites tables rondes) ont été le théâtre de gags inspirés de réels commentaires avec les fans.
 
EL : Comment s’est passé la collaboration avec le festival Fantasia pour « la plume japonaise » ?
ML. Ca faisait un an et demi que je travaillais sur la Plume Japonaise et j’achevais l’album. J’ai pris contact par internet, puis par téléphone avec directeur du Festival, qui a trouvé mon projet trippant. J’ai donc pu m’installer avec mes albums à l’entrée du cinéma et les amateurs ont répondu. 
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EL : Vous écrivez aussi des romans jeunesse de science-fiction (« les nuages de Phoenix » et « Les voyages du Jules Vernes » en 4 volumes, Médiapaul), quelles sont les différences entre écriture et BD ?
ML. L’écriture d’un roman est plus rapide que dessiner la même chose en album, avec tous les décors compliqués (règles de perspectives, grrrr !) et grandioses dans lesquels évoluent mes personnages. En gros, un dessin vaut mille mots, oui mai… il y a mille détails à dessiner!
Aussi, il faut penser que les roman demande 5 à 6 heures au lecteur, tandis que la BD elle, se parcourt en 30 minutes, peut-être quarante-cinq pour les plus verbeuses.
Dans un roman on peut passer plus de temps à décrire les états intérieurs du personnage plongé dans une situation ou une épreuve inattendue, dans une BD, il faut davantage montrer ces états à travers le langage du corps (et les dialogues, bulles de pensée).  
 
EL :  Est-ce qu’on verra un jour l’univers de l’alliance en bande dessinée ?
ML. Le jour où un éditeur va accepteur de publier les voyages du Jules-Verne en BD couleurs… J’ai déjà écrit les synopsis de 6 albums de format européen. Malheureusement, l’édition classique que je vise est pratiquement hors de portée d’un nouveau venu, même bourré de talents. J’ai eu des refus. Je reprendrai bientôt le cycle des soumissions. La combinaison de hasard, talent, contact, pistonnage a réussi pour certains mais je n’espère pas le même miracle, mon style étant très classique. Les éditeurs veulent du très personnel, du style «pété». Le problème, c’est que même si j’ai déjà fait du style pété, mon cœur reste avec les BD de mon enfance. 
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EL : Comment êtes vous arrivée à la bande dessinée ?
ML Par le plaisir de dessiner d’abord. Puis, j’ai voulu raconter des histoires à mon goût, et la palette d’albums à l’époque (surtout des histoires de gars avec des stéréotypes) ne laissait pas beaucoup de personnages auxquels je pouvais m’identifier. 
 
EL : Quelles sont vos influences ?
ML. Les Astérix, que mon père me lisait avant que je sache lire. Les Dani Futuro pour le style de Gimenez (que j’ai imité). Je garde précieusement : les Broussaille pour le ton poétique, les Thorgal pour l’aventure, les BD de Caroline Merola pour la poésie (La maison truquée). La série Aldebaran de Léo, Kookabura du dessinateur Crisse (une série SF caricaturale qu’il a laissée en plan). Les montagnes inaccessibles que je veux escalader : Hermann, J-C Fournier et Franquin pour le coup de crayon. 
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EL : Est-ce que votre formation d’ingénieur a une influence quelconque sur vos livres et bandes dessinées ?
ML. J’aime les sciences depuis toujours, même si après l’École polytechnique je n’ai pas pu travailler dans mon domaine. Je me sers de ma formation en dessin technique pour la conception pour mes décors, et j’ai moins peur des règles de perspectives que d’autres. Un événement qui m’a motivée à reprendre la BD, c’est le triste massacre du 6 décembre 1989 (j’étais à l’École ce jour-là) et ça a plus changé ma vie que le 11 septembre 2001, en faisant réaliser à quel point les acquis de notre civilisation sont fragiles. J’ai dessiné les aventures de cocasses de deux copines à Poly, qui est devenue la série Technologie Salvatrice !
 
EL : Il y a actuellement un beau foisonnement au niveau de la bande dessinée au Québec, qu’est-ce que vous en pensez ?
ML. Y est à peu près temps !
Ce que j’apprécie, c’est qu’on a cessé cet esprit de chapelle «Hors de l’underground, point de salut!» qui a longtemps été le motto de la BD québécoise. L’état d’esprit avait beaucoup nui à la diffusion de mon travail, jugé justement trop classique.
Je me suis déjà fait dire que je ne faisais pas de la «vraie» BD…. Cette année je fête mes 30 ans de BD (en partant de mon exposition au Festival de BD de l’université de Montréal en 1976) : après 7 albums et trois longues séries de BD, je suis toujours une auteure de la relève… Yé!
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EL : Pouvez vous nous décrire votre méthode de travail ?
ML. Du temps du Polyscope, je travaillais en une nuit pour faire ma page de BD. Ceci a bien changé, même si mes collaborations à MensuHell ont aussi parfois été réalisées « sur la go ». Donc : deux ou trois lignes pour le gag, quelques croquis, deux ou trois découpages, début de propre. Si le propre ne me plait pas, je recommence la page. Si,si ! 
 
Je suis devenue très rapide à partir du moment où Salvador Dallaire s’est fait mon scénariste pour Ruego. Au lieu d’agoniser looooonguement sur mes propres histoires (Pianissimo a pris beaucoup de temps), je fonce à partir de ses découpages. Ca m’a permis de me concentrer sur des trucs que j’aimais.
 
Ma méthode ne ressemble en rien à celle des professionnels, sauf que je m’en rapproche. Ces temps-ci, je fais plein d’études d’animaux, que j’avais rarement dessinés avant ,et vraiment cela m’aide beaucoup. Je dessine assez vite. 
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EL : Quels sont vos derniers «coups de cœurs» ?
ML. Iris, Dans mes rellignes, pour les histoires autobiographiques, même principe que Rabagliati.
Simon Nian, par Rodier et Corteggiani, parce que j’aimais bien la série Gil Jourdan de Tillieux, et par que le personnage principal est un avocat à lunettes avec un air vietnamien (Rodier m’a précisé que c’était un copain breton à Corteggiani qui a inspiré le personnage), un amour des jeux de mots, et que non, il ne résout pas toujours le problème à coups de poings, mais en raisonnant.
Je lis en ce moment Le moral des troupes, de Jimmy Beaulieu, tranquillement.
Ailleurs :
Castle Waiting de Linda Medley, génial !
Strangers in Paradise, par Terry Moore, la série en est à ses derniers numéros.
 
EL: Merci beaucoup d'avoir répondu à ces questions. 

Pour plus d'info, le site internet de Michele Laframboise



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Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Jeudi 5 juillet 2007 4 05 /07 /Juil /2007 15:56
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Avant la sortie du tome 5 de Moréa, j’ai contacté son dessinateur, Thierry Labrosse, afin qu’il nous en parle. Je partage avec vous aujourd’hui le temps qu’il a gentiment accepté de m’accorder.
 
EL : Est-ce que tu pourrais nous parler du prochain Moréa?
Thierry Labrosse : Je suis en train de terminer le tome 5, celui-ci se passe en Afrique. Pour ceux qui sont familier à la série, c’est toute l’équipe de la DWC qui se retrouve au Zimbabwe pour vivre un nouveau volet d’aventures. Aussi, en ce qui me concerne, c’est mon dernier bouquin concernant cette série. Après 6 ou 7 ans de participation à ce projet, je sens le besoin de faire autre chose.
 
EL : C’est la fin d’un cycle, est-ce que ça veut dire qu’il y en aura un autre ?
Thierry Labrosse : Ce tome 5 clos un premier cycle d'histoire, Arleston et Latil comptent poursuivre pour le cycle suivant avec un nouveau dessinateur. Je crois même qu’ils ont déjà trouvé quelqu’un qui semble très prometteur, tout est en place pour poursuivre la série.
 
EL : Est-ce que tu pourrais nous dire comment s’est enclenchée la collaboration avec Christophe Arleston, et comment ça se passe en pratique ?
Thierry Labrosse : Tout a commencé il y a un bon moment déjà. A l’époque je travaillais en publicité et je montais en parallèle ici à Montréal un projet bd, avec le scénariste Toufik Ehm. Nous avons monté ensemble un projet de série tournant autour d’un aviateur-aventurier au début du siècle dernier. Je crois que le projet fût montré à différents éditeurs par un ami de Toufik. De mon côté, j’ai envoyé un dossier du projet à Soleil. À l’époque, ce petit éditeur en devenir, n’était pas intéressé au dit projet, mais aimait beaucoup mon dessin. Il aurait donc donné mon dossier à Christophe Arleston, qui en 1992 commençait un peu à se faire connaître avec la série Lanfeust de Troy. Après un premier contact par téléphone, Christophe et moi nous nous sommes mis d’accord sur un projet de science fiction à saveur Blade runner. Quatre ans plus tard (fabriqué à temps perdu entre des contrats publicitaires), Bug hunters, voit le jour. Cette bd comme celles qui suivront se fera par fax et téléphone. Aujourd’hui, depuis l’internet, on scan puis on e-mail...
Dès sa sortie, ce bouquin, ne s’est pas très bien vendu, principalement à cause des couleurs, trop saturés pour la sensibilité européenne. Après un bilan de moins de 2000 copies vendu on a fait table rase et on a ajusté le tir. Toujours avec Arleston, on démarre une deuxième série s-f, avec encore comme personnage central, une héroïne. Et voilà comment Moréa a vu le jour. Notre façon de travailler n’a pas beaucoup changée depuis. Notre collaboration malgré la distance c’est toujours très bien passé, Christophe fait un bon boulot de découpage et de mise en scène sous forme de textes, après, comme un réalisateur je fais vivre la scène en images, j’ajuste s’il le faut ici et là, et je m’arrange pour que tout saute dans la gueule du lecteur, visuellement.
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EL : As tu le droit d’intervenir un peu sur le scénario ?
Thierry Labrosse : En fait, pas vraiment. Je ne touche pas au scénario. J’ai déjà essayé dans le passé et ce pour des scènes que je trouvais moins intéressantes, qui selon moi apportaient peu à l’histoire, mais de son côté, Arleston tenait beaucoup à les garder. Donc, le scénario est entièrement fait à sa manière. De mon côté, quand je dessine une planche, je l’envoie encrée, là, c’est moi qui décide.
 
EL : Quand vous avez démarré la série, comment vous pensiez que ça allait être perçu ?
Thierry Labrosse : L’idée, c’étais de faire une série qui avant tout, nous permettrait d’en vivre, déjà ça, c’est bien. Comme la plupart des auteurs, on espère que le public va aimer, si la série se vend bien, tant mieux. Derrière toute démarche d’édition, on espère un certain succès car nous vivons essentiellement des ventes. Si par hasard on vendait des tonnes de bouquins, et bien tant mieux, bien que ce ne soit pas le but à proprement parler, mais si jamais ça arrivait et bien on assumera. En gros, on espère toujours que la série va séduire le public, ça c’est clair.
 
EL : Dans ta bande dessinée, j’ai remarqué quelques clins d’œil, entre autres, une bouteille de Scotch qui s’appelle « Arleston ». Est-ce que tu as l’habitude d’en placer comme ça, de temps en temps ?
Thierry Labrosse : Pas vraiment, j’avais mis ça à l’époque dans le premier tome de la série, sans trop y songer en me demandant si les gens allaient s’en rendre compte. Aussi dans le tome 3, il y a un personnage que j’ai fait ressembler à Dominique Latil, le deuxième scénariste de la série. Ceux qui le connaissent l’ont peut-être remarqué. Avoir su (comme je prends souvent connaissance de l’histoire à coup de 4 pages), je ne suis pas sûr que j’aurais mis la tête de Dominique à un personnage au sort si tragique. Je ne pensais pas que la ressemblance était si grande, mais je me suis fait dire : « ah ouais ! c’est Dominique ». (rires)
 
EL : Ça prouve que le dessin est bon
Thierry Labrosse : Merci.
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EL : En terme de dessins qu’elles sont tes références ?
Thierry Labrosse : Depuis que je suis gamin, j’ai toujours aimé la bande dessinée, surtout celle qui est très bien dessinées, avec une préférence pour les dessinateurs qui dessinent de jolies filles. J'ai plusieurs auteurs qui m’ont marqué, influencé. Grosso modo, je mettrais Hergé pour mon enfance, Hermann à mon adolescence, Manara et Serpieri quand j'étais jeune adulte. Aujourd’hui, j’aime plein d’auteurs avec toujours une préférence pour ceux qui dessinent de jolies filles...
 
EL : En parlant de jolies filles, Sur ton site, il y a pas mal plus de filles que de gars qui sont dessinés. C’est un goût personnel pour le dessin de femme, ou c’est parce que la bande dessinée est plutôt un monde de gars ?
Thierry Labrosse : Non non, c’est vraiment personnel. La plupart des dessins qui se retrouvent sur mon site, je les ai fais par plaisir. Il y a très peu de commandes sur l’ensemble du site. Je ne cacherais pas que j’aime dessiner les filles, j’ai toujours aimé ça et je ne crois pas être très original, c’est le plus beau sujet qui soit donné à l’artiste de faire.
Quand j’ai commencé ma collaboration avec Arleston, dés le départ je lui ai fais savoir que je voulais faire une série avec une héroïne. Je me souviens qu’il m’avait demandé à l’époque, « qu’est-ce que tu as envie de faire ? » (C’est souvent ce qu’Arleston fait, il écrit en fonction des goûts de ses dessinateurs). Alors moi j’ai dit : « Ce que je veux, c’est un univers de science fiction, une héroïne comme personnage principal et beaucoup d’action, il faut que ça bouge, j’adore l’action, et surtout, ça prends des filles à chaque page. Démerdes-toi. » (rires). Donc on pourrait dire que pour garder mon intérêt, il faut de jolies filles, et de plus je ne vois pas comment je pourrais faire de la bande dessinée sans cet élément crucial. C’est ce genre de bande dessinée que je voulais faire quand je serais grand… EH ben voilà, je suis grand.
 
EL : Qu’est ce qui t’a amené à la bande dessinée ?
Thierry Labrosse : Déjà gamin, j’adorais le dessin, comme tous les enfants. À l’âge de 4 ans on m’a offert une collection de Tintin, je pense que je les ai littéralement dévorés. La bd m’as toujours fasciné, c’est une espèce de monde qui n’existe pas réellement mais dans lequel on peut entrer et très jeune, ça m’a marqué. Même que gamin à l’âge de 4 ans, je savais que c’était ça que je voulais faire dans la vie, j'ai eu cette chance de le savoir très tôt. Plus tard, j’ai découpé des strips dans les journaux, ados dans les années 70, mon père m’avait abonné à Pif gadget et au journal Tintin. Je dévorais chaque numéro, ensuite, j’imitais les dessinateurs que j’admirais, j’adorais ça et je collectionnais tout ce que je trouvais beau.
 
EL : Et pourquoi la science fiction ?
Thierry Labrosse : La science fiction, je me suis souvent posé la question. Ce n’est pas clair, mais je suis né dans les années 60, et c’était à l’époque ou on envoyait des hommes sur la lune, c’était le début de la conquête spatiale. Gamin, comme tous les jeunes garçons et filles de cette période là, on rêvait de devenir astronaute. J’ai aussi beaucoup été bombardé par la télévision. J’adorais les séries comme Batman, Ultraman, Des agents très spéciaux, Le capitaine Scarlet, des série qui avaient au cœur un thème de science fiction. Tout ceci a bercé mon imaginaire d'enfant. Aussi, j’ai toujours adoré les vieux films s-f-série-B des années 50 et 60. Je pense aussi à des films culte comme La planète des singes, c’est des choses qui marquent un gamin. Je crois que mon goût pour la science fiction vient de cette enfance.
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EL : Pour changer un peu de sujet, qu’est-ce que tu penses de la bande dessinée québécoise ?
Thierry Labrosse : Je trouve qu’en ce moment, il se passe plein de trucs intéressant en bande dessinée ici au Québec, ça bouge, c'est vivant et c’est en pleine effervescence. De plus, en ce moment, je crois que plein de jeunes auteurs québécois seraient sous contrats avec des maisons européennes. Je me demande s’ils ne sont pas actuellement une trentaine ou une quarantaine, sur des projets qui verront le jour dans les mois et les années à venir. En ce moment les jeunes qui arrivent sur le marché ont du métier et veulent faire de la bd, tous espère en vivre. Côté éditeurs québécois, bien que ça bouge là aussi, il va falloir qu'ils puissent offrir un jour à leurs auteurs une distribution réelle pour permettre à ceux-ci d'en vivre. Malheureusement, dans la plupart des cas les éditeurs québécois se contentent d'empocher des subventions sans se soucier de vente ou de distribution. Dans un contexte pareil, les éditeurs ne sont là que pour leurs propres besoins et les auteurs sont laissés pour compte. C'est pour ça que je recommande à tout jeune auteur de montrer en premier leurs projets aux éditeurs européens, pour l'instant seuls eux, peuvent offrir une distribution sérieuse permettant de pouvoir vivre de sont métier. Je ne suis pas tendre, mais j'estime que personne n'a de temps à perdre. Quand je pense qu'une personne qui s'investi dans un projet de création pendant des années soit servi de la sorte, ça me laisse perplexe.
Je sais que mon parcours à ceci de bien auprès des jeunes, c'est qu'il démontre qu'on peut en vivre, « si lui y arrive, pourquoi pas moi, pourquoi j’y arriverais pas ? ». Effectivement, en ce moment, on est plusieurs à gagner notre vie en bd, je ne sais pas exactement combien nous sommes, 5 ou 6 peut-être, mais on peut dire que ça bouge comme jamais en bande dessinée au Québec.
 
EL : Il y a beaucoup plus de dessinateur que de scénaristes signés en Europe. Penses tu qu’un jour, il y aura plus de scénaristes du Québec signés par des éditeurs européens ?
Thierry Labrosse : Se placer comme scénariste en bande dessinée, c'est pas évident. Avec un dessinateur, on le voit tout de suite, ça se tranche assez rapidement. Mais pour un scénariste, faut déjà qu’il se trouve un dessinateur, ou s'il est chanceux qu'un éditeur lui en propose un. C’est pas évident. D’un autre coté, je trouve que la bande dessinée en général, comme pour la télé et même le cinéma, il y'a un grand besoin de bon scénaristes. On se lassera jamais assez de bonnes histoires, il y aura toujours de la place pour un bon scénariste qui prends le temps d’écrire de bons scénarios. Quand je lis une bd, ou quand j’écoute un film, si l’histoire n’est pas bonne, je l’oublie. Et je suis tellement heureux quand une histoire viens me toucher, me surprendre, ou me séduire, je trouve ça tellement extraordinaire. Selon moi, l’humanité à besoin de bonnes histoires.
 
EL : En parlant de « on a toujours besoin », en ce moment, il y a énormément de sorties en bande dessinées. N’as tu pas peur que ça étouffe le marché ?
Thierry Labrosse : Tout à fait. C’est n'est pas la première fois que ça arrive, c’est déjà arrivé dans les années 80, sauf que maintenant les proportions sont plus grandes. Y’a eu je pense l’an dernier, 3000 titres parus, ça veut dire 10 bouquins par jours qui entre chez les libraires. Comment voulez-vous que le public ou que les libraires suivent, c'est trop. Il n'est pas rare qu'un libraire retourne un carton sans même l'avoir ouvert car, il n'as pas la place physique nécessaire pour présenter la nouveauté. Il va donc se rabattre sur des valeurs sûres dont il sait qu'il vendra. En ce moment les éditeurs abusent, pas tous, mais la situation n’est guère rassurante. Il y'a un mot en anglais pour ça : dumping, ils font du dumping. Cette pratique, n'est pas bonne pour le public et n'est pas bon pour les auteurs, forcément, il va y avoir une épuration naturelle. C’est des stratégies payantes sur le court terme seulement, pas sur le long, forcément il va y avoir des perdants. Mais bon, je ne suis pas un spécialiste de la finance, ni un devin.
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EL : Les inconvénients, c’est plus pour les auteurs, Si la série ne décolle pas tout de suite, elle s’arrête aussi.
Thierry Labrosse : Je pense que pour l'auteur, comme pour le public, c’est pas payant. Le public n'est pas con aussi, comme certains éditeurs plutôt que de laisser une chance à une série décide de l'interrompre pour pas perdre de l'argent, le public lui, préfère maintenant attendre qu'une série soit rendu à 3 voir 4 tomes avant d'investir dans celle-ci. Trop se sont fait avoir, ils sont plus prudent dans leur choix. Je trouve ça dommage pour les jeunes qui arrivent à se placer avec une série, puis, parce qu’elle n’a pas le succès escompté, se fasse balayer. Ça va peut-être prendre du temps avant qu’ils aient une seconde chance pour se faire éditer. Je trouve ça dommage, c’est pas très sain pour l'ensemble de l'industrie.
 
EL : Pour revenir à Moréa, quand on voit comment sont décrit les États-Unis dans la série, et ce qui se passe actuellement, avec les contrôles aux frontières, le mur qu’ils veulent construire à la frontière mexicaine, est-ce que tu penses que vous n’auriez pas un don de voyance ?
Thierry Labrosse : Je pense que oui, Arleston est quelqu’un de très informé, qui s’intéresse beaucoup à toutes sortes de choses, et effectivement, il a misé juste en jouant là-dessus dans son histoire. C'est clair qu'il aime ça, et clairement, plus ça va, plus c’est à propos. Dans son style d’écriture, il aime faire des gags, et puis là, je trouve qu’en se moquant de l’extrême-droite américaine, il ne pouvait pas se tromper. Mais il pourrait mieux vous répondre que moi à ce sujet-là.
 
EL : Est-ce que tu aurais éventuellement des conseils à donner à quelqu’un qui voudrait faire carrière dans la bande dessinée ?
Thierry Labrosse : Oui, certainement. J’encourage toujours ceux qui ont le courage et le culot d’entreprendre cette démarche. C’est comme n’importe quoi, se placer dans un métier, ça prends du temps. Et je dirais qu’en bande dessinée, c’est peut-être encore plus dur qu’ailleurs. Pour arriver à gagner sa vie en écrivant ou en dessinant, c’est pas évidant. Il faut vraiment y croire et faire ce qu’il faut, c’est-à-dire, apprendre à maîtriser l’art de son dessin ou l’art de son écriture ou les deux, un travail qui implique souvent des années de détermination et de pratique. Pour faire ce genre de sacrifice là, il faut aimer ce que l'on fait, il faut en manger, sinon, les journées seront longues. “Si t’aime pas dessiner, si t’aime pas écrire, c’est pas un métier pour toi !”. Il faut y croire et puis il faut travailler fort.
Avant d'avoir pu faire de la bande dessinée à temps plein, j’ai gagné ma vie comme illustrateur, j’ai appris à être un bon travailleur autonome et à répondre aux besoins de mes clients. C'est comme ça que je suis arrivé à payer mon loyer pendant des années. Donc, je pense que c’est vraiment le voyage d’une vie et on sait pas vraiment ou ça peux nous amener. Et si on compare, je ne crois pas que ça soit plus facile de devenir comédien, réalisateur, ou musicien, c’est des niches qui se méritent par le travail, la persévérance, le talent et la chance. 
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EL : C’est quoi une journée type de Thierry Labrosse ?
Thierry Labrosse : Oh la la, je ne suis pas un exemple (rires). Première chose, me lever et donner à manger aux chats. Ensuite, prendre le temps de me réveiller, deux bonnes heures sont souvent nécessaire. Ensuite, embrasser ma blonde, puis c'est le départ vers l'atelier. Présentement je partage un atelier avec mes camarades Régis Loisel, qui habite ici à Montréal, Jean-Louis Tripp et Yvon Roy, illustrateur qui fait le bond vers la bande dessinée. Donc, arrivée au bureau vers onze heure et là je commence à bosser pour ensuite terminer vers les 6 ou 7 heures du soir. Ça ressemble à ça, une journée type.
 
EL : Est-ce que tu pourrais nous parler de tes derniers coups de cœur, au niveau culturel, s’il y a quelque chose qui t’a vraiment marqué ces dernier temps ?
Thierry Labrosse : Dernièrement, Régis m’a prêté des séries télé en DVD, et j’ai découvert l'étonnante Six feet under et Deadwood, que j’ai dévoré et adoré. Quand je parlais tout à l’heure des trucs bien écrits, peu importe, que ce soit en dessin, en série télé, ou en roman, une bonne histoire bien racontée, c’est toujours extraordinaire. Donc, je pourrais dire que mes coups de cœurs, ces temps-ci, c’est des séries télé sous forme de DVD, bien faites, bien foutues, bien écrites. J’écoute ça avec ma blonde et on adore ça. Sinon, en bande dessinées, je dirais que je découvre Nicolas de Crecy que je trouve remarquable comme créateur. C’est vraiment intéressant les univers dans lesquels il nous emmène. Je regarde aussi ce que font les japonais, ils y'a plein de japonais que je trouve intéressants. Je pense à Terada, et Tanaka comme illustrateurs et des séries comme 20th century boys.
 
EL : Et pour terminer, y a t’il un point que tu aimerais ajouter et que je n’ai pas abordé ?
 
Merci beaucoup pour cette entrevue.

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Les illustrations de cette entrevues sont © Thierry Labrosse et Éditions Soleil pour certaines.
 
Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Mercredi 27 juin 2007 3 27 /06 /Juin /2007 16:59


Néciphore, Théophile, Dagobert, Philémond. Autant de Héros d'ici qui vous emmènent à la découverte du Québec et de ses régions. J'ai demandé a Jean-François Gaudet et Hugues Poirier, les auteurs et éditeurs de cette série, de nous parler d'eux, de leur cheminement, et bien sur, de leur Québec.
 
EL: D’où vous est venu l’idée de cette série?
JFG : Des vapeurs d’alcool! Plus concrètement, lors d’une soirée de retrouvailles ou Hugues revenait de deux ans en Asie, nous sirotions une ou quelques bières… en nous disant que les chinois avaient envahit un peu trop à notre goût, le marché du souvenir aux Iles-de-la-Madeleine. Un non-sens pour nous. Puis quelqu’un, quelque part, à lancé: «Heille! Es-tu game qu’on fasse une BD sur les Iles?». De fil en aiguille, nous avons produit Néciphore. Avec le succès immédiat qui dépassait nos attentes les plus folles, quelqu’un, quelque part, à renchéri « Heille, à moins qu’on fasse toutes les régions du Québec?»
 
EL: Dans cette série, vous faites appel à l’histoire, à la géographie, au tourisme… À qui sont destinées ces bandes dessinées ?
JFG : Nous avons toujours eu de la difficulté à catégoriser nos livres. Évidemment, nous essayons de rejoindre un vaste public-cible. Tintin ou Astérix pénètrent l’imaginaire des petits et des grands et nous tentons de réussir cet exploit avec nos personnages. Notre approche a un volet touristique important, mais le réel qu’on intègre dans nos histoires suscite la curiosité des résidents des régions que l’on visite. Brièvement, je dirais que nos livres s’adressent à des personnes de tous les âges qui désirent en apprendre un peu sur les particularités des régions du Québec avec comme leitmotiv, l’humour des deux auteurs.
 
EL: Vos héros semblent avoir un certain air de famille, pourquoi ce choix ?
JFG : Nous voulions que notre collection puisse bénéficier d’un fil conducteur mais il était pour nous hors de question d’utiliser un pêcheur des Iles pour parler du Saguenay-Lac-Saint-Jean. La logique nous dictait de changer de personnage, mais nous aimions vraiment les airs de Néciphore (premier personnage). Graphiquement, Hugues a eu la brillante idée de changer la couleur de la barbe pour chacun des personnages alors que l’habillement est en lien direct avec les métiers traditionnels qu’ils pratiquent. Pour le reste, disons que cet air de famille font d’eux des cousins.
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EL: Comment réalisez vous la recherche avant de réaliser les albums ?
JFG : Au départ, nous nous basons sur des livres historiques, un peu de recherche web et les guides touristiques. Ensuite, nous allons sur le terrain pour monter une banque de photos qui serviront d’inspiration pour les dessins. Lors de ces visites, nous en profitons pour accumuler de l’information directement sur le terrain. Anecdotes, menteries, légendes, faits marquants et autres palabres sont au menu… lire ici que nous fréquentons les tavernes de chacune des régions. Finalement, nous synthétisons le fruit de nos recherches en ajoutant une dose d’humour.
 
EL: Jusqu'à quel point collez vous aux réalités de la région sur laquelle vous écrivez?
JFG : Nous sommes toujours dans la poursuite de cet objectif. Le plus beau compliment que l’on puisse nous dire est: « Hein, vous ne venez pas de la région? » À chaque fois que quelqu’un trouve qu’on a bien caricaturé son environnement, qu’on a atteint un niveau de réalité, qu’on a mis le doigt sur un « inside », comme si ça venait de l’intérieur, nous nous disons « mission accomplie ». Faut pas oublier que la collection Le tour du Québec en BD, c’est l’interprétation de deux gars des Îles, c’est notre réalité à nous. Mais en même temps, nous sommes fascinés par leur réalité à eux, la réalité des régions.
 
EL: Quelle est votre méthode de travail en tant que scénariste et dessinateur ?
JFG : Nous travaillons beaucoup en collaboration ce qui veut dire que Hugues participe à la recherche des sujets et à l’élaboration des textes alors que moi je participe aux dessins en lui disant: «Heille tu dessines vraiment bien Hugues!» La production de nos BD est un travail de collaboration, nous vivons à 5 minutes à pied l’un de l’autre, mais parfois nous sommes deux mois sans nous voir. Vive le web!
EL: Pourriez vous nous parler de vos parcours respectifs ?
JFG : J’ai eu la chance de grandir aux Iles-de-la-Madeleine, un endroit unique et magnifique que je vous encourage à visiter ou revisiter. J’ai fait mon Cégep, sans math, à Saint-Augustin en banlieue de Québec. En 1993, avant l’Université, je me suis payé un voyage en Europe pour voir un peu de pays. Retour à Québec, à l’Université Laval, pour un faire un cumul en communication et administration. Ma passion pour la publicité m’a poussé jusqu’à Montréal où, à l’Université du même nom, j’y ai fait un certificat en pub. Ensuite, j’ai suivi un AEC en graphisme. En 2002, j’ai pris une brosse avec Hugues et nous voilà 4 ans plus tard avec 4 livres de fait dont un, sur la ville de Québec, qui fut traduit en anglais.
HP : J'ai aussi grandi aux Iles, fais mon Cégep en sciences à St-Augustin puis obtenu un Bacc en architecture à l'Université Laval. Cette dernière discipline m'a emmené dans plusieurs pays que ce soit pour des stages ou pour le travail. J'ai vécu en Europe, en Turquie puis en Asie du Sud-Est. J'ai participé notamment à un projet de coopération internationale en architecture, au Vietnam. Après une année de travail à Singapour, je suis rentré à Montréal ou j'ai aussi travaillé pendant un an comme assistant architecte. Un jour de fête, mon parcours prend une toute autre direction puisque 4 ans plus tard, je me retrouve à travailler sur une 6ième bande-dessinée à succès. L'architecture fait cependant toujours partie de ma vie car je réalise à chaque année quelques contrats personnels. Je suis également illustrateur/graphiste à la pige.
 
EL: Vous avez décidé de devenir Éditeurs pour cette série, pourquoi ?
JFG : Par obligation. Lors de mes recherches initiales, personne ne voulait nous publier. Nous avons donc du payer nous-même pour nos livres. Aujourd’hui, 25 000 livres de vendus plus tard, nous sommes reconnaissant envers tous ceux qui nous ont fermé la porte au départ car nous publier nous-même est la meilleure chose qui pouvait nous arriver.
EL: Quelles ont été les difficultés que vous avez rencontré pour monter ce projet ?
JFG : À toutes les fois que nous avons été confronté à une difficulté majeure, la situation s’est transformée en levier important pour notre entreprise. À titre d’exemple, au départ, puisque nous ne voulions pas couper dans la qualité (couverture rigide, 40 pages, couleur, etc.) les coûts d’impression représentaient un frein majeur au projet. Pour se sortir de ce problème financier, nous avons eu l’ idée d’inclure des publicités de certaines entreprises en bas de pages. Ces entreprises, soigneusement sélectionnées, ont été des points de vente indispensables qui nous ont permis d’avancer vers d’autres régions. Ainsi, grâce à des partenariats avec des entreprises établies, telles que CAA Voyage, Casino de Charlevoix ou des PME telles que la chocolaterie de l’Île d’Orléans ou la boutique de cerf-volant Au Gré du Vent, l’aventure du Tour du Québec en BD continue toujours sont chemin.
 
EL : Comment sélectionnez vous ces entreprises, et ont-elles un droit de regard sur le contenu?
JFG : À chaque album, nous nous faisons un devoir de s’autoproclame une carte blanche au niveau éditorial. Nous choisissons des entreprises que l’on trouve emballantes et typiques du milieu. Puis derrière ces entreprises il y a avant tout des gens. Depuis le début, nous avons rencontré des personnes extraordinaires, ouvertes, amusantes, dynamiques, créatives. La sélection se fait aussi en fonction de l’apport supplémentaire d’informations. Par exemple, si nous faisons une petite histoire sur le Festival de St-Tite, c’est un honneur pour nous de leur permettre d’afficher leur site web et leurs coordonnées dans nos pages.
En fait toute la population à un droit de regard sur le contenu. Les entreprises, les parents et amis, les acheteurs, même nos détracteurs. Cela veut pas dire qu’on prend tout ce qui passe non plus. Tout le monde peut apporter des idées et nous en tenons compte, surtout et seulement, si elles sont meilleures que les nôtres. L’inspiration pour nos livres, on la prend à différents endroits, nous sommes un peu comme des voleurs. En même temps, nous nous faisons un devoir de bien servir les entreprises qui embarquent dans l’aventure. D’ailleurs, j’encourage personnellement les lecteurs à les fréquenter.
 
EL: Le milieu de la Bande dessinée est souvent conservateur vis-à-vis de ses relations avec la publicité, cela ne vous inquiète pas?
JFG : Au début, j’ai eu la chienne. Je viens du milieu de la pub, un milieu très paradoxal. Pour moi, la publicité c’est un mélange de « tout » et de « rien ». Ce ne fut pas tellement une question de choix, de toute façon. Pour ce qui est de s’inquiéter des perceptions du milieu par contre, là, jamais. Nous nous sommes foutu de ce que pensaient les autres. Nous avons été hors normes depuis le début. Lors du premier album, quand j’ai vu les pages montées, personnellement, les publicités ne m’ont pas agacé. Ce qui m’a frappé et qui me frappe encore c’est la réaction des gens. Une grande majorité de personnes m’ont dit « Quelle bonne idée d’insérer les publicités des commerces! », comme si c’était un plus à l’album. Je me balance de l’opinion du milieu et des puristes, moi je veux faire des albums et je veux que les gens les achètent et les aiment.
 
EL: Pourriez vous nous parler de vos projets ?
HP : Nous avons l'intention de terminer Le Tour du Québec en BD. Puisque maintenant la demande est de plus en plus forte de la part des autres régions, nous songeons à accélérer notre production, en engageant des collaborateurs au niveau graphique. Notre concept a fait ses preuves et est apprécié d'un vaste public. Ceci nous permet de croire, suite à une restructuration adéquate, à une expansion probable de notre entreprise au-delà de ses frontières actuelles. Nos produits peuvent tout aussi bien changer d'échelle comme par exemple, traiter d'un sujet plus pointu tel une ville ou un organisme, ou de façon plus large d'une province ou de pays…Nous espérons aussi, un jour prochain, voir chaque région du Québec adaptée pour la télé sous forme de dessins animés.
 
EL: Envisageriez vous de proposer a certaines entreprises de réaliser des Bandes dessinées publicitaires, comme cela se fait parfois en Europe, entre autres avec des compagnies pharmaceutiques?
JFG : Notre objectif premier est de terminer la collection. Par contre, nous ne voyons pas d’inconvénient à bifurquer à gauche et à droite d’ici là. Dans notre cas, nous avons le luxe d’avoir de beaux problèmes et des idées plein la tête. Pour le reste, dans notre cas, l’avenir demeure toujours synonyme d’inconnu. Il y a un proverbe ou une maxime qui dit quelque chose comme : « l’Homme fait des plans et Dieu en rit » mais moi, en tout cas, il ne doit pas me trouver ben ben drôle.
 
EL: Quels sont vos coups de cœurs, tous domaines confondus ?
JFG : Dans le domaine du rire Les Simpsons, la chanson Van Morrison, la peinture Claude Le Sauteur, le livre Frédéric Beigbeder, le cinéma Le Parrain, la bouffe Le Bouilli à la Viande Salée de maman, et mon gros coup coeur voyage c’est : tous les voyages, de Saint-Félicien à Dublin, de la Malbaie au Caraïbes en passant par la Baie James.
En fait, mon but c’est de découvrir et faire découvrir la planète. Un voyage de quatre heures ou de 4 mois, pas d’importance, y’a toujours quelque chose d’enrichissant à l’expédition. Mes coups de cœur en fait, je les retrouve toujours au bout d’une route.
HP : Ma job! Elle me permet de découvrir les beautés insoupçonnées du Québec; elle me permet de mettre des sourires sur les visages de tellement de gens, petits et grands, de découvrir leur gentillesse et partager leur fierté; elle me mène sur d’innombrables rencontres qui me font réaliser combien on est un peuple grand et beau; elle me permet de réaliser que voyager chez-nous est tout aussi enrichissant que de parcourir le monde.
 
EL : Merci à tous les deux pour cette entrevue, et nous souhaitons que le Vent qui vente garde longtemps le vent dans les voiles.
JFG-HP : Merci à vous, Qui sème le vent, récolte.
 
 
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Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Mercredi 20 juin 2007 3 20 /06 /Juin /2007 21:53
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Paul Bordeleau est illustrateur et bedeiste. Il nous à présenté la série BD « les Troglodytes » en prépublication sur Bedeka.org. Nous l’avons donc approché pour en savoir un peu plus sur cet univers foisonnant et intriguant.
 
E.L. : Pourrais tu nous parler de ton parcours, et de ce qui t’a amené à la bande dessinée ?
Paul Bordeleau : Ça fait narcissique de parler de soi, mais bon go, c’est pour la bonne cause ! Comme bien des dessineux(se) , tout petit je dessinais des Astérix, des schtroumpfs etc…. Mais creusons un peu…. 1974 : Un jour, mon copain me montre une BD réalisée par son grand frère… Une BD maison racontant les aventures d’un Renard dans son vaisseau de l’espace ( L’ancêtre de Sarfox !). Ce fut une révélation ! On pouvait nous même créer nos propres BD….
Après ce jour, je réalisais donc des BD pour mes amis et avais ma propre maison d’édition à 7-8 ans…. Mon lectorat ne contenait que mes amis Thomas et Denis ! Complètement fou d’y repenser…Je me souviens qu’au tout début mes BD étaient très "Homme de six millions contre Jaws… Paulorack contre la pieuvre géante". Je leur montrais la seule copie disponible et après lecture on jouait à ce que ma BD racontait !
J’avais plusieurs séries en même temps et dessinais le tout sur de petites fiches lignées puis brochées.
Mon trip a continué très longtemps comme ça jusqu'au secondaire (ou je rencontre Djief et Leif R Tande) avec le magazines Ti-Polo. Je vendais aussi un autre mag dans une autre école avec l’aide de mon copain qui lui était rendu mon scénariste attitré ! Puis plus tard , en écoutant une émission de Bernard Pivot, je découvre Moebius ! Révélation d'ado... Moebius avec qui j'aurais un petit entretien privée bien plus tard ( me faisant passer pour un journaliste du Voir au Festival de la Bd à Québec, héhé j'ai pu lui parler seul à seul et découvrir que même lui en arrachait avec ses projets qui avortaient de temps à autre !). En gros la BD influença mes travaux de cégep et d'université ( litho, peinture, sculpture) de retour de MTL j'ai découvert la SCABD ou je me suis fais de nouveaux copains tel que Benoit Joly, Denis Goulet, Hélène Brosseau, Christian Daigle, Rose Beef, auto-publié un album (Rituel-1988) que j’aimerais bien ré-éditer un jour, fait quelques fanzines (Pizzaman, Stie !) et autres collaborations pour des collectifs ( ARG !, D.J.A.B.E., Les vidangeurs d’images, Bambou, Zeppelin, Rêves, Mac tin tac, Eau moirée) avec quelque fois des scénarios de Marie, ma conjointe, participé au Symposium de BD de Québec et une ou deux expos à des salons BD- Montréal. Puis quand ma carrière en illustration pris tout mon temps, la BD se résuma plus tard à des commandes pour Safarir et quelques Ministères... (j’oubliais : un projet nommé La Forêt sur ma table à dessin depuis 2001 que je vais reprendre avant mes 80 ans ! ! !) Enfin, Pishier et son fanzine Bidon ainsi que les productions de chez Mécanique ( participation à Plan Cartésien)et ma petite participation au collectif Québecois dans le Spirou m'ont redonné le goût de raconter mes propres histoires. J'y retourne donc tout doucement et surtout pour me faire plaisir, que ça ! Je ne prends surtout pas au sérieux. Et comble du hasard, mon fils Raphaël (9ans) vient de débuter (sans le dire à papa) une BD qu’il veut vendre en face de la maison pour ses copains et voisins !
Je me suis livré un peu trop là, platte non ? Tu couperas au montage !
(nb : commentaire de l’interviewer : c’est bien trop sympathique pour couper !!!)
 
E.L. : Le digne fils de son papa ? Est-ce que tu lui a fait découvrir la BD ?
Paul Bordeleau :Évidemment, il pige dans ma collection et ne se fait pas prier ! En ce moment, on relie les premiers Astérix et ce en prenant les voix de chaque personnage…Il aime bien ce que fait Blain et il voulait même le rencontrer à tout prix quand il a fait un saut à Québec…
 
E.L. : Les troglodytes, prépubliés sur Bedeka.org, c’est quoi, comment sont ils nés, et ou vont ils ?
Paul Bordeleau : Troglodyte arrive sur ma table à dessin après quelques projets du côté de Safarir avec des séries tel que Docteur Smog ( scénario et idée André-Philippe Côté), Tv-Diner (scénar+dessin), Spoutnik (scénar+dessin) et Les Zanimals (scénar+dessin). Je me cherchais une histoire qui me ressemblait et que je pourrais produire en chapitres ( 22 pages) à travers mes contrats d'illustration. Pour ce qui est de où tout ça s’en va, et bien j'aimerais publier le tout en français format 154 pages et aussi en anglais format comic book. J'admire beaucoup des types comme Dave Sim (Cerebus) et Jeff Smith ( Bone) qui se publient eux-mêmes.. Le truc que je faisais étant enfant quoi ! On n'y échappe pas ! Je prévois plusieurs chapitres (7 chapitres minimum) à ce petit personnage des profondeurs et (sans jeu de mot!) le récit gagnera en profondeur plus Troglo découvrira sa vrai nature. Raconter des histoires, qu’est-ce qu'il y a des plus génial, à part la famille et les vers de terre bien sur ?
Mon plan futur pour les troglos serait aussi de faire plusieurs sous-histoires de 22 planches dessinées par d'autres...Une petite saga sous-marine... Et il y a les toutous, figurines, tasses, cravates et chemises de nuit évidemment en production made in china !
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E.L. :
Si je comprends bien, les troglodytes, c’est un univers en formation ?
Paul Bordeleau : Un petit Nunivers oui ! Jusqu’ou ça ira, je ne sais, mais pour l’instant je m ‘amuse ferme !
 
E.L. : Quand tu dis dessinés par d’autres, est-ce que ça veux dire que tu garde la scénarisation, ou es tu prêt aussi à lâcher ta série dans la nature ?
Paul Bordeleau : Non, je garderais les rênes de la scénarisation pour rester dans le ton et
aussi, j’ai une petite idée ou je veux l’amener.. Mais là, on n’est qu’au tout début, on s’en reparlera dans 2-3 ans !
 
E.L. : A quand une série sur les vers de terre ?
Paul Bordeleau :Hééhéhé…Je préfère le fond de mon lac ! Les vers de terre je les garde pour la pêche et pour aérer mon potager !
 
E.L. : Tu as choisi des phylactères sur fond noir, pourquoi ?
Paul Bordeleau : Au départ il y avait plus que les phylactères, je voulais aussi inventer un langage propre aux Troglos...Pour le noir et bien certain accrochent là-dessus mais je veux le garder, je trouve que ça sied bien à la série....J’aime bien expérimenter.
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E.L. : D’où te viennent tes idées ?
Paul Bordeleau : Un peu de partout, mes lectures,mes excursions à la pêche et en forêt, des films de Miyazaki (entre-autres) et surtout de mes cahiers de croquis et aussi de mon fils et ma fille !
 
E.L. : Tes enfants sont ils tes premiers lecteurs, ou tes premiers critiques ?
Paul Bordeleau : Ils ne sont pas très critiques, ma conjointe, elle, est ma première lectrice !
 
E.L. : Pourrais tu nous parler un peu de ta méthode de travail ?
Paul Bordeleau : Dans le lit: les découpages et dialogues dans mon cahier.
Sur la table à dessin: Les esquisses et les encrages
sur l'ordi : tout le reste !
 
E.L. : Qu’est-ce qui te donne le plus de plaisir, écrire l’histoire, ou la dessiner, et pourquoi ?
Paul Bordeleau : Les deux…mais en ce moment j’aime bien bosser sur mes scénarios et découpage.
 
E.L. : Tu es illustrateur et tu fais de la BD, qu’es tu d’abord, un illustrateur, ou un bédéiste ?
Paul Bordeleau : Les deux ! On peut jouer du drum et de la guitare à la fois ! L'illustration est une passion née de la BD et inversement....
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E.L. : Il y a pas mal d’illustrateurs qui font de la BD, comment les clients prennent ils ça quand ils s’en aperçoivent ?
Paul Bordeleau : Ils nous jettent des objets contondants, nous griffent nos autos et racontent à tous ceux qui veulent l’entendre que nous ne sommes que des ados attardés ! Pour vrai je crois que la BD n’est plus vue comme un art mineur par les D.A.(directeur artistique) depuis longtemps, mais on peut se faire étiqueter facilement malheureusement, et le téléphone ne sonne plus si il pense que l’on en vit…J’ai eu cette expérience avec la caricature-éditorial
du temps où j’étais au Voir-Qc, les clients pensaient que j’en vivais, mais ce n’était qu’un contrat comme un autre, fais de chez moi, qui payais à peine mon hypothèque ! À chaque fois je devais leur dire que j’étais aussi illustrateur, pas seulement caricaturiste pour le Voir !
 
E.L. : Qu’est-ce que tu as trouvé de plus difficile en faisant ta BD ?
Paul Bordeleau : Rien! J’adore tous les aspects de la création !
 
E.L. : Qui sont tes références en BD ?
Paul Bordeleau : Il y en a tant: Chaland, Brown, Mckeever, Sfar, Sim, Jeff Smith , McCay, Mckeever, Trondheim, Herriman, Moebius, Larcenet, Balin, Mattotti entre-autres !
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E.L. : Pourquoi ceux là ?
Paul Bordeleau : Pour leur univers propre peut-être et leur sens du rythme ! la BD est aussi comme la musique il y faut du beat…
 
E.L. : As tu d’autres projets dont tu pourrais nous parler ?
Paul Bordeleau : Je travaille surtout sur Troglodytes, je m'amuse trop, Il y a le projet Gaspésie qui sera un road-BD fantastico-perso pour Mécanique générale et aussi, Casterman m'a approché pour adapter en BD un roman jeunesse américain, mais tant qu'il n'y a rien de signé, il n’y a rien ! Un projet nommé La Forêt qui dort sur ma table à dessin depuis 2001 que je vais reprendre avant mes 80 ans !   J'ai du pain sur la planche, car être Bédéiste, ce que je ne suis pas encore selon moi, est un vrai métier pas un passe-temps…et je ne crois pas en devenir un vrai de vrai tout de suite…je suis en période de rodage….Je veux garder ma vision de la BD comme quand j’étais petit : ludique, pas trop de barème lourd…
(Commentaire de l’interviewer : Cette entrevue datant de l’époque de la prépublication de « Troglodytes », je me suis permis de contacter Paul Bordeleau pour avoir des nouvelles récentes. Paul est actuellement à l’ouvrage sur un projet dont le premier tome est à paraître en 2008 chez Mécanique Générale, dont vous trouverez quelques échantillons comme illustrations. Ce projet vous racontera les aventure d’un petit faune, en 75 pages. La seconde partie des aventures de Troglo devrait nous être livrée vers l’automne 2007. Également en chantier, un album avec Pascal Girard au scénario (Scoop, quelques images ici aussi) dont le titre provisoire est « Simon ». L’interaction entre Pascal Girard et Paul Bordeleau semble être très appréciée par Paul, si j’en crois les commentaires. Enfin, un petit projet de 8 courtes histoires, « un peu étranges » ayant un lien entre elles ou avec un cellulaire. Pour en savoir plus, il nous faudra patienter. Bref, bien des choses qui vont nous arriver prochainement.)
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E.L. : Peu d’auteurs arrivent à vivre de la BD au Québec, comment faire pour que ça change ?
Paul Bordeleau : Voler quelques banques et faire un «pot» de tout ça qu’on redonnerait à ceux-celles qui font toujours de la BD bénévolement? Mais regarde les romanciers, je serais curieux de connaître ceux qui en vivent réellement au Québec sans faire de petits boulots ou qui sont profs, serveurs pour boucler leur fin de mois. Pour les bédéiste, grâce au monde du jeux, du graphisme etc… ils peuvent au moins dessiner toute le journée et le soir faire leur projet perso. Mais le vent change ( grâce au web en autre) en ce moment au Québec, une petite ré-évolution se sent dans le domaine et si qualité il y a, il y aura toujours des gens pour la remarquer ! J'te dis, si j’avais l’argent, je partirais une revue de qualité qui paierait ses auteurs décemment ! Il faudrait que les maisons d'édition s’arrangent comme en Europe pour payer leurs auteurs avec des avances sur recette. Ça deviendrait donc un métier comme un autre et on passerait enfin à un autre niveau, les auteurs prendraient des vacances comme tout le monde et auraient plus de 5 albums à 30 ans !
 
 E.L. : Quels sont tes derniers " coups de cœur " ?
Paul Bordeleau : En BD :Les productions made in Québec telles que le Tokyo Ghost de Djief, Les Druides de Lamontagne, Les nombrils, ce que font Pastèque, Les Tande, Beaulieu, PhlppGrrd, Pascal, Joly entre-autres de Mécanique Générale. Ce que post Dub sur le forum. J’aime bien Zed de Michel gagné aussi !
Mais je me gave surout de bouquins comme en ce moment: LE PÈRE DE NOS PÈRES de Bernard Werber, un roman sur les origines de l'humanité, j'aime beaucoup des auteurs comme Tonino, Benacquista, Beigbeder qui ont le dialogue bien tranchant...
 
E.L. : Voudrais tu ajouter quelque chose ?
Paul Bordeleau : Oui, il manque de fille en BD ! Trop encore un trip de gars mais ça s’en vient…grâce au manga entre autres et à certain programmes collégial et universitaire. Aussi un merci spécial à Bédéka et Pierre-André pour son soutien .
 
Merci beaucoup Paul pour cette entrevue. Nous souhaitons un bon accroissement de ton univers sous marin, et la concrétisation de tes projets.
 
Le Blog de Paul Bordeleau : http://bloglodyte.bedeka.org/
Et son site internet : http://www.bordeleau.qc.ca/
 
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Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Mercredi 13 juin 2007 3 13 /06 /Juin /2007 14:37
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L’Imaginaire, à Québec (place Laurier, troisième étage), est un magasin comportant un section librairie spécialisée dans la bande dessinée. Les personnes qui y travaillent font un remarquable travail de suivi des collections pour être toujours en phase avec ce qui sort. Afin d’avoir le point de vue de l’autre coté de la BD, celui du vendeur, j’ai demandé à Patrick, qui y travaille, de nous parler du marché de la BD, et de la place de la BD québécoise sur ce marché.
 
E.L. : Vous vous occupez de la section BD de la boutique l’Imaginaire à Québec. Pourriez vous nous dire en quoi consiste votre travail ?
Patrick : Je suis responsable des achats, des nouveautés BD et des produits dérivés. Je gère l’inventaire en magasin : Q’est-ce qu’on rentre, qu’est-ce qu’on garde et qu’est-ce qu’on ne tient plus.
 
E.L. : Quels sont les différences entre les marchés français et québécois de la bande dessinée ?
Patrick : La première différence se situe en terme de chiffres de vente. La France ayant une plus grosse population, les ventes sont beaucoup plus impressionnantes là-bas.
La deuxième différence se situe au niveau culturel. La BD fait plus partie des mœurs en France qu’ici. Donc, les titres moins jeunesse i.e. Largo Winch, XIII, Thorgal et compagnie, vont vendront plus et seront plus connus là-bas qu’auprès des gens d’ici. Le marché Québécois se limite pas mal aux BD jeunesse, mis à part quelques exceptions comme Bilal ou Loisel qui peuvent rejoindre un plus grand public qui lit plus ou moins de la BD. 
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E.L. : Pensez vous qu’il y aurait un moyen d’attirer le grand public vers la bande dessinée ?
Patrick : Il suffit de la promouvoir efficacement. Aussi, si un auteur québécois pouvait créer un titre ayant un impact majeur ici comme à l’étranger, ça aiderait grandement la cause de la bd. C’est ce qu’il manque ici : Un Spider-Man ou un Astérix !
 
E.L. : Comment faites vous les choix des bandes dessinées que vous mettez en évidence ?
Patrick : Évidemment, on mise sur les grandes séries et les auteurs plus connus.
 
E.L. : Comment arrivez vous à gérer vos commandes ?
Patrick : Étant dans une boutique plus spécialisée, la philosophie est de faire rentrer au moins un exemplaire de chaque nouveauté. Évidemment, l’inventaire de fond va s’en tenir à ce qui se vend le plus, avec au travers des incontournables qui vendent peut-être moins mais que toute librairie BD doit avoir. Présentement, on assiste quand même à un marché qui commence à être saturé par l’offre. Il y a trop de parutions et ça décourage pas mal les fans de bd qui n’arrivent plus à suivre. Paradoxalement, ceci contribue aussi à la découverte de petits trésors qui n’auraient peut-être pas vus le jour si le marché n’était pas en pleine expansion.
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Voro en dédicace à l'imaginaire, en haut, accompagné de Patrick, mon interlocuteur pour cette entrevue.
E.L. : Est-ce difficile de prendre des risques pour un libraire, par exemple en voulant mettre en valeur un « coup de cœur » ?
Patrick : Au contraire, les clients l’apprécient et il faut pousser ce que l’on aime et qui nous passionne. C’est la seule façon pour bien des titres de se démarquer.
 
E.L. : Quel est le marché pour la Bande dessinée québécoise ?
Patrick : Quasi inexistant. Peu de Québécois connaissent leurs auteurs et séries. La perception change tranquillement, mais les médias doivent faire un meilleur travail d’éducation. Ils doivent en parler plus.
 
E.L. : Ne pensez vous pas que vous pourriez avoir un rôle à jouer en mettant les auteurs ou les éditeurs Québécois en évidence ?
Patrick : Ça fonctionne plus ou moins. Si on parle strictement sur le rapport coût/esthétique, l’industrie québécoise ne peut rivaliser avec ces monstres européens. La bd coûte excessivement chère à produire ici et le potentiel de vente à l’étranger est très minime. Pour la bd jeunesse, si un parent a le choix entre un Kid Paddle et une bd jeunesse québécoise, c’est certain qu’il va y aller pour le Kid Paddle. Au prix que les bd coûtent, les gens prennent rarement des chances. Donc, on achète ce qu’on connaît. Je pense que la mise en valeur de la bd passe en premier lieu par l’école (montrer qu’il se fait de la bonne bd ici et pas juste des séries jeunesses aussi!). Ça serait fantastique que les Cégépiens étudient la série de « Paul » dans un cours de français ! Ensuite, les médias ! Au risque de me répéter, les médias ont tellement un grand impact. Il suffit de regarder Tout le monde en parle : dès qu’un auteur de livre passe à l’émission, son bouquin se retrouve dans le top ten de Renaud-Bray la semaine suivante !
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Thierry Labrosse en dédicace à L'Imaginaire
 
E.L. : Qu’est ce que vous pensez vous même de ce qui paraît au Québec actuellement ?
Patrick : On se dirige tranquillement vers un âge d ‘or de la bd au Québec. En ce qui à trait à la bd d’auteur, il se fait peu à peu des livres intéressants et qui rivalisent avec les européens, comme dans les cas de Jimmy Beaulieu, Leif Tande ou Michel Rabagliati. Pour la bd commerciale, c’est un autre problème. Tant que les coûts de production seront trop élevés, on ne pourra pas rivaliser avec les maisons d’éditions Européennes. On ne pourra pas occuper ce créneau. Par contre, l’ouverture qu’eux montrent envers les auteurs d’ici, est très encourageante pour ceux qui souhaitent faire ce genre de bd. Maintenant, il existe des avenues pour ces auteurs qu’il n’y avait pas auparavant.
 
E.L. : Le développement de la BD au Québec semble s’accélérer, avec le travail des éditeurs comme « La Pastèque », « Mécanique Générale », et maintenant « Fichtre » qui se lance dans l’édition. Comment vous percevez ça du coté vente ?
Patrick : C’est comme une roue qui tourne, plus il y a de la bd québécoise, plus tu la fait voir et par conséquent, intéresse les gens à en acheter. Je crois que la bd d’auteur québécoise est entre bonnes mains. C’est éditeurs font des livres fantastiques avec le peu de moyen qu’ils ont. Ce n’est que positif !
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E.L. : De plus en plus d’auteurs Québécois sont publiés et reconnus en Europe, François Miville-Deschesnes, Marc Delafontaine et Maryse Dubuc, Jacques Lamontagne, Guy Delisle, Voro, pensez vous que ça va finir amener le public Québécois vers les auteurs Québécois ?
Patrick : Oui. Pour ce type de bd. Est-ce que ces personnes vont s’intéresser à la bd de Mécanique Générale, j’en doute fortement ! Quand on dit aux gens que, Les nombrils, Millénaire ou Les druides sont dessinés par des Québécois, ils sont très surpris et je dirais que c’est même un incitatif de vente ! Mais, ça se limite à la bd commerciale. Accrocher les gens aux ouvrages de Jimmy Beaulieu ou de Leif Tande, n’est pas une tâche facile. Et ça, c’est le même phénomène du côté des auteurs européens. Je vends beaucoup plus les albums de Trondheim ou de Sfar chez Delcourt et Dargaud que leurs bd chez L’Association. Pourtant, c’est les mêmes auteurs ! Les gens se méfient de ces livres bizarres : souple, petit format, noir et blanc !
 
E.L. : Comment gérez vous la prolifération actuelle de titres ?
Patrick : Difficilement. Les commandes deviennent plus grosses, et la visibilité des titres diminue. On doit faire une rotation beaucoup plus vite. Une BD va rester dans nos rayons nouveautés 4 à 6 semaines max. Ce n’est pas longtemps.
 
E.L. : Y a t’il des éditeurs dont vous n’arrivez pas à avoir les ouvrages ?
Patrick : Les plus petits et indépendants. Tout est question d’argent pour les distributeurs.
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Djief en dédicace à L'Imaginaire
 
E.L. : Vous avez une section de vente par correspondance sur votre site internet. Est-ce que vos clients utilisent beaucoup ce moyen ?
Patrick : Pour la bd, le site internet sert plus à titre informatif. Les clients vont voir les nouveaux arrivages, ce que l’on tient en main, les sorties à venir, les activités… Par contre, on vend des tirages de têtes ou des éditions plus spéciales qu’on ne retrouve pas nécessairement partout. De plus, l’internet permet de rejoindre une clientèle étrangère : que ce soient des Québécois qui demeurent ailleurs et qui commande leur bd ici ou des Européens qui recherchent des produits qu’ils ne retrouvent plus chez eux, internet favorise tout ça !
 
E.L. : Vous faites de temps en temps des séances de dédicaces, est-ce que c’est difficile à organiser, et est-ce que ça vous amène des clients supplémentaires ?
Patrick : Au contraire, c’est très agréable à organiser. C’est une belle vitrine pour la boutique. On aimerait bien pouvoir faire venir plus d’auteurs européens, mais il faudrait l’apport des Éditeurs et des distributeurs et que Montréal et Québec travaillent ensemble au lieu de tirer chacun de leur bord. Tout le monde serait gagnant !
 
E.L. : Mixer des séances de dédicaces d’auteurs Européens et Québécois, comme avec Christophe Blain, à la galerie Rouje, puisse permettre par ricochet de faire connaître les auteurs Québécois ?
Patrick : Tout à fait. De plus, c’est tripant pour eux de dire qu’ils ont dédicacés aux côtés d’auteurs que souvent ils apprécient.
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Jacques Lamontagne en dédicace à L'Imaginaire
 
E.L. : Quels sont les conseils ou les questions que vos clients vous posent le plus souvent ?
Patrick : Souvent les nouvelles sorties de leurs BD préférées. Je crois que la plupart des gens qui entrent dans la boutique pour la première fois sont plus étonnés par la quantité de BD qui existent et qu’il y a autre chose que Tintin et Astérix !
 
E.L. : Quels sont vos « coups de cœurs » ?
Patrick : Mes séries coups de cœurs sont :
De Cape et de Crocs
Donjon
Blacksad
Lincoln
Le scorpion
Peter Pan
Isaac le pirate
Le chant des stryges
Lanfeust de Troy
Lapinot
Professeur Bell
L’enfant de l’orage
Saga-Nah
 
E.L. : Y-a t’il une question que je n’ai pas abordé et dont vous aimeriez parler ?
Patrick : Non, ça va. Merci beaucoup !
 
Patrick, merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous éclairer sur le marché de la bande dessinée au Québec. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de la boutique l’Imaginaire : http://www.imaginaire.com/indexv2.jsp

Les images de cette entrevue sont propriété exclusive de L'Imaginaire. 

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Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Mercredi 6 juin 2007 3 06 /06 /Juin /2007 16:24

Mertownville tome 3 est maintenant sur les tablettes. Avant sa sortie, j’ai osé interrompre son auteur, Michel Falardeau, pour lui demander de nous en parler, et aborder avec lui ses goûts, sa méthode de travail, et bien sur ses projets. C’est avec beaucoup d’humour qu’il a gentiment accepté de se prêter à cette entrevue. Comme cette entrevue date de l’automne dernier, certaines informations ne sont peut être plus à jour.

  

 

E.L. : Tu as reçu un prix à Amiens, en France. Pourrais tu nous donner quelques détails a la fois sur le prix et aussi sur ce que tu en retiens?

M.F. : Le festival de BD d'Amiens fait chaque année un sélection de se qu'ils considèrent être les meilleurs premiers Albums.

Cette année, il y en avait 14 dont mon premier album "Lydia". 

Les juges sont 350 lycéens de 17-18 ans, d'une quinzaine d'école de Haute-Picardie. 

C'est en fait une activité qui se déroule sur quelques mois avec les étudiants; un mois avant le festival ils choisissent leur meilleur album et l'auteur gagnant se voit invité au festival ! 

Ce que j'en retire ? Ben, un prix qui vient du public, c'est toujours un beau prix ! ;-) Et c'est motivant de voir que ma bd, même si elle ne rentre pas dans les grandes coutumes franco-belge, est quand même appréciée là-bas !

 E.L. : Quelle est la réception de Mertownville en Europe? 

 

M.F. : C'est semblable à ici; les critiques sont très bonnes, mais je crois que les gens sont plus surpris en Europe. 

On me parle beaucoup du visuel qui est, selon le lecteur: étrange, manga, "comic book"... enfin plein de qualificatifs qui se contredisent entre eux ! ;) 

Ils ont de la difficulté à cerner mon style... A vrai dire, je me suis jamais dit que je faisait selon une école de dessin particulière... Peut-être parce que je ne suis pas capable (?)... :)

 

 

 

 

 

 

E.L. : A propos de ton style, comment est-ce que Toi, tu le qualifie?

M.F. : Aucune idée... Je ne crois pas que mon dessin ressemble à un style en particulier, comme beaucoup de dessinateurs québécois. 

 

Vu qu'il n'y a pas une grande tradition de bédéistes ici, j'ai l'impression que les influences viennent d'un peu partout; le franco-belge, le manga et le comic-book.

Si je dois le décrire, je dirais : Un dessin spontané où l'emphase est mis sur l'acting, les expression du visage... le design de perso et les vêtements... :) 

 

 

E.L. : Comment s'est passé la genèse de Mertownville?

M.F. : Je viens du domaine du dessin animé traditionnel. Je commençais à avoir une écoeurite de travailler avec de grosses équipe, n'ayant pas un réel contrôle du projet... 

 

La compagnie, après quelques années a eu des difficultés financières et a du fermer son département d'animation. J'ai sauté sur l'occasion pour me lancer, en toute confiance, comme un idiot dans la BD... Ah si je pouvais retourner en arrière... ;-) J'ai fait quelques essaies (2-3), pour finalement pondre Mertownville.

 

 

 

 

 

 

 

E.L. : Retournerais tu vraiment en arrière?

M.F. : Non... ce que j'ai réussi à bâtir dans les 3 dernières années, c'est la plus grande chose que j'ai accomplie jusqu'à maintenant... Je ne voudrais pas revenir en arrière pour rien au monde; j'ai juste envie d'aller plus vers l'avant !

 

 

 

 

E.L. : Question que tous le monde attends: d'ou vient le nom "Mertownville", et d'ou te vient l'idée de cette série?

M.F. : On me pose souvent la question concernant le nom de la série... Une réponse ennuyante...
Je n'ai fait que jouer avec les sonorités et ça a donné Mertownville... 
L'idée découle beaucoup de mes projets précédents qui n'ont pas été publiés... Avant Mertownville, je faisais du strip avec des dessins très naïfs. Ces projets ne trouvant pas preneur, j'ai voulu faire différent. A la base je faisait uniquement dans l'humour absurde et mes personnages étaient pratiquement que des gars.Là j'ai voulu garder l'humour, mais amener plus de profondeur en y ajoutant de la sensibilité, du drame et du suspense.

Donc, Mertownville est né en gros d'un dessin (qui se retrouve dans le bas de la page de garde de gauche du livre) et d'une réflexion qui va comme suit: " et si je faisait une BD avec une fille qui étudierais en Art ? "

 

 

 

 

 

 

 

E.L. : Quelles sont tes références?

M.F. : Je n'ai pas beaucoup de références bd... je suis pas très à jour dans mes lectures... Mes inspirations viennent beaucoup plus du cinéma et des dessins animés, principalement au niveau des façons de raconter une histoire et non des sujets.  

 

 

Du coté cinéma, j'aime beaucoup les films où le personnage principal est le narrateur (fight Club, Orange County, Snatch...)  

 

Pour le dessin animé, c'est l'humour, les idées très éclatées, la folie (Clone-High, Aeon Flux, The MaxX, Downtown...)

 

E.L. : Tu semble préférer les personnages féminins, pourquoi?

M.F. : Un personnage principal peut revenir 400 fois dans une bd... Aussi bien s'arranger pour qu'il soit amusant à dessiner ! ;-)

 

 

 

 

E.L. : En parlant de ton personnage principal, Lydia, elle n’a pas toujours l’air de savoir ou elle va. La savais tu, toi, en commençant l’album?

M.F. : Hehe ! Ok, le moment de confession...

Lorsque j'ai présenté mon démo au maisons d'éditions c'est-à-dire : Les 7 premières pages  du tome 1, j'avais aucun scénario, seulement un plan très vague de ce que pourrais être la série. Assez vague pour dire que ça n'a absolument rien à voir avec ce que la série est présentement... Lorsque les éditions Paquet m’ont signé, j'ai eu comme obligation d'écrire une vraie histoire avec des rebondissement et tout et tout... Ça ne me plaisait pas du tout mais une chance qu'on m'a forcé la main !

Si on regarde comme il faut, on sent une coupure entre ces 7 pages et le reste de l'album, comme si l'intro était une mini histoire... :)
 
E.L. : Pourrais tu nous en parler un peu du tome 3?

M.F. : Un peu... ;)

Bon, l'album passe de 46 à 62 pages pour bien terminer le cycle. Autant on retrouvera l'esprit du tome 1, autant c'est complètement autre chose que les 2 premiers albums... En gros, y'aura plus d'humours, plus de violences, plus de drame... et plus de Raymond !...  

 

 

 

 

 

 

 

C'est plate, mais j'en dis pas plus ! ;)

 

 

 

E.L. : Est-ce toi ou l’éditeur qui a proposé de passer de 46 à 62 pages, et comment ça a été perçu?

M.F. : En fait c'est moi... Lorsque j'ai terminé le premier découpage du tome 3, j'avais tous les éléments qui rentraient dans un 46 pages... A la relecture, ça me donnait l'impression de regarder un film en accéléré. Donc j'ai fait la proposition à Pierre Paquet qui m'a tout de suite répondu :"va pour un 62 pages". Ça m'a permit de faire l'histoire presqu'exactement comme je la voyais... C'est l'album qui est le plus prêt de mon idée de base jusqu'à maintenant... et de loin ! :)

 

 

 

 

 


E.L. : D'après les extraits que tu as confiés, ton style semble avoir évolué. Pourrais tu nous décrire cette évolution?

M.F. : Avec les 2 premiers tomes de Mertownville, je recherchais la bonne technique pour arriver au résultat désiré. Autant au point de vue crayonné, encrage que coloration. Ben, j'pense bien avoir trouvé !

En fait, maintenant, je travail au crayon bleu (un crayon beaucoup utilisé en animation). Je fais mon sketch avec celui-ci pour ensuite mettre le dessin sur une table lumineuse (table d'animation). Je mets une autre feuille par dessus le dessin, la lumière permettant de voir a travers cette feuille, je n'ai qu'à calquer à l'encre pour avoir un dessin sans bavures !...  

 

 

 

En fait, je ne calque pas vraiment, car mes sketchs sont parfois très peu évolués donc je dois créer à l'encre ce qui donne d'étranges résultats parfois... ;)

Sinon, cette évolution viens du fait de dessiner tout le temps...

E.L. : Tu es l’un des rares auteurs (scénariste et dessinateur) québécois à être publié en europe. Si tu avais des conseils à donner à de jeunes auteurs qui voudraient suivre ta voie, quels seraient ils?

M.F. : Hum... La question...

A part travailler et persévérer, j'ai pas vraiment d'autres conseils...

Et quand je parle de persévérer, ça veut pas juste dire mettre beaucoup d'heures de travail. C'est aussi de ne pas lâcher après un refus de projet, après des mauvaise ventes, après des mauvaises critiques... En fait, y'a une grosse part de patience là dedans !...

 

 

 

 

 

 

 

 

E.L. : Utilises tu les gens autour de toi pour créer les personnages, ou sont ils vraiment fictifs?

M.F. : Je n'utilise pas les gens autour de moi à l'exception d'un professeur qui a fait une courte apparition... Lydia me ressemble sur beaucoup de points, mais plus les bd avancent, plus elle se forge sa propre personnalité...

Les autres personnages sont totalement fictifs.
 
E.L. :
 
Lis tu de la bande dessinée, et si oui, quels sont tes coups de coeur récents?

M.F. : la dernière et la seule bd récente que je me souviens avoir lu est: "Ma voisine en maillot" de Jimmy Beaulieu que j'ai adoré !

Sinon je suis constamment dans mes vieux albums dont le nombre de lectures et relectures commence à être exagéré...

E.L. : Quels sont donc ces vieux albums? Fred, si je ne me trompe pas (oui, j’ai lu l’entrevue sur sceneario.com ;-) ), mais les autres ?

M.F. : hum...

Une liste de livres que j'ai aimé :

-Politique étrangère, Lewis Trondheim

-Akira, Ottomo

-Hicksville, Dylan Horrocks

-Paul a un travail d'été, Rabagliatti

-Psycho park, liberty Meadows, de Frank Cho

-Le réducteur de vitesse, Blain

Un peu de tout quoi !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

E.L. : Quels sont tes autres projets?

M.F. : Ah mais c'est quoi ces questions indiscrètes !!? :P

En ce moment, je termine la colo du tome 3 de Mertownville, je fais du design de personnages pour 2 boites de dessin-animé, du scénario pour d'autres dessinateurs et je prépare ma prochaine série. Pour ce qui est du qui, où, quand, comment, quoi...

Peut-être la prochaine fois ;)

Sinon, j'aimerais bien devenir soit une rock star ou astronaute... Y'a encore beaucoup de pour et de contre de chaque coté...

 

 

 

 

 

 

 

 

E.L. : Tu dis que tu scénarise pour d’autres. Est-ce très différent de la faire pour d’autre que de le faire pour soi?

 

M.F. : Oui, je cherche à trouver ce que le dessinateur aimerait faire au lieu de lui imposer mes histoires plus personnelles.

Ça me permet aussi d'explorer de nouveaux univers...

Mais les différences restent plus dans les étapes de travail... Quand on est seul et qu'on contrôle tout, on peut se permettre de sauter des étapes.

Avec un dessinateur, je dois faire un storyboard très poussé accompagné d'une bible d'information de toute sorte (dialogue, éclairage, couleur, conseils pour l'acting...etc) Juste ces 2 choses là, je ne l'ai jamais fait pour moi... Les storyboards de Mertownville sont pratiquement illisibles et fait de façon minimaliste...

 

 

 

 

 

 

E.L. : Aimerais tu répondre à une autre question que je n’aurais pas posée?

M.F. : Oui, "Michel quel est ton animal préféré et pourquoi ?" !! :)

 

 

 

 

 

 

E.L. : Merci beaucoup, Michel, de nous avoir accordé cette entrevue, et nous te souhaitons bonne chance avec tes projets. Si ce n’est pas déjà fait, courrez vite vous procurer le tome 3 de Mertownville.

 

M.F. : Merci !

Le Blogue de Michel Falardeau: http://fnanala.bedeka.org/


 

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Vendredi 1 juin 2007 5 01 /06 /Juin /2007 15:22

 

Le Studio Premières Lignes est très actif dans la publication de bandes dessinées au Québec, nous permettant de découvrir de nouveaux talents. Cette année, Premières lignes innove et lance un livre avec trois textes illustrés, « Le Lycanthrope ». Pour en savoir plus sur cet éditeur, Bedeka.org lui a posé quelques questions. André St-Georges a accepté d?y répondre (au nom de l?équipe de Studio Premières Lignes). Cette entrevue étant datée de la fin de l?an dernier, il est possible que certaines parties ne soient plus d?actualité.

Bedeka.org : Comment est né le Studio Premières Lignes ?
Premières Lignes : L'idée a commencé à prendre forme quand quelques étudiants de l'Université du Québec en Outaouais (UQO) ont voulu publier eux-mêmes leur matériel (dont Le Scribe) et se trouver une ligne éditoriale qui reflèterait leurs goûts et intérêts. Après beaucoup de travail et de tasses de café, le Studio a officiellement ouvert ses portes en 2003, juste à temps pour la parution du Scribe 8. Parmi les sept originaux, certains membres sont partis, d'autres se sont joints et l'équipe compte aujourd'hui 6 membres.
Ronan Bonnette est membre fondateur du Studio et secrétaire de la coopérative. Natif de Québec, il y est retourné, fonder la succursale « Capitale Nationale » et y tester les technologies de télécommunication inter-provinciale. On retrouve ses BD au ton humoristique dans les Scribe 1 à 8. *
Frédérick Lavergne agit à titre de vice-président et membre fondateur du Studio. Mononc Fred est natif de l?Outaouais où il a depuis, pris le contrôle des bars de la région et de leurs clientes. Dans les Scribe 4 à 8, on retrouve ses ?uvres reflétant souvent son passé militaire.
Pierre Savard est membre fondateur et président de la coopérative. Directement descendu de Jonquière, il hante l?Outaouais sous le pseudonyme d?Amon Joris. Auteur du livre S.A.I.D. en collaboration avec Victor Brideau, il a aussi participé à tous les Scribe.
André St-Georges est l?heureux trésorier du Studio. Véritable patriote de sa région natale, il s?éloigne parfois de l?Outaouais que pour mieux y revenir. Auteur d?un joli bouquin, Le Fond, il a aussi participé aux Scribe 3 à 8.
Christian Quesnel use ses pinceaux depuis plusieurs années. Depuis près d?un an, il participe aux activités du Studio dans sa région de l?Outaouais, plus récemment au milieu des vaches de Saint-André-Avellin. Outre plusieurs livres édités à gauche à droite, il est l?auteur de Manche De Pelle et se retrouve dans la liste des auteurs du Scribe 8.
Le petit dernier du Studio s?appelle Sylvain Lemay. Les présentations sont vaines dans le milieu de la BD. Résumons tout de même que Sylvain est le Grand Manitou du programme de bande dessinée de l?UQO et maintenant, directeur de la collection Analogon chez Premières Lignes, une nouvelle ligne de livres d?analyse et d?essais sur la bande dessinée. Sans oublier ses collaborations à titre de scénariste dans plusieurs récits du Scribe.

Bedeka.org : Comment se fait la sélection éditoriale ?

 

Premières Lignes : Le travail d?éditeur est grandement basé sur le pif. Malgré une tangente que nous voulons suivre, un projet part toujours d?abord d?un coup de c?ur. Il faut que l'idée nous semble prometteuse et que le style de dessin employé soit adéquat. Si quelqu'un veut nous soumettre quelque chose, il (ou elle) le fait et nous décidons ensemble si le projet nous intéresse ou non.
Dans le Scribe, sous forme de récits réalistes illustrés, les auteurs présentent diverses perceptions du thème en reflet de notre culture à chacun. Pour nos albums d?auteurs, jusqu'à présent, le choix ne fut jamais trop difficile car, connaissant le travail des auteurs, on savait de quoi ils étaient capables. En finale, nous présentons néanmoins des genres assez différents, reflets de ce que nous aimons au milieu de cette diversité de la BD québécoise.

Bedeka.org : Comment vous vous démarquez en tant qu'éditeur de BD dans le milieu ?

 

Premières Lignes : Je crois que c'est notre implication dans le milieu qui nous distingue. On cherche vraiment à être présents sur la scène outaouaise (et sur la scène québécoise par le fait même) pour développer la BD d'ici. Pour ça, on s'implique le plus possible dans les différents festivals, salons et rendez-vous du Québec, on voyage beaucoup, on organise des expos, on participe à des colloques, on siège sur des tables de concertation sur la culture en Outaouais, etc. Il en reste encore beaucoup à faire au Québec pour que la BD soit reconnue et appréciée à sa juste valeur. Mais beaucoup de gens travaillent très fort à donner de la crédibilité à ce milieu depuis des années et nous nous donnons le devoir de travailler aussi dans ce sens. Nous voulons montrer que la BD peut prendre plusieurs formes et que, contrairement à ce que plusieurs croient encore, tout le monde peut trouver son compte dans ce qui se fait ici. Ça ne veut pas dire que tout le monde va aimer ce qu'on fait. Par contre, c'est important de montrer aux gens que ça existe.

Bedeka.org : Comment est la réception du public, et pensez vous qu?il soit possible d?attirer les gens vers la bande dessinée d?ici ?

 

Premières Lignes : Pour répondre à la première partie de la question, le public reçoit généralement assez bien ce qui sort de chez nous.  Je dis assez bien parce que beaucoup de gens ne connaissent qu'Astérix ou Tintin et quand ils voient ce qu'on fait, ils sont un peu perdus.  Leurs "repères" pour figurer ce qui constitue de la bande dessinée ne tiennent plus et ce, malgré le fait qu'on ne soit pas les plus pétés dans le domaine.  Si ces gens devaient mettre la main sur du Dave McKean ou encore du Valium, ils seraient complètement débobinés.  Mais je ne parle pas de tout le monde, là!  Il y a tout de même une certaine fierté chez les gens quand ils constatent que de la BD se fait ici (ça, c'est pour la deuxième partie de la question) mais le même phénomène se produit dans tous les domaines.  Exemple: au dernier Super Bowl, je me suis mis à supporter Seattle quand j'ai appris qu'un Québécois jouait dans l'équipe. Ben c'est la même chose en BD. Les gens sont toujours heureux de voir que quelque chose émane de chez eux.  Je crois donc que oui, il est possible de rejoindre le public d'ici avec quelque chose d'ici.  Il reste juste du travail à faire pour faire constater aux gens que la BD n'est pas exclusive aux Européens, Américains ou Japonais.

Bedeka.org : Parlez nous un peu du projet Le Scribe (genèse, sélection des thèmes, des auteurs?) ?

Premières Lignes : Le Scribe, c'est ce qui est à l'origine de Premières Lignes. Pierre Savard et Jérôme Mercier ont importé à l'UQO le concept de revue qu'ils avaient élaboré au Cégep Marie-Victorin. La forme fut repensée mais l'objectif demeura le même: montrer ce que les jeunes auteurs qui évoluaient à l'UQO pouvaient faire. Malgré l?implication de l?UQO à l?époque, tout se faisait à l'extérieur des cours. Des thèmes inspirants ont toujours été choisi par l'équipe de réalisation après une période de "brainstorming". Au départ, tout le monde pouvait soumettre quelque chose au Scribe, un comité de sélection se rencontrant ensuite pour déterminer ce qui serait publié ou non. Aujourd'hui, Le Scribe est sorti de l?enceinte de l?université et les éditeurs sont plus sévères sur la sélection. Nous invitons nous-mêmes les auteurs que nous apprécions et d'autres peuvent proposer des projets mais l'acceptation n'est pas automatique. On travaille d'ailleurs sur le 9e numéro qui devrait sortir cet automne. Ça va fesser!

Bedeka.org : Quels sont vos liens avec l?Université du Québec en Outaouais ?

Premières Lignes : Eh calvasse!  Par où commencer?  Tous les membres du Studio ont étudié à l'UQO au bac en BD, hormis Christian et Sylvain, ce dernier y ayant plutôt enseigné. Au fil des ans, c?est un partenariat qui s?est établi entre les deux institutions au profit du développement de la bande dessinée en Outaouais. Nous travaillons avec l'UQO comme nous travaillons avec le Conseil régional de la culture de l'Outaouais (CRCO) et le Salon du livre de l'Outaouais (SLO). Mais l?UQO possède un certain lien émotif puisque c?est entre ses murs que les éditeurs se sont rencontrés, qu?ils ont ressuscité Le Scribe et lancé l?idée d?une coopérative d?édition. Les sept premiers numéros ont reçu une aide formidable de l?université qui s?investissait de diverses manières dans le projet. Mais, soulignons-le, la revue n?a jamais été une publication de l?UQO comme l?est aujourd?hui Plan B. Les éditeurs du Scribe se sont toujours réservé le droit de piger ses auteurs où bon leur semblaient. Finalement, le Studio et le programme de BD de l?UQO profitent tous deux de la découverte de d?une relève en BD et d?un échange fructueux entre les milieux scolaires et professionnels.

 

Bedeka.org : Vous êtes allés à Angoulême cette année. Qu'en avez vous retiré ?

 

Premières Lignes : Cette année, c'est la première fois que nous nous retrouvions en plein c?ur du festival d?Angoulême en tant que maison d?édition. On a établi plusieurs contacts très intéressants qui vont permettre des échanges avec le milieu de la BD européenne dans les années à venir. Également, comme nous voulons être le plus impliqués possible dans le domaine de la BD au Québec, nous en avons retiré une foule d'idées pour enrichir la scène québécoise. C'est énorme, le festival d'Angoulême! Pourtant, Angoulême qui n'est pas une grosse ville, est néanmoins le centre européen de la bande dessinée. C'est donc la preuve que culturellement parlant, tout n'a pas besoin d'être centralisé dans une métropole pour fonctionner. À ce chapitre, le cas d?Angoulême nous rappelle qu?il est frustrant de voir cette mentalité ridicule au Québec qui confine la culture d?ici à ce qui se passe sur le plateau de Montréal. Il est nécessaire de développer la culture du Québec et ses manifestations dans les autres régions. Tout le monde gagnera à l?aménagement de divers pôles culturels sur notre territoire. Angoulême en est la preuve.

Bedeka.org : L'Outaouais semble prolifique en terme BD : le Studio Premières lignes, Les Éditions du Vermillon à Ottawa, les rendez vous de la BD de Gatineau, l?Université du Québec en Outaouais? y a t'il quelque chose qui rends cette région prolifique dans ce domaine, ou est-ce juste un hasard ?

Premières Lignes : Effectivement, depuis quelques années, il y a un essor considérable du 9e art en Outaouais. Et la région ne cache pas sa volonté de devenir un lieu incontournable de la production et la diffusion de la bande dessinée. Depuis la création du baccalauréat en BD à l'Université du Québec en Outaouais, un nombre considérable de jeunes auteurs ont choisi la région. Se retrouvant plongés dans un milieu social et créatif particuliers, rassemblant des bédéistes de tout le Québec et d?outre-mer, un bouillonnement culturel s?est installé. De ceux qui sont venus étudier, plusieurs sont restés. Parmi les diplômés, plusieurs refusent d'abandonner leur passion et s'investissent dans les différentes manifestations comme le Rendez-vous international de la BD de Gatineau. Mais comment se fait-il que tout ça se passe chez nous? Je commence justement une maîtrise sur le sujet. Je vous reviendrai là-dessus!


Bedeka.org : La BD Québécoise voit en ce moment sa production en forte augmentation, qu'en pensez vous ?

Premières Lignes : Tant mieux! La BD d'ici est unique et il est temps que les gens commencent à la remarquer. Le Québec a toujours eu une excellente représentation sur la scène culturelle internationale. Pour un peuple de 7 millions et des poussières, nous sommes extrêmement dynamiques à ce niveau. Mais le problème, c'est que pour qu'on le reconnaisse ici, il faut souvent l'approbation de Matante France. Félix Leclerc est passé par là, lui aussi. Il a dû être acclamé d'l'aut'bord pour qu'on daigne en faire notre icône. C'est qu'on est comme ça, nous. On fait quelque chose de nouveau, de vraiment bien, mais on ne sait pas trop quoi en penser. On le montre aux "cousins" pour leur demander leur avis puis ils nous répondent qu'on est fuckés, qu'on fait des trucs complètement sautés et qu'ils adorent. Donc si la BD québécoise est en augmentation, tant mieux! Tant qu'on se met pas à faire des trucs uniquement pour faire plaisir à d'autres...

Bedeka.org : Doit-on vraiment en passer par « ailleurs » pour confirmer la qualité de ce qui est fait ici ? 

Premières Lignes : Je ne prétends pas qu'il le faille coûte que coûte.  Par contre, c'est une fâcheuse tendance qu'ont les Québécois d'attendre l'approbation de l'étranger avant d'acclamer eux-mêmes leurs créateurs.  Mais je crois que cette tendance commence à s'estomper.  Ça fait combien de temps qu'on exporte des Cirques du Soleil, des Bottines souriantes, des Félix Leclerc, des Robert Lepage, des ONF et des Guy Delisle?  Les gens se rendent compte qu'on fait des bons trucs pis que de toute façon, même si ça pogne pas ailleurs, ça change quoi?  Si on regarde vite fait la scène de BD québécoise, on va se rendre compte nous-même qu'on est bons.  Faut juste prendre le temps de jeter un coup d??il sur ce qui se fait ici et le constat se fait par lui-même.

Bedeka.org : Quels sont vos plus récents « coups de C?ur » ?

Premières Lignes : Calvasse! Pour être bien franc, ça fait un sacré bout de temps que je n'ai rien lu de nouveau... J'ai plutôt relu des trucs que j'avais déjà lu, comme "Pilules bleues" de Frédérik Peeters. Non c'est vrai! J'ai lu "La cage" de Martin Vaughn-James, récemment réédité chez MG et le fanzine "Justine" d'Iris Boudreau-Jenneau. Trop fort!

Bedeka.org : Que nous réserve le « Studio Premières Lignes » pour les prochains mois ?

Premières Lignes : Bien des choses! Le Scribe 9, pour commencer, et qui sera lancé lors du prochain Épisode, la soirée des Rendez-vous de la BD de Gatineau, le troisième party du festival organisé par le Studio. Sinon, cette année, plusieurs projets sont sur la table. Je ne peux vous dire tout pour l'instant mais des albums d?auteurs et d?autres projets collectifs sont au menu.

Bedeka.org : Quelle est la question que vous aimeriez qu'on vous pose, et quelle serait votre réponse ?

Premières Lignes : Qu'on me demande: "Prévois-tu un jour être le prochain Uderzo?", je répondrais: "Qui?"

 

 

Merci beaucoup à toute l?équipe de Studio Premières Lignes pour l?excellent travail réalisé, et pour nous avoir accordé cette entrevue. Pour tous renseignements supplémentaires, vous pouvez consulter : http://www.premiereslignes.com/

 

 

* : Ronan Bonette est actuellement propriétaire du café-bistrot « La Cuisine », rue St-Vallier, à Québec, une place à découvrir absolument!! (publicité gratuite)

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Vendredi 13 avril 2007 5 13 /04 /Avr /2007 04:26

Entrevues FBDFQ 2007 : Yves Rodier

 

Yves Rodier est le créateur de « Pignouf et Hamlet » avec David, et le dessinateur des « aventures de Simon Nian » avec Corteggiani au Scénario, dont les deux premiers tomes sont publiés chez Glénat.

 

EL : Ou en es-tu dans le troisième tome de Simon Nian?

Yves Rodier : Le 3e Simon Nian est en "stand-by" pour le moment. Je travaille sur un contrat de storyboard pour une série de dessins animés chez Spectra Animation. L'album est au 3/4 crayonné et j'ai entre 5 et 10 pages encrées. Je m'y remets aussitôt que je termine mes storyboards, c'est à dire cet été... J'espère que l'album pourra paraître vers la fin de l'année.

 

EL : Qu’est-ce que t’apporte cette série en terme évolution personnelle et professionnelle?

Yves Rodier : Du point de vue personnel, je crois que je commence à développer mon propre style tout en évoluant dans l'école franco-belge classique, ce qui est un rêve devenu réalité pour moi. Du côté professionnel, bien que les ventes ne soient pas faramineuses, je crois que Simon Nian m'apporte une grande visibilité. De son look "rétro" (que j'appellerais plutôt "classique"), la série accroche l'œil et se démarque du genre "Éditions Soleil" qui inonde les tablettes.

 

EL : Quels sont tes autres projets?

Yves Rodier : Corteggiani et moi avons un projet de série dans un autre style qui jouera encore sur la nostalgie de certaines grandes séries d'aventures. Et dans mes temps libres (qui sont plutôt rares!) je travaille à un essai de reprise d'une série-culte... Je ne peux pas en dire plus là-dessus pour l'instant!

 

EL : Quels sont les meilleurs et les pires commentaires que tu as récoltés sur cette série?

Yves Rodier : Hmmm, difficile de répondre... Je pense que le meilleur commentaire m'est venu d'un vieux monsieur, alors que je dédicaçais dans une librairie de Paris, à la sortie du premier album. Il a pris mon album en demandant: "C'est une ré-édition?" J'ai répondu que non, que ça venait tout juste de paraître! Il est parti, il a acheté l'album et il a fait la queue pour une dédicace. Quand son tour est arrivé, je me suis mis à lui dessiner Simon Nian, Paoli et Diana, et il m'a dit, la voix tremblotante: "Ça me remplit d'émotion de voir un jeune (!) dessiner dans ce style-là, aujourd'hui! Je ne pensais jamais revoir ça!"... J'y repense encore souvent aujourd'hui, trois ans plus tard, et ça me fait toujours autant chaud au cœur! Le pire commentaire?...  plus difficile... Les gens n'osent pas vraiment faire des remarques négatives devant les auteurs d'une œuvre... J'imagine qu'on pourrait nous reprocher un certain manque d'originalité...

 

EL : Quelles sont tes attentes au FBDFQ?

Yves Rodier : J'espère surtout renouer le contact avec les amateurs de BD classique de Québec, qui sont beaucoup plus nombreux qu'à Montréal! C'est la première fois que je dédicace à Québec depuis la naissance de Simon Nian! J'ai hâte de voir l'accueil qu'on lui a réservé et écouter les commentaires de ses lecteurs!... De toute façon, on est toujours bien reçu au FBDFQ!

 

 

Yves Rodier au FBDFQ : http://www.fbdfq.com/?rub=8&id_artiste=72

 

Yves Rodier sur internet : http://www.bdquebec.qc.ca/auteurs/yrodier/yrodier.htm

 

Yves Rodier en entrevue sur : http://www.bedeka.org/yves-rodier.htm#cut-1

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

Dans les liens ci-contres, le "+" représente une entrevue réalisée avec l'auteur. Pour les lire, allez voir dans la section "entrevues" des catégories.

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