Galeries

Le Blogue:

Qui suis-je? voilà quelques pistes pour répondre à cette intéressante question.

Ça fait 11 ans que je suis arrivé au québec, importé de France. Je travaille en gestion de la recherche, à l'université Laval de Québec.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu, je fais aussi des scénarios de BD, mais je ne suis pas assez avancé à mon goût pour m'étendre sur le sujet (si vous voulez en savoir plus, contactez moi:  eric.lamiot@lycos.com).

J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Bref, c'est à travers ces pages que vous finirez par me découvrir, si ça vous tente!!

A bientôt.

Éric

http://ericlamiot.site.voila.fr/

Si l'environnement, l'écologie appliquée, et un projet de développement économique socialement conscient vous intéressent, venez participer ici:

http://zone.industrielle.ecologique.over-blog.com/

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Vendredi 6 avril 2007

Rappel

 

Dés le lundi 9 avril, et jusqu'au vendredi 13, en exclusivité pour vous, venez découvrir les auteurs du FBDFQ 2007. 5 questions pour vous donner le goût d'en savoir plus et de venir au festival les rencontrer.

Entre autres:

Jacques lamontagne

Niko Henrichon

Line Arsenault

Djief

Tristan Demers...

Une vingtaine d'auteurs au total, rien que pour vous sur www.ericlamiot.org !!!

Au plaisir de vous y voir.

Éric

par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Mardi 3 avril 2007

Christophe Blain est auteur de bandes dessinées (Isaac le pirate, Donjon, Socrate…). Invité par le Festival de la Bande Dessinée Francophone de Québec en 2006, il est venu au Québec au début de l'été pour des séances de dédicaces et des rencontres. A son retour en France, il a gentiment accepté de se prêter au jeu de l'entrevue pour nous parler de son séjour et de ses projets. Cette entrevue date de l’automne dernier, et certaines informations peuvent donc être un peu dépassées.

EL : Comment s'est passée votre voyage au Québec?

Christophe Blain : Merveilleusement bien.

 

 

EL : Vous avez eu l'occasion de rencontrer quelques auteurs québécois. Avez vous  eu l'occasion de lire leur production, et si oui, qu'en avez vous pensé ?

Christophe Blain : Le peu que j'ai pu lire m'est apparu très intéressant. J'ai l'impression que le courant de création majoritaire chez les auteurs québécois tourne autour de l' autobiographie, l'auto-fiction, les histoires intimes, L'absurde etc... C'est-à-dire une bande dessinée que l'on appelle, par  commodité, "alternative", courageuse et expérimentale.

Peut-être ai-je eu cette sensation parce qu'il n'y a que des auteurs de ce style qui sont venus vers moi.  En tout cas, je les ai trouvés passionnés, battants et inventifs. Et leurs bouquins, même pour des tirages restreints, avaient une présentation remarquable.

 

 

EL : Vous avez eu quelques rencontres, l'une à la bibliothèque Gabrielle Roy de Québec, ouverte. Et une plus « discrète » a Montréal avec des auteurs. Sur quoi ont porté les discussions ?

Christophe Blain : Je me souviens qu'on a beaucoup parlé (j'ai eu une extinction de voix), que j'ai dit beaucoup de conneries, qu'on a bien ri mais j'aurais bien du mal à faire la synthèse de tout ça.

 

 

EL : Que vous apportent ces rencontres ?

Christophe Blain : Parfois, j'ai beaucoup de plaisir à parler avec des gens que je ne connais pas.

 

 

EL : Comment se sont passé les séances de dédicaces, sont elles différentes au Québec par rapport à celles en France ?

Christophe Blain : Je fais très peu de séances de dédicaces en France. Encore moins de festivals. Généralement ça se passe pas mal mais c'est beaucoup plus amusant d'aller à l'étranger. Les dédicaces que j'ai pu faire au Québec avaient la particularité d'être intimes et très décontractées. Peu de  lecteurs venaient me voir mais ils me faisaient dédicacer beaucoup de bouquins, restaient à discuter, boire des verres. Ils étaient réservés, charmants et prévenants. C'était touchant et très chaleureux.

 

 

EL : Avez vous pu profiter un peu du Québec, et si oui, avez vous aimé ?

Christophe Blain : Je me suis pas mal baladé dans Québec et surtout Montréal. J'adore. J'y ai très bien mangé.

 

 

EL : Dans votre "production", quelles sont vos préférences et pourquoi ?

Christophe Blain : Je préfère les bouquins que je fais seul. Il y a plus d'enjeu. C'est plus passionnant. D'ailleurs, je ne fais plus que ça. Avec une exception pour la série Socrate (avec Joann Sfar).

 

EL : Quels sont vos autres projets ?

Christophe Blain : J'écris et je dessine une nouvelle histoire (sans doute 3 tomes) Qui paraîtra chez Dargaud début 2007. Je travaillerai sur les prochain Isaac en même temps.

 

 

EL : Quand vous travaillez sur une nouvelle histoire, d'ou vous viennent vos idées ?

Christophe Blain : Lorsque je travaille sur une histoire, il m'est très difficile de me souvenir exactement de la nature de l'étincelle de départ qui m'a donné envie de m'y atteler. L'idée de départ change de forme et de direction tous les jours. Je ne me rappelle pas plus des idées que j'ai abandonnées. A moins d'en retrouver les traces par hasard dans un vieux carnet.

 

 

EL : Pourriez vous nous décrire un peu votre méthode de travail, depuis l'idée jusqu'à l'album ?

Christophe Blain : Je n'ai pas de méthode. J'ai une idée dont je ne me rappelle pas le cheminement exact, je prends des notes, j'ai très envie d'en faire une histoire dans un album que je crois toujours court au début puis qui finit par donner 5 ou 6 tomes parce que mon éditeur ne peut pas publier 250 pages d'un coup. Sinon je fais des story boards griffonnés mais lisibles, je crayonne mes pages et je les encre comme tout le monde.

 

EL : Vous avez fait des études en art. Comment ont elles influencées votre méthode de travail ?

Christophe Blain : Mes études d'art n'avaient rien à voir avec la bande dessinée et ne m'ont donné aucune méthode dans ce domaine et c'est heureux parce que c'est une expression à mon sens très personnelle, individuelle, empirique, bricolée dont on fait ce qu'on veut, où on suit qui nous plait, on ressemble à ce qu'on veut ou ce qu'on peut. On n'a besoin que d'un crayon et du papier, après à chacun de se demmerder. C'est ça qui est passionnant.

 

EL : Lors d'une autre entrevue, vous avez dit que vous aimeriez sortir plus de bandes dessinées en noir et blanc. Avez vous des projets dans ce domaine ?

Christophe Blain : Il se peut que je fasse de plus en plus d'albums qui soient édités en couleurs puis en noir et blanc. Je n'ai pas de projets directement en noir et blanc pour l'instant.

 

 

EL : La publication de bande dessinée augmente beaucoup en ce moment, est-ce difficile de s'y tailler une place ?

Christophe Blain : Je ne sais pas. Sans doute. La seule chose à faire est de faire ses albums et de voir ce que ça donne.

 

 

EL : En attendant de lire votre prochain ouvrage, pourriez vous nous proposer vos « coups de cœur » ?

Christophe Blain :

"La fille du savant fou" de Mathieu sapin chez Delcourt.

"Pascal Brutal" de Riad sattouf chez Fluide Glacial.

 

 

EL : Que pourriez vous conseiller aux jeunes auteurs qui voudraient se lancer dans la bande dessinée ?

Christophe Blain : Il m'est impossible de donner des conseils généraux à des gens que je ne connais pas. Voire donner des conseils tout court. C'est un chemin très très personnel. Il y a trop de voies possibles et inconnues. C'est ça qui est bon.

 

 

EL : Merci beaucoup d'avoir accepté cette entrevue. Nous espérons avoir la chance de vous revoir de temps en temps au Québec.

 

 

 

par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Mardi 27 mars 2007

Eva Rollin, peintre, scénariste et dessinatrice de « Mademoiselle », à illustré des nouvelles pour le magazine « Ici » à Montréal. Avec la sortie du tome 3 de « Mademoiselle », Je l’ai contacté pour lui demander de nous parler d’elle même et de ses projets.

EL : Actuellement, vous illustrez des nouvelles pour le magazine montréalais Ici, et Mademoiselle, tome 3, vient de sortir. Pourriez vous nous parler de vos projets (ceux là et les autres) ?

 

Eva Rollin : Bien sûr, avec plaisir ! Tout d’abord concernant le magazine Ici : Tout s’est déroulé très vite, j’étais en vacances en France quand j’ai reçu un email de Michel Vézina me demandant de faire quelques croquis sur un personnage spécifique m’expliquant que c’était très pressé. J’ai fais quelques sketchs que j’ai envoyé par email, et à mon retour encore sous le coup du décalage horaire j’avais un rendez-vous pour le lendemain, ainsi l’aventure commençait !

En fait pendant chaque semaine pendant la période estivale un auteur écrit une nouvelle sur Daniel le personnage, nouvelles indépendantes chaque semaine mais en forme de feuilleton d’été, et je dois illustrer celles-ci.

C’est  une magnifique expérience de travailler des textes de très bons écrivains, et avec une équipe aussi formidable que celle du Ici. J’ai eu entière liberté sur les illustrations, pas une seule fois on ne m’a demandé de changer quoique se soit dans mes dessins. J’adorerai renouveler l’expérience et continuer sur du plus long terme avec eux.

Quant à Mademoiselle, je prends plus de temps à la finaliser cette année. Une subvention du conseil des arts du canada m’a été accordée (Et je les en remercie beaucoup !) ce qui me donne le loisir de la travailler plus longuement, d’une manière moins improvisée.

J’aimerai que mon style narratif ainsi que le personnage évolue, aller peut-être plus en profondeur, même si le personnage reste ce qu’il est, la forme devrait changer avec une histoire et non plus sous formes de scénettes.

Sinon, j’ai d’autres projets en cours dont je ne peux pas trop parler actuellement, les contrats n’étant pas signés encore et superstitieuse que je suis ! Néanmoins si tout se déroule comme prévu, un projet avec une amie scénariste devrait voir le jour pour un album, un autre avec une autre scénariste pour un magazine féminin adolescent ( normalement je devrais pouvoir vous en parler plus d’ici septembre !).

Un album personnel est prévu pour l’année prochaine avec un éditeur Européen si je ne prends pas trop de retard.

Cette année sont sortis deux collectifs auxquels j’ai participé : Et Vlan aux éditions la Pastèque , et Plan cartésien aux éditions mécanique générale.

De temps en temps on peut voir quelques planches dans le magazine français Psikopat, et courant 2007 le deuxième tome des « fantômes bleus sont les plus malheureux »  roman jeunesse de Roger Desroches paru aux éditions Québec Amérique que j’illustre, devrait paraître.

Ouf ! En faisant cette liste exhaustive, je m’aperçois que 2006 est une bonne année !  J'en suis très heureuse :-)

 

 

 

 

EL : Comment est née Mademoiselle ?

 Éva Rollin : Mademoiselle est née en France, je voulais créer un personnage un peu fofolle, futile mais que j’espérais néanmoins attachante .Je l’ai proposée à une maison d’édition française mais je n’étais pas prête à ce moment là, j’ai préféré attendre de me sentir plus à l’aise avec mon personnage. Le livre s’est concrétisé tout naturellement à Montréal et j’en suis très heureuse, tout d’abord pour l’accueil qu’il a reçu et les deux albums édités ainsi que la promotion eue au Québec ont été de grands atouts pour présenter d’autres projets en Europe.

 

 

 EL : Vous êtes éditée par un éditeur qui ne fait pas beaucoup de BD (Marchand de feuilles, est-ce un problème coté distribution ?

Éva Rollin : En ce qui concerne la distribution Québécoise (ainsi que la promotion), marchand de feuilles a fait un très bon travail, et le fait qu’il ne soit pas spécialisé en Bd n’a rien changé, au contraire je pense que cela m’a servi puisqu’on ne peut pas dire que mademoiselle soit une « vraie bd » de par son format et sa construction (On pourrai plus parler d’un livre d’humour illustré peut-être...).

Maintenant concernant la distribution Européenne, je ne saurai dire, je ne suis pas trop au courant, mais ne passant pas par un distributeur spécialisé Bd, et la gestion à distance effectivement cela doit être un peu plus difficile.

 

 

 

 

EL : Vous faites aussi beaucoup de peinture, est-ce que la BD et votre peinture s’influencent mutuellement ?

Éva Rollin : Je ne saurais dire si ils s’influencent mutuellement,  je ne me pose pas vraiment la question, tout ce que je peux dire c’est que j’ai autant besoin de l’un comme de l’autre, je ne pourrais pas me restreindre à un seul mode d’expression. La diversité est essentielle pour moi, m’enlever l’un ou l’autre de ces modes d’expression reviendrait à m’amputer d’une main :-), différentes émotions passent par ces médiums, et ils sont assurément complémentaires pour mon équilibre :-)

 

 

EL : Les beaux arts, à Angoulême, ça vous a apporté quoi ?

Éva Rollin : La première année des beaux arts d'Angoulême est un tronc commun un peu touche à tout, ce n’est qu’a la deuxième année qu’on s’oriente dans une spécialisation. Je voulais me diriger vers la section Bd mais j’ai été refusée, mes professeurs pensaient que j’avais plus d’aptitudes en Art. J’avoue avoir été assez frustrée de cet échec, néanmoins avec du recul, je les en remercie. Grâce à cela j’ai pu expérimenter d’autres médiums, et m’ouvrir à d’autres modes d’expression (photos, vidéo, montages) qui me servent maintenant dans mon dessin. Mon projet de diplôme est totalement différent de ma production dessinée, plus sombre, mais il a été une étape décisive dans ma formation .De plus les 3 ans de beaux arts ou je n’ai quasiment pas touché un crayon m’ont permis de faire une pause, de remettre en question ma production graphique afin de mieux rebondir par la suite avec un style plus personnel. L'observation et le fait d’être entouré de nombreuses personnes talentueuses ont favorisé un environnement d’expérimentation et de création plus varié. Sur le moment je le voyais comme une contrainte mais après coup, je m’aperçois que ces années ont été très enrichissantes tant au niveau graphique que pour mon ouverture d’esprit.

 

 

EL : Qu’est-ce qui vous a amenée à la bande dessinée ?

 

Éva Rollin : En fait depuis très longtemps je fais satellite autour du milieu de la bande dessinée, déjà par mon insatiable appétit de lecture  depuis ma tendre enfance, et par la suite je me suis pas mal occupée en tant que bénévole de festivals bd, j’ai eu la chance de rencontrer beaucoup d’auteurs extraordinaires qui ont toujours pris le temps de regarder mes carnets de croquis et de m’encourager dans cette voie. Seulement comme dit précédemment, je n’étais pas prête à ce moment là, j’ai donc opté pour un parcours plus lent mais je pense plus constructif. Ma devise est «  qui va piano va sano » ! De plus je ne voulais pas faire de choses que j’aurais regretté plus tard par leur éventuelle médiocrité.

EL : Il y a beaucoup de choses différentes sur votre blogue, mais toujours avec une bonne touche d’ironie. Faut-il avoir ce type de recul pour vivre dans le monde actuel ?

Éva Rollin : Oulâ ! :-) Grande question à laquelle je ne me permettrais pas de répondre sérieusement :-) , tout ce que je peux en dire est que personnellement je ne pourrais fonctionner autrement je pense . Une bonne dose d’ironie et d’autodérision m’est nécessaire, afin de me remettre constamment en cause et ainsi essayer d’évoluer. Faire son travail sérieusement mais se prendre le moins possible au sérieux :-)

 

 

 

 

 

 

 

EL : Pourriez vous nous parler un peu de votre technique de travail ?

Éva Rollin : Elles sont assez différentes selon les modes d’expression, en fait j’aime bien expérimenter plusieurs techniques et la plupart du temps elles résultent d’accidents :-).

 

Le matériau utilisé influence beaucoup le style graphique, si je fais un crayonné ou pas, mais la plupart du temps j’avoue que j’aime bien dessiner direct à la plume ou au stylo bic, la technicité s’en ressent peut être mais j’y gagne en expression. En gros donc je me sers un peu de tout et je mélange les techniques (Pentel, stylo, feutres, acryliques, gouaches, couleurs ordinateurs). Comme pour la peinture et la bd, je suis une touche à tout, je n’aime pas me scléroser dans un médium et un style précis.

 

 

EL : Vous vous mettez souvent en scène sur votre blogue. Êtes-vous une bonne source d’inspiration ?

Éva Rollin : Ha, ha ! Vous avez remarqué :-) c’est parce que je suis très égocentrique :-).

 

Blague mise à part, il est toujours plus facile de parler de ce que l’on connaît le mieux, mais évidemment même si je me sers des mes bagages personnels, au bout du compte tout est quand même extrapolé, étiré, réapproprié !

J’ai des périodes où je pose le crayon pendant plusieurs semaines et j’observe, prend des notes, ces petites pauses sont essentielles

Ma plus grande peur effectivement est de plus rien vivre pour ne plus avoir rien à raconter...

 

 

 

 

EL : Est-ce qu’on aura un jour un album compilation de ces planches, style « ma vie par moi même » ?

Éva Rollin : Mon nombrilisme exacerbé aimerait ça :-) Néanmoins je ne pense pas que cela puisse avoir un intérêt éditorial à l’état brut. Il faudrait sûrement remodeler la matière première :-).

De plus j'aimerai m’éloigner dans le futur d’une production autobiographique pour des projets fictions. J'ai pas mal de manuscrits entassés dans mon atelier mais que je n’ose pas présenter : des récits graphiques, des projets jeunesses. J’ai très peur d’être cataloguée dans un style car comme dit  précédemment, j'aime expérimenter différents médiums et styles narratifs.

 

 

EL : Pourquoi faire un blogue ?

Éva Rollin : J’avoue que j’ai découvert les blogues très tardivement ainsi que l’univers informatique (depuis janvier 2006 en fait ).Je suis assez retardée de ce coté là et en plus je n’ai pas du tout l’esprit cartésien alors c’est une bataille constante entre mon pc et moi :-)

 

Néanmoins avec la découverte des blogues, j’ai vu là un autre moyen d’expression extraordinaire en plus d’un vaste champ d’expérimentation .Un dessinateur passe quand même une large partie de son temps de travail seul, le blogue permet aussi d’avoir une interaction et un retour direct .De plus on peut mettre plein d’essais  graphiques et le fait de s’en occuper quasi quotidiennement  aide beaucoup le sens de la narration, chose qui me manquait. C’est du plaisir qui sert le travail :-)

 

 

 

EL : Comment s’est passé la réalisation des histoires pour « Et vlan ! », l’album sorti chez « La pastèque » en collaboration avec « Juste pour Rire » et « BD Montréal » ?

Éva Rollin : Personnellement, je trouve l’idée de départ de réunir humoristes et dessinateurs très sympa et originale, quant au résultat, je ne peux être objective ayant pris plaisir à participer à cette aventure, à vous de me le dire :-) !

En fait le projet s’est fait très rapidement à partir du moment ou la Pastèque m’a contactée. J’ai reçu quelques extraits du spectacle de Julie Caron, je pouvais couper dans le texte mais non le modifier, et je devais faire 10 planches couleurs. J'ai travaillé dessus environ 3 semaines, et je me suis beaucoup amusée, (pour ce qui est des coulisses du livre, je ne pourrais vous en parler, les éditeurs seraient mieux placés pour vous expliquer la naissance du projet). Je ne dis pas qu’adapter un texte d’humoriste n’a pas été sans difficultés, mais j'ai trouvé que c’était là un beau défi de faire se rencontrer deux formes d’humour. Je n’ai pas rencontré l'auteur avant la sortie du livre et je n’avais jamais vu son show, mais je pense que c’était une bonne chose, je n’ai pas été influencée de cette manière par les images du spectacle. J'ai rencontré Julie par la suite et il était très étonnant de constater qu’en fin de compte nous avions un peu le même univers et on a vraiment accrochées ensemble. Peut-être un futur projet en commun qui sait ?

 

 

EL : On trouve plus d’auteurs masculins que féminins en BD. La bande dessinée réalisée par les femmes est-elle différente ?

Éva Rollin : Hé, hé, question délicate ...je ne sais pas vraiment si la BD féminine est différentes de la BD masculine, je ne me pose pas la question en ces termes en fait .Les choses ont tout de même beaucoup changées, et le simple fait de parler de BD féminine en fait une catégorie à part, la pose comme quelque chose de particulier, la marginalise (ce qui n’est plus le cas). Actuellement , beaucoup d’auteurs masculins ont un trait et une sensibilité toute féminine .La seule chose que je peux constater, est que quand une femme met un personnage féminin en scène, il est beaucoup moins idéalisé, peut–être sommes nous plus réalistes ou plus dures avec nous mêmes .

 

 

 

 

 

 

 

EL : Vous êtes allée à Angoulême, pourriez vous nous en parler ?

Éva Rollin : Ha, ha, que vous dire sur le festival d’Angoulême à part que c’est un lieu de débauche ! :-) placez quelques centaines d’auteurs qui passent 8 mois sur 12 en moyenne enfermés chez eux à bosser et lâchez les en festival :-) Vous verrez le résultat !

Non sans rire, il est toujours agréable de revoir des gens qu’on ne voit justement qu’une fois par an, mais en dehors de ça, pour avoir vécu 3 ans à Angoulême, Les gros festivals restent quand même des grandes foires commerciales. On peut faire effectivement de bons contacts éditoriaux mais il ne faut pas se leurrer ce n’est pas dans ces circonstances que l’on signe un contrat. On est la pour se faire voir certes  mais après il faut concrétiser ces contacts.

 

 

 

EL : En attendant « Mademoiselle », que nous conseillez vous ?

Éva Rollin : Que conseillez en attendant mademoiselle ? Heu ... Oulâ, j’ai une liste « gigantissime » de livres à lire absolument mais ça me prendrait des jours à vous la communiquer ! Vous pouvez me laisser réfléchir à ça encore un chti peu ?

Tout ce que je peux conseiller c’est LISEZ ! Fouinez, osez des lectures qui ne sont pas forcément dans vos habitudes, faites rentrer la BD chez vous, il y a tellement de bons et beaux livres! Suivez aussi l’essor de la BD Québécoise aussi foisonnant qu’intéressant !

De la BD plus commerciale à des récits graphiques poétiques, il y a une diversité phénoménale dans la BD alors profitons –en !!

 

 

 

 

EL : Y a t’il une question que je n’ai pas posée et a laquelle vous voudriez répondre (avec la réponse, bien sur) ?

Éva Rollin : Euh je ne suis déjà pas très à l’aise dans les entrevues si je dois en plus me poser des questions cela risque de partir en vrille haha vous n’avez pas peur de me laisser les rênes ! Mais voyons... réfléchissons ... « Que voudriez vous faire quand vous serez grande peut-être :-) »

Je ne peux répondre pour l’instant, avec un âge mental de 10 ans je suis encore trop jeune pour décider, j’ai plein de temps devant moi :-) !

 

 

EL : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à ces questions, et pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus, nous conseillons la lecture de « Mademoiselle », de « Et vlan ! » et bien sur, une visite de votre site : http://www.evarollin.com/

 

 

 Copyrignt: Les illustrations de cet article appartiennent à leur auteur

par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Mardi 13 mars 2007

Niko Henrichon a sorti récemment Pride of Baghdad, sur un scénario de Brian K. Vaughan, et travaille actuellement pour un album pour l’Europe. Je me suis intéressé à son travail, j’ai voulu en savoir plus et je l’ai contacté afin qu’il nous en parle par lui même.

 

 

 

 

EL : Pride of Baghdad vient de sortie en anglais et est maintenant disponible en Français, pourriez vous nous en parler?

Niko Henrichon : Pride of Baghdad est un "graphic novel" de 136 pages écrit par l'américain Brian K. Vaughan et dessiné, encré et coloré par moi. Le scénario est inspiré d'une histoire vraie: Suite aux bombardements américains, plusieurs animaux se sont échappés du zoo de Baghdad dont une troupe de 4 lions. Les fait réels se limitent à ça, le reste est le fruit de l'imagination de Brian. En gros Pride of Baghdad décrit les aventures de ces lions fraîchement "libérés". L'histoire est en fait une métaphore sur le concept général de la libération et en plus particulier sur le cas actuel de l'Irak. C'est le principe de base des fables: parler d'un sujet sérieux en utilisant des animaux pour passer un message. Les animaux créent facilement ce lien de sympathie avec les lecteurs. Disons que ce qui se rapprocherait le plus de Pride c'est le roman de George Orwell, La Ferme Aux Animaux, qui est une superbe fable sur le totalitarisme.

 

 

 

 

 

 

EL : Pride of Baghdad, d’après son titre se passe en Irak et sort chez Vertigo aux Etats-Unis. La guerre en Irak étant un sujet sensible là-bas, n’avez vous pas peur de la polémique ?

Niko Henrichon : Pas vraiment, notre histoire ne traite pas du tout de la légitimité de l'invasion et occupation américaine de l'Irak. Notre sujet, c'est les gens, comment la population irakienne peut vivre cette libération qui leur tombe dessus sans qu'ils l'aient vraiment cherché.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Est-ce que vos lions s’en tirent mieux que la population actuelle de l’Irak?

Niko Henrichon : C'est difficile de répondre à ça. Je ne voudrais pas gâcher la surprise. Disons qu'il y a de l'espoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Je viens de lire cette nouvelle sur le site de BD Québec: "Selon le site d'information et d'analyse de la BD américaine « ICv2 », le meilleur vendeur au rayon des "graphic novels" de septembre 2006, serait Pride of Baghdad de Brian K. Vaughan et Niko Henrichon. Au cours de ce mois, les ventes de cet album publié par Vertigo, une filiale de DC Comics, auraient atteint le nombre de 10,734 copies." Qu'est-ce que ça vous fait comme effet?

Niko Henrichon : C'est très plaisant de voir que l'album plait et qu'il fait des bonnes ventes pour le moment. Disons que cette première position est très prometteuse pour l'avenir. Les "graphic novels" et les "trade paperbacks" contrairement au comic books, peuvent vendre pendant longtemps. J'ai hâte de voir comment Pride tient la route à plus long terme.

 

 

 

 

 

 

EL : Pourriez vous aussi nous parler du projet « Unleash » ?

Niko Henrichon : C'est mon premier album en Europe. Une série en quatre tomes qui sera publiée chez Dupuis. Après Pride, j'ai voulu aller mettre un pied du côté de l'Europe parce-que le marché là-bas est très intéressant et les possibilités sont grandes. Unleash est scénarisé par Sylvain Runberg. On lui doit aussi quelques autres projets chez Dupuis comme Orbital et Les Colocataires. En gros, c'est un triller de science-fiction assez sérieux qui parle entre autre de terrorisme international.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Encore une fois une thématique proche des préoccupations actuelles. Est-ce que l’actualité en général vous intéresse?

Niko Henrichon : Bien sûr, j'essaie de me tenir informé. Aujourd'hui avec internet on peut facilement avoir accès plusieurs interprétations du même évènement.

 

 

 

 

 

 

EL : Comment s’est fait le contact pour ce projet?

Niko Henrichon : Un jour, par hasard, j'ai écrit à mon ancien éditeur chez DC avec qui j'avais travaillé sur Barnum. Il m'a laissé savoir qu'il cherchait quelqu'un pour dessiner Pride of Baghdad. En lisant le premier synopsis, ça m'a tout de suite accroché.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Il y a de plus de plus de « bédéistes » du Québec publiés en Europe et aux États-Unis, est-ce que c’est un bon signe pour la BD québécoise en général?

Niko Henrichon : Je pense que oui. En ce moment, la BD Européenne ouvre grand les portes à énormément de nouveaux projets, plus que jamais. La manne est là. Les Québécois en profitent bien sûr, mais il n'y a pas qu'eux. Il y a de plus en plus de sorties d'albums à chaque année. Il faudra voir ce que ça va donner sur le long terme. Mais tout ça ce n'est pas vraiment de la BD québécoise. Le plus souvent il n'y a que le dessinateur qui est québécois. J'aimerais voir plus de scénaristes québécois publiés en Europe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Comment êtes vous arrivé à la bande dessinée ?

Niko Henrichon : Comme beaucoup de dessinateurs professionnels, j'ai dessiné très jeune et la passion est restée. La décision même de gagner ma vie en bande dessinée est relativement récente. Ça s'est passé pendant mon CEGEP en arts visuels, période pendant laquelle j'ai découvert les bandes dessinées européennes et américaines. En voyant les grandes possibilités du médium, j'ai décidé que je devais aussi être de la partie.

 

 

 

 

 

 

EL : Est-ce possible actuellement, pour un jeune qui débute, d’espérer vivre de la BD ?

Niko Henrichon : Tout à fait. Si ce jeune est prêt à faire les efforts nécessaires. Il ne faut pas espérer avoir beaucoup de sécurité d'emploi, de plan de retraite, d'avantages sociaux, etc. C'est un travail exigeant, il faut être bon à tous les jours et sur toutes les pages. Mais actuellement, c'est une bonne période pour être publié en Europe. Comme j'ai dit plus tôt, les portes sont grandes ouvertes. Nous sommes probablement à une période charnière dans la BD européenne puisque les auteurs de la période de l'âge d'or de la BD franco-belge sont en train de nous donner leurs dernières oeuvres et malheureusement à chaque année qui passe plusieurs d'entre eux décèdent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Pourriez vous nous décrire votre façon de travailler ?

Niko Henrichon : J'ai changé souvent ma façon de travailler. Dans mes premiers boulots, je focusais beaucoup sur le dessin et l'encrage en laissant quelqu'un d'autre colorer les pages. En travaillant pour le studio Grafik Sismik à Québec, j'ai pu améliorer ma technique de coloration digitale. C'était une possibilité que je n'avais pas vraiment envisagée avant et il m'a semblé que mon travail prenait plus de force lorsque je faisais moi-même la couleur. Je trouvais qu'il y avait plus d'unité dans le résultat. Alors j'ai décidé de travailler ainsi pour mes projets suivants. J'aime bien renouveler ma façon de travailler alors j'imagine que ce que je ferai dans 5 ans sera encore différent de ce que je fais aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

EL : Travaillez vous le tout en digital, ou commencez vous aux « crayons »?

Niko Henrichon : Je fais encore crayonnées et encrages à la main. Un jour peut-être j'irai dans le 100% digital mais pour le moment j'aime bien avoir un original devant moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Comment se passe au niveau pratique l’interaction avec vos scénaristes ?

Niko Henrichon : Ça dépend toujours des scénaristes. Le moment où l'on parle le plus, c'est à l'étape des découpages. Tous les scénaristes avec qui j'ai travaillé jusqu'à aujourd'hui ont voulu s'impliquer pour discuter des découpages. C'est bien, parce que ça permet de vraiment donner le ton au récit. L'idéal c'est de se parler régulièrement pendant le projet pour être certain d'être sur la même longueur d'onde.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Vous semblez aimer le fantastique, quelles sont vos références en ce domaine ?

Niko Henrichon : J'aime bien le genre fantastique mais pas spécialement plus que les autres genres en BD. En plus, je trouve que le fantastique a été abordé tellement souvent que ça devient difficile de traiter ce genre d'une façon originale. Je n'ai pas vraiment de référence en fantastique à part des romans comme Le Seigneur des Anneaux et des séries de BD comme Thorgal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL: J’ai vu sur votre site que vous aviez un projet personnel intitulé « Fantastico », quelles sont vos sources d’inspiration pour ce projet ?

Niko Henrichon : Dur à dire. Fantastico c'est un projet très vague, très improvisé ou je ne fais que m'amuser pendant que je travaille sur d'autres projets plus sérieux. Je n'ai pas beaucoup de temps à y consacrer mais quand je travaille dessus, c'est de la récréation pure. Je m'inspire de dessinateurs qui viennent de partout. Je ne peux pas dire exactement ce qui a inspiré Fantastico mais de façon générale j'ai été très inspiré par Moebius, Hugo Pratt, Mandrafina, Carlos Nine, Katsuhiro Otomo, Hayao Miyazaki et plusieurs autres. La liste est longue.

 

 

 

 

 

 

EL : Quels sont vos autres projets ?

Niko Henrichon : J'ai quelques idées d'histoire pas encore bien ordonnées pour le moment. Malheureusement, rien qui ne soit vraiment intéressant à mentionner à ce stade-ci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Pourriez vous partager avec nous vos « coups de cœur », tous domaines confondus ?

Niko Henrichon :

--En BD: j'en ai déjà mentionné plusieurs, je pourrais ajouter Paul Pope, Blutch, Nicolas de Crécy, Alan Moore, Neil Gaiman, Chris Ware, Charles Burns, Taiyou Matsumoto, Nihei Tsutomu.

--En films: Les films de Stanley Kubrick, Akira Kurosawa, Sergio Leone, Martin Scorcese, Terry Gilliam et Marcel Pagnol.

--En musique: Frank Zappa, Miles Davis, The Beatles, Stereolab, Amon Tobin. C'est difficile de choisir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Y a t’il une question que je n’ai pas posée à laquelle vous aimeriez répondre?

Niko Henrichon : Non. Tout a été dit.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Merci beaucoup de nous avoir accordé cette entrevue, et nous allons attendre avec impatience vos prochaines sorties

Niko Henrichon : Merci à vous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site internet : http://www.nikohenrichon.com/

Toutes les images de cet article sont propriété exclusive de Niko Henrichon

par Eric Lamiot publié dans : Entrevues
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Vendredi 9 mars 2007