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Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 01:00

Entrevue publiée le 17-05-2006

 

 

 

 

 

 

Entrevue avec Djief (Jean-François Bergeron), dessinateur de Bande Dessinée, co-auteur de « La Voyante » avec André-Philippe Coté, et de Tokyo Ghost, bientôt chez tous les bon libraires.

 

 

Pourrais tu nous décrire un peu ton projet actuel ?

Tokyo Ghost est un thriller aux touches fantastiques qui se déroule aujourd’hui dans la capitale nipponne. Nous y suivons deux jeunes adultes qui se retrouveront mêlés à un drame surnaturel suite à la mort d’un être aimé. C’est un récit bien balancé entre l’action et l’intimisme. C’est aussi pour moi un vrai défi graphique à cause de la culture japonaise moderne que je dois illustrer sans tomber dans la caricature folklorique. Mais malgré ce souci, restons sérieux; ce récit doit sans aucun doute comporter plusieurs aberrations graphiques aux yeux des tokyoïtes. C’est malheureusement le lot de travailler sur une culture qui nous est étrangère.

 

Pourquoi le japon, et avez vous eu l’aide d’une personne japonaise pour vous permettre de coller plus à la réalité?

Concernant le choix du japon et plus particulièrement de Tokyo, je sais qu’il voulait depuis longtemps mettre en scène  une histoire dans cette ville qui le fascine.
Maintenant, pour s’assurer que l’on ne racontait pas n’importe quoi graphiquement, Olivia Papini de chez Soleil qui avait une expérience concrète du japon et qui pouvait avoir accès à des personnes ressources sur le sujet a suivi (et suit toujours) le dossier. Ce qui nous a permis d’apporter quelques modifications aux attitudes des personnages et aux coutumes illustrées.


Comment s'est fait le contact pour ce projet ?

Nicolas Jarry, le scénariste, avait remarqué mon travail lorsque j’étais au sein du groupe Grafiksismik. Il nous avait abordé en nous proposant un projet de cape et épée fantastique qui était déjà signé chez Delcourt mais dont le dessinateur traînait dans la livraison des planches. L’écriture de Nicolas m’avait beaucoup plu, mais le dossier m’a échappé des mains puisque l’éditeur a finalement décidé d’attendre le dessinateur déjà engagé. Nicolas m’a alors proposé Tokyo Ghost. J’ai réalisé des planches tests et le dossier a trouvé preneur chez Soleil.  

Comment ça se passe concrètement entre les participants ?

Sans anicroche! Le scénario de Nicolas est totalement écrit avant même que je dessine la première planche. Je découpe l’album en deux portions de 23 pages que je présente au fur et à mesure à Laurent Duvault, le directeur de collection et à Nicolas. Après approbation du découpage, je m’attaque aux planches en noir et blanc qui sont aussi approuvées par Laurent et Nicolas pour ensuite passer à la colo aux bons soins de Joëlle et sans oublier Giral aux aplats! Toute la communication avec Nicolas Jarry et Laurent Duvault se fait par e-mail ou MSN. Si tout va bien, j’espère les rencontrer en personne l’année prochaine lors d’un certain festival en France…

 

Ce festival semble être un « Graal » pour certains, qu’est-ce que tu en espères?

Si l’on parle d’Angoulème, je crois que c’est une expérience à vivre une fois dans sa vie d’auteur pour la simple frénésie et saisir l’ampleur de l’industrie. Autrement, je ne m’attend pas à grand-chose d’autre, outre à l’épuisement que peux procurer l’événement. Ce qui m’intéresse surtout, c’est d’enfin rencontrer mes collaborateurs français, mais malheureusement je ne crois pas qu’un festival soit ultimement le contexte idéal. Au moins ce sera un bon prétexte pour retourner en Europe! ;-)

Qu'est-ce qui t'a donné le goût de faire de la BD ?

C’est un moyen d’expression que j’ai vite maîtrisé jeune et dont je sentais qu’il remplissait tout mes besoins créatifs avec des moyens à ma porté: un crayon, une gomme à effacer et une feuille de papier… la simplicité même! Mais bien entendu, mes premières lectures de BD franco-belge ont été à l’origine de cette étincelle qui a mis le feu aux poudres.

Peux tu nous décrire un peu ton parcours ?

Oui, il n’a rien d’épique cependant. Le désir d’être créateur de bande dessinée m’habite depuis que je suis en âge de lire et d’écrire. Mais comme il ne se donnait pas de formation comme tel au Québec, j’ai opté pour le graphisme au CÉGEP qui ne m’a définitivement pas convaincu puisque je ne l’ai pas terminé… En sortant des études collégiales, j’ai donné quelques ateliers BD à Québec et en 1990, j’ai été Grand gagnant du 6ième concours international de bande dessinée organisé par la C.A.I.J. Charleroi (Belgique). C’était  une belle reconnaissance à cette époque même si elle ne m’a pas ouvert toutes les portes que j’aurais pu espéré. J’ai donc décidé de me trouver un emploi rémunérateur et j’ai été embauché par une boîte de productions vidéo où j’y ai travaillé comme animateur 3D. C’était en 1991, alors la complexité des logiciels était assez basse pour que j’apprenne le métier « sur le tas ». Parallèlement, j’ai publié à cette époque une compilation de courtes histoires scénarisées par d’A.-P. Côté : La voyante. Encore une fois, comme il fallait bien vivre, j’ai fondé avec mes frères une compagnie de multimédia et de 3D (SVC – en 1995). J’y ai travaillé jusqu’à la fin 99 pour faire le bond en 2000 du côté des jeux vidéo comme designer jusqu’en 2004. C’est pendant cette période que je me suis complètement détourné de la bande dessinée. Ça été à cette époque, un raz le bol total dû aux perspectives professionnelles insignifiantes pour un québécois en bande dessinée. Mais avec l’arrivée de nouveaux auteurs, la percée des gars comme Labrosse, Voro et Mivilles-Deschênes que j’ai cru à un retour possible de mon rêve d’enfance. Donc, en tentant des approches chez Spirou en 2002, Thierry Tinlot le rédac en chef de l’époque m’a donné ma chance. J’ai illustré sporadiquement de courts récits pour ce magazine pendant 2 ans ce qui a renforcé mon assurance d’être prêt pour le grand saut. En 2004, je joignais l’équipe de Grafiksismik pour laisser derrière moi mon travail de designer de jeux et m’attaquer à temps plein à celui de dessinateur. Depuis 2006, je vole de mes propres ailes comme auteur de bande dessinées.

 

Tu parles de perspectives insignifiantes, peut-on vivre correctement de la BD aujourd’hui?

Oui, je le crois, mais il faut viser le marché international. Donc soit le marché anglophone Nord Américain ou le marché francophone Européen. Les maisons d’éditions BD québécoises d’aujourd’hui font de gros efforts pour se faire distribuer en Europe par exemple. Mais jusqu’aux années 2000, les perspectives étaient en effet trop locales, donc peu encourageantes.


Comment tu t'organises dans ton travail ?

J’ai vite compris qu’il faut beaucoup de discipline pour se monter une carrière dans la BD. Comme c’est un travail solitaire, généralement exécuté chez soi, avec des horaires non imposés, il est facile de remettre à demain ce qui doit être fait aujourd’hui. Et en plus de la discipline, on doit avoir le souffle du marathonien : dessiner tout les jours et produire nos planches malgré nos humeurs on nos vagues à l’âme. Enfin, dans l’état des choses en ce qui me concerne, rater une livraison ou prendre un temps fou pour parfaire mon travail est un luxe que je ne peux me permettre. Mais nous en reparlerons quand j’aurai quelques albums sous le bras…

Quelles sont tes influences ?
Plus jeune, Hermann et Rosinski m’ont beaucoup influencés dans leur mise en scène et leur découpage cinématographique. Aujourd’hui, j’aime particulièrement le travail de Boucq, Gibrat et Marini pour ne citer que ceux-là. Mais je dois avouer que je suis un inconditionnel de Christophe Blain, Dupuy-Berberian et Guibert. J’ai aussi découvert récemment GIPI qui m’a vraiment touché avec son « Notes pour une histoire de guerre » 


C'est quoi pour toi « une bonne BD ? » ?
C’est avant tout un bon moment à passer en compagnie d’une bonne histoire bien raconté. S’il ne se dégage pas un plaisir dans ma lecture, je referme le livre très rapidement. Mais il faut comprendre qu’une « bonne BD » prend son sens par rapport à l’âge et l’expérience de vie que l’on a. Je ne lis pas les mêmes choses qu’à 10 ou 20 ans. Je crois qu’il existe de la bonne bande dessinée pour tous les groupes d’âges. Ce qui est important c’est d’y retrouver ce qui nous parle et le 9e art a cette richesse de la variété.  

 

Qu'est ce que tu penses de la vague BD actuelle (et de la production
soutenue) et particulièrement du décollage de la « BD québécoise » ?
Je crois que l’on assiste à une belle période pour la BD. Beaucoup de gens sont inquiet face au nombre vertigineux de titres chaque année. Une épuration va certainement faire disparaître bon nombre d’auteurs moins talentueux dans les prochaines années, mais dans l’ensemble le marché fait preuve d’une grande vitalité et offre à des auteurs québécois des opportunités inouïs.

 

Si tu devais qualifier ton travail, qu'est-ce que tu en dirais ?
Mmmm… Difficile à répondre celle-là. Je préfère laisser les autres analyser mon travail. Sinon, dessineux-de-bonhommes-qui-se-veut-réalistes, ça te va? ;-)

 

Quels sont tes projets d'avenir ?

À court terme après Tokyo Ghost, ce sera une nouvelle série, toujours pour Soleil. Mais je ne peux pas encore en parler… À long terme, un autre projet d’envergure avec un certain ami scénariste, mais là aussi ça doit rester dans le secret des dieux. Désolé de ne pas être plus loquace sur le sujet.

 

Qu’est-ce que tu dirais à quelqu’un qui voudrais se lancer dans la BD?

De ce trouver un vrai job? Meuuuh non, je blague bien sûr! Mais en même temps, il faut être drôlement passionné pour s’y acharner et percer. Et une fois dans le milieu, c’est toujours pas gagné! Je n’en suis qu’à mes premières années de pratique et je dois rester vigilant pour faire de mon mieux si je veux avoir une longue carrière. Je crois beaucoup dans la théorie de l’évolution de Darwin qui déclarait que seule les espèces capables de s’adapter survivront! Alors, il faut continuellement s’ajuster sinon on risque de souffrir du syndrome de l’artiste incompris. Mais je m’éloigne. Mes recommandations pour un jeune auteur en devenir se résume ainsi : persévérance, passion et travail acharné. C’est cliché je sais, mais utile de se le rappeler!

 

Merci beaucoup à Djief (Jean-François Bergeron) de nous avoir accordé de son précieux temps pour cette entrevue.

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Lundi 3 janvier 2011 1 03 /01 /Jan /2011 01:00

Entrevue publiée le 09-05-2006

 

 

 

 

La Pastèque est une maison d’édition de bandes dessinée maintenant devenue un incontournable du Québec, qui publie autant des nouveaux auteurs comme Pascal Blanchet (La fugue) que des rééditions de classiques de la bande dessinée Québécoise comme Michel Risque de Godbout et Fournier. Pour en savoir plus, nous avons demandé à Mr Martin Brault, de cette maison d’édition, de bien vouloir répondre à quelques questions.

 

 

Pourriez vous nous rappeler la genèse des éditions La Pastèque ?

 

C’est en écoutant une table ronde sur la bande dessinée québécoise au Salon du livre de Montréal en novembre 1997 que l’idée de fonder une maison d’édition nous est venue. Ce jour-là, nous avions eu droit au sempiternel constat pessimiste sur la BDQ. Nous avons eu alors envie de brasser la cage et d’insuffler un peu d’optimisme à cette morosité ambiante.

 

Nous voulions prendre le pari que les Québécois, comme les francophones d’Europe apprécieraient une bande dessinée plus personnelle, plus intimiste à l’instar de ce que L’Association par exemple, avait fait en France.

 

Nous voulions aussi réaliser le pari de rendre viable une structure d’édition spécialisée en bande dessinée au Québec.  Huit ans et trente-cinq titres plus tard, nous pensons avoir fait la preuve de notre réussite.

 

Comment expliquez vous le succès des albums de Michel Rabagliati ?

 

Michel Rabagliati a su développer une bande dessinée d'inspiration autobiographique confondante de fraîcheur. Une oeuvre extrêmement attendrissante remplie de finesse et de sensibilité.  Son succès est amplement mérité.

 

Vous avez sorti un album très atypique (Fugue de Pascal Blanchette), pensez-vous que c'est un pari risqué dans le monde de la BD ?

 

Tout titre est un pari risqué.  Il n’y a rien d’acquis en édition. Cependant, La fugue n’a rien d’atypique à nos yeux.  La bande dessinée d’aujourd’hui est plus que jamais un moyen d’expression riche et diversifié. La bande dessinée est constituée d’autant de courants que les autres formes d’art. La fugue EST une bande dessinée. Tergiverser sur ce point démontre une profonde incompréhension du potentiel et de la richesse de ce médium.

 

De plus, nos livres ne s’adressent pas uniquement au lectorat traditionnel de la bande dessinée. Il n’y a pas de cloison de genre dans notre travail.  Nos livres sont réalisés comme tout autre ouvrage du monde de l’édition.  Nous avons le souhait de rejoindre le plus large public possible.

 

Qu'est-ce qui régie votre politique éditoriale ?

 

Publier les livres que nous voulons lire dans une totale indépendance éditoriale et bâtir un catalogue d’une cohérence exemplaire.

 

Vous sortez à la fois des albums de jeunes auteurs inconnus et vous rééditez des classiques de la BD Québécoise (Michel Risque), pourquoi ?

 

Quelle drôle de question!  Pour plusieurs raisons! Parce qu’un auteur doit bien commencer quelque part! Parce que nous avons un intérêt marqué pour la relève et que l’on se doit de faire connaître de jeunes auteurs tout en maintenant notre politique éditoriale.

 

En ce qui a trait à la réédition des classiques de la BDQ et en particulier au travail de Réal Godbout et Pierre Fournier c’est parce qu’il est inadmissible que nous puissions trouver en librairie  les classiques de la littérature québécoise mais pas Michel Risque. Parce que si nous ne rendons pas disponible les livres fondateurs de notre bande dessinée, nous ne pourrons jamais rendre tribut à ceux qui sont venus avant nous. Et au final, parce que la lecture de Croc à bercé notre adolescence et que de republier ces titres est un immense privilège.

 

Qu'est-ce qui vous motive dans la bande dessinée actuelle ?

 

L’intégrité, l’expérimentation et le travail soigné.

 

Votre stand au salon du livre / Festival de la BD francophone de Québec était éloigné des autres stands d'éditeurs Québécois, était-ce voulu ? Est-ce que vous pensez que ça a changé quelque chose en terme de visibilité pour vous ?

 

Notre absence du Festival de la BD francophone était totalement assumé de notre part.  Cet événement ne répond pas à nos attentes et nos besoins.  En terme de visibilité, nous participions au Salon du livre de Québec et nous pensons avoir atteint un lectorat beaucoup plus large en étant rattaché à cet événement.

 

Quels sont vos plus récents « coups de cœurs » ?

 

Safari Monseigneur de Florent Ruppert et Jérôme Mulot à L’Association

La série Say Hello To Black Jack de Syuho Sato chez Glénat

La série Yakitake Ja-pan de Hashiguchi Takashi chez Delcourt

 

Que nous réservent les prochains mois pour La Pastèque ?

 

On peut annoncer sans se tromper que 2006 est une année importante pour la Pastèque. Mine de rien nous sommes rendus à 8 titres publiés d’ici le mois de mai en comptant la réimpression de Paul en appartement sous un nouveau fini. 

 

Pour la seconde moitié de l’année, il y aura à la fin juin un projet mené conjointement avec le Festival Juste pour rire. Le très attendu  Paul à la pêche sortira au troisième trimestre ainsi que Rapide-Blanc de Pascal Blanchet.  Pour la fin de l’année Nicolas Malher est enfin de retour avec Poèmes et le quatrième tome de Michel Risque, Le droit chemin, sera sur les tablettes

de votre librairie.

 

Côté réédition, nous devons une fois de plus réimprimer Comment ne rien faire de Guy Delisle. Paul a un travail d’été est le prochain de la série à passer sous la nouvelle maquette.  Le labyrinthe de Kratochvil et Visite Guidée sont les deux seuls titres qui resteront à refaire.

 

Dix autres titres pourraient voir le jour au second semestre 2006.  Les livres annoncés ne sont que les projets dont nous sommes sûrs et qui sont suffisamment élaborés pour paraître à la date indiquée.

 

Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à nos questions.

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Dimanche 2 janvier 2011 7 02 /01 /Jan /2011 01:00

Entrevue publiée le 03-08-2006

 

 

 

 

Voro (Vincent Rioux), est l’auteur de « La mare au Diable » et de la série « tard dans la nuit » dont le troisième tome sortira bientôt sur les tablettes de toutes les bonnes librairies. A l’occasion de la fin de cette série, Bedeka.org lui a demandé de nous parler de son travail, de ses projets et de ses goûts.

 

 

Tu termines le troisième tome de « tard dans la nuit ». Pourrais-tu nous dire quand ça va sortir et nous en parler un peu ?

 

Le tome 3 est terminé, il devrait sortir en septembre pour l’Europe et un mois plus tard pour le Québec. Il se nommera « Les orphelins » et laissera une place beaucoup plus grande dans l’histoire à ces derniers. C’est la conclusion de l’histoire. Avec le premier tome, nous avons mis en place l’histoire et l’intrigue, dans le 2e nous avons répondu à toutes les questions de l’intrigue et maintenant, c’est le temps de résoudre les problèmes. Donc, un album plus dans l’action que les précédents… je me suis bien amusé à le faire, c’est mon petit préféré !

 

Comment se passe le travail avec le scénariste ?

 

En premier lieu, je rencontre mon ami Djian en France, habituellement lors d’un festival BD, et nous travaillons les scènes du livre à faire très sommairement, comme une grille. Ensuite, je retourne chez-moi et nous développons le scénario chacun de notre côté, en nous relançant à plusieurs reprises les scènes et les dialogues jusqu’à ce que nous soyons mutuellement satisfaits.

 

Les orphelins de Duplessis, c’est une partie de l’histoire du Québec. Avez vous eu besoin de beaucoup de documentation pour cette histoire ?

 

En premier lieu, Tard dans la nuit a été écrit dans un monde fantastique avec des enfants handicapés. C’est plus tard, à la suite d’une demande de notre éditeur, que nous avons adapté le scénario dans le contexte historique du Québec. Nous nous sommes inspirés des évènements et du climat politique des orphelins de Duplessis pour remplacer les enfants handicapés par des orphelins.  Bien sûr, nous avons lu quelques livres sur la période Duplessis mais, comme je ne voulais pas rentrer dans l’histoire politique brute, je n’ai pas eu à faire de grandes recherches. Mes études se sont surtout portées sur les petits villages éloignés de l’époque, la façon dont on y vivait, la technologie, l’architecture, etc.

 

As-tu le droit d’intervenir dans le scénario, et Djian peut-il intervenir au niveau du dessin ?

 

Nous travaillons le scénario en symbiose, le travail d’équipe permet de se dépasser et je laisse la même possibilité à Djian pour juger mes dessins.

Djian est très sympathique et il me fait entièrement confiance pour le découpage du scénario. C’est une condition obligatoire pour que je puisse travailler avec un scénariste. Je suis un auteur complet et je fais de la BD parce que c’est le seul art qui permet de marier le dessin et l’écriture dans une liberté totale. Je ne serais pas prêt à laisser tomber l’un ou l’autre, sinon je bosserais dans le dessin animé, c’est plus payant.

 



 

 

 

Pourrais tu nous dire comment tu es arrivé à la bande dessinée ?

 

J’ai toujours été dans ce monde, à l’âge de quatre ans, je faisais des Lucky Luke partout. Je fais des planches de BD depuis le plus loin que je me rappelle et j’ai toujours dit que ce serait mon métier. Comment je suis devenu auteur professionnel ?  Ça c’est une histoire beaucoup trop longue pour que je la raconte ici, mais disons que c’est avec bien du travail, de la discipline et énormément de persévérance que j’y suis arrivé.

 

Pour les amateurs du coté technique, pourrais-tu nous décrire ta méthode de travail ?

 

Je viens tout juste de faire une description de mon processus de création très détaillée pour le site http://www.bedeka.org/.

 

(A venir sur Bedeka.org incessamment)

 

Pour cette série, tu t’es basé sur ton village d’origine, Le Bic, si je ne me trompe pas. Es-tu un passionné de l’histoire locale ?

 

Non, pas en particulier, toutes les bonnes histoires me passionnent. Je suis surtout un passionné de mon village et de la nature !

 

Tu es crédité pour avoir ouvert tes « archives » pour « magasin général » de Loisel et Tripp. Comment s’est passé cette rencontre ?

 

C’est une histoire de famille ! La femme de Régis est la cousine de Djian. Lorsque Régis est arrivé au Québec, nous nous sommes rencontrés lors de ma première séance de dédicace (il était à ma droite pour dédicacer, tu imagines le stress !!!) et le lien est vite venu sur la table. Après quelques rencontres et quelques années, Régis savait que je bossais sur une histoire se déroulant au Québec, environ à la même époque que Magasin général. Il m’a demandé de la documentation pour son histoire. J’avais tout ce qu’il leur fallait sous la main et comme j’aime bien les barbus, je lui ai donné tout ça ! Comme quoi, on a toujours besoin des plus petits ha ! ha !

 

« La mare au diable », ainsi que « tard dans la nuit » se passent dans un milieu rural. Est-ce un choix ou un hasard ?

 

Un hasard choisi… Disons qu’on dessine ce que l’on connaît bien. Et j’aime mieux dessiner « le vieux » et la nature, que la ville bien droite avec ses grandes lignes et son béton. Mais dans mon prochain livre, je dessinerai Paris sur une dizaine de planches, histoire de changer de répertoire et de me donner de nouveaux défis !

 

Où trouves tu ton inspiration, à la fois pour le coté scénario et pour tes personnages ?

 

Les scénarios me descendent directement du ciel dans les moments où je suis le plus fatigué, souvent très tard dans la nuit … Et je me lève pour écrire comme un fou pendant plusieurs heures. Pour les dessins, j’observe tout ce qui m’entoure et je le transforme sur papier. Jamais aucun illustrateur ne sera aussi talentueux que mère nature, alors aussi bien copier le plus grand maître qui soit !

 

Dans tes choix de couleurs, on trouve peu de bleu, ce qui donne une atmosphère particulière au dessin. Pourrais-tu nous expliquer pourquoi ce choix ?

 

Je n’aime pas le bleu ! Je trouve que c’est une couleur trop froide qui enlève toutes les ambiances dans une illustration. Lorsque je dois absolument l’utiliser, je lui ajoute du jaune ou du rouge pour l’atténuer.

 

Lors des séances de dédicaces, tu prends le temps de parler à tes interlocuteurs, ce que j’ai personnellement beaucoup apprécié. De ton coté, qu’est-ce que tu tires de ces rencontres ?

 

Je pourrais facilement faire un dessin toutes les 5 minutes et me transformer en photocopieuse en délaissant tout le côté humain de la rencontre en dédicace. Ou prendre 20 minutes et me concentrer pour faire une superbe dédicace sans parler au lecteur. Mais je passe mes journées (mes années) à dessiner, seul et bien concentré, pour remplir le livre de beaux dessins. Alors je ne voix pas le but d’ajouter un 463e beau dessin au livre. Je préfère prendre 15 minutes pour parler avec le lecteur devant moi et échanger sur ses impressions.

 

Le troisième tome de Tard dans la nuit va clôturer la série. Quels vont être tes projets ultérieurs ?

 

J’ai beaucoup de projets en tête. Mon prochain livre sera sûrement ma dernière collaboration avec un scénariste, car je veux reprendre le côté scénario pour moi seul par la suite. Je vais donc réaliser une histoire avec Marc Bourgne (l’auteur de Frank Lincoln, Barbe Rouge…) qui portera sur la relation entre un jeune Français et sa demi-sœur, une Vietnamienne dans la France de 1963.

 

En attendant que ton album paraisse, pourrais-tu nous proposer quelques choix de lecture ?

 

Tout ce que Will Eisner à fait !!! :

-          A Life Force

-          Tho the heart of the storm

-          The dreamer

-          Life on another planet

-          Etc…

(Beaucoup de ces livres sont traduit en français chez Delcourt et Soleil.)

 

Y a t’il une question que je n’ai pas posée à laquelle tu aimerais répondre ?

 

Ma réponse est « Oui, 8 heures par jour »  ! À vous de trouver la question…

 

Merci beaucoup. C’est avec impatience que nous allons attendre l’arrivée de « Tard dans la nuit » tome 3.

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 01:00

Entrevue publiée le 10-11-2006

 

 

 

L’Oie de Cravan est une maison d’édition québécoise qui s’intéresse à la poésie sous toutes ses formes. Poésie et Bandes dessinée ? Ce mélange atypique a intéressé Bedeka.org qui a voulu en savoir un peu plus. Benoît Chaput a accepté de nous parler de L’Oie de Cravan, et des liens possibles entre la bande dessinée et la poésie.

 

 

BDK : Pourriez vous nous présenter votre maison d'édition ?

 

Oie de Cravan : La maison a été fondé en janvier 1992 avec la publication de mon  recueil «Loin de nos bêtes» que je voulais faire pour la simple joie de faire un livre avec les dessins de mes amis, sans penser  à plus. Ensuite, très lentement, en suivant un petit chemin qui serpente, la maison s'est mis à publier de plus en plus. Il y eu, dès ce début, l'idée d'allier les forces évocatrices du mot et de l'image pour donner forme à un objet qui puisse être un petit « déclencheur» poétique, quelque chose qui fasse naître une émotion poétique. La  maison est placée sous l'influence revendiquée du surréalisme, où justement la poésie ne se trouvait pas limitée à un mode d'expression. Le nom «L'Oie de Cravan» vient d'ailleurs d'un bestiaire écrit pas le poète surréaliste belge Louis Scutenaire et se veut un hommage au poète et boxeur Arthur Cravan.

 

 

BDK :  Vous êtes éditeur de poésie. Qu'est-ce qui vous a amené à publier de la bande dessinée ?

 

Oie de Cravan : Comme pour beaucoup d'autres choses, c'est le fil des amitiés, le fil de la vie, qui a compté. Dans ce cas la rencontre avec le sérigraphe et bédéiste Simon Bossé a été déterminante : c'est lui qui m'a ouvert les voies de cet univers que je connaissais peu et qui m'en a fait découvrir les possibilités.

 

 

BDK :  Est-ce que la bande dessinée peut être un bon véhicule pour la poésie ?

 

Oie de Cravan : Bien sûr, à condition de ne pas vouloir faire du «poème» dessiné mais plutôt d'utiliser toutes les forces à la disposition de ce médium pour créer quelque chose qui soit poétique. Je pense ainsi au travail complexe de Geneviève Castrée pour Pamplemoussi, où s'entrecroisent  l'image, le texte, l'histoire et même la musique d'une façon tout à fait inédite. À l'autre pôle le travail très épuré, simple en apparence, de Diane Obomsawin, porte une charge poétique extraordinaire.

 

 

BDK : Comment choisissez vous les auteurs que vous éditez ?

 

Oie de Cravan : Il y a surtout eu des coups de foudre, des gens dont j'ai vu le travail et qui m'ont éblouis. Encore ici l'apport de Simon Bossé est important, il m'a fait découvrir la plupart des noms qui me fascinent encore.

 


BDK : Quand vous recevez un manuscrit de bande dessinée, qu'est-ce que vous regardez en premier, la narration ou l'image ?

 

Oie de Cravan : Pour moi ces deux éléments sont indissociables. Il faut bien dire que je ne publie pas du tout de bande dessinée narrative «classique» («L'Affaire Madame Paul » de Julie Doucet est peut-être l'exception qui confirme la règle).

 

 

BDK : Quelles sont les qualités que vous attendez d'une bande dessinée ?

 

Oie de Cravan : Une voix propre, différente. Pour moi la compétence technique est secondaire. Il faut parler avec ce qu'on possède vraiment sans prétendre à autre chose.

 

 

BDK : Je suppose que vos premiers lecteurs étaient des amateurs de poésie. Quelle a été leur réaction face aux bandes dessinées ?

 

Oie de Cravan : Difficile à dire. J'essaie beaucoup de décloisonner les genres. J'aime voire les «gangs» de musique, poésie, arts visuels, bd, militants aussi, se mélanger. Je pense que certains aiment ça et d'autres sont plus frileux.

 

 

BDK : Quels sont vos derniers « coups de cœurs », tout domaines confondus ?

 

Oie de Cravan : Ah, difficile à dire. En vrac : des poèmes de Georges Henein, le dernier livre de Pierre Senges chez Verticale (il a collaboré avec Killofer), l'exposition Dada au Moma à new-york, le journal littéraire français «Attila», tous les disques de Devendra Banhart, le vieux free Jazz allemand, l'expo des oeuvres des membres des Georges Leningrad en juin à la Casa del Popolo, un vieux «Génie des Alpages» dans les toilettes chez des amis hier soir..

 

 

BDK : Qu'est-ce que vous pensez de la bande dessinée Québécoise actuelle ?

 

Oie de Cravan : Je ne sais pas bien. Je pense que les gens qui m'intéressent le plus sont presqu'invisibles  à l'heure actuelle mais on devine un bouillonnement. Il y a bien sûr un renouveau très évident, une avancée vers une qualité «européenne», chez des éditeurs comme Mécanique Générale et La Pastèque qui font un excellent travail. Parallèlement à ça, à Montréal, il y un milieu anglophone avec beaucoup de jeunes artistes qui sont influencés par le genre de dessin  au confluences de l'art et de la bd rendus célèbre par des gens comme Marcel Dzama.  À L'Oie de Cravan, le travail de Jeff Ladouceur ou de Nadia Moss pourrait se situer dans cette mouvance. En fait, je m'intéresse surtout à ce que je ne connais pas déjà. On devine des choses dans un salon comme «Expozine», chez des jeunes. Ça, c'est passionnant.

 

 

BDK : Qu'est-ce qui nous attends chez l'Oie de Cravan pour les prochains mois ?

 

Oie de Cravan : Dans le domaine qui vous intéresse le plus, il y aura la parution d'un excellent «Kaspar Hauser» par Diane Obomsawin en février.  Mais aussi, dès la mi-octobre, nous ferons paraître un petit livre de poèmes-collages de Julie Doucet accompagnés d'un petit cd. Il y aura aussi, bien entendu, de nombreux autres recueils de poésie.

 

 

Merci beaucoup pour votre travail et pour nous avoir permis de réaliser cette entrevue.

 

Pour plus d’informations : http://www.oiedecravan.com

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 15:26



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Vous aimeriez posséder une planche originale de BD et poser un geste altruiste ? Voici l’occasion de faire d’une pierre deux coups !

L’idée est simple, pour donner un coup de pouce aux sinistrés d’Haïti, des auteurs de BD ont tous mis en vente une planche originale de BD dans un encan dont les profits seront versés intégralement à la Croix-Rouge canadienne.

Vous êtes intéressé à participer ? Voici comment faire :
1) Visitez le blog des auteurs participants (voir la liste un peu plus bas).
2) Miser sur les planches originales par courriel.
3) Surveillez régulièrement pour être certain d’avoir la plus haute enchère.

Le prix de départ des planches est fixé à 100$ cnd, soit à peu près 68 euros. Vous avez jusqu’à samedi le 23 janvier à midi pour faire votre offre. À la fin du délai indiqué, la personne qui aura misé le plus gros montant sera celle à qui la planche sera adjugée.

En contrepartie, les auteurs s’engage a verser la totalité du montant de la vente à la Croix-Rouge canadienne dès la réception des paiement.

Comme le temps presse et que les besoins sont urgents, vous avez jusqu’à samedi le 23 janvier à midi (heure de Québec) pour faire votre offre. Passé ce délai aucune offre ne sera acceptée.

Voici les auteurs participants :

Philippe Girard
Djief
Mikael
Francis Desharnais
Francois Miville-Deschenes
Jacques Lamontagne
Denis Rodier
Paul Bordeleau
Michel Falardeau
Jean-Sébastien Bérubé
VoRo

Faites passer le mot ! C’est pour une bonne cause !

Pour avoir les liens, allez sur le site du FBDFQ

http://www.fbdfq.com



Merci




Par Eric Lamiot - Publié dans : Nouvelles de la BD au Québec
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Samedi 7 novembre 2009 6 07 /11 /Nov /2009 01:00

Jeux canadiens des greffés, Québec 2010

Ces jeux, qui ont lieu une fois tous les deux ans, visent à faire la promotion du don d'organes et de tissus en démontrant que c'est bien un "don de vie" et que les personnes qui reçoivent un don d'organes peuvent réellement espérer avoir une vie active avec une belle qualité de vie. C'est aussi l'occasion de remercier les familles des donneurs d'organes
.


En 2010, c'est à Québec.

L'organisation cherche des bénévoles pour aider, si ça vous tente:
http://www.jeuxcanadiensdesgreffes.ca/


Nous sommes aussi en recherche de financement pour ces jeux.

Si vous faites partie d'une organisation privée ou autre qui recherche une belle visibilité en s'associant à une bonne cause, contactez moi, je vous mettrait en contact avec la personne en charge du financement pour les jeux des greffés de Québec.

Pour ne pas que la vie finisse comme ça:




Par Eric Lamiot - Publié dans : ericlamiot
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Jeudi 7 mai 2009 4 07 /05 /Mai /2009 17:40
Bonjour

Désolé de cette longue absence, qui risque de se prolonger encore. Je suis actuellement pris dans une trame de routine administrative.

Je penses que j'ai besoin d'air nouveau, et j'attends avec impatience un voyage prévu cet été en Australie. Il est aussi devenu évident que je garde l'oeil ouvert sur les possibilités ailleurs, même à l'extérieur du canada ou de la France, et que je serais réceptif à toute proposition sérieuse me permettant de changer d'air(e).

Je vous souhaite aussi de l'air pur pour cet été, et je vous reviendrais peut être bientot avec quelques photos. Je vais déjà essayer de vous en montrer quelques unes de mes dernier tests avec mon nouvel appareil photo.

Au passage, coté BD, le dernier album de Line Arsenault et le dernier album de Zviane sont maintenant disponibles, courrez donc chez votre meilleur libraire pour vous les procurer, et plaignez vous trés fort si il ne les a pas pour qu'il vous les commande.

Mon Iris Marcheur


Idem


Bourgeons de printemps


Visite à la cabane à sucre, temps froid, venteux et pluvieux...


Regard en coin


Bord du fleuve


Encore l'Iris marcheur, belle floraison cette année, bon modèle pour des tests photo en macro


Regardez donc sur le mur de coté du bâtiment...


Sympathique petit bonhomme!!!


Les murales de Québec sont souvent intéressantes...


Quelquefois un peu plus nationalistes.


Chez mon ami Éric, test en macro



Encore plus gros.



Sur le port de Trois-Rivières, la nuit (nb: le port de trois rivière est une immense plaque de béton bordée d'un stationnement, l'exemple typique de ce qu'il ne faut pas faire si on veut un endroit convivial et intéressant pour la population)


Parc de la Mauricie, Lichen



Parc de la Mauricie, petite chute gelée


Parc de la Mauricie, petite couleuvre


Parc de la Mauricie, rivière


Trois-Rivières, reflet de toit


Voila tout pour aujourd'hui. Si j'en ai le courage et que je reprnds quelques photos intéressantes d'ici le mois d'aout, j'essayerai de prendre quelques minutes pour vous en montrer.

A bientot.

Éric
Par Eric Lamiot - Publié dans : ericlamiot
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Jeudi 14 août 2008 4 14 /08 /Août /2008 16:44
Je vous fais suivre cette demande de M. Jimmy Beaulieu, si elle vous concerne, n'hésitez pas à le contacter (vous pouvez utiliser le lien suivant: http://velue.blogspot.com/ )



URGENT
: 1) Avis de recherche et 2) Demande de lettre d'appui

Allô !

Ces jours-ci, je travaille sur le recueil de strips inédits (à 99,9999%) d'Albert Chartier (un auteur québécois à la fois légendaire et inconnu, 1912-2004) que nous allons publier cet automne : Une piquante petite brunette. Des strips, muets pour la plupart, mettant en vedette une ribambelle de jeunes femmes : Kiki, Suzy, Elsinore, Cynthia, Suzette, Zizi, Mary Lou et un représentant de la gent masculine : Cornelius. Il s'agit de «pilotes» de projets qui n'ont été publiés qu'au Danemark et à Toronto (et encore, très peu) dans les années soixante. Quand on voit, dans sa correspondance, l'acharnement avec lequel Chartier proposait ces séries, on constate qu'il les avaient particulièrement à coeur (à juste titre, ce sont de véritables joyaux). Le Québec va désormais pouvoir se péter les bretelles au sujet de ce trésor national dont il n'a rien voulu savoir il y a quarante ans.

1) Récemment, je suis tombé sur des photocopies qui m'ont fait découvrir qu'il manquait plusieurs planches originales dans les lots de mes deux sources principales (la fille de m. Chartier et les Archives nationales du Canada). Si certaines de ces photocopies sont plus ou moins rescapables, d'autres sont de qualité épouvantable. Aussi, je me demande s'il n'y a pas d'autres strips qui font partie de ces séries et dont j'ignorerais encore l'existence. J'aimerais que le livre soit aussi complet que possible.

Donc, si (par bonheur) vous avez en votre possession des photocopies, ou (par miracle) des originaux (Chartier en a beaucoup perdu et donné, sans garder la moindre trace), ou si vous savez où on pourrait en trouver, répondez à ce message le plus tôt possible ! Participez à assurer la perrenité de l'oeuvre d'un des plus grands artistes québécois.

Voici des exemples de strips restaurés depuis les originaux (restauration hardcore --si vous vous demandiez pourquoi je donne peu de signes de vie ces temps-ci--) :





Et voici des pauvres photocopies (douleur) :




2) Il y a dans l'air un projet de timbre Albert Chartier, pour souligner son centenaire en 2012. m. Waite, de Poste Canada, est favorable au projet, mais pour qu'un timbre se fasse, ils ont besoin de centaines de lettres d'appui (de vraies lettres sur papier, comme dans le temps). Si vous voulez soutenir ce projet, envoyez vos missives dès aujourd'hui (en tout cas, avant septembre). Ci-contre, la lettre de madame Christiane Chartier, fille de M. Chartier. Je vous recopie l'adresse de m. Waite. N'hésitez pas à faire circuler ce message (notamment sur vos blogs, forums, et carnets d'adresses à vous), il FAUT que cet hommage devienne réalité !


M. Robert Waite
Président du comité consultatif des timbres postes
Poste Canada
2701, chemin Riverside
Ottawa
K1A 0B1




Par Eric Lamiot - Publié dans : Nouvelles de la BD au Québec
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Mardi 29 avril 2008 2 29 /04 /Avr /2008 20:48



Le samedi 3 mai est une date à ne surtout pas manquer, la boutique l’Imaginaire célèbre le Free Comic Book Day. Lors de cette journée, de nombreux comics seront distribués gratuitement et plusieurs activités seront organisées autour de cet événement.


Yanick Paquette
, dessinateur sur Ultimate X-Men et Young X-men, sera présent pour une séance exceptionnelle de dédicace.


Une vente aux enchères débute dès maintenant (28 avril au 3 mai) : 15 artistes québécois, dont Leif Tande, Jimmy Beaulieu, Denis Rodier, Philippe Girard, Voro et Thierry Labrosse, rendent hommage aux super-héros en offrant un dessin original pour cet encan. Vous pouvez miser sur ces dessins là :
http://www.imaginaire.com/indexv2.jsp?url=/fcbd08/fcbd08.jsp

(inscrivez votre nom, #téléphone ainsi que le montant que vous désirez mettre) et les profits ramassés iront à la fondation Lecture en Cadeau.



Concours de déguisement
 : L’équipe des comics élira un gagnant dans chacune des catégories suivantes : moins de 18 ans, 18 ans et plus. Un chèque cadeau d’une valeur de 25$ sera remis au gagnant de la catégorie moins de18 ans, tandis qu’un chèque cadeau d’une valeur de 50$ sera remis au gagnant de la catégorie 18 ans et plus. Le staff comics prendra en photo tous les gens costumés en super-héros/vilains, ainsi que leurs coordonnés.

Concours de dessin sur le thème des super-héros et des comics en général : Le staff comics élira un gagnant dans chacune des catégories suivantes : moins de 10 ans, moins de16 ans, 16 ans et plus. Chaque gagnant se verra remettre un chèque cadeau de 25$. Les gens peuvent apporter d’avance leur dessin (1 par personne).

Quiz organisé dans le magasin sur l’univers des comics, plusieurs lots sont à gagner.

Rabais de 15% (hors prix spéciaux) pour tous les clients sur les comics US et français (non applicable sur la carte privilège), trade paperbacks, encyclopédies sur les super-héros, art book et comics en lot.

Rabais additionnel de +10% pour les clients costumés en super-héros.

Rabais additionnel de +10% sur les hardcover (hors prix spéciaux).

Tous les packs de 25, 50 et 100 comics, ainsi que les comics à 50¢ auront un rabais spécial de 50%.

De nombreux autres rabais, notamment sur les statuettes et bustes de super-héros.

Venez nombreux et partez à la rencontre de vos super-héros préférés!

www.imaginaire.com 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Nouvelles de la BD au Québec
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Lundi 28 avril 2008 1 28 /04 /Avr /2008 06:20

 

 

 

Le troisième concours de la bande dessinée est lancé. Après Zviane et Jessica Samson-Tschimbalanga, qui va être le prochain Lauréat? Je me suis intéressé au promoteur de ce concours, la librairie Monet, et c’est Éric Bouchard, Responsable du secteur bandes dessinées de la Librairie Monet et Responsable éditorial du Concours québécois de bande dessinée qui a gentiment répondu à mes questions.

 

 

Pourriez-vous nous présenter la Librairie Monet?


La Librairie Monet est d'abord une vaste librairie générale, mais elle possède aussi deux spécialités, la littérature jeunesse et la bande dessinée, lesquelles sont les plus importantes dans leurs secteurs respectifs au Québec. C'est une librairie indépendante (donc pas la succursale d'une chaîne), dont la renommée se fonde sur l'expertise de ses libraires de métier, leur service personnalisé et leur travail de conseil sur l'ensemble des fonds d'éditeurs (par opposition à la vente de piles de meilleurs vendeurs). Elle est située dans le quartier Cartierville, au Nord de Montréal, mais le bouche-à-oreille fait que de plus en plus de gens se déplacent enfin hors du strict centre-ville pour venir profiter de la richesse de son inventaire et de la passion de ses libraires.


 

 D’où est venue l’idée du Concours québécois de bande dessinée?


Nous participions à la première édition du défunt festival bdmontréal à l'été 2005, en tant que libraires pour les fonds des diffuseurs Sogides, Dimedia, Fides et Bayard, ainsi que pour l'éditeur Marchand de feuilles, et nous tenions à nous démarquer en initiant des activités à l'intérieur de la programmation. Nous y avons organisé une Impro BD & jazz avec VoRo, Caroline Mérola et Dominique Desbiens ; une édition spéciale du Comix Jam de Montréal (avec Kurt Beaulieu, Stéphane Dumais, Sirkowski, Bruno Laporte, Zviane, Raymond Parent, Richard Suicide, Éric Thériault, Jane Tremblay et plusieurs autres) – laquelle a donné lieu à l'édition d'un fanzine (toujours disponible !) ; et surtout manifesté notre volonté de nous impliquer dans la promotion de la relève de la bande dessinée québécoise en lançant la première édition du Concours québécois de bande dessinée.


 

Comment se passent les sélections puis la décision?


Chaque nouvelle édition du Concours se lance dorénavant au Salon du Livre de Montréal (mi-novembre), simultanément à la sortie officielle du livre du lauréat de l'édition précédente. Les candidats du Concours ont jusqu'à la fin janvier pour nous faire parvenir leur synopsis ainsi que 10% des planches de leur récit. Nous recevons en moyenne une vingtaine de dossiers par année et nous élisons trois finalistes. Les critères de sélection du comité éditorial sont évidemment la qualité, l'originalité, la personnalité et la maturité de chaque projet, la contrainte étant de proposer un récit complet en français ayant le Québec pour cadre... Mais finalement l'imagination est la seule limite, le récit pouvant être historique, de science-fiction, intimiste, etc. Les trois finalistes ont par la suite jusqu'à la fin juin pour remettre leurs projets complétés, en tenant compte des annotations données par le comité éditorial. Le finaliste est élu début juillet, puis s'enclenche le processus de fabrication du livre.



Vous en êtes à la troisième édtion du Concours, quelles sont les réactions?


Tout d'abord, le nombre de projets reçus augmente à chaque année. Des participants des années précédentes peaufinent leurs styles et proposent de nouveaux projets. La qualité des dossiers et de leur présentation s'améliore également. Je crois que c'est un signe le Concours acquiert de plus en plus d'importance symbolique aux yeux de la relève, et que le bien-fondé de notre rôle s'affirme durablement. Comme nous commentons tous les projets reçus, si des auteurs en herbe s'améliorent et proposent de nouveaux projets, c'est un signe que nous contribuons aussi, à petite échelle bien sûr, à un certain «avancement» de ces auteurs.
Nous sommes très heureux du formidable accueil public et critique qu'à reçu la première lauréate du Concours, Zviane (Sylvie-Anne Ménard) pour Le point B, avec notamment de longs articles élogieux dans Le Devoir et La scène musicale. Il faut dire que son blog très achalandé (
www.zviane.com/prout) est un vecteur de diffusion privilégié pour le travail de cette auteure. Avec son deuxième album paru l'année dernière, La plus jolie fin du monde, on peut dire que la carrière de l'énergique Zviane est définitivement sur les rails.
Nous avons été légèrement déçus, bien que peu étonnés que Mémoires de métys de Jessica Samson-Tshimbalanga, la lauréate de la deuxième édition, n'ait pas suscité autant de réactions dans la presse, sans doute pour une question de public-cible. En effet, les œuvres locales destinées aux jeunes trouvent peut-être moins d'écho dans une presse s'adressant aux adultes, quoique la donne puisse changer avec l'impact des Nombrils, de Delaf et Dubuc. Quoi qu'il en soit, nous sommes convaincus que Mémoires d'un métys est un album tout aussi pertinent que Le Point B dans le paysage de la BDQ : il est l'un des premiers albums professionnels publiés au Québec s'adressant aux adolescents (le nouveau public-vedette de l'édition), proposant un dessin et une narration manga de qualité, et mêlant efficacement action et romance dans un Québec historique ; en somme, une des rares BD de genre dans un monde local de BD d'auteur! Jessica Samson-Tshimbalanga est assurément une des futures valeurs sûres de la bande dessinée de genre au Québec.

Nous avons décidé de donner plus de visibilité aux trois finalistes du Concours cette année en présentant leurs projets sur le nouveau blogue de l'Espace BD de la Librairie Monet : http://lesitebd.canalblog.com/ (voir catégorie 3e concours québécois de bande dessinée). Jusqu'à présent, on peut voir en parcourant les commentaires des lecteurs du blogue que ceux-ci sont charmés par la qualité des projets proposés, et que cette troisième édition est déjà emballante !
Finalement, une raison de plus de constater que notre idée de concours était pertinente est que Glénat Québec vient d'en lancer un à notre suite ! C'est donc dire que les gros sous sont eux aussi intéressés par les talents de la relève québécoise...


 

Pourquoi un tel engagement pour la relève en BD?


Premièrement cette action s'effectue dans le même esprit que le lancement de notre spécialité BD en 1998 : nous croyions et croyons toujours que la bande dessinée est un médium extraordinaire qui n'est pas reconnu à sa juste valeur au Québec, et que nous désirons absolument promouvoir.
Deuxièmement, dans notre réflexion sur le rôle social et culturel qu'a à jouer une librairie dans sa communauté, un concours de bandes dessinées donnant l'opportunité à de jeunes talents d'éclore vient concrétiser cette philosophie d'implication que nous nous sommes donnée, et qui est aussi un clin d'œil à celle de la librairie-éditrice au 18e siècle, où le libraire vendait les livres qu'il éditait, dans un domaine où il se spécialisait. Il y a pour nous un côté emblématique au fait que ce soit une librairie, plutôt qu'un organisme culturel par exemple, qui soit à l'origine de ce type d'initiative. Nous tenons également à préciser qu'il ne s'agit pas que d'un investissement pour la relève au sens figuré, car nous ne recevons aucune subvention pour réaliser ce travail éditorial.
Troisièmement, il s'agit d'une action concrète dans notre engagement à promouvoir la multiplicité des voix éditoriales dans un univers de concentration éditoriale, cette fameuse «bibliodiversité» qui nous est chère, et qui est le château-fort des librairies indépendantes.
Et ne négligeons pas de mentionner qu'il y a malheureusement encore trop peu de titres de BD québécoise paraissant annuellement face à l'effarante production européenne francophone, soit environ 1% de la production totale (une quarantaine de titres sur quelques 4000 nouveautés annuelles). Il y a hors de tout doute une attitude protectionniste à adopter face à la création d'ici.

 



Pourquoi vous êtes-vous attelés à éditer les albums lauréats plutôt que de vous associer avec un éditeur?


En fait, notre intention initiale était justement de nous associer à l'expertise d'un éditeur en réalisant les livres des lauréats en co-édition ; nous ne croyions pas pouvoir devenir éditeurs du jour au lendemain (et par ailleurs, spécifions que notre vocation n'est pas de devenir éditeurs, nous sommes fiers d'être libraires !)
Mais la plupart des éditeurs contactés furent réticents à cette idée, arguant principalement le fait qu'elle pourrait signifier pour eux un favoritisme jouant précisément en leur défaveur : en effet, les grosses chaînes régissant l'univers de la vente de livres au Québec allaient-ils acheter des livres produits par des éditeurs «acoquinés» à une librairie «concurrente»? Nous n'avons donc pas eu le choix de mener le projet éditorial à terme par nous-mêmes, et avons heureusement pu bénéficier de tuyaux et conseils avisés de gens d'expérience du milieu qui croyaient en notre projet. Maintenant, je crois que les faits démontrent qu'avec le relais public et médiatique qu'a eu par exemple Le point B, l'éventualité de ne pas tenir les livres de Monet éditeur ne tenait plus... Et en définitive, nous sommes emballés par ces expériences ponctuelles d'édition !


 

Il y a trois sélectionnés et un gagnant, que deviennent les perdants?


Nous avons décidé d'élire trois finalistes pour nous assurer que les auteurs maintiennent leur désir de remporter le Concours jusqu'à la toute fin de leur travail, et qu'ainsi ils maintiennent également la qualité de ce dernier. Nous parons aussi de cette manière à l'éventualité où un finaliste se désiste en cours de route, comme cela s'est produit l'année dernière ; même si les créateurs savent dans quelle aventure ils s'embarquent, il s'agit tout de même d'un travail soutenu que de réaliser un album complet en quelques mois...
Alors quelle est la compensation d'avoir réalisé un album complet qui ne sera pas élu gagnant? Évidemment c'est une déception pour les finalistes, mais après il est plus facile pour eux d'aller démarcher des éditeurs avec un projet complété en main. Nous avons nous-même référé des finalistes ou des participants chez des éditeurs dont la personnalité éditoriale collaient à leur style. Et finalement, bien que cela ne soit pas mentionné dans le règlement, il ne serait pas impossible qu'advenant le cas où nous nous retrouvions avec deux projets de qualité exceptionnelle, devant lesquels il nous semble impossible de départager un gagnant, que nous décidions d'en élire deux.

 



Plus généralement, pourquoi les médias sont si peu intéressés à la BD, et particulièrement à la BD québécoise?


D'une part, parce qu'on accorde très peu de prestige culturel à la bande dessinée au Québec, où l'image, l'illustration, est systématiquement interprétée comme étant inférieure au texte, ou exclusivement destinée à l'usage des enfants, alors que bien sûr il n'en est rien : c'est un préjugé absolu et tenace. D'autre part, le tout est dû à un phénomène de cercle vicieux qui fait que depuis les superstars franco-belges des années 60 (les inévitables Schtroumpfs, Astérix, Tintin et Lucky Luke), et leur déclinaisons en films d'animations, les médias ne se sont pratiquement plus intéressés à la production, et ont donc failli à leur rôle d'éducation du grand public. Celui-ci, confiné dans son ignorance, ne peut nullement s'indigner que les médias ne s'y intéressent guère davantage aujourd'hui, ne sachant même pas lui-même ce qu'est la bande dessinée, à moins de fréquenter les librairies spécialisées. Pourriez-vous vous imaginer que les médias aient cessé par exemple de parler du cinéma depuis 40 ans? C'est pourtant ce qui s'est produit avec la bande dessinée. En conséquence, très peu de gens connaissent les mutations éditoriales que le médium a connu depuis cette époque : avènement de la BD adulte dans les années 70-80, avènement de l'édition indépendante, du roman graphique, des femmes dans la BD, de la bande dessinée japonaise et du renouvellement profond des thèmes et des styles que le tout a entraîné dans les années 90-2000, explosion de la production qui sévit depuis quelques années, etc. Il y a donc un problème très profond d'éducation du grand public et des journalistes. Alors essayez de vous imaginer la représentation médiatique de la BD québécoise, ce fameux 1% de la production de la BD francophone!
On pourrait signaler une troisième grande raison, c'est-à-dire l'immuable principe (appelons-le le principe Céline Dion) régissant les goûts de la masse québécoise, principe édictant qu'on ne chérit un artiste local que s'il a été reconnu en France ou aux États-Unis. Étant donné la petite taille du marché local et les moyens des éditeurs québécois, assurer une diffusion conséquente en Europe par exemple relève du tour de force. Reste donc pour les auteurs locaux à être édités à l'étranger (ou bientôt à être édités chez un éditeur étranger venu établir pignon sur rue au Québec). Comme je l'ai signalé plus haut, les médias locaux se sont intéressés par exemple aux Nombrils : édités – donc reconnus – en Europe (le troisième tome tire de manière faramineuse à 100 000 exemplaires, si mes souvenirs sont bons), ils se conforment au principe de reconnaissance québécoise. Mais ces mêmes médias se seraient-ils intéressés aux Nombrils du temps où ils étaient publiés dans Safarir? Au grand jamais! Il s'agissait pourtant du même objet...
Et pourtant, pour peu qu'on présente une bande dessinée contemporaine de qualité à un adulte néophyte le moindrement curieux, homme ou femme, dans 95% des cas il ou elle s'exclamera « Hein!!! C'est de la bande dessinée, ça?!? », abasourdi devant l'impact de la narration en images ou celui de la nature inattendue (pour lui ou elle) du propos : documentaire, reportage, biographie, etc. On se rend donc facilement compte que le médium est injustement et surtout injustifiablement boudé par les médias, d'autant plus lorsqu'on constate tout l'espace que ceux-ci accordent aux moindres navets du cinéma américain, et de manière plus générale à la musique, au théâtre, à la danse, ou aux expositions.
Je crois qu'un des principaux espoirs à poindre actuellement est la nouvelle génération des jeunes enseignants du primaire, secondaire et cégep, plus ouverts, moins bardés de préjugés, qui découvrent la bande dessinée contemporaine et ont envie de s'en servir comme support pédagogique (parce qu'il y a TELLEMENT de contenu dans une bande dessinée !), initiant ainsi les jeunes d'aujourd'hui au médium, et formant (car il faut éduquer cet œil), on le souhaite, les lecteurs de demain.


Merci Beaucoup pour cette entrevue. Rappelons que
Eric Bouchard est
Responsable du secteur bandes dessinées de la Librairie Monet et Responsable éditorial du Concours québécois de bande dessinée. Les résultats du troisième concours québécois de bande dessinée seront annoncés en juillet.


www.librairiemonet.com / www.lesitebd.com / www.librairiemonet.com/monet-editeur
Blogue : http://lesitebd.canalblog.com



 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

Dans les liens ci-contres, le "+" représente une entrevue réalisée avec l'auteur. Pour les lire, allez voir dans la section "entrevues" des catégories.

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