Jeudi 17 avril 2008
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Si vous aviez à vous présenter et présenter ce que vous faites à quelqu’un
qui ne vous connait pas, que feriez-vous et que lui diriez-vous?
Ce que je réponds habituellement, c’est que je suis un touche-à-tout qui, aussi pradoxal que cela puisse paraître, se spécialise en
bande dessinée depuis les dernière années. Ma culture personnelle, mes lectures de jeunesse, mes expéricences sur le marché du travail on fait en
sorte que j’ai développé différents moyens d’exercer mon art : j’ai travaillé pour l’industrie textile en dessinant des modèles d’imprimés pour les vêtements, j’ai baigné dans l’industrie du
cinéma d’animation, j’ai fait de la caricature apprêtée à toutes les sauces, j’ai créé de la bande dessinée qui était publiée dans des fanzines et dans des magazines, j’ai aussi touché une fois à
l’industrie du comic book américain, j’ai fait des peintures murales pour payer mes études collégiales. Bref, quand j’ai décidé de me lancer en affaires en tant qu’illustrateur-pigiste et que je
me cherchais un nom de compagnie pour m’enregistrer, j’ai trouvé que l’illustrotteur avait une résonnance avec le mot globe-trotter. De plus, sachant qu’un
globe-trotteur fait le tour du monde en visitant chaque continent, je trouvais qu’il y avait un parrallèle intéressant à faire avec ma propre expérience artistique qui donnait, comme je
l’expliquais précédemment, dans plusieurs domaines différents mais quand même tous reliés d’une façon ou d’une autre par le dessin. C’est sous ce nom que j’ai illustré de nombreuses campagnes
publicitaires promotionnelles.
Pouvez-vous nous parler de l’actualité concernant Simon
Dupuis?
Actuellement, je vis une sorte de décallage : Mon premier album vient tout juste de sortir mais ça fait quand même quatre ans
qu’il a été initié et deux ans qu’il est terminé! Pour différentes raisons, l’éditeur a plusieurs fois remis la date de sortie. Quand on regarde à la dernière page, on voit que la signature date
de 2006. Bref, au moment où j’écris ces lignes, la coloration du deuxième tome vient d’être complétée. Bref, ce que je montre actuellement est déjà loin derrière…et cela donne un sentiment
étrange…cela me fait penser aux réalisateurs qui nous parlent de la sortie d’un film quand ils sont déjà occupés à tourner quelquechose de tout à fait différent.
Pouvez-vous nous présenter « la poste
d’Ishtar »?
La Porte d’Ishtar c’est une série qui s’inscrit dans le genre polar-historique. Un crime est commis. À partir de cet
événement, on y découvrira le personnage principal de Taliya, une jeune scribe agée d’une vingtaine d’années, qui sera engagée par la reine Sémiramis
pour mener l’enquête. La Mésopotamie devient donc le décor de cette mise en scène où défileront une brochette de personnages très
contrastés.
Comment s’est passée la collaboration avec Alain Paris, le
scénariste?
Il faut dire que toute notre collaboration tient à une connexion intern car nous ne nous sommes jamais rencontrés physiquement! Tout
d’abord c’est lui qui m’a contacté par courriel. Il avait déjà proposé son scénario à François
Miville-Deschênes, mais celui-ci était déjà occupé à temps plein sur sa série Millénaire. Étant donné que François est un camarade de longue date et qu’il connaissait mon travail, il savais
également que je tentais de faire mon entrée dans la BD alors il m’a tout simplement référé à Alain Paris.
Une fois le scénario validé par les Humanos, c’est là que j’ai dû à mon tour commencer le boulot de proposer des esquisses et des
planches exemples au scénariste et au directeur de collection. Donc, une fois que j’avais en main un dossier très étoffé (plusieurs mois après nos premiers échanges de courriels), c’est à partir
de ce moment que j’ai proposé ma candidature de façon officielle aux Humanos. Après quelques ajustements faits par rapport à mon dossier, je reçu un contrat écrit par la poste…et le scénario en
document Word. Par la suite, je soumettais toujours le découpage technique de mes planches au scénariste et au directeur de collection. Ces étapes permettaient de détecter tout de suite ce qui
aurait pu être problématique au niveau de la narration ou au niveau d’un possible anachronisme. Ces étapes embryonnaires se sont très bien déroulées grâce à l’envoi de courriels sur une base
régulière et presque quotidienne.
Vous travaillez dans l’illustration, le dessin animé et la bande dessinée.
Comment approchez vous chacun de ces média?
Pour moi, chaque projet sur lequel je suis invité à collaborer devient un nouveau défi à relever…que ce projet soit une commande
d’illustration, une peinture, un storyboard ou une commande de BD, je vais me fixer un but à atteindre et je vais tenter d’y parvenir du mieux que je peux. Dans le cas d’Ishtar, j’avais des défis
de taille à relever : Premièrement, il me fallait revenir à un dessin plus réaliste car cela faisait au moins deux ou trois ans qu’on me commandait des illustrations exploitant un style
très caricatural. Pour ce premier album, on voulait que je redevienne plus «classique» en visant un dessin réaliste.Deuxième défi, je devais travailler uniquement la ligne encrée car on désirait
une coloration numérique pour donner un look plus moderne à l’ensemble. Finalement, j’avais à recréer la ville de Babylone, ce qui n’est pas une mince affaire quand on réalise notre premier album
chez les pros!
Quels sont les commentaires les plus surprenants que vous ayez reçus de
votre travail?
Tiens, dernièrement, le commentaire le plus rigolo vient de Philippe Grenier qui tient un site sur lequel il critique des albums bd.
En parlant du dessin de la Porte d’Ishtar, il disait ceci : «Côté dessin, on remarque certaines similarités avec le style de Réal Godbout, l'auteur de la série Red
Ketchup.» Sur le coup je ne m’expliquais pas cette allusion, ensuite, j’ai compris que le «critique» était allé fouiller sur internet. Il
avait déterré une vielle biographie où il était dit que j’avais été influencé par Godbout et son Red Ketchup…cependant, je parlais de son approche scénaristique…pas du dessin! Hé hé.
Dans un autre ordre d’idées, je me souviens d’avoir reçu un courriel provenant d’un étudiant américain qui avait vu mon image de
Pop eyed! (une version personnelle de Popeye…voir sur www.illustrotteur.com) et qui disait être motivé à continuer ses études dans son collège d’art pour être un jour
capable de pondre des images de ce calibre…là j’étais touché droit au plexus!
http://www.illustrotteur.com/
http://www.fbdfq.com/?rub=8&id_artiste=102
http://www.humano.com/accueil/index.php