
On entend souvent dire que les jeunes sont désabusés, ignorants, intéressés à rien. Pour casser ces idées reçues, je me suis permis de contacter Nicolas Plamondon, un jeune passionné de bandes
dessinées, et qui a décidé que la BD, c’est possible. Entrevue avec un talent très prometteur de la relève, qu’il vous faut découvrir absolument, car parions que nous entendrons parler de lui
encore longtemps.
Avant de parler de ta passion pour la BD, pourrais-tu nous dire quelques mots sur toi même ?
Nicolas : Je suis une créature humanoïde ayant vécu dix sept ans sur cette planète et ayant été baptisé sous le nom de Nicolas Plamondon au sein
d’une religion corrompu. J’ai plusieurs passe-temps tel que respirer et cligner des yeux.
Pourrais-tu nous parler un peu de “Scratch”, de ce que ça va être, et de ce que tu aimerais que ça devienne ?
Nicolas : Skratch avec un « K ». En fait, c’est le projet de Duy. Il voulait faire un collectif BD québécois trash. J’aime bien le concept et ça me
fait plaisir d’y participer. Ça me fait penser à tous les fanzines réunissant Éric Braün, Simon bossé, Julie Doucet, Henriette Valium, Rupert Bottenberg et compagnie dans les années 90. Pour le
moment, ça commence avec 2 jeunes : Duy ainsi que moi-même. Après, on aimerait sélectionner nos auteurs québécois underground préférés et leur demander si ils veulent
participer.
Qu’est-ce que tu aimes dans la BD ?
Nicolas : Je crois que c’est une forme d’art qui est égale au cinéma (Histoire + Image), mais qui offre beaucoup plus de possibilités graphiques. C’est la
communion entre la littérature et la peinture. Mais le principal avantage à mes yeux, c’est que contrairement au cinéma, la BD ne nécessite pas de budgets grandioses ou d’équipe de tournage avec
plein de gens. C’est une histoire entre toi, ton crayon et ta feuille.
Penses-tu y faire une carrière à moyen ou long terme ?
Nicolas : À long terme ! En fait, je veux être artiste toute ma vie. Il se peut que j’explore autre chose que la BD, mais je crois ça et l’illustration
resteront le centre. Je ne compte pas nécessairement en vivre. Je me contenterais d’en survivre.
Quels sont les auteurs qui t’inspirent, et pourquoi ?
Nicolas : Raùl pour sa capacité à tout essayer avec succès. Mignola et Charles Burns pour leur style infaillible et leur maîtrise totale du noir et blanc.
Craoman et Camille Rose Garcia pour leur style original. Blutch, De Crécy, Larcenet, Daniel Clowes et Loisel pour leurs scénarios brillant. Quino et Crumb pour leur humour grinçant. Je reprends
mon souffle et j’en nomme 100 autres.
Quand tu présente ton travail à d’autres auteurs qui t’en font une critique, comment prends-tu ce qu’ils disent ?
Nicolas : J’aime ça, ça me permet de m’améliorer. J’adore recevoir des commentaires, qu’il soit positif, négatif ou constructif.
La BD québécoise est actuellement très prolifique, qu’est-ce que tu penses de ce mouvement ?
Nicolas : Ma réponse ne peut qu’être positive ! Je crois qu’on doit cela à plusieurs passionnés qui font tout pour faire plus de promotion pour la BDQ
comme Jimmy Beaulieu, Francis Hervieux, Michel Viau et bien d’autres. Bien sûr, il y a aussi plein d’auteurs talentueux.
Tu sembles aimer l’humour noir et un peu absurde, qu’est-ce que tu aimes la dedans ?
Nicolas : Le monde est noir et absurde ! Pour ce qui est de l’humour noir, ma devise est « vaut mieux en rire qu’en pleurer », ce qui me pousse
à me poser des questions comme « qu’y a-t-il de drôle dans une pendaison ? » La réponse est dans mes BD !
Combien de temps par jour dessines-tu, et comment organise tu ton travail (fais tu un scénario, un crayonné, utilises tu des logiciels tels que
Photoshop…) ?
Nicolas : Si je ne suis pas dans un gros élan créatif inarrêtable, je prends environ 2 à 4h dans ma soirée pour crayonner, encrer au pointe fine noire ou au
pinceau. Je n’utilise pas Photoshop, c’est de la trop haute technologie pour mon ordinosaure. Par contre, quand j’ai besoin de petits trucs à corriger, j’envoi ça à Duy qui m’arrange ça
aussitôt ! Par contre, quand je lui demande de faire les couleurs sur Photoshop, c’est plutôt lent, mais bon.
Si tu avais un rêve en BD, quel serait-il ?
Nicolas : Répondre à une entrevue sur Bedeka... Non, je n’ai pas envie de répondre ça, tu peux garder ton argent. Mon rêve serait de produire environ un album
par année, de qualité, chez un éditeur respectable et surtout, un album avec une histoire et un style différent à chaque album ! Je n’ai vraiment pas envie de m’embarquer dans une
série ! Je veux que chaque album soit une œuvre indépendante. J’aimerais faire de la peinture, sculpture, illustration, performances, animation, etc. et ne pas me limiter à la
B.D.
Pourrais-tu nous dire ce qui t’a marqué ces dernier temps (à tous les niveaux, ciné, BD, culture, politique…) ?
Nicolas : Oui, je pourrais.
Cette entrevue a été réalisée l’an passé. Changerais-tu tes réponses aujourd’hui ?
Nicolas : Premièrement, Skratch n’a existé qu’en prototype et n’a jamais vu le jour officiellement. Deuxièmement, j’ai un peu délaissé l’humour noir
pour expérimenter plusieurs autres sortes de styles et de narrations, depuis.
Peux tu nous parler de ce qui s’en vient pour vous en BD pour la saison 2007-2008 ?
Nicolas : Ben, je serai à l’expozine (www.expozine.ca) avec ma
dernière BD : « La Mort, cette retardataire ». BD à saveur autobiographique et au dessin plutôt réaliste. Je vendrai aussi d’autres « Pelures de Bananes » (Ma BD faite
l’année passée) et si Duy y met du sien, j’aurai peut-être le premier Skratch J’ai aussi un projet de BD de Science-Fiction se déroulant à St-Raymond qui devrait traîné longtemps avant que
je m’y mette sérieusement… Dernièrement, j’ai exposé à L’usine 106-U (Gallerie d’Art Underground) et je compte renouveler l’expérience en novembre. Et finalement, vous pourrez continuer de voir
mon évolution dans MensuHell, LE fanzine de BD québécoise. Disponible à chaque mois chez Fichtre, Débédé et Millenium.
Pour en savoir plus :