
Pour continuer sur le projet Samuel de Champlain, en lien avec le 400ème anniversaire de Québec, j’ai contacté Philippe Girard (PhlppGrrd), qui en est le scénariste, pour nous en dire
quelques mots, et nous parler aussi de ses autres projets.
Comment as-tu été impliqué dans ce projet?
Philippe Girard : Au départ, c’est Jean-Louis Tripp qui m’a passé un coup de fil parce qu’il avait été approché par François Defaye
(L’éditeur) pour participer à l’appel d’offre que la région Poitou-Charentes avait lancé. Comme il était déjà très occupé avec magasin général, il m’a demandé si j’étais intéressé à prendre le
relais. Sur le coup, j’ai hésité parce que je n’avais pas le goût de raconter une histoire dans laquelle les amérindiens seraient désignés comme des ‘sauvages’. Puis, en replongeant dans les
manuels d’Histoire, j’ai réalisé que Champlain respectait les premières nations et que sa vie méritait d’être racontée. Par la suite, j’ai passé un coup de fil à François et j’ai senti que le
courant passait bien entre nous. La combinaison de ces facteurs m’a incité à plonger.
Quels ont été les plus grands défis de ce scénario?
Philippe Girard : Il y en avait plusieurs car la vie de Champlain pourrait faire l’objet d’une série de dix albums. Mais en gros, disons que
la principale difficulté a été de raconter trente cinq ans en quarante pages sans qu’on change d’année à chaque page. Il fallait que l’histoire se lise comme un album de BD normal, avec des
rebondissements, de l’action et des surprises. Je tenais à utiliser les ressorts normaux du récit pour raconter cette histoire même si elle reposait sur des faits vécus.
Sans vouloir tout révéler, quelle est l’approche que tu as choisie pour parler de Champlain?
Philippe Girard : J’ai essayé de mettre en relief sa ténacité, son entêtement et son humanisme. Je trouvais que Champlain avait démontré un
grand courage et une grande détermination dans la poursuite de son objectif. Quand on pense qu’il a effectué une vingtaine de traversées à raison de deux mois à chaque fois et qu’il est mort à
plus de soixante ans, force est de reconnaître que l’homme croyait en ses rêves.
Comment t’es tu documenté sur lui?
Philippe Girard : D’abord à travers des livres et aussi en interrogeant des historiens. À ce titre, Jean Provencher m’a donné un sacré coup
de pouce pour débroussailler certains éléments historiques, entre autres sur la vie quotidienne en Nouvelle-France.
Qu’as-tu retenu de ce personnage?
Philippe Girard : Sa grandeur d’âme, son obstination et le respect qu’il a manifesté pour les amérindiens. Contrairement aux Espagnols, il
s’est abstenu de se comporter en inquisiteur et je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles il mérite sa place dans l’Histoire.
Comment se passe la collaboration avec le dessinateur?
Philippe Girard : Jusqu’à maintenant, elle est excellente. Guy Michel est un professionnel de la BD. Il connaît son affaire. Nous nous
sommes rencontrés au début d’octobre pour une semaine de repérage photographique. Ça nous a permis de mieux nous connaître et de discuter plus en profondeur du projet. Guy est très à l’aise avec
l’univers de la navigation, des grands espaces et des récits d’aventure. Je pense qu’il s’est senti interpellé par ce côté de mon scénario. Pour le reste, nous avons une mécanique de travail
assez simple. J’ai écrit un scénario qui comporte beaucoup de didascalies afin de lui permettre de s’y retrouver. En suivant mes indications et en se basant sur sa documentation visuelle, il
crayonne chaque page, me l’envoie pour approbation et ainsi de suite. Tout cela se fait assez naturellement.
Peux-tu nous parler de « Danger public »?
Philippe Girard : Danger public est une nouvelle que j’ai écrite il y a six ou sept ans pour Leif Tande parce qu’il m’avait passé une
commande pour un scénario de BD. Lorsque l’histoire a été complétée, je lui en ai reparlé et il m’a dit : «je ne me souviens pas de t’avoir demandé ça.» Alors j’ai remisé tout ça dans mes
cartons et je l’ai oubliée. Quelques mois plus tard, l’Agence Québec Wallonie Bruxelles a lancé un concours de nouvelles sur le thème du danger. Alors, je me suis souvenu de ce que j’avais écrit
pour Leif et je l’ai soumis. Résultat, mon texte a été retenu et publié dans un recueil de nouvelles aux éditions de l’Instant même.
Qu’est-ce qui s’en viens pour toi en 2008 outre « Champlain »?
Philippe Girard : Il y a d’abord les strips de Béatrice que je continue à produire pour le magazine Spirou, un nouveau manuscrit de roman
jeunesse pour la courte échelle et une sorte de carnet de voyage sur le séjour que j’ai effectué en Russie avec Jimmy Beaulieu cet automne. Ce projet me tient tout spécialement à cœur.
Merci beaucoup d'avoir répondu à ces questions.
Le blog de Philippe Girard: http://philippegirard.blogspot.com/
Le site de Sangam, l'éditeur qui coordonne le projet: http://www.sangam.space-blogs.com/