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Le Blogue:

Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

http://ericlamiot.site.voila.fr/

 

 

Pour mes photos et chroniques de voyage:

http://elamiotphoto.over-blog.com

 

Pour mes dessins:

http://elamiotdessins.over-blog.com

Concours

Mardi 13 mars 2007 2 13 /03 /Mars /2007 17:11

Niko Henrichon a sorti récemment Pride of Baghdad, sur un scénario de Brian K. Vaughan, et travaille actuellement pour un album pour l’Europe. Je me suis intéressé à son travail, j’ai voulu en savoir plus et je l’ai contacté afin qu’il nous en parle par lui même.

 

 

 

 

EL : Pride of Baghdad vient de sortie en anglais et est maintenant disponible en Français, pourriez vous nous en parler?

Niko Henrichon : Pride of Baghdad est un "graphic novel" de 136 pages écrit par l'américain Brian K. Vaughan et dessiné, encré et coloré par moi. Le scénario est inspiré d'une histoire vraie: Suite aux bombardements américains, plusieurs animaux se sont échappés du zoo de Baghdad dont une troupe de 4 lions. Les fait réels se limitent à ça, le reste est le fruit de l'imagination de Brian. En gros Pride of Baghdad décrit les aventures de ces lions fraîchement "libérés". L'histoire est en fait une métaphore sur le concept général de la libération et en plus particulier sur le cas actuel de l'Irak. C'est le principe de base des fables: parler d'un sujet sérieux en utilisant des animaux pour passer un message. Les animaux créent facilement ce lien de sympathie avec les lecteurs. Disons que ce qui se rapprocherait le plus de Pride c'est le roman de George Orwell, La Ferme Aux Animaux, qui est une superbe fable sur le totalitarisme.

 

 

 

 

 

 

EL : Pride of Baghdad, d’après son titre se passe en Irak et sort chez Vertigo aux Etats-Unis. La guerre en Irak étant un sujet sensible là-bas, n’avez vous pas peur de la polémique ?

Niko Henrichon : Pas vraiment, notre histoire ne traite pas du tout de la légitimité de l'invasion et occupation américaine de l'Irak. Notre sujet, c'est les gens, comment la population irakienne peut vivre cette libération qui leur tombe dessus sans qu'ils l'aient vraiment cherché.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Est-ce que vos lions s’en tirent mieux que la population actuelle de l’Irak?

Niko Henrichon : C'est difficile de répondre à ça. Je ne voudrais pas gâcher la surprise. Disons qu'il y a de l'espoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Je viens de lire cette nouvelle sur le site de BD Québec: "Selon le site d'information et d'analyse de la BD américaine « ICv2 », le meilleur vendeur au rayon des "graphic novels" de septembre 2006, serait Pride of Baghdad de Brian K. Vaughan et Niko Henrichon. Au cours de ce mois, les ventes de cet album publié par Vertigo, une filiale de DC Comics, auraient atteint le nombre de 10,734 copies." Qu'est-ce que ça vous fait comme effet?

Niko Henrichon : C'est très plaisant de voir que l'album plait et qu'il fait des bonnes ventes pour le moment. Disons que cette première position est très prometteuse pour l'avenir. Les "graphic novels" et les "trade paperbacks" contrairement au comic books, peuvent vendre pendant longtemps. J'ai hâte de voir comment Pride tient la route à plus long terme.

 

 

 

 

 

 

EL : Pourriez vous aussi nous parler du projet « Unleash » ?

Niko Henrichon : C'est mon premier album en Europe. Une série en quatre tomes qui sera publiée chez Dupuis. Après Pride, j'ai voulu aller mettre un pied du côté de l'Europe parce-que le marché là-bas est très intéressant et les possibilités sont grandes. Unleash est scénarisé par Sylvain Runberg. On lui doit aussi quelques autres projets chez Dupuis comme Orbital et Les Colocataires. En gros, c'est un triller de science-fiction assez sérieux qui parle entre autre de terrorisme international.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Encore une fois une thématique proche des préoccupations actuelles. Est-ce que l’actualité en général vous intéresse?

Niko Henrichon : Bien sûr, j'essaie de me tenir informé. Aujourd'hui avec internet on peut facilement avoir accès plusieurs interprétations du même évènement.

 

 

 

 

 

 

EL : Comment s’est fait le contact pour ce projet?

Niko Henrichon : Un jour, par hasard, j'ai écrit à mon ancien éditeur chez DC avec qui j'avais travaillé sur Barnum. Il m'a laissé savoir qu'il cherchait quelqu'un pour dessiner Pride of Baghdad. En lisant le premier synopsis, ça m'a tout de suite accroché.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Il y a de plus de plus de « bédéistes » du Québec publiés en Europe et aux États-Unis, est-ce que c’est un bon signe pour la BD québécoise en général?

Niko Henrichon : Je pense que oui. En ce moment, la BD Européenne ouvre grand les portes à énormément de nouveaux projets, plus que jamais. La manne est là. Les Québécois en profitent bien sûr, mais il n'y a pas qu'eux. Il y a de plus en plus de sorties d'albums à chaque année. Il faudra voir ce que ça va donner sur le long terme. Mais tout ça ce n'est pas vraiment de la BD québécoise. Le plus souvent il n'y a que le dessinateur qui est québécois. J'aimerais voir plus de scénaristes québécois publiés en Europe.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Comment êtes vous arrivé à la bande dessinée ?

Niko Henrichon : Comme beaucoup de dessinateurs professionnels, j'ai dessiné très jeune et la passion est restée. La décision même de gagner ma vie en bande dessinée est relativement récente. Ça s'est passé pendant mon CEGEP en arts visuels, période pendant laquelle j'ai découvert les bandes dessinées européennes et américaines. En voyant les grandes possibilités du médium, j'ai décidé que je devais aussi être de la partie.

 

 

 

 

 

 

EL : Est-ce possible actuellement, pour un jeune qui débute, d’espérer vivre de la BD ?

Niko Henrichon : Tout à fait. Si ce jeune est prêt à faire les efforts nécessaires. Il ne faut pas espérer avoir beaucoup de sécurité d'emploi, de plan de retraite, d'avantages sociaux, etc. C'est un travail exigeant, il faut être bon à tous les jours et sur toutes les pages. Mais actuellement, c'est une bonne période pour être publié en Europe. Comme j'ai dit plus tôt, les portes sont grandes ouvertes. Nous sommes probablement à une période charnière dans la BD européenne puisque les auteurs de la période de l'âge d'or de la BD franco-belge sont en train de nous donner leurs dernières oeuvres et malheureusement à chaque année qui passe plusieurs d'entre eux décèdent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Pourriez vous nous décrire votre façon de travailler ?

Niko Henrichon : J'ai changé souvent ma façon de travailler. Dans mes premiers boulots, je focusais beaucoup sur le dessin et l'encrage en laissant quelqu'un d'autre colorer les pages. En travaillant pour le studio Grafik Sismik à Québec, j'ai pu améliorer ma technique de coloration digitale. C'était une possibilité que je n'avais pas vraiment envisagée avant et il m'a semblé que mon travail prenait plus de force lorsque je faisais moi-même la couleur. Je trouvais qu'il y avait plus d'unité dans le résultat. Alors j'ai décidé de travailler ainsi pour mes projets suivants. J'aime bien renouveler ma façon de travailler alors j'imagine que ce que je ferai dans 5 ans sera encore différent de ce que je fais aujourd'hui.

 

 

 

 

 

 

EL : Travaillez vous le tout en digital, ou commencez vous aux « crayons »?

Niko Henrichon : Je fais encore crayonnées et encrages à la main. Un jour peut-être j'irai dans le 100% digital mais pour le moment j'aime bien avoir un original devant moi.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Comment se passe au niveau pratique l’interaction avec vos scénaristes ?

Niko Henrichon : Ça dépend toujours des scénaristes. Le moment où l'on parle le plus, c'est à l'étape des découpages. Tous les scénaristes avec qui j'ai travaillé jusqu'à aujourd'hui ont voulu s'impliquer pour discuter des découpages. C'est bien, parce que ça permet de vraiment donner le ton au récit. L'idéal c'est de se parler régulièrement pendant le projet pour être certain d'être sur la même longueur d'onde.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Vous semblez aimer le fantastique, quelles sont vos références en ce domaine ?

Niko Henrichon : J'aime bien le genre fantastique mais pas spécialement plus que les autres genres en BD. En plus, je trouve que le fantastique a été abordé tellement souvent que ça devient difficile de traiter ce genre d'une façon originale. Je n'ai pas vraiment de référence en fantastique à part des romans comme Le Seigneur des Anneaux et des séries de BD comme Thorgal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL: J’ai vu sur votre site que vous aviez un projet personnel intitulé « Fantastico », quelles sont vos sources d’inspiration pour ce projet ?

Niko Henrichon : Dur à dire. Fantastico c'est un projet très vague, très improvisé ou je ne fais que m'amuser pendant que je travaille sur d'autres projets plus sérieux. Je n'ai pas beaucoup de temps à y consacrer mais quand je travaille dessus, c'est de la récréation pure. Je m'inspire de dessinateurs qui viennent de partout. Je ne peux pas dire exactement ce qui a inspiré Fantastico mais de façon générale j'ai été très inspiré par Moebius, Hugo Pratt, Mandrafina, Carlos Nine, Katsuhiro Otomo, Hayao Miyazaki et plusieurs autres. La liste est longue.

 

 

 

 

 

 

EL : Quels sont vos autres projets ?

Niko Henrichon : J'ai quelques idées d'histoire pas encore bien ordonnées pour le moment. Malheureusement, rien qui ne soit vraiment intéressant à mentionner à ce stade-ci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Pourriez vous partager avec nous vos « coups de cœur », tous domaines confondus ?

Niko Henrichon :

--En BD: j'en ai déjà mentionné plusieurs, je pourrais ajouter Paul Pope, Blutch, Nicolas de Crécy, Alan Moore, Neil Gaiman, Chris Ware, Charles Burns, Taiyou Matsumoto, Nihei Tsutomu.

--En films: Les films de Stanley Kubrick, Akira Kurosawa, Sergio Leone, Martin Scorcese, Terry Gilliam et Marcel Pagnol.

--En musique: Frank Zappa, Miles Davis, The Beatles, Stereolab, Amon Tobin. C'est difficile de choisir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Y a t’il une question que je n’ai pas posée à laquelle vous aimeriez répondre?

Niko Henrichon : Non. Tout a été dit.

 

 

 

 

 

 

 

 

EL : Merci beaucoup de nous avoir accordé cette entrevue, et nous allons attendre avec impatience vos prochaines sorties

Niko Henrichon : Merci à vous!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Site internet : http://www.nikohenrichon.com/

Toutes les images de cet article sont propriété exclusive de Niko Henrichon

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues
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Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

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