Partager l'article ! Les entrevue Bedeka: Thomas-Louis Coté, FBFDQ 2006: Entrevue publiée le 15-05-2006 ...
~~ Le monde d'Eric Lamiot ~~
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Qu'est-ce que ce Blogue?
Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France. Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.
Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.
Alors... bonne lecture et à bientôt.
Éric
http://ericlamiot.site.voila.fr/
Pour mes photos et chroniques de voyage:
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Pour mes dessins:
Entrevue publiée le 15-05-2006
Le 19ème Festival de la Bande dessinée Francophone de Québec s’est terminé récemment. Bedeka.org à demandé à Thomas-Louis Coté, organisateur de ce festival, de nous tracer un bilan de cet événement désormais incontournable de la Bande dessinée Québécoise et internationale.
C'était cette année le 19e Festival de la Bande Dessinée Francophone de Québec. Quel est votre bilan de cette édition ?
Comme les commentaires que j’ai eus jusqu’à maintenant sont dans l’ensemble très positifs, il est difficile de ne pas être content de l’événement que nous avons réussi à présenter cette année. Je pense que cette 19e édition fut un véritable succès. L’achalandage a été très bon, l’intérêt que les gens ont porté à nos activités était excellent et les médias ont bien couvert l’événement. Il ne faut surtout pas oublier le nombre d’auteurs qui sont passés, soit en tant qu’invité ou simplement pour venir faire un tour. Nous sommes très enthousiasmes de la réponse que nous avons eu suite à tous les changements que nous avons apportés à l’événement. C’est très stimulant pour l’équipe et ça nous encourage à se dépasser pour les prochaines éditions, surtout avec notre 20e anniversaire en 2007 et le 400e de Québec en 2008.
Pourriez-vous nous retracer l'évolution du festival depuis ses débuts ?
Le Festival de la bande dessinée francophone de Québec (FBDFQ) est né en 1988, de l'initiative de feu monsieur Réal Fillion, un collectionneur et fin connaisseur en la matière. Monsieur Fillion s'est alors associé à Place Fleurs-de-Lys afin de donner à son événement une tribune grand public. D'un humble événement regroupant une dizaine d'auteurs et quelques activités parallèles, le FBDFQ est devenu un événement qui a accueilli cette année plus de 40 auteurs professionnels et de nombreux auteurs de la relève.
Au fil des ans, le FBDFQ a permis de rencontrer des dizaines de grands noms de la bande dessinée européenne tels que Gotlib, Roba, Mézières, Greg, Moebius, Loisel, Tibet et Guarnido. De plus en plus, l’événement cherche à faire une place de choix aux auteurs québécois. Cette année, ils étaient plus de 35 à venir faire leur tour. Certains, comme Line Arsenault, Leif Tande, André-Philippe Côté, Michel Rabagliati et Jimmy Beaulieu, sont des habitués de l’événement, mais plusieurs en étaient cette année à leur première visite. Soulignons à cet effet Pascal Blanchet, Jacques Lamontagne et Michel Falardeau, entre autres.
Plusieurs expositions québécoises et internationales de qualité ont été présentées depuis la création du FBDFQ. Elles ont eu lieu dans des endroits très diversifiés dont les centres commerciaux, le Musée de la Civilisation, l'Hôtel de Ville de Québec, la Bibliothèque Gabrielle Roy, la Galerie Rouje et l’Observatoire de la Capitale. Les gens ont pu y admirer des planches originales, des tirages de tête, des pièces en faïence, des photos originales, etc.
De plus, un volet animation s'est développé au fil des ans pour démystifier le 9e art et assurer une interactivité entre le public et les auteurs. Animations théâtrales, ateliers de création, tables rondes, rencontres d’auteurs, dessin en direct et remise des Bédéis Causa ont permis aux gens de Québec de découvrir les différentes facettes de la bande dessinée.
Aussi, depuis ces débuts, le FBDFQ a établi des liens avec certains organismes européens et reçu plusieurs délégations. Des projets ont entre autres été réalisés avec le Quai des Bulles à Saint-Malo et le Centre National de la bande dessinée et de l’image d’Angoulème.
Récemment, après avoir présenté son événement pendant plusieurs années dans des centres commerciaux de Québec, (13 ans à Place Fleur-de-Lys et 4 ans à Place Laurier), le FBDFQ a réalisé une transition importante de ses activités vers le Salon international du livre de Québec (SILQ). Ce changement majeur a permis de donner un nouveau souffle à l’événement et à rapprocher les auteurs et les éditeurs d’un public bibliophile. Il est important de noter que Place Laurier reste un partenaire fidèle à l’événement malgré ce déménagement et permet la présentation de plusieurs activités d’animation.
Comment se passe votre association avec le Salon du livre ?
Pour cette deuxième année, je peux vous dire que notre relation s’est grandement stabilisée. L’organisation du SILQ et le FBDFQ sont bien heureux de cette association et bénéficient des initiatives de chacun.
Il est certain qu’il y a eu une période d’acclimatation afin de trouver notre place à l’intérieur de cet événement très bien rôdé. Je crois que l’expérience acquise au cours des deux dernières années nous permettra de se développer positivement dans cette grande fête du livre et de mieux s’établir en tant qu’événement autonome.
Certains éditeurs de BD avaient leurs kiosques loin de ceux du Festival, je pense en particulier à La Pastèque, pourriez-vous nous dire pourquoi ?
Comme les distributeurs (et donc les grands éditeurs) ont déjà leurs kiosques au SILQ, il est difficile pour nous de les solliciter pour qu’ils aient également une présence dans notre espace. Ce serait certainement intéressant d’avoir un stand Dupuis, Soleil ou Delcourt, mais il faudrait que la demande, et surtout les ventes, justifient cet investissement. Il faut savoir que les stands au SILQ, comme dans tous les événements du genre, ne sont vraiment pas donnés. Nous avons cependant établi un compromis en ayant certains produits des grandes maisons aux stands de la boutique l’Imaginaire. Il faut également comprendre que les kiosques des distributeurs partenaires présents au SILQ sont considérés comme faisant aussi partie de notre événement.
Dans le cas de la Pastèque, leur emplacement est dû à leur récente association de distribution avec Flammarion. Ils étaient avec nous l’an dernier. Il n’est pas exclus qu’ils soient de retour avec nous éventuellement, qui sait.
Qu'est-ce que vous pensez de l'évolution de la bande dessinée Québécoise ?
Il est difficile de ne pas constater l’effervescence actuelle du milieu. C’est incroyable de voir le nombre de nouveaux auteurs qui font leur apparition et la qualité de ce qui est produit ici. Je suis loin d’être un expert dans l’histoire du 9e art québécois, mais j’ai l’impression que notre bande dessinée n’a jamais connu une période aussi faste. On n’a qu’à penser aux succès remportés par Michel Rabagliati, Michel Falardeau, Jimmy Beaulieu, Delaf et Dubuc, Jacques Lamontagne et plusieurs autres. Des portes qui étaient auparavant fermées se sont ouvertes en Europe pour les auteurs québécois. Le public d’ici est aussi beaucoup plus réceptif à la bande dessinée en général. Je crois que le succès que les auteurs québécois remportent à l’étranger va renforcer la curiosité des gens, et surtout des médias, à découvrir les talents locaux. C’est arrivé dans presque tous les domaines culturels, je ne pense pas que la BD y échappe.
Il ne faut pas oublier non plus que les maisons d’édition comme les 400 coups ou La Pastèque font un excellent travail et réussissent à mettre de l’avant des ouvrages de très grande qualité et à les diffuser au niveau international.
Je trouve aussi intéressant de voir que malgré cette nouvelle vague de jeunes auteurs, on n’oublie pas le travail de ceux qui ont ouvert la voie. La réédition de Michel Risque de Godbout et Fournier est un bel exemple de cette situation. Au FBDFQ, c’était très intéressant à mes yeux de voir se côtoyer des auteurs d’expérience comme Gaboury ou André-Philippe Côté et des jeunes de la relève comme les gens de Premières Lignes et Yume Dream.
Il me semble que les médias sont encore tièdes à parler de la Bande dessinée. Comment pourrait-t’on en augmenter la visibilité ?
Je crois que les médias parlent de plus en plus de la bande dessinée, ils se réchauffent tranquillement. Si l’on compare avec les médias d’il y a cinq ans, les journalistes généralistes que je connais ont aujourd’hui plus de facilité à intéresser les rédacteurs ou les réalisateurs à des sujets traitant du 9e art. L’ouverture est certainement toujours plus grande lorsqu’il est question de grosses pointures comme Uderzo et Bilal que pour des auteurs québécois. Cependant, le succès remporté par nos auteurs, en Europe ou ici, va amener les médias à tourner leurs regards sur ce qu’il se fait dans leur cour. Ce qui va aussi beaucoup aidé, c’est que de plus en plus de journalistes vont se développer une spécialisation dans la bande dessinée, un peu comme en poésie ou en théâtre. Plus il y aura de ressources journalistiques en BD, meilleur sera la couverture et la qualité de l’information diffusée.
Cette année, il y avait un « espace fanzine », pensez vous renouveler cette expérience l'année prochaine ?
L’Espace fanzines a été une belle réussite qui devrait se répéter l’an prochain. Au départ, ça ne devait être qu’un stand mais comme la réponse a été excellente, nous en avons finalement mis deux. Les auteurs ont vraiment embarqués et nous avons pu réunir un belle et grande sélection de produits. De Fanzine Bidon au BOB en passant par les bandes dessinées de Lucas Jalbert et Nicolas Michaud, il y en avait vraiment pour tous les goûts.
Les auteurs qui sont venu faire leur tour pour les dédicaces ont semblé heureux de leur expérience et plusieurs liens intéressants se sont tissés. Je sais que d’autres personnes se sont déjà montré intéressées pour participer à une prochaine mouture. Côté ventes, nous sommes très satisfaits. Le fanzine étant encore méconnu, il faut que les gens prennent l’habitude et osent être curieux.
Comment choisissez vous les auteurs invités ?
Le processus n’est pas très complexe. Pour les Européens, les choix sont faits par l’équipe. Nous avons de bons liens avec différents intervenants en France, en Belgique et en Espagne qui nous permettent d’entrer facilement en contact avec les auteurs. Nous travaillons également avec les distributeurs qui nous donnent leurs suggestions. Certains auteurs nous font également savoir directement qu’ils aimeraient bien venir faire un tour. Il faut surtout jongler avec les disponibilités de chacun.
Pour les Québécois, c’est encore un amalgame entre nos choix d’équipe et une concertation avec les distributeurs et les éditeurs. De plus, nous cherchons à être à l’affût des nouvelles publications afin d’inviter des auteurs qui ne sont pas nécessairement dans le réseau habituel. Par exemple, ce fut le cas cette année d’Élodie Boivin qui a publié aux Éditions du Québécois. Il est donc important de nous tenir au courant de vos projets.
Cette année, il ne semblait pas y avoir d'ex-libris spécifiques, pourriez vous nous expliquer pourquoi ?
La raison est bien simple, il y a eu un problème d’impression. Afin d’ajouter à la qualité du produit, nous avions décidé cette année de les produire en sérigraphie. Malheureusement, lorsque nous avons eu le produit final, il n’était pas conforme à nos attentes et à celles des auteurs.
La sérigraphie étant un procédé quelque peu artisanal, nous n’avons malheureusement pas eu le temps de les refaire à temps pour l’événement. Les ex-libris de cette année seront cependant disponibles dans les prochaines semaines à la boutique de notre site Internet. L’information sera diffusée sur Bédéka, n’ayez crainte.
Une sérigraphie pleine couleur (18 passages) de Guarnido a cependant été réalisée à seulement 99 exemplaires. Elle est disponible sur commande au prix de 125 $. Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à communiquer avec moi au fbdfq@yahoo.ca.
Avez vous déjà quelques plans pour l'an prochain et la vingtième édition ?
Bien sûr. Comme ce sera notre 20e édition, il faut marquer le coup. Certains projets sont déjà en préparation et nous allons travailler fort pour assurer une programmation colorée et festive. Nous chercherons également à rendre hommage à ceux qui ont permis au FBDFQ de se rendre jusque ici et à mettre de l’avant les nouveaux talents qui apporteront beaucoup à l’événement dans les années à venir. Je crois que vous pouvez vous attendre à quelques belles surprises !
Comme toujours, vous êtes invités à nous soumettre des projets ou des idées pour compléter nos activités. On est bien ouvert à toutes les propositions.
Vous nous avez parlé du 400 ème anniversaire de Québec en 2008, avez vous l’intention de commémorer cet événement de façon particulière avec le FBDFQ ?
C’est en discussion, vous serez mis au courant en temps et lieu.
Si vous aviez à nous suggérer quelques lectures pour patienter jusqu’à l’an prochain, quelles seraient elles?
Plutôt que de vous suggérer un titre en particulier, je vous invite à surveiller les multiples albums d’auteurs québécois qui seront publiés dans les prochains mois. Que ce soit chez La Pastèque, Mécanique général et Fichtre, sans compter chez Soleil, les Humanoïdes Associés, Paquet et d’autres maisons européennes, les albums à paraître suffiront à en occuper plus d’un. C’est toujours plus intéressant d’avoir lu les œuvres avant de venir rencontrer les auteurs au 20e FBDFQ !
Merci Mr Coté de nous avoir permis de faire ce bilan de cette 19ème édition du Festival de la Bande Dessinée francophone de Québec avec vous. Nous vous souhaitons une superbe vingtième édition, et beaucoup d’autres derrière.
Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici
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