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Le Blogue:

Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

http://ericlamiot.site.voila.fr/

 

 

Pour mes photos et chroniques de voyage:

http://elamiotphoto.over-blog.com

 

Pour mes dessins:

http://elamiotdessins.over-blog.com

Concours

Samedi 1 janvier 2011 6 01 /01 /Jan /2011 01:00

Entrevue publiée le 10-11-2006

 

 

 

L’Oie de Cravan est une maison d’édition québécoise qui s’intéresse à la poésie sous toutes ses formes. Poésie et Bandes dessinée ? Ce mélange atypique a intéressé Bedeka.org qui a voulu en savoir un peu plus. Benoît Chaput a accepté de nous parler de L’Oie de Cravan, et des liens possibles entre la bande dessinée et la poésie.

 

 

BDK : Pourriez vous nous présenter votre maison d'édition ?

 

Oie de Cravan : La maison a été fondé en janvier 1992 avec la publication de mon  recueil «Loin de nos bêtes» que je voulais faire pour la simple joie de faire un livre avec les dessins de mes amis, sans penser  à plus. Ensuite, très lentement, en suivant un petit chemin qui serpente, la maison s'est mis à publier de plus en plus. Il y eu, dès ce début, l'idée d'allier les forces évocatrices du mot et de l'image pour donner forme à un objet qui puisse être un petit « déclencheur» poétique, quelque chose qui fasse naître une émotion poétique. La  maison est placée sous l'influence revendiquée du surréalisme, où justement la poésie ne se trouvait pas limitée à un mode d'expression. Le nom «L'Oie de Cravan» vient d'ailleurs d'un bestiaire écrit pas le poète surréaliste belge Louis Scutenaire et se veut un hommage au poète et boxeur Arthur Cravan.

 

 

BDK :  Vous êtes éditeur de poésie. Qu'est-ce qui vous a amené à publier de la bande dessinée ?

 

Oie de Cravan : Comme pour beaucoup d'autres choses, c'est le fil des amitiés, le fil de la vie, qui a compté. Dans ce cas la rencontre avec le sérigraphe et bédéiste Simon Bossé a été déterminante : c'est lui qui m'a ouvert les voies de cet univers que je connaissais peu et qui m'en a fait découvrir les possibilités.

 

 

BDK :  Est-ce que la bande dessinée peut être un bon véhicule pour la poésie ?

 

Oie de Cravan : Bien sûr, à condition de ne pas vouloir faire du «poème» dessiné mais plutôt d'utiliser toutes les forces à la disposition de ce médium pour créer quelque chose qui soit poétique. Je pense ainsi au travail complexe de Geneviève Castrée pour Pamplemoussi, où s'entrecroisent  l'image, le texte, l'histoire et même la musique d'une façon tout à fait inédite. À l'autre pôle le travail très épuré, simple en apparence, de Diane Obomsawin, porte une charge poétique extraordinaire.

 

 

BDK : Comment choisissez vous les auteurs que vous éditez ?

 

Oie de Cravan : Il y a surtout eu des coups de foudre, des gens dont j'ai vu le travail et qui m'ont éblouis. Encore ici l'apport de Simon Bossé est important, il m'a fait découvrir la plupart des noms qui me fascinent encore.

 


BDK : Quand vous recevez un manuscrit de bande dessinée, qu'est-ce que vous regardez en premier, la narration ou l'image ?

 

Oie de Cravan : Pour moi ces deux éléments sont indissociables. Il faut bien dire que je ne publie pas du tout de bande dessinée narrative «classique» («L'Affaire Madame Paul » de Julie Doucet est peut-être l'exception qui confirme la règle).

 

 

BDK : Quelles sont les qualités que vous attendez d'une bande dessinée ?

 

Oie de Cravan : Une voix propre, différente. Pour moi la compétence technique est secondaire. Il faut parler avec ce qu'on possède vraiment sans prétendre à autre chose.

 

 

BDK : Je suppose que vos premiers lecteurs étaient des amateurs de poésie. Quelle a été leur réaction face aux bandes dessinées ?

 

Oie de Cravan : Difficile à dire. J'essaie beaucoup de décloisonner les genres. J'aime voire les «gangs» de musique, poésie, arts visuels, bd, militants aussi, se mélanger. Je pense que certains aiment ça et d'autres sont plus frileux.

 

 

BDK : Quels sont vos derniers « coups de cœurs », tout domaines confondus ?

 

Oie de Cravan : Ah, difficile à dire. En vrac : des poèmes de Georges Henein, le dernier livre de Pierre Senges chez Verticale (il a collaboré avec Killofer), l'exposition Dada au Moma à new-york, le journal littéraire français «Attila», tous les disques de Devendra Banhart, le vieux free Jazz allemand, l'expo des oeuvres des membres des Georges Leningrad en juin à la Casa del Popolo, un vieux «Génie des Alpages» dans les toilettes chez des amis hier soir..

 

 

BDK : Qu'est-ce que vous pensez de la bande dessinée Québécoise actuelle ?

 

Oie de Cravan : Je ne sais pas bien. Je pense que les gens qui m'intéressent le plus sont presqu'invisibles  à l'heure actuelle mais on devine un bouillonnement. Il y a bien sûr un renouveau très évident, une avancée vers une qualité «européenne», chez des éditeurs comme Mécanique Générale et La Pastèque qui font un excellent travail. Parallèlement à ça, à Montréal, il y un milieu anglophone avec beaucoup de jeunes artistes qui sont influencés par le genre de dessin  au confluences de l'art et de la bd rendus célèbre par des gens comme Marcel Dzama.  À L'Oie de Cravan, le travail de Jeff Ladouceur ou de Nadia Moss pourrait se situer dans cette mouvance. En fait, je m'intéresse surtout à ce que je ne connais pas déjà. On devine des choses dans un salon comme «Expozine», chez des jeunes. Ça, c'est passionnant.

 

 

BDK : Qu'est-ce qui nous attends chez l'Oie de Cravan pour les prochains mois ?

 

Oie de Cravan : Dans le domaine qui vous intéresse le plus, il y aura la parution d'un excellent «Kaspar Hauser» par Diane Obomsawin en février.  Mais aussi, dès la mi-octobre, nous ferons paraître un petit livre de poèmes-collages de Julie Doucet accompagnés d'un petit cd. Il y aura aussi, bien entendu, de nombreux autres recueils de poésie.

 

 

Merci beaucoup pour votre travail et pour nous avoir permis de réaliser cette entrevue.

 

Pour plus d’informations : http://www.oiedecravan.com

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

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