Partager l'article ! Les entrevues Bedeka: Martin Brault, La Pastèque, Éditeur: Entrevue publiée le 09-05-2006 ...
~~ Le monde d'Eric Lamiot ~~
~~ La BD québécoise à l'honneur ~~
Qu'est-ce que ce Blogue?
Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France. Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.
Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.
Alors... bonne lecture et à bientôt.
Éric
http://ericlamiot.site.voila.fr/
Pour mes photos et chroniques de voyage:
http://elamiotphoto.over-blog.com
Pour mes dessins:
Entrevue publiée le 09-05-2006
La Pastèque est une maison d’édition de bandes dessinée maintenant devenue un incontournable du Québec, qui publie autant des nouveaux auteurs comme Pascal Blanchet (La fugue) que des rééditions de classiques de la bande dessinée Québécoise comme Michel Risque de Godbout et Fournier. Pour en savoir plus, nous avons demandé à Mr Martin Brault, de cette maison d’édition, de bien vouloir répondre à quelques questions.
Pourriez vous nous rappeler la genèse des éditions La Pastèque ?
C’est en écoutant une table ronde sur la bande dessinée québécoise au Salon du livre de Montréal en novembre 1997 que l’idée de fonder une maison d’édition nous est venue. Ce jour-là, nous avions eu droit au sempiternel constat pessimiste sur la BDQ. Nous avons eu alors envie de brasser la cage et d’insuffler un peu d’optimisme à cette morosité ambiante.
Nous voulions prendre le pari que les Québécois, comme les francophones d’Europe apprécieraient une bande dessinée plus personnelle, plus intimiste à l’instar de ce que L’Association par exemple, avait fait en France.
Nous voulions aussi réaliser le pari de rendre viable une structure d’édition spécialisée en bande dessinée au Québec. Huit ans et trente-cinq titres plus tard, nous pensons avoir fait la preuve de notre réussite.
Comment expliquez vous le succès des albums de Michel Rabagliati ?
Michel Rabagliati a su développer une bande dessinée d'inspiration autobiographique confondante de fraîcheur. Une oeuvre extrêmement attendrissante remplie de finesse et de sensibilité. Son succès est amplement mérité.
Vous avez sorti un album très atypique (Fugue de Pascal Blanchette), pensez-vous que c'est un pari risqué dans le monde de la BD ?
Tout titre est un pari risqué. Il n’y a rien d’acquis en édition. Cependant, La fugue n’a rien d’atypique à nos yeux. La bande dessinée d’aujourd’hui est plus que jamais un moyen d’expression riche et diversifié. La bande dessinée est constituée d’autant de courants que les autres formes d’art. La fugue EST une bande dessinée. Tergiverser sur ce point démontre une profonde incompréhension du potentiel et de la richesse de ce médium.
De plus, nos livres ne s’adressent pas uniquement au lectorat traditionnel de la bande dessinée. Il n’y a pas de cloison de genre dans notre travail. Nos livres sont réalisés comme tout autre ouvrage du monde de l’édition. Nous avons le souhait de rejoindre le plus large public possible.
Qu'est-ce qui régie votre politique éditoriale ?
Publier les livres que nous voulons lire dans une totale indépendance éditoriale et bâtir un catalogue d’une cohérence exemplaire.
Vous sortez à la fois des albums de jeunes auteurs inconnus et vous rééditez des classiques de la BD Québécoise (Michel Risque), pourquoi ?
Quelle drôle de question! Pour plusieurs raisons! Parce qu’un auteur doit bien commencer quelque part! Parce que nous avons un intérêt marqué pour la relève et que l’on se doit de faire connaître de jeunes auteurs tout en maintenant notre politique éditoriale.
En ce qui a trait à la réédition des classiques de la BDQ et en particulier au travail de Réal Godbout et Pierre Fournier c’est parce qu’il est inadmissible que nous puissions trouver en librairie les classiques de la littérature québécoise mais pas Michel Risque. Parce que si nous ne rendons pas disponible les livres fondateurs de notre bande dessinée, nous ne pourrons jamais rendre tribut à ceux qui sont venus avant nous. Et au final, parce que la lecture de Croc à bercé notre adolescence et que de republier ces titres est un immense privilège.
Qu'est-ce qui vous motive dans la bande dessinée actuelle ?
L’intégrité, l’expérimentation et le travail soigné.
Votre stand au salon du livre / Festival de la BD francophone de Québec était éloigné des autres stands d'éditeurs Québécois, était-ce voulu ? Est-ce que vous pensez que ça a changé quelque chose en terme de visibilité pour vous ?
Notre absence du Festival de la BD francophone était totalement assumé de notre part. Cet événement ne répond pas à nos attentes et nos besoins. En terme de visibilité, nous participions au Salon du livre de Québec et nous pensons avoir atteint un lectorat beaucoup plus large en étant rattaché à cet événement.
Quels sont vos plus récents « coups de cœurs » ?
Safari Monseigneur de Florent Ruppert et Jérôme Mulot à L’Association
La série Say Hello To Black Jack de Syuho Sato chez Glénat
La série Yakitake Ja-pan de Hashiguchi Takashi chez Delcourt
Que nous réservent les prochains mois pour La Pastèque ?
On peut annoncer sans se tromper que 2006 est une année importante pour la Pastèque. Mine de rien nous sommes rendus à 8 titres publiés d’ici le mois de mai en comptant la réimpression de Paul en appartement sous un nouveau fini.
Pour la seconde moitié de l’année, il y aura à la fin juin un projet mené conjointement avec le Festival Juste pour rire. Le très attendu Paul à la pêche sortira au troisième trimestre ainsi que Rapide-Blanc de Pascal Blanchet. Pour la fin de l’année Nicolas Malher est enfin de retour avec Poèmes et le quatrième tome de Michel Risque, Le droit chemin, sera sur les tablettes
de votre librairie.
Côté réédition, nous devons une fois de plus réimprimer Comment ne rien faire de Guy Delisle. Paul a un travail d’été est le prochain de la série à passer sous la nouvelle maquette. Le labyrinthe de Kratochvil et Visite Guidée sont les deux seuls titres qui resteront à refaire.
Dix autres titres pourraient voir le jour au second semestre 2006. Les livres annoncés ne sont que les projets dont nous sommes sûrs et qui sont suffisamment élaborés pour paraître à la date indiquée.
Merci beaucoup d’avoir accepté de répondre à nos questions.
Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici
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