Galeries

  • 009.jpg
  • 015.jpg
  • murales-et-tags-091.jpg

Le Blogue:

Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

http://ericlamiot.site.voila.fr/

 

 

Pour mes photos et chroniques de voyage:

http://elamiotphoto.over-blog.com

 

Pour mes dessins:

http://elamiotdessins.over-blog.com

Concours

Lundi 17 janvier 2011 1 17 /01 /Jan /2011 01:00

Entrevue publiée le 26-06-2006

 

 

 

 

Sorti chez Dupuis Cette année en album, après une pré-publication dans le journal de Spirou, « Les nombrils » connaissent actuellement une bonne réception tant en Europe qu’au Québec. Pour nous parler de cette Bande dessinée, Bedeka.org a interrogé ses auteurs, Maryse Dubuc et Marc Delafontaine, qui ont gentiment accepté de répondre a nos questions.

 

A quand le prochain "Nombrils"?

 

Maryse : Ouf !  On aimerait bien le savoir !  Pour bien démarrer la série, l’idéal serait de sortir un album par an, donc on vise une sortie pour Angoulême 2007.  Mais si on n’arrive pas à respecter les délais nécessaires, tant pis !  On ne sacrifiera pas la qualité pour la rapidité.

 

Qu'est-ce que vous pensez du succès des « Nombrils » ?

 

Maryse : Heu…  C’est encore un peu tôt pour utiliser ce mot !  Si ça fonctionne bien, tant mieux parce que franchement, on met tout ce qu’on a dans ces pages. 

Marc :  En tout cas, on pourra dire qu’on a bénéficié d’une couverture de presse extraordinaire.  En toute honnêteté, je m’étais imaginé que les médias ne s’intéresseraient pas à une BD d’humour faite par deux auteurs inconnus.  Je suis vraiment ravi de m’être trompé !  Mais bon, on est pas dupes non plus, les gens chez DLM ont fait un super boulot et le nom de Dupuis fait son petit effet…  Mais je constate que la BD a bonne presse depuis quelques années.  Les médias commencent tranquillement à sortir des clichés.  Il y a de l’espoir !

 

Lors des séances de dédicaces, en dehors des collectionneurs, quel est le public des « nombrils » qui passe vous voir, et quels sont leurs commentaires ?

 

Maryse : Le public est plutôt varié.  Le commentaire qui revient le plus souvent c’est que ‘C’est vrai.’  Ça nous a beaucoup étonnés les premières fois.  On a l’impression de faire une grosse caricature, mais apparemment les lecteurs s’y retrouvent…ou reconnaissent des gens qu’ils ont connus !

 

Est-ce que vous trouvez ça rassurant ou plutôt inquiétant ?

 

Maryse : Ça dépend de quel point de vue on se place !  Jenny et Vicky sont de telles caricatures de nombrilisme et de superficialité, si les lecteurs reconnaissent des gens qu’ils ont connu, c’est inquiétant pour notre société.  Mais pour ce qui est de la série, c’est plutôt rassurant parce que ça signifie qu’on a misé juste et que notre sujet est d’actualité.

 

Vous êtes édités par Dupuis. Comment ça se passe avec l'éditeur ?

 

Maryse : Ils nous laissent carte blanche et en même temps Benoît, le directeur de collection, est là pour nous rassurer lorsque nous nous posons des questions. On ne pouvait pas rêver mieux !  Dernièrement, il y a eu de nombreux bouleversements dans l’équipe directoriale, il reste maintenant à voir ce que ça aura comme conséquences. 

Marc : Nous leur avons proposé le projet en premier car on nous avait vanté leur côté humain et nous avions envie de travailler avec des gens qui allaient pouvoir nous accompagner sans nous imposer une façon de faire qui n’est pas la nôtre.  Et nous ne sommes pas déçus !  Nous avons le meilleur directeur de collection qu’on pouvait rêver d’avoir et nous partageons ensemble la même vision pour la série. 

 

Comment se fait le partage du travail entre vous ?

 

Maryse : Ah, on se le demande nous-mêmes !  Ce n’est jamais pareil.  Le plus simple c’est de dire qu’à nous deux, on est un auteur complet !  En gros, je fais le scénario et la couleur, et Marc se charge du dessin.  Mais la planche fait d’innombrables aller-retour, à chaque fois on fait une petite modification qui en entraîne une autre, et une autre…  On commente beaucoup le travail de l’autre, et on est sans pitié !

Marc : Ça pour être sans pitié, on l’est !  Être deux têtes à penser à un gag c’est un atout, mais c’est faux de croire que ça nous sauve du temps !

 

Pouvez vous nous dire quel est votre parcours avant d'en arriver aux « nombrils » ?

 

Maryse : J’ai publié des romans jeunesse chez Vents d’Ouest (rien à voir avec l’éditeur de bande dessinée) et Pierre Tisseyre, ainsi que des livres illustrés chez Bayard.  J’ai été coloriste pour le mensuel Pignouf et pour quelques albums.

Marc : J’ai travaillé quelques années dans le dessin animé, puis dans l’illustration pour la jeunesse.  Juste avant Les Nombrils, j’ai illustré un album chez Vents d’Ouest (l’éditeur de bande dessinée, cette fois !): Le Guide Junior pour bien élever les parents sur un scénario de Goupil et Douyé.  Et je suis bien fier de dire que cet album a remporté le Grand prix des lecteurs du journal de Mickey même si dans son catalogue, l’éditeur attribue ce prix à l’ensemble de la série.

 

Vous avez donc tous les deux travaillé en collaboration avec d’autres. Comment vivez vous maintenant le fait de travailler sur vos propres projets?

 

Maryse : C’est une liberté à la fois grisante et angoissante.  Enfin, faire ce que l’on veut !  D’un autre côté, quand on a carte blanche, on est face à soi-même, entièrement responsables de ce qu’on met sur le papier.

Marc : En tant que dessinateur, j’apprécie de pouvoir apporter quelques modifications ou ajouts au scénario.  Après tout, on passe tellement d’heures sur la table à dessin, c’est normal de vouloir mettre un peu du sien dans ce qu’on raconte.

 

Ou trouvez vous vos idées ?

 

Maryse : En discutant, la plupart du temps.  Les situations sont rarement inspirées de faits vécus, la mécanique du gag est tellement particulière !  Généralement, le gag part d’une envie: envoyer les personnages dans tel lieu, faire dire telle réplique à tel personnage, faire évoluer l’histoire.

Marc : Pour chaque idée envisagée, nous nous posons les questions suivantes :  est-ce que c’est drôle ?  est-ce que ça rend les personnages plus attachants ?  est-ce que ça fait avancer l’histoire ? est-ce que ça élargit l’univers de la série ?  On essaie de faire des gags qui nous permettent de répondre ‘oui’ à au moins quelques unes de ces questions.

 

De Safarir au Journal de Spirou, avez vous du faire des adaptations?

 

Maryse : Très peu.  C’est évident qu’on évite les gros québécismes, à la fois pour ne pas nuire à la compréhension, mais aussi parce qu’on ne veut pas figer nos personnages dans un univers québécois : l’égocentrisme, il y en a partout, pas rien qu’ici !

Marc : Au début, on faisait un peu attention au choix de thèmes parce que Spirou est lu dès huit ans.  Mais pour le tome 2, on a décidé de traiter de suicide d’une façon très directe, et c’est passé.  On essaie des choses, on voit si ça passe.  Et à date, ça passe !

 

Les « Nombrils », c'est par page mais il y a une continuation dans l'histoire tout au long de l'album. Est-ce que vous comptez faire évoluer vos personnages ou aller plus loin dans le suivi narratif ?

 

Maryse : Maintenant qu’on a commencé, impossible de s’arrêter !  On a du mal à faire un gag qui n’a de valeur que par lui-même, on préfère qu’il enrichisse l’univers ou fasse évoluer soit la situation, soit un personnage.  Parce que le punch à la fin de la page, on s’y attend de toute manière, alors impossible de surprendre le lecteur.  Par contre, découvrir ce qui se cache sous le casque de John John, ça ça peut être étonnant !  On ne s’interdit rien : tout peut changer, n’importe quand.

 

Est-ce que vous pouvez vous servir de cette évolution pour prévoir un gag quelques pages plus loin?

 

Maryse : C’est une improvisation contrôlée.  On a déjà une idée de la fin du tome deux, alors qu’on n’est rendus qu’au tiers, mais ça peut complètement changer d’ici là.  On ouvre des portes, on crée des situations.  Parfois, un gag qui devait être sans conséquence en entraîne un autre.  C’est une des particularités des Nombrils : on ne peut jamais savoir si la situation présentée dans un gag se poursuivra dans le suivant, ou si au contraire on partira sur une autre ligne narrative. 

 

Est-ce que vos lecteurs vous écrivent pour vous suggérer des idées ?

 

Maryse : Non, vraiment pas.  De toute manière, la mécanique du gag est tellement particulière : ce qui est drôle raconté dans un e-mail ne l’est pas nécessairement mis en page dans des cases et des bulles. 

Marc : Souvent, des gens de notre entourage nous racontent des choses qui leur sont arrivées en nous disant : «mettez ça dans votre BD, ça va être drôle».  C’est bien gentil, mais en fait, il n’est jamais arrivé qu’une de ces idées puisse être compatible avec l’univers des Nombrils.  Un gag en une planche, c’est un véritable petit scénario : on doit amener une situation, la développer et la conclure autant que possible de façon surprenante et tout ça, en tenant compte de la spécificité des personnages et en évitant de se répéter, ce qui implique de les faire évoluer.  Ça paraît bête, mais il faut s’y coller pour réaliser ce que c’est !

 

Quelle est la réception des « Nombrils » au Québec ?

 

Maryse : Pour ce qu’on en sait, elle est généralement très bonne.  Mais évidemment, ceux qui n’aiment pas ne viendront pas nous le dire en face !  En tout cas, on a fait notre possible pour produire un album d’humour de qualité.

Marc :  Personnellement, j’avais quelques craintes sur l’accueil qu’on allait réserver aux Nombrils ici, au Québec.  Il faut dire que le 44 CC n’a pas tellement la cote avec les libraires et les critiques. Je suis agréablement surpris de constater que l’album semble avoir franchi cette barrière de préjugés. 

 

Qu'est-ce que vous nous conseilleriez de lire, d'écouter ou de voir en attendant la sortie du prochain tome ?

 

Maryse : J’ai adoré Retour au Collège de Riad Sattouf.  Ça traite d’adolescence sans tout rendre gentil-gentil, parce que c’est dur l’adolescence, après tout !  Il y a aussi Pipit Farlouse ainsi que Laura et Patrick, du même auteur et pour la même raison.  Lupus 4 vient de sortir, j’ai très hâte de m’y attaquer.  Le cinéma, on est un peu moins accros ces derniers temps, je rejoins Sfar qui dit que le XXI e siècle est l’ère des séries télé de qualité.  On s’est régalés des Sex and the City et des Six feet under.  Quand c’est bien fait, c’est un réel plaisir de suivre des personnages aussi longtemps !

Marc : Côté BD, mes derniers coups de coeur vont à Salvatore, de De Crécy, au Combat ordinaire de Larcenet, et au fameux Blog de Frantico (dont j'ai su qui en était l'auteur quelques jours après l'avoir lu, le choc !).  Plus récemment, je suis tombé sous le charme de Mertownville, de Michel Falardeau.  Le tome 2 m'a particulièrement plu.  Et je m'en voudrais de ne pas mentionner l'INCONTOURNABLE Plan Cartésien, chez Mécanique générale. Pour ce qui est des séries télé, je rejoins Maryse avec qui je partage le même bol de pop-corn. 

Maryse : Mais aussi, ne ratez pas le Spirou #3564, qui sortira en kiosque la première semaine d’août.  La rédaction s’en est remise à nous pour concocter un numéro spécial Québec de 24 pages intitulé Snoreau (traduction québécoise de Spirou  : petit enfant espiègle).  Vous y retrouverez le maximum d’auteurs québécois que nous ayons été capables d’y faire entrer (quitte à demander à des auteurs comme Jimmy Beaulieu de se contenter d’une seule page: sacrilège ! ).  On ne sait pas encore si le magazine sera distribué en kiosque ici, mais sinon soudoyez quelqu’un outre-atlantique pour qu’il vous l’envoie !

 

Est-ce que j’ai oublié une question a laquelle vous aimeriez répondre ?

 

Ça fait le tour, je crois !

 

Encore merci d’avoir répondu à nos questions, et bonne chance pour les prochaines aventures des nombrils. Pour plus d’informations : http://www.spirou.com/index.php et http://www.dupuis.com/servlet/jpecat?pgm=VIEW_ALBUM&lang=FR&OUVRAGE_ID=8239

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

Dans les liens ci-contres, le "+" représente une entrevue réalisée avec l'auteur. Pour les lire, allez voir dans la section "entrevues" des catégories.

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés