Partager l'article ! Les entrevues Bedeka: Pascal Girard, Auteur: Entrevue publiée le 12-05-2006 &nb ...
~~ Le monde d'Eric Lamiot ~~
~~ La BD québécoise à l'honneur ~~
Qu'est-ce que ce Blogue?
Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France. Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.
Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.
Alors... bonne lecture et à bientôt.
Éric
http://ericlamiot.site.voila.fr/
Pour mes photos et chroniques de voyage:
http://elamiotphoto.over-blog.com
Pour mes dessins:
Entrevue publiée le 12-05-2006
Pour l’occasion de la sortie prochaine de l’album « dans un cruchon », chez Mécanique Générale, Bedeka.org a demandé à Pascal Girard de bien vouloir nous en parler, et de nous parler aussi de son parcours, de son travail de créateur de bande dessinée, et de ses « coups de cœur ».
Pourriez vous nous décrire
votre prochain album : « dans un cruchon » ?
Dans un cruchon c’est de la danse, un accident de voiture, un film
porno, de la solitude, des feuilles mortes et un complet cravate!
Et si je pouvais décrire le tout en un mot ce serait : désir.
Comment est il né ?
J’avais déjà fait deux petites histoires avec le même petit personnage, monsieur P. J’en avais fait deux petits fanzines qui ont principalement circulés au Saguenay. (un des deux fut conçu par les libraires de Jiix! à Chicoutimi. Merci encore!) Jimmy les a trouvées intéressantes et il m’a proposé d’en faire une troisième plus étoffée pour en faire un livre d’une centaine de pages.
La troisième s’appelle dans un cruchon. Principalement, je me suis servi de plusieurs rêves que j’avais fait pour en faire une histoire cohérente. Le tout en tentant de garder ce qui fait le charme de ces rêves.
Je dois également dire que la deuxième histoire Porno vient d’un scénario que j’avais écrit avec mon ami Emmanuel Bergeron. Ce dernier en a même fait un court métrage que, malheureusement, je n’ai pas encore vu.
Ou trouvez vous vos sources d'inspiration
?
Je pige un peu partout; dans mes
rêves, dans des discussions, dans des observations. Je n’ai jamais rencontré le problème de la « page blanche », j’ai davantage d’histoires que de temps pour les
réaliser.
Pourriez vous nous raconter votre
parcours?
Comme pas mal tous les auteurs de bandes dessinées, j’en ai fait beaucoup étant jeune et j’ai arrêté à l’adolescence. Je me suis intéressé au cinéma et j’avais décidé d’en faire une carrière. Durant mes premiers plateaux de tournage, je me suis aperçu que je trouvais ça plutôt ennuyant. J’ai donc troqué la caméra pour un crayon et je me suis mis au travail. Voilà!
Qu'est-ce qui vous a amené à Mécanique Générale comme éditeur ?
C’est plutôt Mécanique Générale qui est venu à moi. J’aimais déjà beaucoup leurs livres et je parlais souvent avec Jimmy. Au printemps 2005, ce dernier m’a demandé de faire un livre et c’est ce que j’ai fait. C’est aussi lui qui m’a proposé de collaborer à Terriens et à Plan cartésien. Je n’ai pas à me plaindre puisque si j’avais eu à courtiser un éditeur, Mécanique Générale aurait été le premier.
J'ai vu sur votre blogue que vous aviez un projet commun avec Iris, pouvez vous nous en parler ?
C’est une histoire assez loufoque.
Comme nous sommes partis, ça me fait penser aux livres de Bruno Heitz. Disons que c’est une histoire d’enlèvement où l’enquêteuse se déplace en marchette! Visitez nos blogs respectifs pour suivre
le processus de création.
Avez vous aussi d'autres projets (il me semble
avoir vu quelques mots sur un second livre sur le blogue) ?
Le livre de 70 pages que j’ai fait en deux jours sera édité par Mécanique Générale. Il s’appelle « Nicolas » et il parle de mon frère.
Sinon, je dessine tranquillement le numéro 2 de ma série Paresse.
Et je commence
tranquillement un troisième livre.
Est-ce difficile de parler de sa famille dans une bande dessinée ? N’avez vous pas peur des réactions de votre entourage ?
Non, pas vraiment. De toute façon, je ne parle jamais réellement des
autres. Je disais que Nicolas était un livre sur mon frère, disons plutôt que c’est une histoire sur comment je vis un deuil. Souvent je ne nomme pas les personnes ou je les place
hors-cadre, donc il n’y a pas vraiment de problème.
Pourriez vous nous parler un peu de cette série : « paresse » ?
J’ai créé Paresse pour m’amuser un peu en attendant que mes livres sortent. C’est un petit fanzine qui se retrouve dans la collection colosse de Mécanique Générale. C’est des petites histoires autobiographiques avec une touche d’humour, disons « slapstick ». Dans le meilleur des mondes, cette série me suivrait tout au long de ma vie. Un peu comme King-cat de John Porcellino. Si vous voulez un exemplaire du numéro 1, vous n’avez qu’à m’écrire ou écrire à Jimmy.
Pourquoi faire un blogue
?
À vrai dire, je ne le sais pas vraiment. J’ai un peu de difficultés avec ce « médium » (et l’informatique en général), mais j’aime bien lire ceux des gens que j’apprécie. C’est un peu mon outil de promotion, même si je ne sais jamais vraiment quoi mettre dessus. Si l’intérêt était là, je ferais un site avec exclusivement des dessins.
Vous
avez réalisé 70 pages en deux jours. Est-ce une « rage » de créativité et est-ce que ça vous arrive souvent ?
mmm… J’ai fait 70 pages en deux
jours car le sujet l’imposait. C’était quelque chose qui devait sortir rapidement. Je ne sais pas si c’est une rage de créativité, mais c’est sûrement une « rage ». Je ne sais pas si je
vais le refaire, ça dépend vraiment de mon sujet je crois. Je ne suis pas vraiment discipliné quand vient de le temps de dessiner. Si je n’ai pas envie, je n’arrive à rien de bien satisfaisant,
donc je n’ai pas toujours une méthode propice à faire un livre en deux jours.
Vous parlez de travail. Pourriez vous nous détailler un peu votre façon de faire ?
Pour l’instant, j’ai toujours développé autour d’une idée que j’avais
envie de raconter. Je note, je dessine et j’écris par rapport à cette idée. Quand le projet est assez clair je me lance dans le dessin. Pour les trois histoires de dans un cruchon, j’ai
préparé ma mise en page et mon découpage avant de réaliser la version finale. Maintenant, je fais pas mal tout instinctivement sans crayonné. Je dessine mes histoires dans des carnets de croquis
à reliure rigide. Ce qui me permet de pouvoir l’apporter partout et, surtout, de dessiner partout. Je dessine sur ma galerie, à la table, sur le divan, dans la voiture, en voyage, dans mon bain…
La seule chose importante : je dois avoir envie de dessiner. Ensuite, je numérise et je ne fais pas vraiment de retouches à l’ordinateur, sauf pour enlever la saleté et replacer certains
éléments.
Quand vous entamez un nouveau projet, avez vous déjà une bonne idée de l’ensemble, ou est-ce le projet qui vous dicte la suite au fur et à mesure ?
Je sais où je m’en vais quand je commence une histoire. Disons que j’improvise entre les grandes lignes directrices. Si j’ai une bonne idée en dessinant, je l’adopte plus souvent qu’autrement. Je ne serais pas capable de travailler, sans aucune improvisation, sur un scénario complet et fermé. Je ne fais pas de crayonné car j’aime me surprendre. En général, je préfère le dessin spontané et improvisé à celui calculé et rigoureux.
Lisez vous de la BD et si oui, quelles sont vos
derniers coups de cœur (et pourquoi) ?
C’est difficile, j’en lis beaucoup, je nomme que ceux qui me viennent à l’esprit.
C’était le bonheur de Blutch
C’est tellement beau!
Ma voisine en maillot de Jimmy Beaulieu
J’aime beaucoup quand Jimmy fait de la fiction. Mon livre préféré de lui est –22oc et son dernier est dans la même lignée.
Locas : the Maggie and hopey stories de Jaime Hernandez
Des personnages intéressants, des histoires intéressantes et un très beau dessin.
King-cat #64 de John Porcellino
Très touchant.
Les mauvaises gens de Étienne Davodeau
Un sommet dans la bande dessinée « documentaire ».
Béatrice de Phlpp Grrd
Qui peut résister à Béatrice!?
Aya de Yogoupon de Marguerite Abouet et Clément Oubrerie
Rafraîchissant. Il faut davantage d’auteures de bandes dessinées.
Le pont du havre de Luc Giard
Mon livre préféré de 2005. Du grand art. Je suis fier d’être édité par Mécanique Générale.
Merci beaucoup de nous avoir accordé cette entrevue, et nous vous souhaitons beaucoup de succès avec « dans un cruchon » et le reste de vos projets.
Pour plus d’informations : Mécanique Générale : http://www.pastis.org/mg/accueil.html
Le Blogue de Pascal Girard : http://pascalgirard.blogspot.com/
Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici
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