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Moi et Ce Blogue:

Qu'est-ce que ce Blogue?

 

Ça fait mantenant plus de 15 ans que je suis arrivé au québec, importé de France.  Je suis un passionné de BDs, j'aime la photographie, je dessine un peu. J'aime aussi voyager, la bonne bouffe, et la bonne bière. Ça, c'est pour moi.

 

Pouquoi ce blogue? Aprés avoir découvert la BD du Québec et avoir constaté son intérêt, j'ai décidé d'essayer de partager mes découvertes. Plutôt que de faire de la critique BD, je préfère discuter avec les auteurs. Alors je prépare des entrevues avec eux, avec les éditeurs et avec d'autres acteurs de la BD au Québec, et je les partage avec vous.

 

Alors... bonne lecture et à bientôt.

Éric

 

eric.lamiot@lycos.com

http://ericlamiot.site.voila.fr/

 

 

Pour mes photos et chroniques de voyage:

http://elamiotphoto.over-blog.com

 

Pour mes dessins:

http://elamiotdessins.over-blog.com

Concours

Entrevues Bedeka

Dimanche 19 juin 2011 7 19 /06 /Juin /2011 20:37

Bonjour

 

Ça y est, Les entrevues Bedeka ont maintenant nichées ici, coicées quelque part en janvier-février 2011. Il est possible que certaines se soient perdues lors de transferts de fichiers d'un ordinateur à un autre, depuis 2006/2007, j'ai pas mal bougé. En tous cas, voila celles que j'ai retrouvées, 32 entrevues réalisées et publiées pendant cette période.

 

En voila la liste et les liens:

 

Benoir Chaput, L'Oie de Cravan, Éditeur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-benoit-chaput-l-oie-de-cravan-editeur-75628258.html

 

Vincent Rioux (Voro), Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-vincent-rioux-voro-auteur-75628380.html

 

Martin Brault, La Pastèque, Éditeur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-martin-brault-la-pasteque-editeur-75628710.html

 

Jean-François Bergeron (Djief), Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-jean-fran-ois-bergeron-djief-auteur-75628846.html

 

Joelle Comtois, Coloriste

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-joelle-comtois-coloriste-75629060.html

 

Hervé Garcia, Arion, Éditeur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-herve-garcia-arion-editeur-76021706.html

 

Pascal Girard, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-pascal-girard-auteur-76021985.html

 

Thomas-Louis Coté, FBDFQ 2006

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevue-bedeka-thomas-louis-cote-fbfdq-2006-76022484.html

 

Yume Dream, Collectif Manga

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-yume-dream-collectif-manga-76022716.html

 

Jacques Lamontagne, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevue-bedeka-jacques-lamontagne-auteur-76022988.html

 

Paul Toutant - Mario Landry, Auteurs

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-paul-toutant-mario-landry-auteurs-76127099.html

 

Jimmy Beaulieu, Éditeur et Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-jimmy-beaulieu-editeur-et-auteur-76127359.html

 

Yves Millet, Libraire

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-yves-millet-libraire-76127649.html

 

David Turgeon, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-david-turgeon-auteur-76127890.html

 

Sylvain Lemay, Université du Québec en Outaouais

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-sylvain-lemay-universite-du-quebec-en-outaouais-76128079.html

 

Leif Tande, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-leif-tande-auteur-76128353.html

 

Maryse Dubuc - Marc Delafontaine, Auteurs

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-maryse-dubuc-marc-delafontaine-auteurs-76128782.html

 

Maryse Dubuc pour le Spirou spécial Québec

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-maryse-dubuc-pour-le-spirou-special-quebec-76129788.html

 

Table Ronde Fanzines

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-table-ronde-fanzines-76129990.html

 

Michel Rabagliati, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-michel-rabagliati-auteur-76130277.html

 

Philippe Doyon (Boussourir), Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-philippe-doyon-boussourir-auteur-76221856.html

 

Iris, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-iris-76222125.html

 

Edmond Baudoin, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-edmond-baudoin-auteur-76222316.html

 

Éric Thériault, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-eric-theriault-auteur-76222769.html

 

Philippe Girard, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-philippe-girard-auteur-76222990.html

 

Yves Rodier, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-yves-rodier-auteur-76223697.html

 

Johanne Matte, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-johanne-matte-auteur-76223910.html

 

Michel Gagné, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-michel-gagne-auteur-76224118.html

 

Catherine Genest, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-catherine-genest-auteur-76224441.html

 

Collection Québec

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-collection-quebec-76224581.html

 

Jacques Lamontagne, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-jacques-lamontagne-auteur-76225233.html

 

Zviane, Auteur

http://www.ericlamiot.org/article-les-entrevues-bedeka-zviane-auteur-76225547.html

 

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Mercredi 2 février 2011 3 02 /02 /Fév /2011 01:00

Publiée le 16-11-2006

 

 

 

 

Zviane est lauréate du premier concours québécois de bande dessinée, et va bientôt sortir son livre « Le point B ». Parallèlement, Mécanique Générale sortira aussi un « colosse » intitulé  « Quelque part entre 9 et 10h ». Toujours curieux d’en savoir plus sur les jeunes auteurs, Bedeka.org a voulu en savoir plus, et Zviane a eu la gentillesse de répondre à nos questions.

 

 

BDK : Contrairement à ce que tu as indiqué sur ton blogue (19/02/2006), même en BD, on peut poser cette question : « Pourrais tu nous dire qui est Zviane » ?

 

Zviane : Ataboy…Mmm… Y’a une chose qui est sûre : je crois bien être quelqu’un de créatif. Je peux pas encore dire si je suis une auteure de BD, une compositrice, une enseignante, une graphiste ou une musicologue, mais en tout cas, je peux dire que je suis une crinquée. Ouais. Vraiment crinquée. J’ai l’air ben ben ben énarvée, mais dans le fond, j’pense que je suis pas mal zen.

 

 

BDK : Tu es lauréate du Premier concours québécois de bande dessinée. Pourrais tu nous parler de ce concours, et de ce qui t’a amenée à y participer ?

 

Zviane : Ah, ça, c’est de la faute de Eric Bouchard, de la Librairie Monet. On s’était vus à la première édition de BDMontréal (il y était au stand de la Librairie), et il nous parlait de ce concours-là. Pour ma part, j’aime pas mal les concours, je trouve que ça offre des super opportunités de se faire connaître et entendre/lire. J’avais déjà sous la main un récit presque complété et puis le concours tombait rudement bien sur mes échéances, alors je me suis dit : Pourquoi pas ! Alors ça a donné ce que ça a donné. Les membres du jury ont finalement opté pour mon récit (à l’unanimité, m’ont-ils dit) et je souhaite vraiment qu’une seconde édition du concours voie le jour. C’est une super opportunité pour les jeunes auteurs…

 

 

BDK : Qu’est-ce que « Le point B » ?

 

Zviane : C’est l’histoire d’un jeune compositeur frustré, Émile, qui doit écrire des pièces de piano pour une mystérieuse interprète, Blanche. À travers ses difficultés de compositions et ses remises en question, il cherche à se rapprocher de Blanche par le biais des pièces qu’il compose pour elle… Une des caractéristiques particulières de cette publication, c’est qu’on peut y lire des pages de musique à l’intérieur – qui sont les compositions du personnage principal.

Le projet a été conçu en 2003. En fait, nous sommes une petite gang à Longueuil à suivre un atelier de BD au centre culturel Jacques-Ferron (on publie le Cactus, à tous les ans au mois de mai), et puis on avait dans l’idée de se partir un petit fanzine en plusieurs tomes dans le but de nous forcer à écrire une histoire plus longue que ce qu’on avait l’habitude de faire (on était tout le temps limité à faire pas plus que 5-6 pages dans les collectifs qu’on publiait, sinon, les magazines ne fermaient pas !..). On a été six à tenter le coup, on avait appelé ça Deux semaines impécunieuses, pis c’était photocopié sur du papier cheap, broché, puis distribué à nos amis et à la librairie Fichtre, à Montréal. C’est pour ce fanzine que j’ai fait la plupart des pages, et c’était mon plus ambitieux projet de BD (c’était prévu être 55 pages à l’époque, mais finalement, ça donne à peu près 120 pages !!).

Mais là, PATACLOW ! Je venais de terminer ce que je croyais être mon dernier chapitre, puis y’a ce concours-là qui apparaît ! Une chance à saisir, que je me suis dit ! Apercevant la possibilité que ce soit publié en vrai livre, je me suis dit que quelques corrections s’imposaient… puis j’ai rajouté un chapitre au complet, qui faisait un meilleur lien et qui rajoutait beaucoup de substance au livre. Alors voilà, c’est ça Le point B, c’est le fruit de 3 ans de travail acharné, mais de pas mal de plaisir aussi, je dois avouer.

C’est aussi une petite histoire d’amour… Plusieurs m’ont dit avoir reconnu une familiarité avec Blankets, de Craig Thompson. Je ne peux pas leur donner raison, étant donné que j’ai écrit l’histoire du Point B bien avant que j’aie déniché ce merveilleux livre… Mais parallèlement à cette histoire d’amour, il y a aussi une réflexion sur le monde de la musique contemporaine, à l’espèce de néant idéologique dans lequel se trouve pas mal de compositeurs de ma génération. On n’est pas sortis du bois, quoi !...

 

 

BDK : Tu composes aussi de la musique. Quand tu fais de la BD ou que tu composes, est-ce qu’il s’agit de processus créatifs identiques ?

 

Zviane : Oui, je compose de la musique, mais en fait, je trouve les deux disciplines (composition et écriture de BD) pas mal rapprochées. Les deux sont des arts qui se déploient dans le temps, et grosso modo, on peut bâtir la forme d’une pièce musicale pas mal de la même façon qu’on fait un découpage pour une BD. On peut même utiliser le même vocabulaire ! Je montrais des planches des fois à mon copain, il m’en parlait en utilisant des termes musicaux, et on se comprenait très bien, c’était tout à fait ça. D’ailleurs, la musique est un thème récurrent dans mes récits… C’est sûr que les contraintes ne sont pas les mêmes; esthétiquement, on n’a pas à se soucier de la page qui tourne en musique. On travaille bien moins sur les transitions en bande dessinée qu’en musique (on ne peut pas se permettre d’ellipse comme en bande dessinée), mais les deux arts reposent beaucoup sur le rythme. D’un évènement à l’autre, d’une case à l’autre.

Par contre, un des gros gros gros avantages de la bande dessinée, c’est qu’on n’a pas besoin d’interprète. Dès qu’on termine quelque chose, c’est déjà prêt à être lu. C’est pas le cas de la composition (je parle ici de composition dite « classique », bien entendu). On peut construire un super chef-d’œuvre de la mort, mais si l’interprète (quand vous en dénichez un !) ne comprend pas ce que vous avez voulu dire, ou bien s’il fait juste pratiquer la pièce deux heures avant le concert, votre toune est foutue. C’est très fragile, tout ça. C’est moins direct – c’est d’ailleurs pourquoi je fais pas mal plus de bande dessinée que de musique : je peux rejoindre les gens directement, sans passer par une personne intermédiaire.

Quant au processus créatif, comme je l’ai dit plus haut, oui, ils se recroisent pas mal. Pour la compo, un plan de la forme au préalable, le découpage des sections, le climax et ensuite l’écriture des notes ; pour la bande dessinée, l’écriture du scénario, le découpage, le dessin. Par contre, j’ai vais pas mal plus linéairement en BD. En musique, je commence souvent par la fin ou par le climax – je suis pas mal moins spontanée en musique.

Mais écrire de la musique, c’est tellement dur !!.... Enfin, moi je trouve ça pas mal plus difficile, mais c’est peut-être juste moi, aussi !...

 

 

BDK : Bientôt un Colosse, « Quelque part entre 9 et 10h », et en dehors de ça, qui s’en vient vite, quels sont tes autres projets ?

 

Zviane : Bah, vous savez, j’ai plus ou moins de projet « sérieux ». Ils vont comme ils viennent. En fait, la plupart de ma production de bandes dessinées est destinée à mon blogue ; je le mets à jour relativement souvent, c’est souvent autobiographique, j’aime beaucoup faire ça. Peut-être qu’un jour vous verrez tout ça sur papier !... Sinon, je publie dans les fanzines Vestibulles et Cactus chaque année, je vais sortir une petite BD dans la collection cœur de loup et le colosse pour l’expozine, puis aussi bientôt je vais faire quelque chose dans Le trait noir (de Antoine Corriveau et Félix Laflamme)… J’aimerais bien voir Quelque part entre 9h et 10h en livre. J’aime beaucoup faire des histoires courtes pour des fanzines, mais j’avoue que le livre me tente. J’ai déjà en tête quelques projets à plus grande échelle pour des livres, mais ils sont en « stand-by »… Je commence ma maîtrise en musique en septembre 2007, j’aurai pas beaucoup le temps ! Ça demande pas mal m’investissement ! (pis ça, vous le savez tous, hein ?)

Mon plus grand fantasme de BD serait de concocter un traité de théorie musicale… Y’a tellement de gens qui aimerait en connaître sur la musique, mais les traités de théorie musicale sont tellement plates !!

 

 

BDK : Question technique, comment est-ce que tu travailles ?

 

Zviane : J’ai deux méthodes de travail qui sont totalement opposées ; je ne travaille pas de la même façon pour un récit publié que pour des petites BD pour mon blogue.

Pour une BD qui est faite pour une publication, je procède de façon assez cartésienne. Vous savez, je ne suis pas très à l’aise avec l’improvisation ! J’admire beaucoup les gens qui partent comme ça et qui dessinent sans exactement savoir vers où ils s’en vont. Pour ma part, je me fais beaucoup d’horaires et d’échéanciers – en fait, j’ai de la difficulté à bosser un projet quand je sais pas quand il sera terminé, ou à quel pourcentage du travail je suis rendue.

J’écris tout à l’avance, je laisse très peu de place à l’improvisation. J’écris les dialogues (quand il y en a), je les découpe en pages (en prenant soin de bien indiquer les tournes de page), ensuite je fais ma mise en scène avec des bonhommes allumettes et après reste plus qu’à dessiner sur plus grand format. Je dessine à mine très pâle, très rough, et ensuite j’encre avec des feutres Steadler de différentes grosseurs ; ça me donne à peu près une page par jour. C’est comme ça que j’ai procédé pour Le point B. Mais j’essaie aussi souvent des nouvelles techniques, notamment avec mon super brush Pentel. Je suis encore en train d’apprendre, quoi ! Ensuite je scanne et je corrige sur photoshop – mes originaux sont souvent pas mal éloignés des versions publiées. Donc, tout ça, c’est quand je m’applique…

Pour mon blogue, je m’applique pas pantoute. Je me pogne une page dans un petit carnet, je me fais un petit gauffrier de six cases à mine, j’esquisse le tout et j’encre tout de suite. Je rajoute des gris chaud et froid au feutre prismacolor après l’encrage, et ensuite je passe à la page suivante. Contrairement à mon autre méthode de travail, celle-là est pas mal botchée et pas mal plus improvisée ; mais je peux me le permettre, car je fais rarement plus de trois pages à la fois. Une page peut me prendre 15 à 30 minutes, c’est pas très long - et en plus, j’ai aucun deadline. Mais c’est vraiment une récréation, tout ça… Je ne suis pas quelqu’un de type perfectionniste, vraiment pas. Je pense bien que j’apprends bien plus en assumant mes erreurs. À force de trop revenir en arrière pour corriger des trucs, on ne fait plus rien d’autre ; donc, je ne corrige (presque) rien sur mon blogue.

(Seigneur, est-ce que je parle trop ??)

 

 

BDK : Qu’est-ce que tu as pensé du rendez-vous de la BD de Gatineau ?

 

Zviane : AAAAAAAH C’ÉTAIT TELLEMENT COOL ! Je vais m’en rappeler longtemps (du moins, des bouts que je me rappelle !... Hic !) Je suis en train de faire une chronique là-dessus sur mon blogue en plusieurs parties, vous irez faire un petit tour !

 

 

BDK : Qu’est-ce qui t’a donnée le goût de faire de la BD ?

 

Zviane : C’est mon frère. C’est un mordu de BD, il en achète plein, et c’est lui qui m’a fait découvrir plein de trucs. J’en lisais pas vraiment beaucoup quand j’étais plus petite. Tintin m’a toujours emmerdée, même si on les avait tous, j’avais un peu plus d’affinité avec Astérix mais bof… Si je faisais de la BD, c’était pour copier mon frère, dans le fond ! (à l’époque, il en faisait pas mal plus que moi). Aussi, j’ai déjà été une fana d’animation japonaise, ce qui m’a amenée à dessiner beaucoup, mais c’est pas vraiment ça qui m’a amenée à la bande dessinée. Je crois que j’ai eu la vraie piqûre quand j’ai découvert l’Association, vers la fin de mon secondaire, et ce courant de BD autobiographiques venu de l’Europe.

 

 

BDK : Tu fais une maîtrise, si je ne me trompe pas, pourrais tu nous en parler ?

 

Zviane : Ah ah ah !! Je me demande si ça va intéresser des gens de bédéka!! C’est tellement pointu... En tout cas, moi ça me passionne littéralement. Mon mémoire s’intitulera : Des constantes dans le discours harmonique de Jean-Sébastien Bach à travers les 48 préludes du clavier bien tempéré. Dans le fond, j’fais une analyse harmonique de tous les préludes (pas les fugues) des deux livres du clavier bien tempéré de J-S Bach, ensuite je trouve les constantes, ce qui revient souvent, puis enfin j’en fais une synthèse.

Ça a l’air tout simple et très niaiseux, mais c’est un travail MONSTRE ! Surtout quand on pense que ce gars-là est le pilier de tout le système tonal, qui se trouve à être le fondement de la musique occidentale ! Ça fait que j’ai décidé d’aller puiser à la source pour comprendre la musique d’aujourd’hui (et par extension pour me créer un langage harmonique dans le but d’écrire de la musique). En plus, je vais avoir la chance d’être dirigée par une des personnes les plus extraordinaires du monde (Luce Beaudet) ! Aaaah, mon dieu, j’ai donc hâte.

 

Si les analyses musicologiques vous intéressent, vous pouvez toujours aller faire un tour vers mes analyses des formes sonates chez Mozart :

http://www.zviane.com/f/musique/mozart/

 

 

BDK : Tu fais un blogue. Qu’est-ce que t’amène cet exercice ?

 

Zviane : J’adore ce médium. Pas de deadline, pas de stress, pas de censure (sauf l’auto-censure), pas de dessins à refaire, et puis, comble de la joie, on reçoit du feedback instantanément ! Qu’est-ce qu’on peut demander de plus ?

Les blogues-BD se sont multipliés sur le web depuis peu, et ma foi, c’est vraiment une bonne chose ! Moi-même j’ai commencé le mien parce que j’étais pâmée devant celui d’Iris et d’Evelyn. C’est vraiment une vacance, un blogue. On peut y mettre n’importe quoi. En fait, j’écrivais beaucoup sur mon site web depuis 1998, alors j’avais l’habitude des mises à jour régulières ; seulement, le texte s’est muté en BD. C’est beaucoup plus restrictif (car beaucoup plus long à produire), mais c’est pas mal plus satisfaisant. Et puis ça forge la discipline.

 

 

BDK : Pourrais tu nous parler de tes « coups de cœurs », tous domaines confondus ?

 

Zviane : Ma vie est une série de coup de cœurs – si je dois tous les relater (et tous domaines confondus en plus), dans dix pages j’aurai pas fini !!!... Alors je me contenterai des coups de cœur récents :

Côté BD, Iris, elle rocke. Faut que la terre entière (surtout ceux qui ont mon âge) aillent se procurer Dans mes rellignes . On le lit toute et puis après, on est triste parce que c’est déjà fini. C’est comme une drogue ! On s’en lasse jamais… Et puis je me reconnais beaucoup dans ses histoires. Sinon, Pascal Girard, il faut qu’il fasse le plus de livres possible. C’est un virtuose du non-dit et des silences, et moi qui parle (beaucoup) trop, j’en apprends pas mal en lisant ce qu’il fait. Son prochain livre, Nicolas, sort à peu près en même temps que le mien, ça ne peut qu’être bon. Quand j’ai appris que Pascal et Iris faisaient une collaboration, je suis presque tombée en bas de ma chaise ! Un duo de la mort !!

Côté musique, je suis allée revoir le Nouvel Ensemble Moderne hier soir, il y avait une pièce de Denis Gougeon. Denis Gougeon, c’est un de mes compositeurs contemporains préférés, vraiment, et cette oeuvre que j’ai entendue hier, En accordéon, c’était l’expression de ce que moi-même je me tue à essayer de faire. Tout est neuf, mais rien n’est extrême ; tout coule comme du Mozart, tout est bien articulé, mais le son n’a rien d’arriéré ; quand on entend ça, on se sent les deux pieds dans le XXIe siècle… wow… L’œuvre en question, c’est une pièce pour accordéon soliste et ensemble de chambre. Je ne sais pas si un jour ça existera en CD, mais bon, si jamais y’a des ensembles près de chez vous qui jouent du Denis Gougeon, ben allez voir ça, c’est toujours bon !!

Côté bouffe, j’ai redécouvert les cannes de soupes thaï au cari rouge. C’est fait avec du lait de coco et il y a des petits blés d’inde thaïlandais dedans ; c’est de la canne, mais c’est super bon !

 

BDK : Est-ce qu’il y a un sujet que nous n’avons pas abordé dont tu aimerais parler ?

 

Zviane : Eh bien je pourrais insérer une petite plogue auto-promotionnelle, tiens : venez donc au Salon du livre de Montréal et à l’expozine !! Je serai aux deux endroits, prête à vous accueillir les bras tendus ! Pis j’ai ben ben ben ben hâte.

 

Salon du livre de Montréal : du 16 au 20 novembre 2006, à la place Bonaventure (800, rue De la Gauchetière Ouest), je serai au stand Dimedia (160) avec mon livre Le point B, en dédicace vendredi le 17 novembre de 15h à 16h et samedi le 18 novembre de 16h à 17h.

 

Expozine : samedi le 25 novembre 2006, de 11h à 18h, au 5035, rue Saint-Dominique (Montréal), je serai à la table du Cactus et de la collection Cœur de loup avec mes petites publications, soit : Dans l’Estomac, Les constats de la vie que l’on constate, Quelque part entre 9h et 10h et peut-être mon dernier né, s’il est imprimé à temps, qui n’a pas encore de titre. J’aurai peut-être aussi quelques CD de ma musique à vendre…

 

Le lancement officiel du livre  Le point B se fera à la Librairie Monet (Galeries Normandie, 2752, de Salaberry, Montréal), au début du mois de décembre – la date reste à confirmer. Restez à l’écoute !

 

 

Merci Zviane de nous avoir accordé cette entrevue, nous te souhaitons bon courage pour ta maîtrise, et à bientôt avec « Le point B » et tes autres productions.

 

 

Le blogue de Zviane : http://zviane.com/prout/

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Mardi 1 février 2011 2 01 /02 /Fév /2011 01:00

Publiée le 06-06-2006

 

 

 

Devant le succès de la série Druides, dessinée par Jacques Lamontagne (Istin, Jigourel, Lamontagne, Ed. Soleil), et avant la commercialisation du tome 2, Bedeka.org a demandé à Jacques Lamontagne de nous parler de son expérience, de sa façon de travailler, et plus généralement de la bande dessinée.

 

 

Que penses tu du succès de la série Druides ?

 

Ayant été habité par une certaine nervosité durant l'année investie à la production des Druides, je dois avouer que ce fut comme un baume de constater la bonne réception de mon tout premier album par les lecteurs.

Lorsque l'on produit un album, il faut patienter des mois avant de connaître le verdict final. Une fois celui-ci sur les tablettes, on se voit confronté à la critique, bonne ou mauvaise. Alors, bien sûr que je fus transporté de joie en apprenant les performances de ce premier tome.

 

 

 Tu fais de l'illustration, du dessin publicitaire, de la bande dessinée… Qu'est-ce qui motive tes choix ?

 

Les sous...En réalité, je ne fais à peu près plus de travaux destinés à la publicité, et ce par choix. La pub est un milieu ingrat, mais payant. Je préfère de loin faire de l'illustration d'édition et bien entendu, de la BD qui me nourrissent davantage artistiquement.

 

 

Comment en es tu arrivé à faire ce métier ?

 

Par paresse! J'avais envisagé bien des directions professionnelles mais j'ai opté pour la facilité. Aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours dessiné. Ce fut donc relativement facile de considérer l'option des arts au sortir du secondaire.

 

 

 Si on va sur ton site internet, on trouve une belle brochette d'illustrations de styles variés. Quel est ton style propre ?

 

Il y a 20 ans, on se facilitait beaucoup la vie en tant qu'illustrateur en adoptant plusieurs styles. Ceci est vrai surtout en  étant installé dans une petite ville comme Québec. Ce qui m'a forcé à explorer divers styles et techniques afin de décrocher plus facilement des contrats. Je dirais que je suis plus à l'aise vers quelque chose qui tend vers le réalisme.

 

 

 Quels sont tes outils de travail ?

 

Un crayon, du papier, un ordinateur, une tablette graphique, du café, beaucoup de café et de la patience.

 

 

Est-ce que tu travaille avec un horaire régulier, ou quand tu sens l’inspiration ?

 

Je sui très rigoureux quant à mon horaire de travail. Je commence le matin à 7h30 et je poursuis jusqu'à 16h00. Il m'arrive de déborder le soir et les week-end mais beaucoup moins qu'auparavant.

 

 

 Est-ce que tu te considère comme polyvalent ?

 

Je crois que ce qualificatif colle assez bien au type de dessinateur que je suis.

 

 

 Comment se passe la collaboration avec les autres auteurs pour Druides ?

 

Aussi étonnant que cela puisse paraître vu que mes scénaristes sont de l'autre côté de l'Atlantique, formidablement bien. Ils habiteraient à quelques kilomètres de chez moi que ça ne changerait pas grand chose, tout cela grâce à internet.  Bien sûr, j'aimerais quelquefois être plus près d'eux afin que l'on puisse échanger face à face devant un bon rouge. Mais, vu les circonstances, je considère cette collaboration excellente.

 

 

 As tu ton mot a dire sur le scénario ?

 

Lorsque quelque chose m'agace ou que je sens moins, oui, j'en parle à mes co-auteurs. Tout dernièrement, j'ai fait modifier une scène car je considérais qu'il y avait un manque dans le récit. L'inverse est aussi vrai. Mes scénaristes ont un mot à dire sur mes dessins. L'idée derrière cela est de bonifier au maximum l'album.

 

 

Dans certaines planches, il y a des cases qui occupent toute la largeur de l’image. Les autres sont en parties superposées dessus, ce qui donne une impression de profondeur remarquable. D’ou vient cette idée ?

 

Bah, je crois pas que l'on ait rien inventé avec l'utilisation de ce type de cases. Mais ce qu'il faut savoir c'est que l'on s'était mis d'accord Jean-Luc Istin (co-scénariste et directeur de collection) et moi au début du projet sur l'utilisation de cases très longues, très cinématographiques. Nous sommes tous deux de grands consommateurs de cinéma.

 

 

 La série semble très bien documentée. Qui s'occupe de cette documentation (langage, habitats, vêtements, mœurs…) ?

 

Essentiellement Thierry Jigourel. Cette période de l'histoire et surtout la culture Celtique sont fort peu documentées. Thierry est une véritable encyclopédie en la matière et c'est sur lui que je me repose pour les questions pointues. Pour le reste, monsieur Google m'est fort utile.

 

 

Il y a actuellement en Europe un grand retour aux cultures régionales, dont la culture celtique. Est-ce un thème qui t’intéresse personnellement ?

 

Non, pas particulièrement. Ce qui m'a accroché lorsque l'on m'a présenté le projet de « Les Druides », c'est le côté thriller historique et le parallèle que l'on m'en avait fait avec le roman d'Umberto Eco, le nom de la Rose. J'aime les ambiances feutrées, les clairs-obscurs, le climat de mystère que l'on peut  retrouver dans ce type de récit.

 

 

 Quels sont tes projets actuels ?

 

Pour l'instant, je travaille bien sûr à la finalité du tome 2 des Druides. J'ai à compléter des planches pour le collectif des contes de l'Ankou. Il y a d'autres projets dans l'air. Mais pour l'instant, l'éditeur chez Soleil veux profiter du succès de la série et sortir assez rapidement les 3 premiers tomes des Druides. Donc, je me concentre surtout sur ce projet.

 

 

 A quand la sortie du tome 2 ?

 

Si tout va bien, je termine le tome 2 à la fin de juillet 2006 et la sortie est prévue pour début septembre en France.

 

 

Tu fais partie des auteurs Québécois  publiés en Europe. Considères tu que c’est une finalité ?

 

Je crois qu'en tant qu'artiste, il n'y a jamais de finalité. Y'a plein de choses que je désire explorer avec le médium de la BD. Être publié en Europe était un rêve de jeunesse. J'aimerais me voir éditer également du côté des USA, mais leur approche de la BD est un peu moins près de celle que j'affectionne.

 

 

Qu’est-ce que tu pense de la production BD au Québec aujourd’hui ?

 

Y'a des choses formidables qui se produisent au Québec. Avec les moyens que ces petites maisons d'édition possèdent, ils font des miracles. J'admire le travail fait par Jimmy Beaulieu, un passionné. Je n'ai qu'un souhait, qu'ils parviennent à faire connaître à encore plus de gens par leurs publications.

 

 

 Quand tu relis le premier tome de Druides aujourd'hui, quelle critique en fais tu ?

 

Je suis très, voir même trop critique envers mon travail. Avec un certain recul, j'ai peine à apprécier ma production. Donc, lorsque j'ouvre mon tome 1, mon oeil s'attarde uniquement sur les mauvais plutôt que les bons coups. Certains découpages, certaines attitudes de personnages seraient à revoir. Mais semble t-il qu'il faut accepter ces petites choses car c'est la preuve qu'il y a une progression dans notre travail lorsque l'on est à même de relever ses fautes.

 

 

Comment se passent les rencontres avec ton public lors des séances de dédicaces ?

 

Pour moi ces rencontres sont plus que nécessaires, elles sont vitales. Au delà des considérations mercantiles, il y a ces rencontres magiques avec les lecteurs. Ce moment qui permet de connaître la réaction des gens par rapport à son travail. C'est formidable de réaliser que des  personnes regardent et apprécient ton travail. Que les petits détails que tu avais fait et dont tu croyais qu'ils passeraient inaperçus, ont en réalité été vus.

 

 

Est-ce que cela te tenterais un jour de scénariser ou co-scénariser ta propre série (ou ton propre album) ?

 

Je travaille présentement à un projet personnel. Mais vraiment à temps perdu. Oui, cela me tiendrait beaucoup à coeur d'écrire et dessiner certains projets.

 

 

 Quels sont tes coups de cœur, tous domaines confondus ?

 

Le nom de la rose, allez savoir pourquoi. L'oeuvre de Marcel Pagnol et de Claude Seignolle. Gibrat et ses belles de la seconde guerre mondiale.

 

 

Quelle est la question que je n’ai pas posée et à laquelle tu rêve de répondre (et quelle sera ta réponse) ?

 

Diable...Pourquoi Jacques es-tu si beau? LOL

Plus sérieusement, j'aimerais parler de mes premières lectures, celles qui m'ont intéressées à la BD. Avant même de savoir lire, j'ai connu "Martin le Malin" Petite BD vraiment moche mais qui ne coûtait que quelques sous et était publiée par un  éditeur Flamand. Bien sûr Tintin, qui m'a ouvert les yeux sur le monde et m'a transporté dans des magnifiques histoires.

 

Bedeka.org te remercie beaucoup pour le temps et la patience que tu nous a accordé. Nous te souhaitons de grands succès, à la fois pour « Les Druides » et les projets associés, mais aussi pour tes projets personnels.

Pour plus d’informations : http://www.jacqueslamontagne.com/  et http://www.soleil-lesite.com/index.php

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Dimanche 30 janvier 2011 7 30 /01 /Jan /2011 01:00

Publiée le 17-10-2006

 

 

 

 

Une délégation de Québec aux Rendez vous de la Bande Dessinée de Gatineau ? Collection Québec ? Vous voulez en savoir plus ? Bedeka.org a demandé à l’un des organisateurs, Thomas-Louis Coté, et à l’un des auteurs participant (Djief), de bien vouloir nous expliquer tout ça.

 

 

BDK : Collection Québec, qu’est-ce que c’est ?

 

T.-L. Coté : De façon simple, Collection Québec est un collectif d’auteurs de la région de Québec formé pour faire la promotion de leurs oeuvres, mais aussi de la bande dessinée produite à Québec, lors du Rendez-vous de la BD de Gatineau.

Le collectif participera aussi activement aux activités du RVIBDG, en plus d’en organiser quelques unes dont deux séances de modèle vivant et un atelier de création de BD. Aussi, nous produirons quotidiennement un fanzine qui sera distribué gratuitement aux visiteurs, en plus d'être disponible en ligne pour ceux qui ne pourront pas venir nous voir

(http://collection.bedeka.org). En plus des artistes de la délégation, tous les autres invités seront invités à y participer.

 

Djief : C’est le nom de notre délégation en Outaouais. Comme les Rendez-vous se passent dans un musée, Petr a sorti l’idée que l’on pourrait incarner une collection venant de la région de Québec, sympa non ?

 

 

BDK : Qu’attendez vous de cette initiative ?

 

T.-L. Coté : Nous espérons donner de la visibilité à ce qui se fait en BD dans la région de Québec. Le milieu ici est de plus en plus dynamique et nous avons une très bonne concentration d’auteurs professionnels, publiés au Québec et en Europe.

 

Djief : Une reconnaissance internationale de notre incroyable talent… haha ! Ok, je blague. Pour ma part, je vois cette initiative comme une belle vitrine. Une occasion de présenter nos dessins à un autre public que celui de Montréal et Québec.

 

 

BDK : Vous avez décidé d’une présence collective à Gatineau, pourquoi ?

 

Djief : Je laisse Petr et Thomas-Louis répondre à cette question puisqu’ils sont les instigateurs du projet.

 

T.-L. Coté : Lors du dernier RVIBDG, un lien coopératif a été établis entre leur organisation et la nôtre (Festival de la Bande Dessinée Francophone de Québec). Comme le marché est quand même assez petit ici, nous avons décidé de nous entraider pour maximiser nos efforts de promotion. Lors de notre 19e édition, le RVIBDG était représenté à Québec par les Studios Premières Lignes. Comme j’ai été approché par Pierre Bouchard qui avait la volonté de développer un projet avec nous, il a été décidé de leur rendre la pareille.

 

 

BDK : Que pensez vous que va apporter cette visibilité ?

 

T.-L. Coté : Premièrement, je pense que ça va permettre aux gens de Gatineau de découvrir un peu ce qui se fait chez-nous. Le kiosque, les activités, le blog et le fanzine sont là pour démontrer la créativité de nos auteurs et la variété de ce qu¹ils produisent. De plus, Québec, comme Gatineau je crois, a une place importante dans le paysage de la BD québécoise. Il est important de montrer que, à l’instar d’autres domaines artistiques, le 9e art n’est pas l’affaire d’une seule ville.

 

Djief : Perso, c’est là toute la question. Je ne sais pas, il faut le faire pour voir jusqu’à quel point ce sera profitable pour tous. Une chose est sûre, c’est toujours plaisant de partager une expérience comme celle-là entre auteurs !

 

 

BDK : Pensez vous que s’organiser de façon collective, comme vous le faites actuellement, ça pourra durer sur le long terme ?

 

T.-L. Coté : Je crois que c’est une première initiative qui fera des petits. Que ce soit avec les auteurs du présent collectif ou d’autres, s’il y a un engouement à reproduire l’expérience, il est certainement envisageable de se déplacer encore vers d’autres événements, au Québec ou ailleurs.

 

Djief : L’avenir nous le dira. Mais pour le moment, ce n’est pas prévu pour en faire une association ou une organisation stable. Ce sera de l’ordre de l’enrichissement humain dans la mesure où l’on va se côtoyer pendant ces quelques jours et faire plein de rencontres professionnelles. On verra bien les liens qui se tisseront.

 

 

BDK : Un fanzine va être distribué à Gatineau. Est-ce qu’on aura la chance de pourvoir se le procurer à Québec aussi ?

 

T.-L. Coté : Dans la version papier j’en doute, mais les gens de tout le Québec y auront accès, avec même plusieurs bonus, sur le site : http://collection.bedeka.org

 

Djief : Petr est le grand maître d’œuvre du fanzine, c’est lui qui peut répondre à cette question. On aura une version en ligne aussi.

 

 

BDK : Est-ce que ça serait pas une bonne plate-forme d’avoir un fanzine comprenant des planches de tous les auteurs de Québec à avoir par ceux-ci à chaque fois qu’ils vont à un salon ou à une dédicace, pour faire connaître la BD de Québec ?

 

T.-L. Coté : Oui, ça pourrait être une idée. On pourrait même ne pas se limiter à la région de Québec et en faire un outil pour la bande dessinée québécoise en général, un peu comme Mensuhell cherche à faire en sollicitant des amateurs et des professionnels. Cette initiative devra venir d’une concertation entre les auteurs et les autres acteurs du milieu, ce qui n’est pas toujours facile.

 

Djief : Bien certainement. Mais la question est de savoir qui est prêt à tenir se genre de projet à bout de bras ? C’est déjà pour plusieurs une véritable vocation que de faire de la BD. Je crois qu’il faut être drôlement investi pour en plus faire la promotion des auteurs de la région de manière constante.

 

 

BDK : Finalement, la BD à Québec, c’est quoi pour vous ?

 

T.-L. Coté : La meilleure ! En fait, c’est un milieu de plus en plus dynamique avec des auteurs très talentueux et qui produisent des œuvres de styles très différents et très personnels. Ce qui est heureux aussi, c’est que tout le monde ici a la volonté de développer le milieu, que ce soit en échangeant beaucoup, en améliorant le FBDFQ ou en créant des initiatives comme celle-ci.

 

Djief : Pour un auteur, c’est surtout un choix de milieu de vie et un environnement propice à la création. Il y a pas mal d’auteurs BD talentueux à Québec (ou qui viennent de la région de Québec), des gars et des filles qui ont envie de raconter leurs histoires ou de donner leur vision des histoires des autres. La région est un excellent creuset  pour les artisans du 9e art.

 

Merci à tous les deux, et bon festival.

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Vendredi 28 janvier 2011 5 28 /01 /Jan /2011 01:00

Publiée le 30-09-2006

 

 

Interview

Bédéiste, sculpteur, concepteur, Michel Gagné est un artiste polyvalent. Québécois de naissance, vivant actuellement aux Etats-Unis, Michel Gagné est encore mal connu dans sa province d’origine. Pour vous le faire découvrir, Bedeka.org l’a contacté et lui a demandé de répondre à quelques questions, ce qu’il a gentiment accepté pour nous.

Bedeka.org : Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pourriez vous vous présenter?

MG : Je suis né au Lac St-Jean et j’ai passé mon adolescence dans la ville de Québec. A 18 ans, j’ai déménagé à Toronto pour faire des études d’animation au Collège Sheridan. En 1986, je me suis fait embaucher par Don Bluth, pour qui j’ai travaillé comme animateur pendant 6 ans. De là, j’ai travaillé dans plusieurs boites Hollywoodiennes en occupant mes temps libres avec toutes sortes de projets : BD, peintures, sculptures, livres illustrés, courts-métrages d’animation etc. J’suis obsédé par l’art et je m’emmerde si je ne suis pas créatif.

Bedeka.org : Vous êtes à la fois animateur, concepteur, bédéiste, sculpteur, comment arrivez vous à tout gérer ?

MG : Avec grande difficulté ! Y’a tellement de choses qui m’intéressent dans le domaine de la créativité, c’est pourquoi je dois sélectionner mes projets avec soins. J’essaye toujours de travailler sur ce qui m’inspire le plus. Il faut aussi jongler avec les projets qui payent et ceux qui ne payent pas. D’habitude, ceux qui ne payent pas ou qui m’en coûtent, c’est ceux que j’aime le plus.

Bedeka.org : Pourriez vous nous parler de Zed ?

MG : Quand j’étais jeune, j’étais un gros fan des comics américains et j’ai toujours conservé le rêve d’avoir un jour ma propre série de comics. En 2001, j’ai pris la plonge et je m’y suis mis.

Alors ZED, c’est une série science-fiction avec un p’tit personnage tout « cute » qui vit des événements carrément épouvantables. A première vu, ZED ressemble à une BD pour jeunes gosses, mais quand on commence a lire l’histoire on est dérouté. On sait plus à qui ça s’adresse. C’est une série pleine de paradoxe (un peu comme moi). C’est adorable et sanglant, enfantin et adulte, tendre et cruel, terrifiant et marrant. J’fais ZED pour m’amuser et j’me fous des conventions. J’suis quand même content de voir qu’il y’a des lecteurs, parce que ça serait moche de faire ça juste pour moi.

Bedeka.org : Aurons nous un jour « Zed » traduit en Français ?

MG : Les éditions Kymera en France ont déjà publié un recueil des 5 premiers numéros. C’est traduit par Eric Bufkens et il a vraiment fait du bon boulot. J’me suis tordu d’rire quand j’ai lu ça en Français pour la première fois.

Bedeka.org : Vous créez beaucoup de créatures imaginaires, d’ou tirez vous votre inspiration ?

MG : C’est un peu un stéréotype, mais la nature est là où je puise le gros paquet de mon inspiration. J’vais souvent me promener dans le bois avec mes chiens et chaque fois, je suis en admiration devant la beauté du monde naturel. En fait, la nature fait 100 fois mieux que moi pour créer des bestioles fantastiques. Juste dans le monde des insectes, y’a assez de variété pour être inspiré pour une vie entière.

J’puise aussi dans la littérature de science-fiction. Lire des romans, ça me fait travailler l’imagination beaucoup parce que ça me force a créer mes propres images. Quand j’regarde des films ou je lis des BDs, les images sont toutes faites, donc mon imagination ne travaille pas autant.

Bedeka.org : Vous avez créé votre propre maison d’édition, si je ne me trompe pas (Gagné International Press), pourquoi, et comment y êtes vous arrivé ?

MG : Je sais pas si je pourrais vraiment appeler ça une maison d’édition parce que les seuls bouquins et comics que je publie sont les miens. Quand j’ai écrit mon premier livre (A Search for Meaning : The Story of Rex) en 1997, j’avais pas envie d’envoyer ça a des maisons d’édition et de me faire rejeter. Ça m’aurait déprimé. Moi le rejet, j’prends pas ça très bien. En plus, j’ai un coté très entrepreneur. Ma femme et moi on a lu un livre qui s’appelle « The Self-Publishing Manual » par Dave Poynter. Ça nous a donné le blueprint pour procéder à la création de notre petite maison d’autoédition. J’ai publié mon premier livre en 1998 et ça s’est bien vendu. J’ai été très encouragé par la réponse et j’ai continué à publier a raison d’un ou deux livres par année. En faisant la promotion à diverses conventions, j’me suis fait remarquer par les distributeurs, et en quelques années, j’était distribué un peu partout à travers le monde. A date, Gagné International a publié 12 livres et 7 numéros de ZED.

Bedeka.org : Vous avez participé au collectif Flight. Pouvez vous nous parler de cette expérience ?

MG : J’ai été approché par Kazu Kibuishi à la convention Wizard World en 2004. « Flight : Volume 1 », n’était pas encore publié à l’époque, mais Kazu m’a montré la maquette et j’ai tout de suite compris qu’il s’agissait de quelque chose d’extra spécial. Je lui est fait part de mon idée de faire un « graphic novel » avec le petit renard, Rex, que j’ai créé pour mon premier livre sorti en 1998. Je lui ai demandé si ça serait OK de faire un chapitre par volume et il a tout de suite accepté.

Alors voila qu’avec Flight 2 et 3, j’ai deux chapitres de mon histoire de publiés. J’viens tout juste de finir un autre chapitre de 32 pages qui sera publié l’année prochaine dans Flight 4. L’histoire complète sera de 160 pages et j’en suis à 78 pages de terminées.

Je suis vraiment heureux de participer à ce projet. Toute l’équipe est géniale et on s’inspire mutuellement.

Bedeka.org : Vous faites de l’animation. Est-ce que ça influence le découpage quand vous réalisez de la bande dessinée ?

MG : Oui, je suis sûr que ça influence. Quand je fais de la BD, j’pense toujours en terme de mouvement. En fait, faire de la BD c’est un peu comme faire un film.

Bedeka.org : Vous êtes allé à Comic-Con, à San-Diego, cette année. Pourriez vous nous indiquer ce que c’est et ce que vous en avez retiré ?

MG : Ça fait une dizaine d’année que je vais au Comic-Con, et la sixième où j’ai un « booth ». J’aime bien rencontrer mes confrères, mes copains et mes fans, mais je suis un peu écoeuré par l’ampleur que la convention a prise. Y’a trop de monde, c’est trop gros, trop bruyant… bof, enfin j’en ai marre. J’compte quand même y retourner l’an prochain mais cette fois là, j’aurai pas de booth. J’vais céduler une couple d’heures pour signer et rencontrer les fans (probablement à la « booth » de Flight) et ça sera tout. Cinq jours de convention, plus deux semaines de préparation, c’est trop. J’ai toutefois fait plusieurs rencontres qui pourraient déboucher sur des bons projets. Enfin, on verra…

Pour ce qui est des conventions, j’aime mieux les plus petites comme APE à San Francisco, Comic Expo à Calgary ou Emerald City Comicon à Seattle.

Bedeka.org : Pouvez nous parler de vos différents projets ?

MG : Coté BD, y’a « ZED » que je continue de faire à raison d’un numéro par année et « The Saga of Rex » avec « Flight ».

J’ai un projet de jeux vidéo qui est en train de se concrétiser. J’ai un projet de court-métrage d’animation avec le « Vancouver International Jazz Festival » qui s’annonce bien. Je vais faire la conception d’effets spéciaux pour un long-métrage d’animation qui vient de se mettre en branle et qui sera produit par le Weinstein Co. Je commence là-dessus dans quelques jours.

Je vais essayer de trouver un peu de temps pour faire des illustrations pour le jeu de carte XEKO. J’ai fait une grosse parti des illustrations et du design pour ce jeu et ça commence à avoir pas mal de succès. La compagnie qui produit ce jeu continue à l’augmenter avec des nouvelles séries de cartes. Il m’ont demandé de faire un tas d’autres illustrations, alors je verrai si je peux « fiter » ça dans ma cédule.

J’ai aussi d’autres projets de livres et d’art, mais enfin, on verra bien ce qui aboutira à travers tout ça. C’est difficile de prévoir ou mon inspiration me mènera.

Bedeka.org : Pourriez vous partager avec nous vos « coups de cœurs » personnels ?

MG : Quand je fais du travail commercial, souvent je suis un peu détaché, mais pour ce qui est de mes projets personnels, ils sont tous des « coup de cœur » à vrai dire. Quand je fais de l’art, si mon cœur n’y est pas a fond, ça se voit.

Si j’avais à sélectionner deux titres à travers tous mes bouquins, ce serait probablement « A Search for Meaning : The Story of Rex » et « The Towers of Numar ». Mais toutefois, c’est un peu comme décider lequel de mes enfants j’aime le plus.

« ZED » et « The Saga of Rex » sont aussi deux projets que j‘adore faire et qui me tiennent vraiment à cœur.

Coté animation : « Prelude to Eden », un court-métrage qui ma prit plus de quatre ans à compléter, a été un travail très gratifiant et qui m’a appris beaucoup. J’ai aussi eu un grand plaisir à concevoir les effets spéciaux du film « Osmosis Jones » et aussi de travailler avec Brad Bird sur « The Iron Giant ».

L’an passé, j’ai reçu un budget par MTV Networks pour créer ma série de petits films d’animation qui s’appelle « Insanely Twisted Shadow Puppets » et j’ai eu un plaisir fou à faire ça. Va falloir que je trouve du financement pour continuer à faire d’autres trucs de ce genre.

Bedeka.org : Merci beaucoup Michel d’avoir accepté cette entrevue. Nous vous souhaitons de trouver le temps nécessaire pour mener à bien tous vos projets.

Pour en savoir plus, nous vous invitons à consulter le site internet de Michel Gagné : http://www.gagneint.com/

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Jeudi 27 janvier 2011 4 27 /01 /Jan /2011 01:00

Publiée le 12-07-2006

 

 

 

 

 

Johane Matte publie quelques pages dans le collectif « Flight », volume 3, qui vient de sortir. Bedeka.org en a profité pour l’interroger sur cet ouvrage, mais aussi sur ses projets, et elle a très gentiment accepté de répondre à nos questions.

 

 

Tu as participé en tant qu’auteur au volume 3 de « Flight ». Pourrais tu nous nous en parler un peu ?

 

Le nouveau volume a 26 auteurs avec autant de styles différents. Les histoires restent en grandes parties public général, mais je dirais qu'il y a plus de thèmes sombres abordés dans celui ci que dans les deux volumes précédents.

Il y a une énergie incroyable à participer à ce collectif. On se pousse tous dans le dos, à s'améliorer. C'est une très bonne atmosphère de travail, même si tous les contacts se font via internet et le forum de Flight. Un petit groupe d'auteurs revient à presque chaque livre, mais il y a aussi toujours des nouveaux venus. Ça va être intéressant de voir comment le livre va continuer à évoluer et qui participera aux prochains.

 

 

Y as tu participé au niveau de l’organisation ?

 

Pas vraiment. Kazu Kibuishi, notre éditeur/directeur artistique, se tape le plus gros du boulot, avec un peu d'aide de deux ou trois autres personnes. Pour le restant des artistes, notre objectif le plus important est de remettre nos pages à temps. J'aide un peu lors des conventions.

 

 

J’ai le volume 1 de Horus, version papier, j’ai vu les images des 2 et 3 sur ton site. Comment les obtenir ?

 

Ah, mon site web n'est pas vraiment à date, je m'en excuse. Les trois petits volumes ont été regroupé en un seul volume, de meilleure qualité de production. Pour l'instant, je n'ai pas encore de distribution, mais je regarde une ou deux possibilités. Sinon, on peut l'acheter directement en m'envoyant un courriel (rufftoon@hotmail.com), ou bien en visitant les librairies Fichtre et Millenium à Montréal. Attention, le livre est en Anglais! Je n'ai pas encore eu le temps de produire une version française. Ça devra attendre un peu.

 

 

A quand la suite ?

 

C'est difficile de prévoir: la deuxième histoire est écrite et planifiée.  Il y a le boulot à temps plein qui gobe beaucoup d'espace, et je dois terminer une autre histoire pour Flight. Je commencerais donc le volume 2 cet automne. J'espère terminer en 2007. On croise les doigts!

 

 

Peut-on savoir dans quoi tu travailles et comment tu arrives à gérer la bande dessinée à travers ?

 

Je travaille dans une petite compagnie de jeux vidéos, en tant qu'illustratrice. Ça englobe les designs de personnages, des décors, des menus, des storyboards.

 

 

Comment es tu arrivée en bande dessinée ?

 

Par un chemin tortueux, hihi!

Je dessinais déjà des petites bédés quand j'étais en quatrième année primaire. Je n'ai jamais arrêté vraiment depuis. Dans les années 90, il me manquait encore trop de connaissances techniques avant d'oser produire quoi que ce soit. J'ai étudié en cinéma d'animation au Collège Algonquin à Ottawa, et ensuite eu différents petits boulots dans des studio à Montréal. C'est après plusieurs années d'expérience accumulée (surtout à dessiner des storyboards, un vrai déclic) que je me suis enfin sentie prête à faire le grand saut. Il me reste encore beaucoup à apprendre, mais maintenant ça se fera sur le terrain plutôt que dans les coulisses. Le délai que j'ai pris m'avait aussi permis de me préparer un budget, car je comptais bien m'autopublier à compte d'auteur. J'ai été patiente, et je crois que ça a été plus facile. Mais j'ai l'impression d'avoir commencé bien tard comparé à d'autres artistes. Peut être suis je trop prudente?

 

 

Est-ce que les études en animation et le dessin de story-boards influent sur ton style en BD ?

 

C'est certain. En animation, on pense beaucoup aux mouvements et aux expressions des personnages. Je préfère d'ailleurs beaucoup plus dessiner les personnages que les décors, et plus c'est "cartoon", plus je suis à l'aise.

 C'est dessiner des storyboards qui m'a appris la patience avec les décors. On me répétait tout le temps: "faire de la bandes dessinées et des storyboards, c'est différent". Oui, c'est vrai: on ne raconte pas une histoire pour le même médium. J'ai quand même pris quelques trucs que j'ai transposé pour la bédé, surtout le placement de la "caméra". J'en ai encore beaucoup à apprendre. Je continue à expérimenter. Des fois ça marche, et d'autres pas.

 

 

Pour les amateurs du coté technique, pourrais tu nous décrire ta méthode de travail ?

 

Rien de très sorcier. Quand une idée me traverse la tête, je prend vite des notes. Si j'attends trop, je risque d'oublier. Par la suite, je fais le découpage en entier des pages en petits croquis (une page dans un petit carré de 3,5" x 2,5" approximativement, jamais très gros). Les dialogues sont écrit au même moment, ou du moins l'idée générale du sujet de conversation.  Puis j'ai le choix: je peux photocopier mes croquis à la grandeur de mon format de travail ( 9"x12"), mais si c'est trop brouillon, je redessine le tout. Encrer, scanner, corriger les erreurs sur Photoshop et ajouter la couleur si il y a lieu. Tadaaa!

 

 

J’aime beaucoup tes « Little Stick Deamons » de ton site (http://www.qosmiq.com/rufftoon/). Comment t’es venue l’idée de tels personnages ?

 

Haha! Ils sont apparus sur une page en 1990, lors d'un de mes cours en animation. Le prof nous demandait de dessiner de simple bonhomme allumettes et de leurs donner des poses, question de se délier la main. Un exercice de mouvement quoi. Disons qu'ils ne sont pas resté des petits humains bien longtemps.

Je suis d'ailleurs en pleine production d'un petit mini comic de 12 pages avec eux. Ils vont bien arrêter de m'ennuyer qu'ils veulent leurs propres bouquins!

 

 

Sur ton site, on trouve des dessins d’Harry Potter, Juste des essais ou un projet concret ?

 

Pour l'instant, ce n'est que du fan art. Mais il y a environs un an et demi, une idée saugrenue d'histoire m'a traversé l'esprit, et je me devais de me la sortir de la tête. C'est devenue une petite bédé de vingt-cing pages, crayonnées. Je pense en faire un petit fanzine, avec la contribution d'autres personnes.  Je ne pourrais jamais les vendre, mais on va le sortir quand même.  Les autres artistes m'ont vraiment donnés beaucoup de leur temps et de leurs énergies.  Il n'y aura qu'un nombre très limité de copies, toutes gratuites. La plupart des dessins seront aussi visible en ligne.

 

 

Tu sembles aimer le coté fantastique (les dieux égyptiens, Harry Potter, l’apprenti sorcier de « A walk in the park »), pourquoi ?

 

Pfiou...je ne sais pas. Sûrement quelques affreuses expériences durant ma jeunesse, haha!

Je crois que c'est un besoin d'exagérer la réalité. Comme si la vie de tous les jours n'était pas suffisante, que je devais me dire "oui mais, et si ÇA devait arriver?", et de pousser l'idée toujours plus loin. Peut-être parce qu'il ne s'est rien passé de très excitant dans ma vie, alors j'en rajoute ailleurs. Je serais incapable de dessiner une bédé autobiographique. En quatre cases, tout au plus.

J'ai aussi toujours eu un intérêt dans les mythologies, l'histoire et les religions. En quoi les gens croient, qu'est ce qui les fait cliquer. Le monde caché de l'esprit humain et ses possibilités...

Et je ne devrais pas oublier toutes les lectures de jeunesses, qui ont sans doute influencé quelques part. Il y avait cette revue dans les années 80. Je crois que le titre était "Inexpliqués".

Ok, j'avoue: je lis encore Fortean Times, pour ma dose mensuelle de bizzareté.   

 

 

Je me souviens d’une entrevue de Stephen King qui disais sensiblement la même chose que toi sur ses sources d’inspiration (et si ÇA devait arriver ?), le monde ordinaire est il si « platte » ?

 

Oh non, juste ma petite vie. Pas que je me plains!

 Il se passe plein de trucs incroyables un peu partout dans le monde (même si, des fois,  ce n'est que dans la tête des gens). Ça peut-être des trucs fantastiques, comme des histoires de fantôme, d'ovni, de créatures étranges, en passant par les découvertes scientifiques. Tiens, comme l'expérience récente d'utiliser les ultrasons pour refaire pousser des dents. On peut prendre ça comme base, et pousser la science encore plus loin!

L'inspiration, c'est les autres.

 

 

As tu d’autres projets en cours dans la bande dessinée ?

 

D'autres histoires pour Flight, continuer Horus. C'est le principal. Je viens juste de terminer une petite histoire de dix pages pour Teen Titans Go. Je ne suis pas certaine de la date de sortie, alors je ne m’avancerai pas.

 

 

Pourrais tu nous proposer quelques choix de lecture que tu as aimée ?

 

Chez les américains, j'adore "Walking Dead"...et pourtant, j'ai horreur des films de zombies! Il y a aussi un autre collectif, "Out Of Picture", publié chez Paquet, Blankets de Craig Thompson, Bone de Jeff Smith, Palestine de Joe Sacco.

 

 D'Europe, il y a Sky Doll, Black Sad, Garulfo, De Capes et de Crocs, Scorpion, Alim le tanneur, Persepolis de Marjane Satrapi... Bon sang, je suis certaine que j'en oublie des récents que j'ai aimé.

 Il y a un titre italien que j'adore pour son humour: Rat-Man, de Leo Ortolani. Je n'arrive pas à tout lire, mais c'est juste assez proche du français pour comprendre. C'est un maître dans le timing! Il a été une grande influence, après Gotlib. Si seulement il pouvait être traduit...

 

Dans les mangas, je saute sur tout ce qui est Tezuka (en particulier Bouddha et L'arbre au soleil) et Taniguchi (Quartier Lointain). Il y a aussi Hikaru No Go, Le Nouvel Angyo Onshi, Eagle, Zipang et Spirale.

 

 

Y a t’il une question que je n’ai pas posée et à laquelle tu voudrais répondre ?

 

Non, je crois que tu as fait un bon boulot.

Oh, j'aimerais juste ajouter que je vais être à San Diego en Juillet pour la grande convention. J'y serai avec d'autres contributeurs de Flight, comme Azad.

J'ai aussi un blog, mis à date plus souvent que mon pauvre site web:

http://drawingboard.org/blogs/Nofret

 

 

Merci beaucoup de nous avoir accordé cette entrevue. Bon courage pour finir « Horus », que nous attendons avec impatience, et pour ceux qui veulent en savoir plus : http://www.qosmiq.com/rufftoon/

 

C'est moi qui te remercie!

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Mercredi 26 janvier 2011 3 26 /01 /Jan /2011 01:00

Entrevue publié le 05-09-2006

 

 

 

Yves Rodier est le dessinateur de « Simon Nian », scénarisé par François Corteggiani. Le tome 2 est sorti cette année en France et au Québec, et le 3 s’avance à grands pas. Bedeka.org a donc contacté Yves Rodier pour lui demander de nous en parler.

 

 

Pourrais-tu nous expliquer la genèse de Simon Nian ?

Un de nos amis, à François Corteggiani et moi, se nomme Georges Simonian. C'est un avocat, membre du Barreau de Paris, et grand amateur de BD. Si on disait que je suis en train de décrire le personnage fictif de Simon Nian, c'est que nous l'avons calqué de très près sur notre ami! Un jour, Georges nous a rendu un service professionnel gratuitement, et pour le remercier, sachant qu'il adore Tillieux et Gil Jourdan, nous lui avons fait cadeau de l'original d'une fausse couverture "À la Gil Jourdan". Nous avions intitulé l'album "La victime avait de gros nichons" et c'était "Une Enquête de Simon Nian"! Nous avons bien rigolé avec ça, et quand Glénat nous a demandé de leur présenter un projet, après l'avortement d'un autre qui avait été accepté puis rejeté, nous avons immédiatement pensé à Simon Nian. Ce fut accepté sur le champ, et... nous en sommes maintenant au troisième album!

 

 

Il me semble avoir aperçu ici ou là des clins d’œil à d’autres bandes dessinées, je me trompe ?

Mais oui! C'est normal, puisque notre héros est lui même un maniaque de BD! Et il n'y a pas que lui! Korté et moi-même le sommes également. Sommes toute, cette série est un grand hommage à Tillieux mais aussi aux auteurs de toute une époque de la BD maintenant révolue... mais qui reste chère dans les coeurs de nombreux amateurs!

 

 

Certaines scènes sont présentées de façon très cinématographiques. As tu de fortes influences dans ce domaine ?

 

Oui, j'adore le cinéma, et j'en ai étudié la mise-en-scène au Cégep de St-Hyacinthe pendant trois ans. Mais ça vient aussi du découpage que me fournit François. Bien entendu, il me laisse libre d'y apporter des changements, ce que je fais de temps en temps, mais il faut bien avouer qu'avec ses 35 ans d'expérience, il sait ce qu'il fait, le père François!!! Dans le troisième, il y a une scène de poursuite de voitures sur les quais de la Seine, et c'est superbement découpé! Je n'ose pas y toucher car François en a si bien huilé tous les rouages que j'aurais peur de détraquer la machine!

 

 

Comment se passe la collaboration avec ton scénariste, qui est basé en Europe ?

 

Pour le premier, nous avions mis en place les bases de l'histoire alors que j'étais chez lui, puis je suis revenu au Québec. Depuis, François m'envoie son scénario/découpage par e-mail, je fais les crayonnés, je les scanne et les lui envoie pour approbation. Au début, il y avait beaucoup de corrections car nous n'étions pas encore habitués à travailler ensemble, mais maintenant que nous sommes un vieux couple et que nous savons mieux à quoi nous attendre l'un de l'autre, ça roule bien. Il faut dire aussi que je suis retourné chez lui terminer la deuxième moitié du premier album, et j'ai commencé le 2e tome, toujours chez lui, ce qui nous a permis de travailler en proche collaboration.

 

 

Tu nous a mis l’eau à la bouche en glissant quelques mots du troisième. Pourrais tu nous en dire plus ?

 

Avec joie! Dans cette nouvelle aventure, nous faisons un retour de plein pied dans le monde de la BD avec ses séances de dédicaces, ses collectionneurs d'originaux, et ses meurtres sanglants... heu, enfin, dans notre histoire! Il s'agit d'une course-poursuite, à la recherche de planches originales mythiques... Je ne veux pas en dire plus pour laisser aux lecteurs le plaisir de le découvrir à la sortie de l'album!

 

 

Tu es un tintinophile averti. Tu as même « commis » une fin à Tintin et L’alph-art. C’est peut être encore un sujet sensible (la réaction de la fondation Hergé n’a pas été très favorable, si je me souviens bien), mais j’aimerais savoir ce que t’a apporté cet exercice ?

 

Non, curieusement, la réaction de la Fondation avait été très favorable! Je pense qu'ils ont vu que mon travail était un hommage sincère et non une entreprise à faire des sous sur le dos de Hergé. Bien entendu, de là à me laisser le publier, il y a un pas qu'ils ne peuvent pas franchir, et je les comprends. Mais pour revenir à la question, cet exercice a apporté beaucoup de rigueur et de précision à mon dessin. Aussi, un point qui est devenu essentiel pour moi: la lisibilité. La BD d'aujourd'hui avec ses cadrages éclatés, ses effets d'ombre et de lumière à outrance et ses détails superflus dans les dessins, a complètement oublié cet aspect! Je pense que l'école franco-belge était un modèle d'efficacité à ce niveau, et qu'il n'est pas près d'être égalé par ce qu'on appelle "la BD moderne"... Ça demande un travail d'épuration très concis que les artistes d'aujourd'hui, qui pensent que "plus"veut dire "mieux", ne sont pas prêts à faire. Bien entendu, je ne parle pas ici de la BD d'auteur qui est très souvent minimaliste, mais de la BD de genre, que ce soit policier, aventure ou SF.

 

 

En parlant de « BD moderne », qu’est ce que tu penses de la production énorme que l’on vit actuellement ?

 

Je ne sais pas trop... Ça a du bon et du mauvais. D'un côté ça permet à plus d'auteurs de vivre de leur art, mais de l'autre, leur travail doit vraiment se démarquer de la masse pour avoir une chance de leur apporter un revenu stable et durable... En revanche, le public en ressort gagnant. Il n'a jamais eu un éventail aussi large dans lequel choisir!

 

 

Quelles sont tes sources d’inspiration en général ?

 

Bien entendu, toute l'école de Marcinelle, l'école franco-belge en général, mais aussi toute oeuvre finement mise au point. J'y vois un défi à m'approcher de ce haut degré de précision. Le dessin d'Uderzo est incroyable, en particulier sur "Tanguy et Laverdure"... Son sens de la lumière est hallucinant! Quand je regarde des images comme ça, je me dis que j'ai encore bien du chemin à faire avant d'arriver à créer des ambiances semblables! Mais ça m'inspire à travailler encore plus fort.

 

 

Tu es un des auteurs québécois édité en Europe, qu’est ce que tu penses de la production québécoise actuelle, autant en Europe qu’ici ?

 

Je trouve ça très excitant! Et ce qui est vraiment bien, c'est que même la BD qui n'est pas distribuée en Europe commence à avoir des fans là-bas! On les y apprécie pour le dessin mais aussi pour le reflet de notre société qu'elles évoquent. Cette saveur typiquement québécoise fait très exotique pour nos cousins de la francophonie européenne...

 

 

Pourrais tu nous présenter ta façon de travailler ?

 

Ça dépend de mon inspiration. À vrai dire, je ne pense pas avoir à proprement parler de technique. Ce que je redoute par dessus tout, c'est l'ennui qui découle de la routine. C'est pourquoi aussi que, tout en sachant les grandes lignes des histoires sur lesquelles je travaille, je demande à Corteggiani de ne m'envoyer que 4 ou 5 pages à la fois, pour maintenir mon intérêt. Aspect dessin, avant je travaillais en encrant au fur et à mesure mes crayonnés, puis j'ai espacé pour faire 5 planches de crayonnés avant de les encrer. Cette fois-ci, j'essaie de faire toutes les planches en crayonnés avant de les encrer, mais j'avoue que la tentation a été trop grande et que j'ai encré certaines cases que je sentais au point. Mais il est certain qu'il est bon de s'accorder un moment de réflexion entre le crayonné et l'encrage. J'apprécie cependant beaucoup plus l'étape de l'encrage que celle du crayonné. C'est à ce moment que, pour moi, le dessin se met à exister. Je ne pousse pas tellement mes crayonnés puisque je travaille sans assistant et que je saurai exactement ce qu'il y aura à préciser au moment de l'encrage.

 

 

Pour la couleur, vous faites appel a un studio, comment ça se passe au niveau pratique ?

 

C'est assez particulier, il faut bien le dire! Avec le dessinateur au Québec, le coloriste en Belgique et l'éditeur en France, mes dessins font beaucoup de chemin avant de se retrouver en album! Pour le premier, j'ai fait les couleur moi-même avec l'assistance d'une amie, Gaëlle Robert, qui n'a pas été créditée dans l'album. À cette fin, j'avais fait une charte de couleur en me basant sur celle de Vittorio Leonardo, le coloriste attitré de l'école de Marcinelle depuis les années 60. Quand j'ai eu la chance de le rencontrer à la sortie du premier album, je lui ai demandé, sans me faire d'illusions, s'il voulait faire les couleurs de la suite... et à mon grand étonnement, il a dit oui! La façon dont nous procédons est toute simple: Je scanne moi-même mes planches et les lui envoie par courriel à son studio de Belgique. Vittorio m'envoie le résultat en fichers à basse résolution pour que je lui indique mes éventuelles corrections. Une fois les corrections faites, il met les planches coloriées sur CD et les fait parvenir à l'éditeur en France. C'est un réel honneur pour moi de collaborer avec lui sur ce projet, et les résultats du dernier album ont dépassé toutes mes espérances!

 

 

Est-ce qu’on verra un deuxième tome des aventures de Pignouf et Hamlet ?

 

Haaaa, Pignouf et Hamlet! Ma foi, j'aimerais bien! Encore faudrait-il en trouver le temps! Mais un truc qui me trotte dans la tête depuis un petit moment, ce serait d'en faire des livres illustrés! Il faudrait que j'en parle avec l'auteur des textes, David, mais c'est un projet qui me plairait bien! J'ai toujours adoré faire de l'illustration, même si je n'en ai pas souvent eu l'occasion, et je pense que ces personnages et leur style d'aventures s'y prêteraient parfaitement!

 

 

Quels sont tes projets ?

 

Hé bien, le 4e tome des aventures de Simon Nian bien entendu, qui devrait se situer, celui-là, en Amérique du Sud! Il y a aussi une statuette en résine du personnage qui sera disponible en 2007 et dont je superviserai la conception. Il y a encore un autre projet de série à venir, pour l'instant chez Glénat, dont nous attendons la confirmation, et je réalise aussi une série pour la revue Safarir, en collaboration avec mon ami Menzo, qui est en fait un roman-photo mettant en vedette des jouets! Ça s'appelle "Bébel-O-Rama" (pour nos lecteurs européens, "bébelle", un terme signifiant "jouet" en québécois) et je m'amuse comme un petit fou à travailler là-dessus! Le premier épisode est paru dans le numéro de juillet 2006.

 

 

Pourrais tu nous parler de tes derniers « coups de cœur », tous domaine confondus ?

 

Au cinéma, OSS 117 qui est génial! Aussi le film "Nacho Libre" du réalisateur de "Napoleon Dynamite", Jared Hess mettant en vedette Jack Black. En BD, je viens tout juste de découvrir "Le Petit Christian" de Blutch et j'attends la suite avec impatience (on l'a annoncé à ce qui paraît). "Magasin Général" de Loisel et Tripp est absolument superbe! Il y a "Jojo" de Geerts qui est toujours un pur ravissement. Dans le même registre, "Mamette" de Nob, et enfin "Les Nombrils" de nos compatriotes Delaf et Dubuc, des amis de longue date! Nous avions collaboré à Pignouf ensemble il y a plus de 10 ans! Un grand succès bien mérité!!!

 

 

Merci Yves de nous avoir accordé cette entrevue. Nous attendons avec impatience la sortie du tome 3 de Simon Nian, et pour en savoir plus, http://www.geocities.com/yves_rodier/

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Mardi 25 janvier 2011 2 25 /01 /Jan /2011 01:00

Publiée le 04-07-2006

 

 

 

 

Philippe Girard, Alias Phlppgrrd, est l’auteur de Béatrice, un strip publié du lundi au vendredi dans le quotidien « la Presse », de Montréal. Il est également l’auteur de livres jeunesse (Gustave et le capitaine Planète). Bedeka.org a demandé à Philippe de bien vouloir partager avec nous son expérience.

 

 

Béatrice, ta bande dessinée, est publié dans « la presse », à Montréal, comment s’est passé le contact, et que t’apporte cette publication ?

 

C'est Frédéric Gauthier, de La Pastèque, qui m'a approché avec ce projet au printemps 2003. À l'époque, nous étions cinq auteurs sur la ligne de départ (Rémy Simard, Guy Delisle, Michel Rabagliati, Nicolas Mahler et moi). Notre mandat était de développer un strip qui aurait été publié dans un nouveau cahier jeunesse du journal La Presse (ce projet a finalement été abandonné). Dans le projet initial, chacun d'entre nous se voyait attribuer un jour de la semaine différent (par exemple : Remy le lundi, Michel le mardi, Guy le mercredi, Mahler le jeudi et moi le vendredi). En cours de route, certains auteurs se sont désistés de telle sorte que seuls Rémy et moi sommes demeurés partants. Puis finalement, en octobre ou en novembre 2005, Frédéric m'a recontacté pour me dire que la Presse était toujours intéressée, mais à condition que je livre cinq strips par semaine. Sur le coup, j'ai été ! un peu impressionné, parce que ça représentait une grosse somme de travail. Mais comme j'avais à peu près 70 strips de prêts, je me suis dit que je pouvais essayer. Pour l'instant, j'ai réussi à maintenir ce tempo.

 

Quant à savoir ce que m'apporte cette publication, il est peut-être un peu tôt pour en parler. J'ai accepté de plonger dans l'aventure parce que le défi me semblait intéressant et qu'on me donnait carte blanche. Avec Béatrice, j'ai abordé les thèmes de la sexualité, de l'alcool et de la politique sans qu'on me demande de modifier ou censurer quoi que ce soit. C'est une immense liberté. J’ai également évoqué Beaudelaire, Fernando Pessoa et d'art abstrait, ce dont je suis très fier.

 

 

Est-ce un contrat à long terme ?

 

Je n'ai pas de contrat à proprement parler.

 

 

Penses tu que la bande dessinée puisse être un bon véhicule pour aborder des sujets sociaux habituellement considérés comme « sérieux » ?

 

Oui certainement. D'ailleurs, elle le fait déja. On a qu'a penser a Maus, de Spiegelman pour s'en convaincre.

 

 

La BD québécoise dans les journaux d’ici (Béatrice, « Magasin Général », de Loisel et Tripp, Paul de Michel Rabagliati dans « le Devoir »), est-ce une mode, ou penses tu que ça puisse tenir sur le long terme ?

 

Même si je suis porté à croire que c'est un peu les deux, je pense que c'est le résultat d'un long processus. Il y a vingt ou trente ans, les auteurs de BD québécois tentaient déjà de se démarquer. À force d'efforts, l'arbre a finit par donner des fruits. En plus, il ne faut pas oublier que, contrairement aux autres disciplines artistiques, comme la chanson, la BD ne bénéficie d'aucune loi qui impose des quotas aux diffuseurs. Ça nous aurait permis de gagner beaucoup de temps. Imaginez à quoi ressemblerait le paysage de la BD au Québec si dès les années 70 le gouvernement avait obligé les journaux d'ici à publier 50% de contenu québécois dans leurs pages. La donne serait complètement différente.

 

La vague qui balaie le Québec ces jours-ci est, de mon point de vue, le résultat des petits succès additionnés de tous ceux qui nous ont précédés et d'un changement de mentalités vis-à-vis du médium en général. Depuis une dizaine d'années, les lecteurs ont accepté de laisser entrer l'album souple en noir et blanc dans la meilleure section de leur bibliothèque. Cette ouverture a permis à des auteurs marginaux de gagner leurs lettres de noblesse. C'est une révolution. Et mon plus grand souhait par rapport à tout ça, c'est que les artistes à qui profitent l'engouement actuel soient assez généreux pour laisser une place la génération suivante. Je me croise les doigts pour qu'ils deviennent un relais entre les éditeurs et les artistes. C'est ce qui fera la différence entre un phénomène passager ou un mouvement de fond.

 

 

Quel est ton parcours ?

 

Après mes études secondaires, je me suis inscrit en Graphisme au Cégep de Sainte-Foy (c'est la que j'ai connu Leif Tande et Djief) en croyant que ma formation me permettrait de devenir auteur de BD. Ça peut paraître incongru à première vue, mais à l'époque c'est ce que faisaient les auteurs de BD pour acquérir des compétences. En cours de route, j'ai réalisé que ce parcours n'était pas vraiment approprié pour atteindre l'objectif que je m'étais fixé. Les professeurs n'aimaient pas la BD et c'était mal vu d'en faire. J'ai donc bouclé mon DEC en arts et je me suis inscrit à l'Université en Communications graphiques. Pendant cette période, j'ai rencontré des professeurs formidables comme Antoine Dumas et Joanne Ouellet, qui ont eu beaucoup d'influence sur ma démarche. Quand j'ai terminé mon Bac, je souhaitais tenter ma chance comme illustrateur de presse. J'avais développé un style de dessin trè! s énergique au pastel (qui n'a rien à voir avec ce que je fais en BD) et j'étais très influencé par des illustrateurs américains comme Philip Burke. J'ai même envoyé mon porte folio à des magazines comme Rolling Stone et Life. Par la suite, j'ai été engagé comme graphiste et comme réalisateur pigiste par Radio-Canada. De 1993 à 1997, j'ai surtout fait de la peinture et j'ai exposé dans des bars de Québec et Montréal. Je suis revenu à la BD avec le fanzine Tabasko. Depuis 2002, en plus de la BD, j'écris aussi des romans jeunesse.

 

 

Comment est-ce que tu travailles ?

 

Pour Béatrice, mon objectif, c'est de produire trois gags par semaine. Ça semble peu, mais considérant que j'ai un boulot à temps plein et une famille, c'est énorme. En temps normal, je pars le matin de la maison avec une idée en tête. Je la retourne jusqu'à ce que je trouve le flash qui en fera un gag. Parfois ça ne marche pas. Je dois changer de thème et attaquer un autre sujet. Pendant cette gestation, je passe beaucoup de temps à chercher le mot juste. C'est ma manie. Dans 90% des cas, l’idée naît de la parole ou des dialogues. Je veux donc que le texte soit crédible, qu’il colle à l’univers de l’enfance. Du même coup, je tiens à ce que du point de vue linguistique, ce soit impeccable. C'est difficile, parce que je ne peux pas mettre plus de 3 lignes de texte par phylactère. L'espace est limité. Ça me force à être concis et précis.

 

En plus, la BD qui est publiée dans les journaux s’adresse à un lectorat qui ne s’intéresse pas spécialement à la BD. Ce groupe a d’autres références culturelles et d’autres préoccupations que les acheteurs de BD. Ça me donne l'impression de travailler pour un anti-public. Mon mandat, c'est de faire rire le gars qui lit le journal à l'usine ou au restaurant du coin, pas le spécialiste de Donjon. Pour y arriver, je dois m’intéresser au hockey, aux olympiques et à l’actualité. C'est sans doute la raison pour laquelle Béatrice a reçu un meilleur accueil dans les médias généralistes que dans les médias dédiés à la BD. Les critiques de BD me parlent surtout de l'aspect minimal du dessin tandis que les lecteurs de la Presse apprécient ma volonté de traiter de l'universalité de l'enfance. Lors du dernier salon du livre de Québec, il y a même un gars qui est ! venu me voir pour me dire que sa femme venait d'accoucher et qu'ils avaient décidés d'appeler leur bébé Béatrice en l'honneur de mon personnage. Pour moi, c'est un immense compliment. Béatrice, c'est peu de choses quand on considère la série en termes de nombre de pages, mais c'est beaucoup plus du point de vue de l’effort de synthèse.

 

 

Tu as parlé d’anti-public. Penses tu que la publication de BD dans la presse quotidienne puisse amener un nouveau lectorat vers la bande dessinée ?

 

Je ne sais pas. La BD existe dans les journaux depuis fort longtemps. La question est de savoir si ceux qui lisent Charlie Brown en page E-12 de leur journal achètent des albums en librairie. D'après les commentaires que je reçois, ce n'est pas le cas. Les gens qui achètent le journal lisent la BD comme d'autres lisent leur horoscope ou la météo. C'est une information de plus dans la grande masse que contient le journal. Inversement, les collectionneurs de BD que je connais ne s'intéressent pas a Blondinette ou Mutt & Jeff. Ce sont deux mondes parallèles et quasi imperméables.

 

 

Pourrais tu nous parler de tes projets autres que Béatrice ?

 

Comme je l'ai dit précédemment, la courte échelle publie depuis 2002 une série que j'ai écrite et illustrée qui s'appelle Gustave et le capitaine Planète. Elle compte quatre titres pour l'instant. Ce travail est celui qui prend la majeure partie de mon temps. J'y suis très attaché. Ce printemps, j'ai remis le cinquième tome de la saga à l'éditeur et j'ai en tête les scénarii de deux prochains épisodes. Cela devrait me garder occupé jusqu'en 2008. En plus de cette série, j'ai aussi deux autres gros projets en cours. L'un d'eux est presque terminé. C'est un roman pour les 8 à 10 ans dont le titre est "Crayons de douleurs". C'est Djief qui en a fait les illustrations, avec brio comme d'habitude. L'autre projet est confidentiel pour l'instant.

 

 

Est-ce que le travail de romancier est fondamentalement différent de celui d’auteur de BD ?

 

Les contraintes sont différentes. Même si Béatrice est une enfant, je peux utiliser sa voix pour parler de guerre ou de politique. Dans la littérature jeunesse, c'est plus délicat. Pas seulement pour des questions d'éthique mais aussi parce que la morale, dans la littérature, ça devient vite barbant. On risque de lasser le lecteur. Dans mes romans jeunesse, je dois évoquer l'action sans tomber dans la violence. Par contre, dans la BD, il est difficile d'employer un mot de 26 lettres dans un phylactère sans devoir le couper. Tout est une question d'adaptation. Il faut savoir se plier aux exigences de chaque médium et y trouver son compte. Ceci étant dit, lorsque je mets mon chapeau d'auteur de romans, je ne cherche pas a aborder les mêmes thèmes que dans la BD. Je me suis mis a l'écriture parce qu'un jour, j'ai lu dans un magazine que les jeunes garçons québécois ne lisaient plus. J'ai pensé aux livres qui m'intéressaient quand j'étais petit, Bob Morane, Doc Savage et Nick Jordan, et je me suis dit qu'il y aurait certainement moyen de créer quelque chose dans le même genre qui colle a la réalité d'aujourd'hui. Dans mes romans jeunesse, j'essaie de parler au héros qui sommeille chez les petits lecteurs. Avec Béatrice, je m'adresse a l'enfant qui sommeille dans chaque lecteur.

 

 

Tu bases souvent tes BDs sur du vécu quotidien. Aura t’on droit un jour à de la fiction pure signée Phlppgrrd ?

 

Tous mes livres sont basés sur la fiction. En dépit des apparences, la façade historique ou autobiographique est un faux-semblant, une illusion. Je m'en sers pour brouiller les pistes. Mes personnages sont des gens qui ont déjà existés, mais je les place dans des situations imaginaires. Ils sont des comédiens qui feignent de jouer leur propre rôle. C’est différent de la biographie. La pudeur qu'impose la fiction oblige les auteurs à se révéler par le biais de l'invention et ça, c'est le vrai miracle de l'écriture. Les Spirou de Franquin et les Tintin de Hergé sont autobiographiques. Pour s’y retrouver, il faut savoir démêler le vrai du faux. Luc Giard l'a bien compris, la preuve, il mélange allègrement les deux dans son travail. Quant à mes livres, pour m'y repérer, vous devez chercher au second plan, dans les dialogues ou dans les sujets que j'aborde. Je me tiens en retrait de mes personnages, mà ame de ceux qui sont supposés me représenter. Ils ne sont que des acteurs à qui j'ai donné un texte à lire.

 

 

Tu fais un blogue. Qu’est-ce que t’apporte cet exercice ?

 

J'essaie de ne pas y consacrer trop de temps. Je ne veux pas passer mes loisirs sur internet. J'ai créé le blog de Béatrice pour permettre aux lecteurs qui n'achètent pas la Presse de suivre la parution de mes strips. Ça leur donne aussi la possibilité de m'écrire ou de me laisser des commentaires, ce que j'apprécie. A quelques reprises, j'ai aussi mentionné des albums de BD que j'avais aimés. C'est ma façon de donner un coup de pouce aux auteurs de la relève.

 

 

Comment est-ce que tu prends les critiques de ton propre travail ?

 

À part ceux qui proviennent de ma blonde, de ma fille et des auteurs de l'écurie MG, je ne leur prête aucune importance.

 

 

Qu’est-ce que tu penses de la production actuelle de bande dessinée Québécoise ?

 

Je me réjouis de sa diversité. Au départ, je craignais que le phénomèene ne soit limité qu'à la BD d'auteur et que certains genres soient exclus de la vague. Ça me fait plaisir que des auteurs comme Voro, Djief, Delaf et Dubuc ou Jacques Lamontagne aient réussi à s’insérer dans le créneau dit classique. Même chose pour les artistes qui ont investi le marché américain. C'est formidable. Sinon, j'ai beaucoup d'estime pour les Pascal Girard, Iris Boudreault, Petr, Pishier et compagnie. Leur travail est vivant et plein de fraîcheur.

 

 

Quelles ont les lectures que tu pourrais nous conseiller ?

 

Je lis assez peu de BD. Voici mes préférences spontanées : Exit de Benoît Joly, Castello d'André-Philippe Côté, Le pont du Havre de Luc Giard, Morlac de Leif Tande et Dans un cruchon de Pascal Girard. J'ai aussi un faible pour le fanzine Bidon de Petr et Pishier. Sinon, je recommanderais Tokyo Ghost de Djief, La Dame dans l'auto de Sébastien Japrisot, Le vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda, Le capitaine Alatriste de Arturo Perez Reverte et Quelqu'un d'autre de Tonino Benacquista. Dernièrement, un ami m'a donne Tortilla Flat de John Steinbeck et ce fut une révélation.

 

 

Quelle est la question que tu aimerais qu’on te pose, et qu’est-ce que tu y répondrais ?

 

Quelle est la hauteur exacte de L'Everest ? Facile : 8858 mètres.

 

 

Merci beaucoup de nous avoir accordé du temps pour cette entrevue. Vous pouvez suivre les aventures de Béatrice dans « la presse » ou sur : http://phlppgrrd.blogspot.com/  et retrouver les albums de Phlppgrrd aux Éditions Mécanique Générale : http://www.pastis.org/mg/accueil.html

 

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 01:00

Publiée le 24-01-2007

 

 

 

 

Éric Thériault, créateur de Veena et John Star, présente ses bandes dessinées à la fois en comix book et en feuilleton sur internet. Il intervient également en colorisant Quentin Le Seul (Pif Gadget). Il a accepté de parler à Bedeka.org de ses projets, de sa façon de travailler, de ses goûts…

 

 

Bedeka.org : Pourriez vous nous décrire vos projets?

 

Éric Thériault : Je travaille toujours à la fois sur deux types de travaux : les miens et ceux qui paient le loyer. L’objectif sera qu’un jour les 2 fonctionnent ensemble.

Mon projet personnel qui m’est le plus cher est un feuilleton de John Star que j’ai commencé y’a déjà longtemps. J’ai peu de temps à y consacrer alors ça avance à pas de tortue avec 3 pattes arrachées. Mais j’y crois quand même. Ceux qui ont lu les quelques récits complets de John Star dans MensuHell, Veena ou Legal Action Comics connaissent un peu le personnage, une version parodique de Flash Gordon et de tout l’univers de la s-f de l’Age d’Or. Mais le pastiche, c’est le point de départ. L’histoire elle même touchera bien d’autres thèmes. Un autre de mes personnages, Veena, y apparaîtra éventuellement. C’est pourquoi j’essaie de garder le personnage vivant et disponible pour l’instant en utilisant le format du webcomics. Toutes les histoires sont maintenant disponibles en ligne. C’est quelque chose auquel je crois beaucoup : il faut qu’un auteur garde sa création disponible. Je trouve que c’est déplorable que la plupart des bd québécoises ne soient jamais rééditées. Ca contribue au fait que toutes les nouvelles générations qui commencent à publier ont l’impression de réinventer la roue…

 

Du coté des projets pour payer le loyer, j’ai commencé à colorer la série Quentin Le Seul de Patrice Lesparre chez Pif Gadget. C’est une série médiévale avec un chevalier sans terre qui essaie de répandre la justice dans les villages qu’il croise. Je compare ça à Rahan, parce que c’est un dessin réaliste et le héros combat l’obscurantisme. Le premier numéro où ça apparaîtra devrait être le #27 en octobre 2006.

J’aurai aussi le titre d’artiste invité pour faire une illustration dans la version française de The Goon volume 3 publié chez Delcourt prévu en septembre. J’ai bien aimé son univers basé sur les vieux EC Comics et The Adams Familly. J’aurai aussi 2 autres collaborations du même type chez Bamboo pour 2 autres traductions françaises de séries américaines.

Et ces travaux chez des éditeurs français me permettent maintenant de travailler avec un scénariste là-bas.

 

 

Bedeka.org : Vous parlez de réédition, certaines éditions, aussi bien en Europe qu’au Québec vont pourtant dans ce sens, on peut penser à Rahan, réédité chez Soleil, ou Michel Risque, réédité chez La Pastèque. Pensez vous que tout mérite d’être réédité ?

 

Éric Thériault : Non, bien sur. C’est la crème qu’on réédite. Il y a des tonnes de bd qui méritent d’être oubliées assez rapidement, mais quand quelque chose reste dans la mémoire des gens alors même que le livre n’est plus disponible, c’est qu’il touche à une corde et il mérite donc d’être présenté à une nouvelle génération. Tu mentionne Michel Risque, mais c’est un phénomène tout nouveau. Avant cette excellente décision de la Pastèque, presque rien n’avait été réédité au Québec. La quasi-totalité du patrimoine est dans l’oubli. Mon album québécois favori reste Atlantic City de Loth et Montour. Ou puis-je en trouver une copie ? Nulle part !

 

 

Bedeka.org : Qu’est-ce qui vous a amené à la bande dessinée ?

 

Éric Thériault : Franchement, pourquoi ça et pas autre chose, je ne sais pas. Ça doit être une marque de l’enfance…Mon père lisait le Fantôme et Mandrake dans le journal et il me disait ce qui s’y passait avant même que je sache lire. Il m’a aussi donné les recueils du Journal De Tintin qu’il avait lu entre 1946 et 52.

 

 

Bedeka.org : Vous avez l’air de vous inspirer beaucoup de la science fiction des années 50, pourquoi ?

 

Éric Thériault : Si tu veux blâmer quelqu’un, tu peux mettre ça sur le dos de George Lucas. Quand Star Wars est sorti en ’77, ça a été tellement populaire que ça a relancé la Sci-fi américaine. Mais à l’époque ça a été mal vu parce que le film est tellement rétrograde au point de vue scénario (une princesse sauvée de l’empereur du mal par des gentils bums …) que ça a plutôt relancé les rééditions de la s-f de l’Age d’Or (1920-1940). A l’age que j’avais à l’époque, toutes ces rééditions de BD comme Flash Gordon et autres du même genre, plus les anthologies J’ai Lu de Sadoul, avec les reproductions de couvertures de pulp, ça a marqué mon imagination. Comme j’ai beaucoup d’intérêt pour l’Histoire en général et celle de la bd en particulier, je lis les bd actuelles avec le regard historique, ce qui me fait voir rapidement que l’on ne réinvente pas la roue. J’ai comme décidé que ça ne servait pas a grand chose de remettre au goût du jour, si c’est pour copier de vieilles idées. Pourquoi dire que les invasion extra-terrestres viennent de la planète Gruul, si on peut juste dire que ça viens de Mars ?

 

 

Bedeka.org : Avec tout ce qui s’est déjà fait, pensez vous que l’on puisse être original dans la Bande dessinée actuellement ?

 

Éric Thériault : Peut-être pas, mais c’est pas ça qui est important. C’est pas tant ce qui est raconté qui est important que la manière. C’est l’originalité dans l’approche qui fait qu’un auteur se démarque. Et puis, il faut aussi se dire que le pire cliché, y’a toujours quelqu’un qui le voit pour la première fois.

 

 

Bedeka.org : Quelles sont vos autres sources d’inspiration ?

 

Éric Thériault : La vie ? Je travaille dans d’autres genres aussi. Dans le Plan Cartésien chez Mécanique Générale, j’ai fait une histoire qui est une sorte de méditation sur la consommation pétrolière et la politique. En fait quand on regarde sous la surface, ce que je fait a beaucoup rapport avec la nostalgie, l’histoire et la politique. Même quand je fais John Star. Mais il faut lire entre les lignes.

 

 

Bedeka.org : Pourriez vous nous décrire votre méthode de travail ?

 

Éric Thériault : C’est malheureusement devenu extrêmement complexe avec trop d’étapes. Il faudrait vraiment que j’en revienne a la base...Disons que je commence par un petit découpage de 2 x 3 pouces, très croquis. Ensuite, je l’agrandi a la photocopieuse et je travaille sur un calque pour pousser ça. Et puis là je fais comme Voro et je dessine des 2 cotés du papier pour voir les erreurs. Parfois je travail sur plein de papiers séparés et j’assemble le tout avant d’encrer au pinceau et à la plume. Si c’est en couleur, je scanne et travaille mes couleurs principalement dans Photoshop en essayant de travailler sur les harmonies de couleurs entres elles plutôt que sur les texture. Le plus simple, le mieux..

 

 

Bedeka.org : Vous publiez vos pages sur internet, que vous amène ce support comparé au support papier traditionnel ?

 

Éric Thériault : Disons que ça a l’avantage d’être direct pour ce qui est du contact avec le lecteur. Pour résumer, j’ai passé les dernières années à jouer le rôle d’éditeur. Donc, beaucoup de travail de maquettes, de graphisme, de contact avec les éditeurs, les distributeurs, etc…J’ai publié pour le marché américain 4 numéros de Veena. Ça a donc été disponible dans les bonnes librairies américaines, canadiennes et d’ailleurs pendant un certain temps. Mais le format comic book a un problème, c’est qu’il n’est disponible sur les tablettes qu’une semaine. Apres, il va à l’arrière du magasin. Ce qui limite considérablement le public qu’on peut avoir. Sur l’internet, c’est disponible en permanence et y’a moyen de fidéliser le lecteur. J’ai commencé à tout mettre sur mon site. J’en rajoute de semaine en semaine. Ça permet de toucher des gens en permanence, de partout. Mais je crois que ceux pour qui ce système fonctionne le mieux sont ceux qui ont une présence dans les mass medias. Je ne crois pas qu’une mise en marché seulement par l’internet ne nous avance beaucoup. Il faut faire les deux.

 

 

Bedeka.org : Vous partagez un studio avec d’autres bédéistes, comment ça se passe ?

 

Éric Thériault : Nous sommes 7 : Michel Lacombe, Serge Lapointe, Frefon, Yanick Paquette, Olivier Peru, Stéphane Peru et moi-même. En tant normal, nous avons tous nos propre clients et nous sommes indépendants. Mais parfois, ça marche mieux en équipe. En ce moment, Paquette dessine X-Men : Civil War. Il a donc l’aide de Lacombe pour de la technique et de l’encrage, Lapointe pour l’encrage et Stephane Peru pour la couleur. Parfois, la collaboration se fait incognito quand les deadlines sont trop serrés. Alors on deviens des imitateurs de nos styles respectifs. J’ai eu comme ça l’occasion de travailler sur Star Wars avec Lacombe, sur Batman Begins avec Lapointe et sur Terra Obscura avec Paquette, entre autre.

 

 

Bedeka.org : Vous faites de la colorisation pour Pif Gadget, à quand votre propre bande dessinée dans ce magazine ?

 

Éric Thériault : J’en ai discuté un peu avec Patrice Lesparre, le scénariste de Quentin Le Seul. Il a proposé de collaborer. Mais si ça se fait ça ne sera pas pour Pif. Je crois que depuis le redémarrage du magazine, ils ont déjà fait le plein de nouvelles séries.

 

 

Bedeka.org : Une partie non négligeable de vos travaux vise le marché anglophone, pourquoi ?

 

Éric Thériault : En tant que scénariste, ce qui me plait le plus comme lecture, c’est la bd alternative américaine. Je suis bilingue et le marché est juste à coté. Ca me semble évident comme démarche. Et plus on fait des liens dans un milieu, plus ça se solidifie. Mais disons que depuis peu, les possibilités sont plus rose en France. Alors ça risque de changer…

 

 

Bedeka.org : La BD européenne connaît actuellement un essor fulgurant, vous ne craignez pas une saturation du marché ?

 

Éric Thériault : Ce qui se passe c’est que le marché est déjà saturé. Ce qui fait que chaque auteur se trouve à avoir de moins en moins de semaines pour trouver son public. Il y a 20 ans quand Moebius avait un album en magasin, on pouvait le trouver jusqu'à ce qu’il soit épuisé. Maintenant, un nouvel album a quelques semaines pour trouver sa place.

C’est une forme d’accélération du marché.

 

 

Bedeka.org : En attendant de lire vos prochaines sorties, qu’est-ce que vous pouvez nous conseiller ?

 

Éric Thériault : 2 histoires publiées dans des anthologies : la première, 1986, est publié dans Plan Cartésien chez Mécanique Générale. La seconde est le dernier récit de John Star et Les Robots de l’Atlantide, publié dans MensuHell # 80.

 

 

Bedeka.org : Pour finir, quels sont vos « coups de cœur » ?

 

Éric Thériault : J’ai vraiment rien lu de neuf ces dernier mois qui m’a coupé le souffle. Ma lecture récente, c’est Rêve de Fer de Norman Spinrad et les derniers Dvd vus sont Secret Agent et Le Prisonnier.

 

 

Merci beaucoup de nous avoir accordé cette entrevue. Pour suivre vos productions, il est possible de visiter votre site internet, et d’y retourner souvent : http://pages.videotron.com/veena/

 

 

 

 

 

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Dimanche 23 janvier 2011 7 23 /01 /Jan /2011 01:00

 Publiée le 30-09-2006

 

 

 

 

 Edmond Baudoin est un auteur de bande dessinée qui a produit un quarantaine de titres. Il a enseigné à l'université du Québec en Outaouais pendant trois ans. La publication relativement récente de la bande dessinée "Les Essuie-glaces"(collection "aire libre"; Dupuis), et son retour en France a amené Bedeka.org a le contacter pour lui demander de nous parler de son séjour chez nous, et surtout de la bande dessinée. Il a très gentiment accepté de répondre à cette invitation.

 

Vous avez passé un certain temps au Québec comme enseignant au programme orienté bande dessinée de l’Université du Québec en Outaouais. Comment êtes vous arrivé là ?

 

En 1998 j'ai été invité au Salon du Livre Montréal. On me demande souvent des interventions quand je suis invité. Et à Montréal c'est l'UQAM, l'Université qui m'a demandé de faire une conférence sur la Bande Dessinée pour les étudiants concernés.

C'est ce que j'ai fait.

Je ne savais pas qu'il y avait là des professeurs d'une autre Université qui cherchaient un professeur pour cette discipline.

Dans le courant de l'année ils sont rentrés en communication avec moi à Nice pour me proposer de travailler avec eux. Ils avaient aimé mon intervention. C'était une invitation pour un an, ils l'ont renouvelé trois fois. Ensuite ils m'ont proposé de devenir professeur titulaire, ils ne pouvaient pas m'inviter au delà de 3 ans. Je ne me voyais pas devenir professeur. C'est Jean Louis Tripp qui m'a remplacé l'année suivante.

 

 

Quels étaient vos champs d'enseignement?

 

Le scénario, la construction d'une histoire, "sa musique". Je recherchais avec chaque étudiant quels étaient pour elles, pour eux, leurs champs d'investigation, leurs futurs lieux d'inspiration. J'enseignais le dessin d'art aussi, avec des modèles, avec de la musique, avec des sujets comme la vitesse du trait à poser sur les pages, je les faisaient danser et ensuite, dessiner la danse, comment ils l'avaient comprise dans leur corps.

Je ne leur enseignais rien, je cherchais avec eux à ce qu'ils deviennent eux. (J'avais un problème avec les notes, je ne voulais pas les noter. J'estime qu'on ne peut pas noter l'art).

 

 

Que vous à apporté cette expérience ?

 

Beaucoup. C'est un bonheur d'essayer de donner à des jeunes gens ce que l'on a appris. Et puis j'ai aimé la géographie de ce pays et les êtres humains aussi. Les expériences de la vie ne peuvent se mesurer, c'est toujours immense. De plus d'avoir enseigner au Québec à fait qu'ensuite j'ai enseigné une vingtaine de jours au Chili et en 2005 une série de conférences dans des Universités Chinoises, à Beijing.

 

 

Ici, on ne voit rien de ce qui peut se passer en bande dessinée en chine. Pourriez vous nous en parler un peu?

 

C'est vrai pour l'instant on ne voit que peu de chose des bandes dessinées Chinoises. Ils ont pourtant une grande histoire avec elle. Du temps de Mao il y avait des millions de fascicules, des bandes dessinée sur du mauvais papier qui étaient vendus très peu chers. Souvent avec des dessinateurs de grand talent, mais au service (la plupart du temps de la propagande des dirigeants de la Chine). Cette bande dessinée n'existe plus, mais la culture de cette façon de s'exprimer oui. Bientôt nous allons être "envahis", comme nous l'avons été par les Mangas. Les étudiants que j'ai vu ont de grandes qualités, très grandes pour certains. Il y a encore un peu d'influence Manga, mais les Chinois n'aiment pas beaucoup la philosophie Japonaise, ils vont s'en détacher très vite. C'est bien, il y aura sur le marché de la bande dessinée une autre manière de voir le monde, (Après celle des Etats Unis, de l"Europe, du Japon, celle de la Chine) c'est démocratique, il faut que d'autres pays viennent nous donner leur vision du monde, j'aimerais... L'Afrique, l'Amérique du Sud, le Canada, la Russie... Un rêve de mondialisation. J'ai fait des conférences dans quatre Universités "L'Opéra de beijing", Une Université qui enseigne le dessin animé, "L'Université du Peuple", et une Ecole privée (avec de l'argent Australien et Anglais, pour des jeunes gens privilégiés).

 

 

Vous avez dessiné « LES ESSUIE-GLACES », qui est un récit qui décrit un voyage au Québec. Est-ce autobiographique ?

 

Que veut dire autobiographique ? J'invente plus quand j'écris quelque chose dit "autobiographique" que quand j'écris une histoire de fiction. Mais oui, c'est une histoire vraie. Ce que j'en ai retenue, ce qui est resté en moi de quelque chose qui était vrai, en ce qui concerne les dates, les parcours et les êtres humains en présences.

 

 

La solitude et la communication entre les personnes sont des thèmes qui reviennent le long de ce récit. Est-ce que ce sont des thèmes importants pour vous ?

 

A partir du moment où on coupe le cordon ombilical qui nous reliait à notre mère, nous sommes irrémédiablement seuls le reste de notre vie. Donc c'est un thème important pour tout le monde, que l'on essaie de l'oublier ou qu'on la prenne en charge, la solitude est notre compagne, ce n'est pas triste, c'est notre quotidien.

 

 

Le voyage est sans doute le « personnage » principal de ce récit, êtes vous un « écrivain voyageur » ?

 

Je suis un"écrivain" qui travaille sur une matière qui est sa vie. Comme un sculpteur sur de la pierre, ou sur la terre. La terre qui me sert à modeler mes histoires c'est ma vie. (Mais ceci est vrai pour tout le monde... personne n'invente rien). Alors si dans ma vie il y a des voyages, il y a des voyages dans mes livres. Mais, il est vrai aussi que les déplacements, que ce soit la marche ou l'avion, me posent des questions qui m'intéressent. (Comme si mes déplacement physiques aidaient mes déplacements mentaux).

 

 

Pourrait on dire que vos ouvrages sont des "voyages introspectifs"?

 

Oui, je crois, Gilles Deleuse, le philosophe, disait que le voyage peut être fait sur place, que la vitesse du déplacement n'a rien à voir avec les kilomètres heure. Et je crois qu'on peut rester sur place et voyager, mais, "voyager" ça fait aussi "voyager".

 

 

Pendant votre séjour, vous avez pu découvrir la bande dessinée Québécoise. Qu’en pensez vous ?

 

Le Québec, c'est aussi l'Amérique. Un auteur Américain a des problèmes différents de ceux d'un auteur Européen. En Amérique on est obligé très vite de gagner de l'argent. Un étudiant qui a fini ses études doit souvent des milliers de dollars à l'Université. Pour un auteur Américain il faut du talent et pas mal de folie pour faire de la bande dessinée (de manière personnelle, comme Crumb, Jimmy Beaulieu, Daniel Clowe, Spielgelman, et les autres auteurs que l'on aime). J'ai aimé les étudiants avec qui j'ai travaillé.

 

 

Si vous aviez un bilan a faire de votre séjour au Québec, quel serait il?

 

Impossible à faire, le Québec est maintenant dans ma vie... Un temps j'ai fait des démarches pour ajouter cette nationalité à ma nationalité... J'étais un mauvais élève, j'ai quitté l'école à 16 ans, le Québec m'a offert de devenir professeur dans une Université...

Ma mère qui est morte avant cette nomination, rêvait que je devienne maître d'école. Que dire de plus...

 

 

Vous publiez à « l’Association » et chez « Dupuis ». Pensez vous que les grands éditeurs s’ouvrent à de la bande dessinée plus « personnelle » ?

 

Je ne sais pas trop, les "grands éditeurs" suivent surtout la loi du marché. S'ils s'ouvrent à une bande dessinée plus "personnelle" c'est qu'ils misent là dessus pour les temps à venir. En ce qui concerne ma collaboration avec "Dupuis" c'est le désir d'un homme ; Claude Gendrot, il aimait depuis longtemps ce que je faisais, il avait le pouvoir de me faire travailler. Il n'est plus chez "Dupuis".

 

Pourriez vous nous décrire votre méthode de travail ?

 

Je n'ai malheureusement pas de méthode à enseigner. Je n'ai jamais enseigné une méthode. J'ai fait plus de 40 livres, aucun n'a été fait sur ce que j'avais appris des précédents. Un livre est une histoire d'amour, y a t' il un amour qui peut servir au suivant ? Une méthode ? Etre sincère, essayer, jusqu'à se faire mal.

 

 

C'est une relation assez "organique" avec l'écriture, non ?

 

Oui, on pense que la création c'est aller devant le précipice qui est en nous même. Le précipice n'est que le premier trait, la première note, le premier mot. La création commence quand on commence à descendre dans le précipice, et il faut aller au fond...Ce n'est pas interdit de prendre des cordes, mais il faut y aller.

 

 

Quels sont vos projets actuels ?

 

Un livre étrange avec un écrivain Roumain, Mircéa Cartarescu. Je vais même être un auteur Roumain pour ce livre, puisqu'il ne sera publié qu' en Roumanie. (Peut-être ensuite traduit en Français). ¨

 

En attendant votre prochain ouvrage, que pourriez vous nous conseiller ?

 

Je ne sais pas, vraiment. J'ai fait un autre livre où je parle du Québec, "Le Chemin de Saint Jean", à" l'Association".

 

 

Après plus de 20 ans de "carrière" en bande dessinée, comment voyez vous son évolution?

 

La bande dessinée est un des arts les plus complet, un peu comme l'opéra. Et même s'il y a de grandes choses qui ont été faites, elle est encore à ses débuts, le champs qu'elle a devant elle est très grand. (Avec les progrès technologiques on pourra même bientôt y rajouter la musique). De plus en plus les humains savent lire les images, mais c'est un domaine difficile pour l'enseignement, une image est plus complexe à analyser qu'un mot. (Barthe, Pasolini et d'autres ont écrit sur ce sujet mais il y a encore beaucoup à explorer).

 

 

Va t'on vous revoir au Québec de temps en temps?

 

... ??? ... J'aimerais.

 

 

Y a t'il une question que je n'ai pas posée à laquelle vous aimeriez répondre?

 

En enseignant beaucoup au Québec, un peu au Chili, j'ai découvert que les Amérindiens du nord et du sud n'ont jamais fait de bandes dessinées (publiées). Je veux dire dessins et textes. J'ai rêvé dans mon séjour à l'Université de pouvoir mettre en place quelque chose qui permettrait d'allumer cette mèche. Je n'ai pas eu le temps de mener à bien ce projet, ce rêve. (Ce serait magnifique de voir la première bande dessinée d'un Amérindien, d'un Inuit, j'aimerais, ce serait démocratique, comme je l'ai écrit plus haut).

 

 

Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation pour cette entrevue. Pour en savoir plus sur Edmond Baudoin, vous pouvez visiter le site http://w3.uqah.uquebec.ca/baudoin/abaudoin.htm , et commencer par lire ses albums.

 

Par Eric Lamiot - Publié dans : Entrevues Bedeka
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Éric Lamiot

 

Des entrevues réalisées avec les acteurs de la BD québécoise et des nouvelles de la BD d'ici 

 

Dans les liens ci-contres, le "+" représente une entrevue réalisée avec l'auteur. Pour les lire, allez voir dans la section "entrevues" des catégories.

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